BÉNÉFICES
27,5oo
9,5oo
7,5oo
4,5oo
Ledon, id
Saint-Pierre de Châlons, id.
Ham, id
Saint- Riquier, id. . . . ;
Chevincourt, id
La Vauchy, id
Saint-Lucien de Beauvais, id.
La Chaise-Dieu, id
Marinoutiers, id
Cluny, id
Guezay, id
Le prieuré Daunay, id> . . .
Les terres de Mazeny, à Saint-
Hippolyte, id*
1 3,ooo
1 5,ooo
i3,ooo
33,5oo
3,8oo
Beport. 388,i 16 1. 10 s. 8 d.
Les greffes de Cluny, id. . . . 600 » »
Coussay, id. . ; 2,i5o » »
Signy, id 20,000' » »
Saint-Martin des Champ-;, id. . 33, 000 » »
Les greffes dudit St-Martin,id. . 3oo » »
Citeaux, id : . . 38,ooo » »
Le clos de Logent, afferme' aux
pères de laTrappedeCîteaux. 1,800 » »
Le haras de Cîteaux (aux mêmes) 3oo » »
Chezal- Benoît, id. . . . . . 3o,ooo » »
Prémontré, id 18,000 » »
Saint- Arnould de Metz, id. . . 6,000 » »
Saint-M aixans, id 12,000 » »
La pension des deniers, payable
sous les blancs signés de Son
Eminence 20,000 » »
Somme totale dudit contenu au
présent état 584,977 1. 10s. 8 d.
De laquelle somme étant déduite
la somme des charges portées
en un autre état, à savoir. . 82,270 7 8
Restera de net à Monseigneur la somme de cinq cent deux mille sept cent sept livres tournois
trois sols 502,7071. 3 s.»
[Bibliothèque royale. — Manuscrits.)
ÉPHÉMÉRIDES DE LA RÉVOLUTION FRANÇAISE
5 mai. — Un décret de la Convention renvoie les cidevant fermiers- généraux par-devant le tribunal révolutionnaire pour y être jugés.
7 mai. — Rapports de Robespierre sur les fêtes nationales. Il accuse les chefs des factions d'avoir voulu nationaliser l'athéisme, et propose le décret suivant : « Le peuple français reconnaît l'existence de l'Etre su- » pré/ne et l'immortalité de l'âme : la république celé— » brera tous les ans les fêtes des 14 juillet 1789, 10 » août 1792, ix janvier et 3i mai 1793 ; il sera célébré » le 20 prairial prochain une fête en l'honneur de » l'Etre suprême. »
8 mai. — Décret prononçant la suppression de tous les tribunaux révolutionnaires, excepté celui de Paris.
Séance des Jacobins : un membre rappelle que Léquiuio, qui a reconnu la sublimité du rapport de Robespierre sur l'existence de l'Etre suprême et l'immortalité de l'âme, avait précédemment publié deux ouvrages, le Bonheur et les Préjugés détruits, dans lesquels il s'est efforcé de prouver qu'il n'existe point d'Etre suprême, et qu'après la mort de l'homme tout est détruit.
Condamnation à mort de vingt-huit fermiers-généraux, parmi lesquels se trouve le célèbre chimiste Lavoisier. Ils étaient accusés d'avoir mis de l'eau dans du tabac.
10 mai. — Condamnation à mort de madame Elisabeth, sœur de Louis XVI, et de vingt-quatre autres victimes.
Robespierre était incertain et irrésolu sur le supplice
de madame Elisabeth. Il craignait de révolter le peuple par un aussi épouvantable sacrifice. Billaud-Varennes ne pouvait concevoir une hésitation dans la cruauté. Il fit demander, par les Jacobins, la tête de madame Elisabeth. Elle fut mise en jugement. Enlevée du Temple, elle fut arrachée à la jeune orpheline qu'elle formait à toutes ses vertus, et qu'elle soutenait de ses consolations.
