‹ Magasin universel (volume 4)Chapitre 6 sur 268 · A LEURS ABONNÉS · texte numérisé non relu

A LEURS ABONNÉS

Il y a un an à pareille époque, nous promettions aux lecteurs du Magasin Universel de grandes améliorations dans le tirage et dans l'exécution de nos vignettes, et pendant que nous annoncions cette importante réforme, de nouveaux directeurs succédaient aux premiers éditeurs de ce recueil.

Ces promesses de perfectionnement ont été tenues, tout le monde en convient, et nous pourrions citer nombre de nos vignettes du troisième volume qui sont de beaucoup au-dessus de tout ce qu'on a produit de semblable en France et à l'étranger.

Un seul mois de cette année n'a répondu ni à l'attente des souscripteurs ni aux vœux de la nouvelle direction du Magasin Universel. Ce mois est celui d'octobre, dont les gravures, préparées à l'avance, n'avaient pu être confiées aux artistes habiles dont nous nous sommes assurés depuis la collaboration.

Avouer publiquement cette imperfection, c'est donner aux abonnés du Magasin Universel un nouveau gage de sécurité pour l'avenir. Ils mettront en effet en parallèle les livraisons dernières avec celles d'octobre et des années précédent es? et ils comprendront que les nouveaux directeurs peuvent aujourd'hui faire beaucoup mieux encore, puisqu'ils ont pour eux une expérience plus complète de leur art et les larges ressources que leur a fournies le nombre toujours croissant de leurs souscripteurs. La direction du Magasin Universel peut donc faire, avec la certitude de la tenir, la promesse de nouvelles améliorations. Elle a pris ses mesures pour donner des gravures plus finies et imprimées avec plus de pureté; elle a porté son désir du mieux jusque dans le choix du papier, dont la qualité laissait cependant peu de chose à désirer. Plusieurs souscripteurs ont demandé que la dimension des feuilles fût agrandie, afin de mieux se prêter à la reliure; la direction s'est empressée de satisfaire ce vœu, et en même temps elle a commandé un papier d'une pâte beaucoup plus belle.

La quatrième année du Magasin Universel commencera donc pour ce Recueil une ère nouvelle. Les trois premiers volumes formeront une série à part essentiellement distincte de la suite, et dont l'acquisition ne sera pas nécessaire aux nouveaux souscripteurs.

La rédaction de cette seconde série subira, comme la gravure, d'heureuses modifications. Aux savants et aux hommes de lettres que nous ont fournis les collèges royaux, les sociétés savantes, les bibliothèques publiques, les bureaux de rédaction de la guerre et de la marine, nous avons eu le bonheur d'adjoindre plusieurs personnes du monde dont notre esprit conservateur nous avait fait des lecteurs, et qui sont devenues depuis nos correspondants. La position de ces collaborateurs les a mis à même de beaucoup voir en France et à l'étranger ; nous accueillerons avec empressement leurs communications sur l'histoire contemporaine, sur les mœurs des divers peuples, et enfin sur les avantages ou les défauts de leur organisation sociale.

En jetant ainsi plus de variété dans notre rédaction, nous resterons fidèles aux principes qui ont présidé à la création du Magasin Universel. Nous avons voulu faire un livre honnête et civilisateur, assez pur pour que les pères de famille pussent le mettre dans les mains de leurs enfants, assez instructif pour plaire aux lecteurs de tous les âges.

MAQU v-3

MAGASIN UNI\ LilSIî" .

LLS EM'AiNS D'ELOLARD.

Un usurpateur ambitieux et fourbe qui , pour ravir la couronne à ses jeunes neveux, ne craint pas d'attenter à leurs jours et auquel ne suffit pas le déshonneur de leur mère, voilà l'un des tableaux les plus dramatiques que depuis 1830, nous ayons vu sur la scène française. En rappelant à nos lecteurs l'une des scènes de ce drame, celle où la malheureuse princesse vient, pour la dernière fois, embrasser ses enfans dans leur prison, nous ne pouvions mieux faire que de copier le récit naïf de l'un de nos anciens chroniqueurs.

« Le roy Edouard d'Angleterre , quatrième de ce nom , recommanda avant son trépas ses deux fils , Edouard et Georges, à son frère Richard, duc de Glocestre, afin que Edouard, prince de Galles, son fils aîné , âgé de quatorze ans, succédât à la couronne comme son vrai héritier. Son dit frère Richard, duc de Glocestre, promit de faire son possible, et demeura régent, et print en sa tutelle les deux

enfans, ses neveux La reine d'Angleterre, cognaissanl

la prolerviede son courage, le tirra arrière, et emmena ses Tome III. — octobre 18 5.

enfans dans une place forte, alin que ledit duc de Glocestre ne leur fit quelque moleste.

« Le second fils du roy Edouard, nommé Georges, fi.l rendu et bouté en la tour de Londres , avecq son frère aisné. Ils furent environ cinq semaines prisonniers; et par le capitaine de la Tour, le duc Richard les fit occullement mourir et esteindre. Aucuns disent qu'il les fit bouter en une grande huge, et encollone illec sans boire et sani manger. Autres disent qu'ils furent esteins entre deux quientes, couchants en une même cliambre. Et quand vint à l'exécution , Edouard , l'aisné fils , dormait , et le jeune veillait, lequel s'apperçut du malice, car il commença à dire : «Ha! mon frère, esveillez-vous , car l'on vous vient occir. » Puis disait aux appariteurs : « Pourquoi tuez-vous mon frère? tuez-moi et le laissez vivre ! Ainsi doneque-* l'un après l'autre, furent exécutés et esteints, et les corps rués en quelque lieu secret; puis furent recueillis, et après la mort du roy Richard eurent royaux obsecques. » (Ancienne chronique de Molinel.)

MAGASIN (JNIVER.SEÎ .

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