H. DROZ, MÉCANICIEN
Comme son père, cet habile artiste était né à Chaux-de-Fond , dans le comté de Neuchâtel; comme son père , son génie l'entraîna vers la mécanique. Le père, destiné à l'état ecclésiastique, s'était voué à l'horlogerie ; il avait perfectionné différentes pièces de montres. Séduit par la chimère du mouvement perpétuel, en le cherchant, il lit plusieurs découvertes importantes: il conçut l'idée d'une pendule, laquelle, au moyen de la combinaison de deux métaux également dilatables, pourrait marcher sans être remontée, tant que les pièces ne seraient pas détériorées par le frottement. Celui de ses ouvrages qui suppose le plus de génie et de patience , c'est l'automate écrivain , qu'il exécuta au retour d'un voyage en Espagne. Dès l'âge de seize ans, Henri Droz annonça de grandes dispositions pour l'art dans lequel son père s'était distingué; à vingt-deux ans , il vint à Paris avec plusieurs pièces de son invention : un automate dessinateur, une jeune fille qui touchait différens airs sur le clavecin, suivant la musique des yeux, de la tète, se levant quand elle avait fini de jouer , et saluant la
compagnie. Il fit exécuter par un ouvrier très-habile , que son père avait formé, deux mains artificielles pour les fils de M. de la Reynière , fermier-général , en voyant ces mains, Vaucanson dit à Droz : « Jeune homme , vous commencez par où. je voudrais finir. » Henri Droz est mort le 18 novembre 1791.