LES BÉLIERS
Ceux de nos lecteurs qui s'occupent d'agriculture feront bien d'aller chercher dans l'excellent Dictionnaire de V in Jus trie agricole, manufacturière et commerciale t l'énumération des caractères que doivent présenter les béliers de belle race, énumération que la majorité de nos lecteurs ne lirait peut-être pas avec beaucoup de curiosité. Plus un bélier, de quelque race qu'il soit, réunira en lui de traits empruntés à cette description générale, plus il sera près d'atteindre l'excellence des formes propies à L'animal. Le croisement des races contribue beaucoup à l'altération des formes. Ainsi, si l'on compare un troupeau arrivé récemment d'Espagne avec un troupeau mérinos acclimaté et perfectionné depuis un certain nombre d'années, on trouvera que la hauteur des béliers mérinos- varie de 65 a 80 centimètres ( 2.4 à 3o pouces); la longueur, de 97 à i3o centimètres (3G à 48 pouces), et la grosseur, de 108 à 1 35 centimètres (40 à 5o pouces) : la hauteur, prise de terre au garrot, la longueur du sommet de la tête à la naissance de la queue, et la grosseur dans la plus grande rondeur du ventre, le matin à jeun; les dimensions les plus fortes sont celles des bêles anciennement importées; et les mérinos qui anivent d'Espagne sont en général petits.
Le beau bélier espagnol de race pure a l'œil extrêmement vif et tous les mouvements prompts; sa marche est libre et cadencée comme celle du cheval de cette contrée. Sa tête est large, aplatie, carrée; son front, au lieu d'être busqué et tranchant, comme dans nos races françaises, est en ligue droite, arrondi sur les côtés et très-évasé ; ses oreilles sont très-courtes, ses cornes très-épaisses et longues, très-rugueuses, contournées en spirale redoublée; son chignon est large et épais; son cou est court, ses épaules rondes, son dos cylindrique son poitrail large, son fanon descendant très- bas, sa croupe large et arrondie, tous ses membres gros et courts.
Son corps trapu est couvert d'une laine très fine courte, serrée, lassée, imprégnée d'un suint beaucoup plus abondant que dans les autres races ; elle s'étend sur toutes les parties du corps, depuis les yeux jusqu'aux ongles ; la poussière qui s'attache au suint dont la toison est remplie forme une sorte de croûte rembrunie, sous laquelle on trouve une laine blanche, fri-
sée, dont les brins sont d'autant plus serrés qu'elle est plus fine, et que recouvre une peau presque couleur de rose.
On doit éviter que le bélier n'ait sur la peau la plus légère tache noire, l'expérience ayant démontré que les taches se transmettaient, et que quelquefois même il en provient des agneaux tout noirs.
Comme en général on a intérêt à faire naître les agneaux tous à peu près dans la même saison, on tient les béliers à l'écart jusqu'à une certaine époque, qui varie suivant le climat,l'état du troupeau et les moyens de les nourrir. Du midi au nord de la France, l'état de la chaleur naturelle est du mois de juin au mois d'octobre.
Les béliers mérinos se sont vendus à Rambouillet, de 1797 à 1808, au prix moyen de 72, 64, 80, 333, 412, 2/P> 365, 473, 394, 444 et 6o5 francs. Ces prix prouvent combien les cultivateurs sentent l'importance d'améliorer leurs races. Les Anglais, qui ont encore plus que nous cette conviction, paient souvent des sommes considérables pour l'achat de béliers renommés par la beauté et la finesse de leur laine. Ils sont persuadés que c'est aux soins qu'ils se donnent depuis trois siècles pour le perfectionnement de leurs races, qu'ils doivent en partie la force et la puissance qu'ils ont acquises. Leurs laines améliorées dès les règnes de Henri VIII et d'Elisabeth, par l'introduction des mérinos, dont la différence de climat, de pâturages, de régime a ensuite altéré les toisons, dans ce sens que si elles ont perdu quelque chose en finesse, elles ont beaucoup gagné en longueur ; leurs laines, disons-
nous, passent pour les plus belles de l'Europe, après celles des mérinos, et ont de plus l'avantage d'être également propres à la carde et au peigne. C'est par les croisements des races, le choix toujours sévère des plus beaux béliers et des plus belles brebis pour la multiplication et l'importation périodique de nouveaux béliers tirés de la côte d'Afrique, que les Anglais soutiennent la supériorité de leurs laines. Les Hollandais ont, à peu près dans le même temps, relevé leurs races indigènes par des croisements avec des béliers de l'Inde. Les États du nord de l'Europe sont aussi entrés dans ces voies d'amélioration, et s'y sont plus ou moins avancés.
Avis. —L'accroissement du nombre des souscripteurs du Magasin universel nous a forcés de transporter nos bureaux dans un plus vaste local ; cet accroissement nous permettra de perfectionner encore la gravure et le tirage des vignettes qui, l'on doit en convenir, ont éprouvé de grandes améliorations depuis quelques mois.
Quant à l'exactitude du service des abonnements, et nous disons cela à dessein pour quelques localités où nos correspondants ont mal fait leur devoir, nous l'observerons toujours, comme par le passé, avec un soin religieux. Non-seulement nous avons toujours servi, au jour dit, les lecteurs isolés et les libraires qui nous ont adressé des souscriptions, mais nous avons toujours tenu toutes prêtes dans nos magasins quelques livraisons imprimées à l'avance. Sous ce rapport, comme sous tout autre, nous espérons bien qu'on ne trouvera jamais notre zèle en défaut.
( Bélier et chèvre sauvages.) Les Bureaux d' Abonnement et de Vente sont rue des Grands-Angustins, 20-
r.uis, impiiuictic de Dccourcliaal, ïuo cTEiTurlli, i. — Tresse dut. fuLr. par Girouilot,