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Magasin universel

Nous avons déjà essaye de faire connaître les mœurs de la population turque, d'initier le lecteur dans les usages et les coutumes de cette nation qui conserve seule une certaine originalité au milieu des sociétés compassées de notre époque (1). Nous publions aujourd'hui le dessin d'une de ces réunions intimes qui charment les loisirs de tout véritable croyant. Lorsque la compagnie arrive, si ce sont des connaissances ou des personnes d'un rang inférieur, elles se placent habituellement, pour marquer leur respect, sur des bas sièges, jusqu'à ce qu'on les invite à venir plus haut. Une jeune négresse présente du café dans de petites tasses de porcelaine , et des coussins moelleux , avec lesquels les dames de la maison se transportent d'un lieu dans un autre, préservent leurs petits pieds et leurs pantoufles du contact des marbres de diverses couleurs qui ornent le parquet. « Je fus admis à une soirée, écrit un Européen ; deux de ces dames étaient fort belles, toutes étaient jeunes, avec ces grands yeux foncés qui relèvent la physionomie pâle des orientaux ; elles portaient de très amples pantalons de soie, une tunique de velours ou de mousseline blanche , et par derrière, un long voile tombait avec grâce du sommet de leur turban. » Le même voyageur fut plus tard accueilli chez un riche négociant ; assis sur un divan élevé et penché sur une ottomane, on lui apporta le café et des pipes; mais ce qu'il y avait- de plus intéressant dans le salon, était un groupe de six dames, assises en cercle sur un magifique tapis au bas de l'appartement; chacune d'elles tenait une pipe élégante, et de leur bouche délicate sortait par intervalles de la fumée d'un tabac odorant qui formait un nuage audessus de leurs tètes, et leur donnait l'air de ces génies des contes arabes qui se montrent par degrés au travers d'une sombre clarté qui les entoure.

Un jour que la conversation s'était engagée plus longuement que d'habitude, on raconta l'histoire d'une jeune Arabe, histoire mélancolique et touchante dont voici les principaux traits :

« Une jeune fille nommée Kaliroë, avait épousé à dix ans un Arabe à soixante ans, car dans les contrées asiatiques, l'enfance et le mariage vont ensemble. Kaliroë était pauvre; Dimitri, son mari, était aussi pauvre qu'elle. Dimitri avait pour unique trésor un excellent caractère, une humeur douce et facile ; mais sa jeune épouse ne vit bientôt autour d'elle qu'isolement et pauvreté ; elle répondait par de la mélancolie à la gaieté de Dimitri ; elle s'attristait de sa misère et n'osait regarder l'avenir sans effroi. Les moyens d'existence de Kaliroë et de Dimitri étaient bien précaires; Kaliroë chantait; sa voix était pure, mélodieuse ; le vieux Dimitri accompagnait sa jeune femme en frappant sur un petit tambour arabe.

Par une belle soirée d'été, Kaliroë et Dimitri parurent dans une réunion nombreuse, au milieu de la cour d'une maison turque ; la jeune chanteuse, inspirée par la vue d'un ciel semé d'étoiles, charma les assistants par les accents les plus suaves. Ce soir-là, les regards et la voix de Kaliroë troublèrent le cœur de Géorgious ; c'était un jeune homme à l'âme ardente,

(1) Voir le cinquième volume du Magasin Universel, page 185.

qui plus d'une fois avait arrêté ses yeux sur l'intéressante Kaliroë ; en la voyant, il se sentait ému d'une tendre compassion, car de jour en jour Kaliroë semblait dépérir. Le lendemain de la soirée où Géorgious fut si violemment épris de la jeune femme, il s'en alla passer la journée entière sur les rives d'un fleuve qui coulait paisible en-dehors des murs de la cité. « Qu'elle était belle, répétait-il, en marchant le long du rivage , qu'elle était belle, lorsqu'elle chantait hier ces airs si tendres, si mélodieux ! » Géorgious revint préoccupé de mille doutes, de mille pensées inquiètes ; il ne put dormir de la nuit, et il quitta sa natte dès que le muezzin de la mosquée la plus voisine eut béni Allah du haut du minaret.

