‹ Magasin universel (volume 3)Chapitre 79 sur 242 · INFUSOIRES · texte numérisé non relu

INFUSOIRES

» Ordres.

Simple».

Hydrostatiques.

Charnus.

Gélatineux.

A polypiers.

Rotifères .

Homogènes.

n'a présenté avec tant de délicatesse que parce qu'il y avait dans sa brillante organisation l'union rare et mystérieuse de l'esprit qui saisit et généralise, et du savoir qui examine et rallie les données de l'observation.

Cet article termine la série que nous devions présenter sur le règne animal. Avant de finir, qu'il nous soit permis de dire encore une fois que, dans l'esprit du grand naturaliste, dont les sciences en deuil pleureront longtemps la perte douloureuse, jamais ses classifications n'ont eu la prétention de former une échelle graduée sur laquelle serait marquée la supériorité réciproque de tel animal sur tel autre ; Cuvier regardait toute tentative de ce genre comme inexécutable, et il ne considérait ses divisions et ses subdivisions, que comme l'expression graduée de la ressemblance des êtres qui entrent dans chacune d'elles. « Ainsi je n'entends pas, disait-il. que les mammi-

» fères ou les oiseaux, placés les derniers, soient les » plus imparfaits de leur classe ; j'entends encore » moins que le dernier des mammifères soit plus par- » fait que le premier des oiseaux, le dernier des mol- » lusques plus parfait que le premier des annélides » ou des zoophytes ; même en restreignant ce mot » vague de plus parfait au sens le plus complètement » organisé. L'échelle prétendue des êtres n'est qu'une » application erronée, à la totalité de la création, de » ces observations partielles qui n'ont de justesse » qu'autant qu'on les restreint dans les limites où » elles ont été faites, et cette application, selon moi, » a nui, à un degré que l'on ne pourrait imaginer, » aux progrès de l'histoire naturelle dans ces derniers » temps. »

Les limites posées à ces articles de zoologie, par la variété inhérente à la publication qui les accueille, ne nous ont permis que quelques courtes considéra-

tioas à la page 4 et 5 du présent volume, et, forcés d'être concis, nous n'avons pu donner les explications qui eussent mis notre pensée dans tout son jour, et nous n'avons pas insisté, comme il l'eût peut-être fallu, sur les avantages que donnent pour l'étude, la distribution méthodique des animaux. Leur nombre étant immense, il a été indispensable d'établir parmi eux des divisions et des subdivisions qui avaient pour base les changements d'organisation observés dans chacun d'eux. Il a fallu qu'un nom particulier désignât chaque division pour qu'on ne pût jamais la confondre avec une autre, et qu'on reconnût avec certitude les êtres qui lui appartenaient.

Ces divers procédés ont donné à l'étude de la zoologie une marche sévère et sûre qui garantit ses progrès et ses conquêtes. Pour faire saisir l'utilité de ces classifications, il suffit de quelques exemples : si l'on voulait sans leur secours trouver le nom et deviner les habitudes de l'animal appelé lièvre, il faudrait faire une longue énumération de caractères, et comparer la description qu'on aurait tracée à celle de plus de cent mille animaux différents; mais si l'on dit que le lièvre est un animal vertébré, de la classe des mammifères, de l'ordre des rongeurs, du genre lepus, on saura par le premier de ces mots, dont la définition est connue, que ce ne peut être ni un insecte, ni aucun autre animal sans squelette intérieur ; par le second, on exclura de la comparaison tous les poissons, tous les reptiles et tous les oiseaux ; par le troisième, on distinguera tout de suite le lièvre des neuf dixièmes des mammifères, et, lorsqu'on aura déterminé le genre auquel il appartient, on n'aura plus qu'à le comparer à un très-petit nombre d'animaux dont il ne diffère que par quelques traits plus ou moins saillants; pour le faire distinguer avec certitude, il suffira donc de quelques lignes.

Il existe ici la même différence que celle qu'il y aurait à chercher, d'après son signalement, un soldat dans une armée dont tous les rangs seraient mêlés, ou dans une armée bien ordonnée dont chaque division, chaque brigade, chaque régiment, chaque bataillon et chaque compagnie se trouveraient à la place qui leur appartient et porteraient avec eux des signes distinctifs. A l'aide des classifications zoologiques, on arrive à appliquer à un animal le nom qui lui convient, de la même manière que l'on parvient à trouver la personne que l'on cherche d'après l'adresse de sa demeure. Dans ce dernier cas, on s'enquiert d'abord de son pays, puis de la province, de la ville, du quartier, de la rue, de la maison, et enfin de l'étage qu'elle habite, et dans le premier cas on se demande d'abord à quelle grande division du règne animal appartient l'espèce que l'on observe, puis à quelle classe, à quel ordre, à quelle famille, et à quel genre il faut le rapporter; et ces questions résolues, le travail est presque achevé.

Dans la classification des animaux, on donne le nom d'espèce à une réunion d'individus qui se ressemblent extrêmement entre eux et dont la race se perpétue avec les mêmes qualités essentielles. Ainsi les hommes, les chiens, les chevaux constituent, pour le zoologiste autant d'espèces distinctes.

Quelquefois une espèce diffère considérablement de toutes les autres ; mais en général, il en existe un nombre plus ou moins considérable qui se ressem-

blent beaucoup et qui ne se distinguent que par des différences peu importantes ; le cheval et l'âne, le chien et le loup sont dans ce cas ; dans les classifications naturelles, on réunit les espèces voisines dans des groupes appelés genres, et on joint à leur nom particulier un nom générique qui leur est commun ; ainsi on dit lézard gris, lézard piqueté, lézard ocellé, etc. , et perdrix rouge, perdrix grise, etc., pour désigner les différentes espèces du genre lézard, ou du genre perdrix. „

Chaque animal a, comme on le voit, deux noms qui peuvent être comparés au nom de famille et aux noms de baptême des hommes; seulement l'ordre dans lequel on les place est l'inverse de ce qui a lieu pour ceux-ci : le nom du genre précède toujours le nom de l'espèce.

Les genres qui ont entre eux le plus d'analogie sont réunis en tribus et celles-ci en familles.

Les familles sont réparties d'après les mêmes principes en groupes d'un rang plus élevé, auxquels on donne le nom d'ordres.

Enfin les ordres sont, à leur tour, réunis en classes, et les classes sont elles-mêmes des divisionsdes grands Embranchements dont le règne animal se compose.

Achille Comte.

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