LES CHIENS DE CHASSE
(Epagnéu) commun.)
Les cliiens de chasse doivent être dressés de diverses manières, suivant l'espèce des animaux qu'ils doivent poursuivre ou attaquer.
Dans les plaines, on chasse avec le chien couchant, ou chien d'arrêt, ou chien ferme. Tois races sont propres à cette chasse, le braque, l'épagneul sur lequel nous avons déjà fait un article spécial, et celui que les chasseurs nomment griffon : ce dernier est un chien métis à poils longs et un peu frisés, qui tient du barbet et de l'épagneul. Le braque est plus léger et plus brillant dans sa quête; mais la plupart de ces chiens craignent l'eau et les routes, au lieu que l'épagneul et le griffon s'accoutument aisément à chasser et à rapporter dans l'eau, même par les plus grands froids, et quêtent au loin et dans les lieux les plus fourrés comme en plaine. Il y a donc toujours beaucoup plus de ressources dans ces deux races de chiens que dans celle des braques.
Pour la chasse dans les forêts, on se sert de limiers et de chiens courants. Le limier est un gros chien qui ne donne pas de la voix, et que l'on emploie à quêter le gibier et à le lancer. Les limiers viennent ordinairement de Normandie ; dans le nombre de ces chiens, il y en a de noirs, mais ils sont plus communément d'un gris tirant sur le brun. Les noirs sont marqués de feu, et ont aussi du blanc sur la poitrine; ils ont vingt à tome 111. -- Juin 1836.
vingt-deux pouces de hauteur ; ils sont épais; ils ont la tête grosse et carrée, les oreilles longues et larges, les cuisses et les reins bien faits; ils sont vigoureux et ont le nez très-bon; ils sont hardis et même méchants; ils se battent entre eux, et sont si acharnés qu'on est oblige de leur fourrer un bâton dans la gueule pour leur faire lâcher prise.
Si l'on en croit le Dictionnaire des chasses de l'Encyclopédie, on ne connaissait autrefois en France que deux espèces de chiens courants, toutes deux originaires de Saint-Hubert; l'une de chiens noirs, l'autre de chiens blancs. Les chiens noirs avaient les jambes r t le dessus des yeux marqués de feu, et quelquefois un peu de blanc sur la poitrine ; ils étaient de moyenne taille, peu gros et peu vigoureux, mais ils étaient dociles. Les chiens blancs avaient plus de vitesse et d'ardeur, mais ils étaient plus emportés. Saint Louis ramena d'Orient une troisième race de chiens courants, à poils gris de lièvre, hauts sur jambes, et ayant les pieds bien faits et les oreilles grandes; ils étaient plus vites que les chiens noirs, mais ils n'avaient pas l'odorat aussi fin; ils étaient d'ailleurs entreprenants et même fougueux.
Il s'est formé depuis une autre race qui a été confondue avec celle des chiens blancs de Saint-Hubert.
Louis XII réunit une chienne braque d'Italie avec un de ces chiens blancs d'Orient. Les produits de cette alliance furent appelés chiens greffiers, à cause du titre de greffier que portait alors un des secrétaires du roi, maître de cette chienne. La maison et le parc des Loges, près de Saint-Germain, furent bâtis pour entretenir les chiens de cette nouvelle race, qui réunissait toutes les qualités des autres chiens courants, sans en avoir les défauts : ils étaient communément tout blancs, avec une marque fauve sur le corps. L'on ptut aisément s'apercevoir que nos chiens courants d'aujourd'hui proviennent du mélange de ces différentes races.