Géorgious était un beau jeune homme portant avec noblesse son turban noir et sa robe d'étoffe brune; l'expression de sa figure était sévère et recueillie; lorsqu'il parlait, elle n'exprimait plus que la douceur et la bonté. Géorgious savait que chaque matin Kaliroë allait puiser de l'eau à la fontaine de Saint- Alexis ; trois fois le soleil levant le surprit sur le chemin de la fontaine, et trois fois il avait manqué l'heure du passage de Kaliroë. Le quatrième jour, il aperçut une femme au détour du sentier ; elle cheminait seule avec une urne sur la tête ; un petit voile blanc laissait son visage à découvert et retombait le long de ses épaules ; elle portait une casaque noire bordée de cordons rouges ; rien n'était gracieux et léger comme sa démarche ; Géorgious reconnut Kaliroë. A compter de ce jour, ils trouvèrent les moyens de se voir, de causer long-temps ensemble. Kaliroë ne fut plus seule dans le monde ; un esprit bienfaisant veillait sur elle et protégeait son existence ; dès que Dimitri quitterait la vie, Géorgious devait hériter de son titre d'époux.

Plusieurs mois après leur première entrevue , la peste fut signalée à Damas ; on sait que rarement une année s'écoule sans que la peste ne se montre dans ces contrées; chaque maison, chaque famille redoutait le fléau qui venait de s'abattre sur la ville , et Géorgious en fut atteint l'un des premiers. Kaliroë courut auprès du malade ; les gardiens du pestiféré repoussèrent d'abord la jeune femme ne voulant point la livrer à la contagion, mais d'heure en heure, il circulait dans le quartier des nouvelles de plus en plus tristes sur l'état de Géorgious. Kaliroë parvint à tromper la vigilance des gardiens, elle se précipita dans les bras de Géorgious mourant ; un faible souffle s'échappait péniblement de sa poitrine ; déjà ses pieds et ses mains éprouvaient le froid de la mort. Le lendemain, deux fosses étaient creusées : Kaliroë et Géorgious avaient fui ensemble la terre, ses misères et ses douleurs !

Nous ne terminerons pas cet article sans dire quelques mots de la peuplade connue sous le nom d'Ansariens ; plus d'une fois elle fait le sujet de la conversation dans les réunions turques à Damas. Les savants, les voyageurs les plus instruits ignorent presque entièrement la religion, les mœurs et les coutumes de cette peuplade renfermée dans ces montagnes comme dans des forts inaccessibles ou dans des sanctuaires interdits aux profanes. Les Ansariens sont partagés en différentes sectes, parmi lesquelles on compte la secte des adorateurs du soleil, celle des adorateurs de la lune, celle des adorateurs de la femme ; le nombre des villages qu'ils habitent s'élève à plus de sept cents; ils

forment une population d'environ cent mille Ames. Voici quelques cérémonies en usage chez les Ansariens, le jour des grandes fêtes. Les travaux des champs sont suspendus; on se pare des plus beaux habits. Les hommes choisissent pour lieu de rendez-vous un des villages qui possèdent un prêtre savant; ils se réunissent dans une maison dont la porte est sévèrement gardée ; l'approche en est défendue aux femmes, aux enfants et aux étrangers; là, chacun fait son oraison. Le prêtre savant qui préside a devant lui un vase rempli de vin ; il en boit et en offre à tous les assistants ; c'est une espèce de communion. Ceux qui, dans le courant de l'année, pour obtenir des grâces particulières, ont promis des dons tels qu'un bœuf, un mouton ou une chèvre, apportent ce jour-là l'offrande promise. Après la prière, tous ces animaux. sont immolés ; puis, on les fait rôtir, et un vaste banquet est préparé pour tout le village, hommes, femmes et enfants. Des danses, des chants et des cris d'allégresse remplissent le reste de la journée.

Les prêtres ansariens ne mangent que ce qui sort de leur propre demeure; quand ils ont une route à faire, ils emportent avec eux leurs provisions , car ils n'accepteraient rien de personne, pas môme de leurs proches parents. On reconnaît un prôtre savant à l'écritoire qu'il porte à la ceinture, et au turban blanc qu'il arrange sur sa tête d'une manière distinctive. Les Ansariens prient indifféremment debout, assis ou à cheval. Pendant l'oraison, ils se couvrent entièrement de leurs manteaux; ils ne regardent ni à droite, ni à gauche; si un chrétien, un nègre, un chameau ou une gazelle venait à passer en ce moment devant eux, leur prière ne serait pas valable. Les premiers mots de l'oraison sont ordinairement des malédictions contre les chrétiens et les Turcs, contre Abou-Becker et Omar. Si un Ansarien se trouve par nécessité au milieu de chrétiens ou de Turcs, il est dispensé de prier, dût-il rester un mois sans remplir ses devoirs religieux.

