‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 148 sur 268 · LA MAÎTRESSE DE LA CHAUMIÈRE · texte numérisé non relu

LA MAÎTRESSE DE LA CHAUMIÈRE

Filles, réjouissez-vous avec moi, je vous apporte une bonne nouvelle. Le soir approche, regardez bien là, du côté de la forêt, nos braves lanciers polonais vont arriver.

Ils viendront dans notre village pour se reposer de leurs fatigues; ils reverront leurs mères, ils jouiront de leurs embrassements après avoir tant souffert.

Leur lit était une terre nue, ils n'avaient d'autre abri que le ciel ; leur repos, c'était l'accablement. Ah ! que de pleurs ils ont coûté à leurs mères !

Je vais chercher dans ma chaumière tout ce que je trouverai de mieux; tout pour ces braves enfants de la patrie. Ah ! qu'ils se reposent après tant de peines. Y at-il un lendemain pour eux?

Vous autres, préparez-leur un bon gîle sur le foin ; loi, Sophie, va chercher de l'hydromel; toi, Julie, cours au jardin, rapporte des fleurs; que ma chaumière soit belle et propre pour les recevoir.

Ils se sont battus tant de fois pour nous, servons-les donc à notre tour; que tout soit pour eux, ne laissons rien aux envahisseurs : pensez toujours qu'ils n'ont abandonné leurs foyers que pour se battre, que pour défendre la pairie et nous.

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