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LES COMBATTANTS

(Combattants)

Le nom de combattant qu'ont donné la plupart des naturalistes a l'oiseau que représente notre vignette, dit assez quel est son caractère batailleur. Comme les femelles de cette espèce prennent pins rarement part aux luttes que les combattants se livrent entre eux, bien des auteurs ont écrit que l'amour seul entretenait l'humeur guerrière de ces oiseaux. Mais cette assertion est inexacte, ainsi qu'on en jugera tout à l'heure.

Les combattants se livrent en effet des assauts, soit seul à seul, soit en troupes réglées, surtout aux mois d'avril et de mai ; soir et malin , et bien souvent même plusieurs fois dans la journée, la lutte recommence et se termine rarement sans qu'il y ait un peu de sang de répandu. Les femelles attendent à quelques pas du champ de bataille l'issue du tournoi; leurs cris entretiennent et raniment l'ardeur des rivaux, et quand les vaincus sont mis en fuite, elles reçoivent les hommages des plus forts. Maintes fois les fugitifs, ranimés quelques instants après leur défaite par les cris des femelles, rentrent dans l'arène contre de nouveaux champions avec une ardeur qui semble être toujours la même.

A cette époque de printanière effervescence, les combattants mâles ont une espèce de collier qui est tout à la fois une arme défensive et une parure dont ils semblent fiers. Ce collier est composé de plumes longues, fortes et serrées qu'ils hérissent dans les moments de colère et de lutte; il tombe ordinairement dans les commencements du mois de juin. TOME ni, —Avril 1836.

La couleur du collier varie suivant les individus, et sa forme varie comme ses teintes pendant toute la période de son accroissement. Roux dans les uns, gris dans les autres, mélangé dans la plupart des individus, il est chez quelques-uns d'un beau noir-violet chatoyant, coupé parfois de taches rousses, et plus rarement encore d'une entière blancheur. On remarque aussi chez les combattants une éruption de papilles charnues et sanguinolentes en nombre infini, qui s'élèvent sur le devant de la tète et à l'cntour des yeux.

La tendance plus prononcée des mâles à se rapprocher de leurs compagnes concourt aussi, à cette époque, avec un développement vraiment extraordinaire et une plus grande irritabilité de leurs organes. En tout autre temps vous distingueriez difficilement les mâles des femelles: avec le collier du printemps ont disparu les tubercules sanguinolents qui couvraient la tête, et ensuite celle-ci se recouvre de plumes.

Nous disions que l'amour ne fait pas seul l'humeur guerrière des combattants. Ils se battent en effet pour le plus léger motif. Un coin de gazon vert à occuper, un peu de nourriture à se disputer, la présence de quelques spectateurs qui les excitent au combat, tout leur est un sujet de rivalité. Les femelles elles-mêmes ont l'humeur querelleuse, et l'on en voit qui sont plus redoutables encore que les mâles.

Ce qui prouve encore que la jalousie amoureuse ne justifie pas seule le nom donné aux combattants, c'est que ces oiseaux défient tous ceux des autres espèces

qu'on enferme avec eux. Les Anglais sont dans l'usage de les engraisser en les nourrissant avec du lait et de la mie de pain; mais ils sont obligés de les enfermer dans des endroits obscurs pour les maintenir paisibles , car dès qu'ils voient la lumière, leurs luîtes recommencent.

A Paris vous verre? souvent des combattants dans les marchés vers le printemps, mais leur chair est alors peu estimée: probablement cette chair, qui perd de sa qualité à cette époque, est un peu plus savoureuse dans l'été, car les Hollandais la recherchent beaucoup dans cette saison.

Les combattants ne nichent pas sur nos côies. On les voit ordinal! ement arriver en Picardie au mois d'avril, et partir dans le courant de mai par les vents de sud et de sud- est qui les portent en Angleterre, où ils nichent en très-grand nombre, particulièrement dans le comté de Lincoln; on en trouve aussi au printemps sur les côtes de IJo|lande, de Flandre et d'Allemagne; ils sont communs en Suède, en Islande, en Russie et en Sibérie.

Les combattants font leur nid au mois de mai, sur la terre, dans de petits creux entourés de gazon. Leurs œufs sont très-bons à manger et on les recherche dans plusieurs pays aussi bien que celui des vanneaux. Ces œufs sont pointus, cendrés et parsemés, principalement au gros bout, de taches d'un brun rougeâire; on eu trouve de quatre à cinq dans un môme nid. Es» Angleterre, les oiseleurs choisissent l'instant où les çonjbaltanls se battent pour leur jeter leurs filets.

Le plumage des combattants est tellement varié, surtout chez les mâles, qu'il a donné lieu à de nombreuses désignalions d'espèces prétendues différentes et les mêmes au fond; aussi nous abstiendrons -nous de toute indication à ce sujet.

Quant aux dimensions, le* combattant a ordinairement de dix àonze pouces de hauteur (i).

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