ETATS GÉNÉRAUX DE BLOIS, DE
Après la funeste journée des Barricades, où Henri III fut obligé de fuir devant w\ de ses sujets (le duc de Guise), il alla tenir les seconds états de Blois; mais le duc de Guise, y étant venu, fut plus puissant que le roi. Il fallut que Henri III déclarât Henri de Navarre, son légitime successeur, déchu de tout droit à la couronne (ce fut, depuis, notre grand Henri). Henri III fut encore forcé de faire la guerre à ce même Henri de Navarre, et on lui refusa l'argent pour la faire.
PRÉTENDUS ÉTATS GÉNÉRAUX DE PARIS EN I 5y3.
Ces états furent tenus dans le temps de la fameuse Ligue, et lorsque Henri IV faisait le siège de Paris; les ambassadeurs de Philippe 7/, roi d'Espagne, qui soutenait la Li-ue, proposèrent à ces états de ne pas reconnaître Henri IV pour roi, quand même il se ferait catholique; d'élire au trône l'infante d'Espagne, en lu. donnant pour mari le jeune duc de Gui.e ; mais le duc de Mayenne, qui, par l'élection du jeune Guise, son neveu, aurait perdu son autorité, prévint un coup aussi fatal pour lui que pour Henri IV, et le paiement osa rendre un arrêt mémorable, qui confirmait les anciennes lois de la monarchie.
ÉTATS GENLRAUX DE l6l4-
Après la mort funeste de Henri lf\ Marie de Médicis, régente du royaume, ayant consume en vaines profusions les trésors que ce grand prince ava.t amasses ftour rendre sa nation puissante, les étals généraux furent assemblés vers la fin de ,614, dans la salle des Augustins de Paris; l'Université présenta requête pour y être admise, el fit même signifier une assignation; mar*
requête fut rejetee, et son assignation regardée comme insolente.
On comptait dans ces états cent quarante députés du clergé, cent trente-deux de la noblesse, et cent quatre-vingt-deux du tiers-état. L'archevêque de Lyon parla au nom du clergé, au milieu de la salle, debout, mais appuyé sur un accoudoir dressé exprès; ensuite le baron de Saint-Pierre, pour la noblesse, debout, mais sans être appuyé; et en dernier lieu, Miron, prévôt des marchands, parla au nom du tiers-état, un genou en terre, au milieu de la salle.
Ce qu'il y eut de plus remarquable dans ces états, c'est que le clergé demanda inutilement la publication du concile de Trente, et que le tiers-état demanda, non moins inutilement, la publication de sa loi : « Qu'aucune puissance, ni temporelle ni spirituelle, n'a •» le droit de disposer du royaume, et de dispenser les » sujets de leur serment de fidélité, et que l'opinion « qu'il est loisible de tuer les rois, est impie et détcs- » table. »
Cette loi était surtout demandée par ce même tiersétat de Paris, qui avait voulu déposer Henri 111, et qui avait refusé si longtemps de reconnaître Henri IV; mais les fureurs de la Ligue étant éteintes, le tiers-état était revenu à son amour naturel pour ses rois. La chambre du clergé, gouverne'e par le cardinal Duperron, s'opposa fortement à la loi proposée ; la noblesse s'unit au clergé. La chambre ecclésiastique signifia ù celle du tiers-état qu'à la vérité il n'était jamais permis de tuer son roi, mais elle tint ferme sur tout le reste.
Le parlement se couvrit alors de gloire, par un arrêt qui fut applaudi de la nation entière, et qui déclarait l'indépendance absolue du trône, loi fondamentale du royaume.
Le clergé a, depuis, effacé sa honte, en 1682, lorsqu'inspiré par le grand £ossuel, il arracha de ses registres la harangue fanatique et séditieuse que Duperron avait prononcée aux états de 1614.
Tout le résultat de cette assemblée fut de parler des abus du royaume, sans en réformer aucun.