DECOUVERTE DE SCULPTURES GOTHIQUES
Une nouvelle découverte, qui ne peut manquer d'intéresser vivement les amis de l'art, vient d'avoir lieu dans l'un des murs de l'hôtel de la préfecture, à Angers. Elle est de nature à jeter un grand jour sur l'histoire de ce monument et sur celle de la puissance des anciens Bénédictins de cette ville. Samedi dernier, des ouvriers occupés, sous les yeux d'un des architectes, M. Binet, à défaire le recrépissement de l'intérieur de la galerie qui conduit de la conciergerie aux appartements de M. le préfet, aperçurent des fragments de sculptures gothiques.
Un vague désir de curiosité ayant fait creuser un peu plus avant dans l'épaisseur, ou remarqua avec surprise que les sculptures se prolongeaient dans toute la largeur et la longueur de ce mur. Aussitôt des ordres furent donnés pour poursuivre les recherches, et bientôt une magnifique galerie d'arceaux du style mauresque sortit de dessous les débris.
Elle se compose, autant qu'il est possible de le juger maintenant, de six petits arceaux qui ressemblent à des passages ou plutôt à des chapelles mortuaires. Chacun de ces six arceaux est soutenu, d'un côté, par douze colonnes posées sur deux lignes parallèles, et de l'autre par un pilastre uni, surmonté à sa partie supérieure d'une frise élégante. Les chapiteaux des colonnes sont d'un motif différent, et plusieurs peuvent rivaliser, par la délicatesse de leur travail, avec la richesse du style corinthien. Ces six arceaux sont suivis par quatre autres d'un plus grand développement, et pareillement soutenus par des colonnades. Leurs encadrements sont riches en sculptures symboliques. Celui du milieu, qui est le plus grand, est rempli de griffons, de poissons, de reptiles et de figures humaines plus ou moins artistement dénaturées. Des personnes très-érudites prétendent remarquer, au milieu de toutes ces belles choses, quelques-uns des signes du zodiaque.
L'arceau suivant offre dans son encadrement la représentation du séjour céleste. Plusieurs poses d'archanges, de chérubins et d'anges sont dignes d'être étudiées. Le troisième encadrement est consacré aux guerriers, dont les armes et le costume doivent se rapporter au xe siècle. Le dernier, sur lequel on a voulu éterniser les arts et métiers, représente des travailleurs au moment où ils se livrent à leurs travaux spéciaux. Cet encadrement est peut-être le plus précieux.
Qui sait si ce n'est pas l'unique page qui nous reste de l'histoire de l'industrie dans notre pays pendant la mystérieuse époque du moyen âge ?
C'est avec plaisir que nous pouvons annoncer que l'administration s'occupe en ce moment de prendre des mesures pour la conservation de cette précieuse découverte. La reconnaissance des amis des lettres, et le plaisir qu'éprouveront les étrangers à visiter ces restes d'une ancienne époque, sauront la récompenser des sacrifices qu'elle pourra faire pour les bien conserver.
RÈGNE ANIMAL
Quatrième et dernier article.
La division du règne animal qui fait le sujet de cet article porte le nom d' Embranchement des Rayonnes ou Zoophyles. Ces dénominations indiquent que l'on est arrivé aux degrés les plus inférieurs de l'échelle des animaux, et qu'on est en présence d'êtres qui, pour la plupart, rappellent plus ou moins bien le règne végétal. Bonnet, qui, en créant le mot zoophyles, demandait grâce pour cette expression barbare, ne se doutait pas du suffrage qui l'attendait. C'est qu'en effet, sauf quelques exceptions, le mot zoophyles caractérise d'une manière nette ces existences ambiguës qui, placées comme des mezzo termine entre les deux grandes coupes des êtres vivants, ne sont ni des animaux ni des plantes, et semblent n'être le produit que d'une indifférence profonde pour l'une ou l'autre de ces deux formes de la vie. On a beau répéter à satiété que la plante est un corps passif et l'animal un être actif, on n'en arrivera pas plus promptement à distinguer certains fucus et certaines algues, classés dans les plantes, d'avec des sertulaires, des cératophytes ou des productions coralligènes dues à des animaux de la classe des polypiers. Les Urédo, les Preccinies,les Conferves, paraissent venir d'animalcules infusoires, ou se transformer en ceux-ci, et il n'y a entre eux qu'une différence du plus au moins dans la dynamisation des mêmes éléments. C'est pour ces derniers êtres surtout que devrait s'établir un règne intermédiaire entre les végétaux et les animaux, règne qui pourrait être désigné sous le nom de corps vivants primaires, et où se rangeraient d'euxmêmes les oscillatoires, les volvox, les haccilariées , les fragilariées, et quelques autres encore.
Quoi qu'il en soit de cette innovation, et en attendant qu'elle ait eu quelque crédit auprès des législateurs officiels de l'histoire naturelle, disons ce que, dans l'état actuel de la science, on sait sur le type des Rayonnes.
Cette grande division du règne animal comprend tous les animaux dont la structure est la plus simple. Le système nerveux manque presque toujours, et orsqu'il existe, il est rudimentaire ; il n'y a pas de système véritable de circulation, et souvent on n'aperçoit aucun organe spécial de génération. Ces animaux sont formés sur un plan tout différent des précédents; car, au lieu d'avoir leurs organes des sens et du mouvement placés symétriquement aux deux côtés d'un axe, ils les ont autour d'un centre, ce qui leur donne la forme et la disposition circulaire des fleurs des végétaux. Ils ne possèdent aussi ni organes des sens particuliers ni système de nerfs distincts; quelques-uns (les Echinodermes) ont à peine des vestiges de circulation, et des organes respiratoires placés presque toujours à la surface du corps. La plupart n'ont qu'un sac qui sert d'entrée pour les aliments et d'issue pour les excréments. Enfin les dernières familles ne montrent qu'une cellulosité pulpeuse, homogène, contractile et sensible. Tels sontles Echinodermes, les Radiaires proprement dits, les Polypes groupés et coralligènes, les Infusoires, etc.
Le plus ou moins de complication des zoophytes a donné lieu à leur division en classes :