‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 211 sur 268 · ANNÉE 1789. ASSEMBLÉE CONSTITUANTE · texte numérisé non relu

ANNÉE 1789. ASSEMBLÉE CONSTITUANTE

1e1 juillet. — Depuis la réunion des Etats- Généraux, Paris était dans une agitation qui croissait de jour en jour. Le Palais-Royal ne désemplissait ni le jour ni la nuit; c'était le rendez-vous général des partisans de la révolution. On y faisait des distributions publiques d'argent, de pamphlets, et de signes de ralliement. Tout à coup on apprend que, sur l'ordre de la cour, des troupes arrivent et qu'elles environnent Paris et Versailles. Des agents sûrs vont se mêler aux soldais et cherchent à les ranger du côté des mécontents. Les gardes-françaises, les premiers, jurent de ne pas obéir au roi et se répandent dans lesrues, donnant te brasaux bourgeois. Ils arrivent en foule au Palais-Royal où bientôt les rejoignent onze de leurs camarades que, pour caused'insubordination, on détenait à VAhbayc et que le peuple avait enlevés de celte prison. Une députation est envoyée à l'Assemblée nationale pour arracher au roi la grâce des onze soldats : cette grâce est accordée.

1 1 juillet. — Le marquis de La Fayette présente à l'As-

semblée nationale le projet de déclaration des droits de I homme et du citoyen On trouve dans cette pièce fameuse des principes vagues dontla révolte et l'anarchie surent plus tard faire leur profit. La nature a fait, les hommes libres et égaux (on voulut plus lard déduire tle ce principe le partage égal des biens). Tout homme a lu disposition entière de sa personne (Et le service militaire? et les obligations envers l'Etal?)

l'i. juillet. — Soulèvement dans Pari>. Le buste du duc d'Orléans est porte triomphalement par le peuple. Les boutiques des armuriers sont enfoncées; les barrières brûlées.

1 ^juillet. — Le Garde-Meuble est forcé ; trente mille fusils enlevés de l'Hôtel -des-Invalidcs. Soixante mille insurgés sont armés et enrégimentés. Prise de la Bastille. Massacre de M. de Flesselles, prévôt Je Paris, et de M. Delaunay, gouverneur de la Bastille. Louis XVI avait ordonné à tous les commandants tle la force atméc de mettre bas les armes devant les attroupements populaires.

iS juillet. — Démolition de la Bastille. Paris choisit M. tle La Fayette poui commandant de Ja garde nationale.

i" juillet. — Après avoir renvoyé les troupes qui environnaient Versailles, et consenti au retour de M Necker, Louis XVI vient à l'Hôtel- de*- Ville de Palis, a liaveis une haie de cent cinquante mille hommes ai -mes. Il prend des mains du maire Baillv la cocarde tricolore*

a.% juillet. — Massacre de Foulon et de son gendre Bel (hier. Le cœur tle ce dernier et sa léte sont promenés avec celle tle Foulon par les assassins. Déjà les provinces s'agitaient, et trois millions d'hommes s'enrégimentaient décorés de la cocarde tricolore. Nombre de seigneurs étaient massacres, leurs châteaux démolis, les archives brûlées. Des hordes de brigands pillaient les communes sans défense.

a8 juillet. — Le dépouillement des cahiers apportés par les députés aux États- Généraux, cahiers dans lesquels les trois ordres avaient en France consigné leurs vœux, apprend à l'Assemblée nationale que les électeurs sont tous d'accord pour le maintien du pouvoir monarchique.

année 1790.

10 juillet. — TJn décret rend aux Protestants les biens dont on avait dépouillé leur ancêtres, lors de la révocation de l'Edit de Nantes. Cette sage mesure n'empêcha pas plus tard les confiscations des biens des e/nigrés, des modérés.

\{ juillet. — Fête de là fédération au Champ-de- Mars. Le roi, l'Assemblée nationale et les gardes nationaux députés par les départements jurent de défendre la nouvelle constitution.

ANNÉE 179t.

ir juillet. — Translation solennelle des cendres de Voltaire au Panthéon. Le peuple, alors si enthousiaste, ne se doutait guère qu'en i836 le Panthéon ne serait plus qu'un objet de curiosité pour les artistes et les voyageurs.

1 ZjuiUct. — M. Pétion demande que le roi soitjugé par

l'Assemblée nationale ou par une convention nommée ad hoc, comme Iraîlre à la patrie.

17 juillet. — Quelques-unes des sociétés populaires, celle des Jacobins entre autres, déclarent qu'elles ne reconnaissent plus Louis XVI pour roi. L'émeute réunit quarante mille hommes au Champ-de-Mars. La municipalité, présidée par Bailly, envoie des troupes conlre les séditieux qui se retirent après avoir fait une perte d'une vingtaine des leurs.

3o juillet. — Suppression des ordres de chevalerie et des corporations par TAssemblée nationale ; la décoration militaire est seule provisoirement maintenue.

G juillet. — Le roi annonce à l'Assemblée nationale que cinquante-deux mille Prussiens marchent conlre la France.

7 juillet. —Après un discours entraînant de l'évêque de Lyon, les membres de l'Assemblée nationale jurent iivec transport de s'unir contre les partisans de la république et du système de deux chambres politiques. A cette nouvelle, le roi vient dans le sein de l'Assemblée et s'écrie: « Mon vœu est accompli, la nation et son roi ne fait qu'un; l'un et l'autre ont même but, notre union sauvera la France. »

11 juillet. — L'Assemblée déclare la patrie en danger. La veille, les ministres avaient annoncé qu'ils ne pouvaient plus défendre le royaume conlre l'anarchie, et qu'ils avaient donné leur démission.

1^ juillet. — Célébration de la fêle de la fédération. Le roi et la reine sont apostrophés injurieusement par des fédérés.

17 juillet. — Des fédérés viennent demander à l'Assemblée la suspension du roi. On les admet aux honneurs de la séance.

3o juillet. — Des gardes nationaux viennent se plaindre à l'assemblée de l'assassinat commis sur un des leurs par la horde des brigands dits Marseillais. Ils réclament en vain son éloigneraient de Paris. ( Les meneurs se seraient bien gardés de renvoyer les bourreaux qu'ils allaient bientôt mettre à la besogne. )

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