‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 102 sur 268 · HABITANTS · texte numérisé non relu

HABITANTS

Au nombre des causes qui favorisent l'accroissement de la population des États-Unis, il faut faire entrer en ligne de compte cette masse considérable d'émigrants qui viennent demander chaque année une patrie à la Nouvelle-Angleterre. L'émigration pour les États-Unis s'est considérablement accrue depuis le commencement de ce siècle. Durant les dix premières années, on l'estimait de 4 à 5,ooo individus; de 1812 à 1821, ce chiffre a été porté à 8,000, non compris les émigrants qui venaient des possessions anglaises du nord de l'Amérique; eni83o, il s'e&t élevé à 35,ooo; et plusieurs journaux américains, en 1 834, l'ont porté à i5o,ooo. Ainsi, pendant les 35 dernières années, les États Unis ont reçu dans leur sein 600,000 étrangers, qui doivent former aujourd'hui le vingtième de la population.

Les finances de l'Union sont dans un état florissant. Malgré les sommes considérables que le gouvernement fédéral a affectées depuis 1817 à la construction des places fortes et au remboursement de la dette publique, la trésorerie de Washington présente chaque année un excédant de recettes satisfaisant. Voui quelle a été, pendant ces dernières années, l'importance du budget fédéral. On sait que le budget est loin de comprendre toutes les dépenses publiques de l'Union; mais l'ensemble des dépenses effectuées par les divers États n'est pas encore bien connu; et l'on ne trouve même que des indications vagues pour les budgets des principaux États.

Au ier janvier i835, il existait dans les caisses du trésor un excédant déplus de3o,ooo,ooo de fr.;et, chose plus remarquable encore, la dette de l'Union qui, en 1816, s'élevait à 674,875,500 fr., se trouvait entièrement éteinte au 1er janvier i835, ou du moins il ne restait qu'une faible somme dont les créanciers de l'État n'avaient pas encore demandé le remboursement.

Après les douanes, qui forment les 4/5mes du revenu fédéral, la vente des terres est l'une des principales ressources de la trésorerie de Washington. C'est une spéculation lucrative qui fournit tous les ans un produit de 21 à 26,000,000 de francs. Depuis «776, le gouvernement fédéral a acheté, pour des sommes trèsmodiques, aux Indiens, à la France, à l'Espagne, 262,000,000 d'acres de terre, qu'il revend aujourd'hui aux colons à un prix relativement très-élevé. Le gouvernement fédéral n'a pas encore vendu la dixième partie des terres qu'il a achetées. Or, comme la valeur des terres augmente avec l'accroissement de la population, on peut se faire une idée des immenses ressources que ce capital ainsi grossi procurera à l'Union, d'ici à très-peu de temps.

Chez un peuple aussi actif, aussi hardi que les Américains du Nord, on doit nécessairement trouver le commerce maritime en progrès. Indépendamment des ressources que leur offre leur sol vierge, les institutions qui les régissent favorisent leurs entreprises, et les protègent même dans les parages les plus éloignés. Depwis i83o, le commerce des Etats-Unis a presque

doublé d'importance. Les marchandises introduites aux Etats - Unis dans la dernière année valaient 670,562,890 francs, et les exportations se sont élevées à 552,9c6,ioo francs; chiffre bien extraordinaire lorsqu'on le compare à celui de 1730. A cette époque, les importations des colonies ang'aises de l'Amérique du Nord ne dépassaient pas 2,35o,ooo fr., et les exportations 2,400,000 fr. ; mais à cette époque aussi leur population ne s'élevait pas à plus de 5oo,ooo habitants.

Le développement de la marine marchande américaine est sans exemple dans les annales du monde commercial.

En i83o, la Grande-Bretagne et ses colonies possédaient 23,723 navires montés par 1 54,800 marins, et jaugeant 2,53i,820 tonneaux. Les Etats-Unis possédaient, à la même époque, 12, 256 vaisseaux, du port de 1,261,000 tonneaux, et montés par 67,744 marins. Ces 12,256 vaisseaux comprenaient g43 corvettes, 1371 bricks, et 343 bâtiments à vapeur. Le tonnage de la marine marchande américaine s'élevait en ï832 à i,439/|5o, c'est-à dire à plus de la moitié du tonnage de la Grande-Bretagne et de ses colonies.

Le commerce du cabotage s'est accru en proportion ; le tonnage des navires qui y sont employés a presque doublé depuis 1807, et égale à peu près aujourd'hui le nombre des navires employés au commerce extérieur.

Aujourd'hui le commerce des Provinces-Unies est, relativement, beaucoup plus considérable que celui des Iles Britanniques.

Les renseignements exacts sur le commerce intérieur et sur la production des manufactures des divers Etats de l'Union manquent généralement. On ignore aux Etats-Unis la quantité d'acres en culture, les différentes espèces de culture qu'ils reçoivent, et les produits qu'ils donnent.

Ce qui doit surtout attirer l'attention de l'Europe, c'est la prodigieuse rapidité avec laquelle les Américains creusent des canaux et construisent des chemins en fer. Le parcours des canaux dans les différents Etats de l'Union est aujourd'hui estimé à 966 lieues; leur établissement a coûté 37 1,000, ooo/le francs. L'Etat de New-York a construit à lui seul 180 lieues de canaux qui lui ont coûté près de 60,000,000 de francs, et dont il retire plus de 6,000,000 de francs de revenu. Le parcours des différentes lignes de chemins de fer dans l'Amérique du Nord s'étend aujourd'hui sur une surface de 225 lieues, et cinquante compagnies sont engagées dans ces sortes d'opérations avec un capital d'environ 212,000,000 de francs.

( Traduit de V American Almanac.)

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