‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 41 sur 242 · TOME IV. — NOVEMBBB · texte numérisé non relu

TOME IV. — NOVEMBBB

tion de la substance animale qui ramollit de bonne heure par la putréfaction qui s'en empare, et ne tarde pas à être macérée par l'action chimique et vitale des sucs qui suintent de toutes les parois du canal digestif.

Le nom de boa, employé par Pline, indiquait, selon lui, les habitudes de ce serpent qui suivait les troupeaux afin de s'accrocher aux mamelles des vaches pour les téter et se nourrir de leur lait; mais cette version populaire ne peut s'appliquer, dans Pline, qu'à quelque couleuvre d'Europe parvenue à la plus grande taille; car les véritables boas appartiennent au nouveau continent.

Entre diverses espèces de boas, nous dirons quelques mots du Devin (boa constrictor), nommé vulgairement le roi des serpens : sa longueur, sa force et la beauté de ses coideurs le rendent très-remarquable et lui ont valu chez les sauvages un culte particulier sous les noms de Xalxathera, boignacu, Giboya et lança Acanga.

C'est un des plus gros serppns. Adanson en a vu des fragmens qui avaient plus de deux pieds de circonférence. Il a souvent plus de cinquante pieds de long et, alors, en rampant sur les plantes , il les écrase et les brise comme si on les avait aplaties à dessein avec le rouleau des jardiniers. Le devin n'attaque point les hommes et paraît même les craindre; il est très-lent dans ses mouvemens. On le trouve souvent blotti, roulé en spirales sur le bord des ruisseaux et attendant sa proie. Il forme, dans cette attitude, un disque de près de sept pieds de diamètre, au centre duquel se trouve sa tète qu'il soulève, de temps à autre, de quelques pieds sur cette sorte de spirale, pour observer si quelque animal approche. J'ai dit plus haut qu'aussitôt qu'il le croit à sa portée, il s'élance comme un ressort et s'entortille autour de son cou afin de l'étouffer. Si l'animal est trop puissant, il s'efforce de l'entraîner jusqu'au tronc d'un arbre, et, alors, enlaçant des mêmes replis sa victime et le pilier sur lequel il l'immole, il se rend avec moins de fatigue le maître de ses mouvemens et se sert de la résistance de l'arbre pour mieux briser ses membres, sa poitrine et sa tête.

Le museau du boa-Devin est semblable à celui d'un chien de chasse. Ses os mastoïdiens sont détachés et peuvent, en se séparant, occuper quatre fois plus de largeur; aussi ses lèvres et sa gorge sont-elles trèsridées.

Le boa, figuré dans la planche qui accompagne cet article, est le boa-géant (boa-gigasj. Cette espèce, la plus grande de toutes , habite les contrées chaudes de l'Amérique, notamment la Guianne et jamais l'ancien continent; à Cayenne on la nomme la Dépone. Ses écailles sont carrées et il règne le long de son dos une suite de grandes taches ovales, d'un brun noirâtre, disposées deux à deux transversalement.

Le boa-broderie a été décrit dans ce recueil, volume j, page /ioo.

Achille COMTE.

ment, trois ou quatre fois dans l'année, il croyait devoir donner des dîners d'apparat. Quand il avait des invitations à faire, il ouvrait l'alrnanach impérial, et choisissait à peu près au hasard dans le sénat , le corps législatif, le conseil d'État, la magistrature et le haut clergé.

Quarante personnes avaient été invitées pour l'un de ces dîners, et trente-neuf convives étaient réunis dans les salons du cardinal. Il était sept heures et demie, et l'on ne se mettait pas encore à table; le cardinal paraissait inquiet, et la faim alongeait toutes les figures.

— Vous attendez encore quelqu'un , Monseigneur? se hasarda à dire l'un des convives.

— Oui, j'attends un respectable sénateur.

Une demi-heure s'écoule, le même convive revient au cardinal :

— Monseigneur, le respectable sénateur est peutêtre malade ?

— Oh! non , il me l'aurait fait dire. Une nouvelle demi-heure se passe.

— Mais , Monseigneur, quel est donc ce respectable sénateur ?

— C'est M. le comte de Laville-Leroux.

— - Mais, Monseigneur, il est mort depuis un an.

— C'est différent; alors il faut nous mettre à table.

Le cardinal Fesch, or.clc de Napoléon, vivait fort retiré à Paris, dans son bel hôtel de la rue du Mont- Blanc; il voyait et connaissait peu de monde; seule-

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