ANTIQUITÉS
On vient de trouver, entre Saulieu et Autun (à Liernais, Côte-d'Or), une tète de taureau, du travail le plus exquis, qui paraît être, après un examen attentif, de cet airain de Corinthe qui était si recherché par les dames romaines, qui fut si fameux chez les anciens, et dont la composition est restée un secret.
Cette antique présente trois questions principales à résoudre • 1° Une question de chimie sur un métal d'une composition inconnue, qui, chose bien remarquable, exhale une bonne odeur. Assurément, dans ce temps où la chimie a fait de si grands progrès, cette composition va être facilement analysée et reproduite, les arts pourront en tirer un grand profit; car, sans compter sa bonne odeur à laquelle, suivant Martial et autres, on reconnaissait l'airain de Corinthe, il semble que ce métal mixte, tenant un juste milieu entre tous les métaux, n'aura, dans l'usage, les inconvénients ni de l'or, ni de l'argent, ni de l'airain, mais, au contraire, tous les avantages de ces différents métaux , comme cela paraît par l'échantillon que donne cette antique. Mais il me semble aussi que, si on fondait une statue de ce métal de Corinthe une fois reconnu et reproduit, cette statue serait parfaitement l'emblème de l'ordre social actuel : étrange découverte faite en France justement à une pareille époque!
2» Une question d'histoire, puisqu'il serait possible que cette antique, par les imperfections singulières du mélange de métaux qui se remarquent dans sa composition, vînt confirmer un fait historique contesté par les modernes, à savoir, ce mélange fortuit d'or, d'argent, d'airain dans l'incendie de Corinthe.
3° Une question de statuaire sur cette tête, de la beauté la plus remarquable.