Comme les Ansariens ont fait de leur religion un secret qu'il importe de garder, ils ont voulu que leurs femmes restassent étrangères à la connaissance de la doctrine, et c'est pour cela aussi qu'ils n'initient leurs enfants qu'à l'âge de raison. Alors un homme s'empare de l'adolescent et l'entraîne dans un lieu désert. Là, séparé du bruit et des choses humaines, le jeune homme est instruit dans la science sacrée ; tous les mystères lui sont dévoilés, on tire devant lui cet épais rideau qui lui dérobait le tabernacle de la vérité, et l'enfant, devenu homme, reçoit en dépôt le grand secret. Le jeune Ansarien qui, jusqu'à ce moment solennel n'avait porté qu'un simple bonnet entouré d'un fichu, est admis à l'honneur de porter le turban.

Les Ansariens ayant su que les Anglais n'étaient pas catholiques, ont conclu que la nation britannique professait la même religion qu'eux. « Quel dieu adorezvous, disait un voyageur à un prêtre ansarien'? — Ensari, Ingliz, sava, sava (les Ansariens et les Anglais marchent ensemble), répondit-il d'un ton très sérieux. » Le même prêtre demandait pourquoi la France n'envoyait pas une armée en Syrie pour en chasser les Musulmans : « Comptez sur les Ansariens, ajoutait-il, écrivez-nous un simple billet d'avis, et vous aurez vingt mille cavaliers à vos ordres. » Pour comprendre cette énergique protestation contre les Turcs, il faut savoir que les Ansariens gémissent sous le poids d'é-

normes impôts, sous le coup de perpétuelles vexations. I ne constitution forte, de la régularité dans les traits, un courage peu commun, distinguent les Ansariens. C'est une race d'un sang magnifique, comme les montagnards du Liban. Si la peuplade ansarienne vivait en paix avec elle-même, si elle pouvait se former1 en corps de nation, elle serait invincible dans ses montagnes et secouerait facilement le joug des Turcs.

ÉTUDES BOTANIQUES

Si je vous demandais quelle différence existe entre un cheval et un chou , vous ririez de ma question ? Si , généralisant dav antage , je vous demandais la différence qui existe entre certains zoophytes, qui sont des animaux, et certaines conferves qui sont des plantes, il en serait autrement ; vous seriez fort embarrassé , car il n'existe réellement pas de limite bien tranchée entre [le règne animal et le règne végétal , quoiqu'en aient dit Linnée et les botanistes qui lui ont succédé. Voici néanmoins la définition au moyen de laquelle le naturaliste suédois croyait caractériser les trois règnes : «Les minéraux croissent; les végétaux croissent et vivent ; les animaux croissent, vivent et sentent. »

La sensibilité est donc la seule chose qui différencie les animaux des plantes. Voyons, en comparant les uns et les autres, s'il serait possible de trouver un caractère plus tranché.

1° Les animaux et les plantes ont des organes ou parties, qui, dans leur disposition particulière, remplissent chacune un emploi spécial, et dont l'ensemble agissant donne pour résultat l'existence du tout.

2* Les animaux vivent, et la force vitale paraît résulter chez eux de l'irritabilité de leurs parties, qui sont susceptibles de se contracter par le contact de certains stimulants. — Il en est de même pour les plantes; l'irritabilité et la contraction paraissent d'une manière énergique dans les fleurs du vinetier, de la rue, d'un cactier ; dans les feuilles et les rameaux de la sensitive, les aiguillons de la dionée, etc.

3" L'azote, le carbone, l'hydrogène, l'oxigène, des sels alcalins et des oxides métalliques, forment la base des substances animales. — Les végétaux offrent la même composition ; seulement dans ceux-ci, le carbone domine et l'azote ne se rencontre que très rarement, excepté dans quelques produits que l'on appelle animalisés, tel que le gluten, etc.

4" Les animaux et les plantes v ivent et meurent ; ils résistent aux forces extérieures qui tendent à les détruire, et réparent leurs parties lésées par une blessure.