Lorsque madame Elisabeth fut montée sur la fatale charrette qui la conduisait à l'échafaud, son mouchoir de cou tomba. Ne pouvant le replacer elle-même, elle dit à un des bourreaux : Au nom de la pudeur, couvrezmoi le sein.
16 mai. — Le président de la Convention, Carnot, répond à une députation de Jacobins : Nier l'Etre supré/ne, c'est nier l'existence de la nature.
17 mai. — Maignet, envoyé en mission dans le département de Vaucluse, écrit à la Convention: « C'est » au moment où la république française porte l'effroi » sur tous les trônes, que l'infâme commune de Bédouin, » plus audacieuse que tous les despotes, ose se soulever «contre la volonté nationale, fouler aux pieds les dé- » crets de la Convention, renverser le signe auguste de » notre régénération, l'arbre de la liberté. Depuis long- » temps Bédouin a manifesté sa haine contre la révolution; cinq commissions successives y ont été envoyées pour punir les crimes des scélérats; mais le » germe aristocratique y a toujours fécondé et produit » de nouveaux forfaits.
» Aussitôt que j'ai appris l'attentat horrible qui ve- » nait d'être commis contre la majesté du peuple, j'ai » envoyé trois cents hommes du quatrième bataillon de » l'Ardèche, qui, dans toutes mes opérations civiques, » m'a si bien secondé. J'ai/ait enchaîner prêtres, nobles, » parents d'émigrés, autorités constituées. J'aimais à » croire que je pourrais trouver quelques individus «qui, pénétrés de l'horreur du crime commis dans cette «commune, s'empresseraient de soustraire leurs noms «à l'infamie, et nommeraient les coupables; mais un » silence absolu ne m'a prouvé que trop que tous ont » participé au crime.
» Alors ne voyant plus dans cette commune qu'une » horde d'ennemis,j'ai investi le tribunal criminel du pou- » voir révolutionnaire, pour faire tomber tout de suite » les têtes les plus coupables, et j'ai ordonné qu'une fois « ces exécutions faites, les flammes fissent disparaître •a jusqu'au nom de Bédouin. »
Maignet fit établir à Orange une commission révolutionnaire qui fit périr quinze mille individus.
Décret qui accorde une pension de 1200 francs à Gamain, serrurier, qui assure effrontément avoir été empoisonne par Louis XVI!!!
23 mai. — On annonce à la Convention qu'on vient d'attenter aux jours de Collot d'Herbois. Décret qui traduit au tribunal révolutionnaire le coupable, nommé Ladmiral, et ses complices.
On ne sait si ce fut la vengeance de l'humanité, celle des Lyonnais, ou une haine personnelle,qui (it concevoir à Ladmiral ce projet d'assassinat. Il demeurait dans la même maison que Collot, et avait eu des liaisons avec lui. Il l'attend un soir à l'entrée de sa chambre. Un serrurier accourt aux cris de Collot, et reçoit deux coups de feu dont il est grièvement blessé. Collot n'est point atteint.
24 mai. — Rapport de Barrère sur le projet d'assassinat de Robespierre par Cécile Renaud.
La vérité du f;iit était que cette jeune fille, âgée de dix-huit ans, s'était présentée chez Robespierre, avait demandé à le voir, et avait répondu avec embarras à une femme qui la questionnait sur le motif de ses instances. Nulle arme n'avait'été trouvée sur elle. Interrogée sur l'objet de sa visite à Robespierre, elle répondit : Je voulais voir comment est fait un tyran. Robespierre veut que cet assassinat prétendu soit lié avec celui tenté sur Collot d'Herbois. On établit comme un fait prouvé, que c'était le gouvernement anglais qui dirigeait et soudoyait les assassins de Collot d'Herbois et de Robespierre; et, pour user de représailles, la Convention, sur la proposition de Barrère, décrète qu'on égorgera tous les prisonniers anglais ou hanovriens.
3o mai. — Carrier demande que les comités s'occupent d'un moyen de sans-culotiser les jurys, qui, jusqu'à présent, composés de citoyens actifs, ont innocenté des conspirateurs. — Adopté.