5° Les animaux rejettent les substances inutiles ou nuisibles à leur nature, et s'approprient, par la nutrition , celles qu'ils peuvent s'assimiler. — Les plantes agissent absolument de la même manière; leurs tiges, principalement leurs racines, se détournent par un mouvement qui paraît presque volontaire; les premières, pour abandonner les ténèbres et aller chercher la lumière ; les secondes, pour abandonner un sol sec et stérile, et aller chercher une terre plus humide, plus nutritive. Les plantes absorbent les fluides qui leur conviennent, et rejettent au-dehors les sécrétions inutiles ou nuisibles.

6° Les animaux et les plantes ont des sexes.

7° On trouve quelques animaux hermaphrodites qui

se fécondent et se reproduisent sans le secours d'un individu de leur espèce. Par exemple, l'huître, la moule, et beaucoup d'autres molusques acéphales. — La plus grande partie des plantes est hermaphrodite.

8° Les colimaçons et une foule d'autres coquillages son», androgynes. — Le mûrier et beaucoup d'autres plantes monoïques sont dans le même cas.

9° La plupart des animaux n'ont qu'un sexe; — toutes les plantes dioïques sont dans ce cas.

10° Beaucoup d'animaux sont vivipares , c'est-àdire qu'ils font leurs petits Vivants. — Quelques plantes graminées, des lis, des aulx , au lieu de produire des graines produisent de petites plantes toutes formées.

11° Quelques animaux sont scissipares, c'est-à-dire qu'ils se reproduisent le plus ordinairement par bou-

tures, tels que les polypes et la plupart des zoophy tes. — Un grand nombre de végétaux agames sont dans le même cas. Les lichens qui ne fructifient jamais, sont ordinairement les plus communs.

12° Beaucoup d'animaux sont ovipares, c'est-à-dire qu'ils se reproduisent par des œufs. — Une graine n'est rien autre chose qu'un œuf végétal , ayant la plus grande analogie anatomique avec l'œuf des animaux.

13° Quelques animaux zoophytes se multiplient par des petits individus qui se forment comme des gemmes ou des tubercules autour de leur mère. Celle-ci les alimente de sa propre substance jusqu'à ce qu'ils aient atteint un développement suffisant pour pouvoir subvenir eux-mêmes à leurs besoins; alors elle les abandonne , ils se détachent , pourvoient seuls aux néces-

( Première planche des études botaniques.

sites de l'animalité, et bientôt après, à celle de leurs petits. — Beaucoup de plantes se multiplient de rejetons et de caïeux. Les conferves n'ont pas d'autre mode de reproduction que celui de ces polypes. La cardamine des prés, dans de certaines circonstances, se régénère par de petits germes tuberculeux qui croissent sur ses feuilles.

14° On peut greffer deux polypes l'un sur l'autre, même d'espèces diirérentes, et ils ne font plus qu'un seul et même individu. — On sait comment on greffe les végétaux.

15° Si l'on crève l'œil d'une tourtue , si l'on arrache la patte d'une écrevisse, si l'on coupe celle d'une salamandre, si l'on tranche la tête d'un colimaçon, d'un

néréis ou d'un gordius, ces parties repoussent en plus ou moins de temps, suivant la saison, et les animaux se retrouvent bientôt après entiers et complets. — Les branches d'un végétal se reproduisent après qu'elles ont été coupées.

16° Tous les insectes, les reptiles et même quelques mammifères comme le loir, le lérot, la marmotte, etc., restent engourdis plus ou moins long-temps par le froid, sans donner le moindre signe de vie. — Les arbres, dans nos climats, cessent de végéter pendant l'hiver.

17° Les animaux changent plusieurs fois de peau pendant leur vie, soit qu'elle tombe en grands fragments, comme dans les crustacés, les serpents, etc., soit qu'elle se détache d'une manière presque imper-

ccptible, et 'sous la forme d'une poussière écaillcuse, comme dans l'homme. — Les arbres renouvellent plusieurs fois leur écorce dans le cours de leur vie, soit par gronda fragments ; les liège, bouleau, platane ; soit par petites parcelles, les poirier, pommier, etc.

1 8" Dans les insectes, les fluides nourriciers traversent les parois d'un long tube intestinal, abreuvent les tissus organiques, et s'élaborent au contact de l'air qui s'introduit par des stigmates ou pores respiratoires placés le long du corps. — Dans les plantes, les fluides nourriciers, ou la sève, se promènent dans les longs tubes qui forment le végétal, en abreuvent toutes les parties, et se portent dans les feuilles ou à la superficie d'autres organes. Là, se trouvant en contact avec l'air et la lumière, au moyen des pores dont un végétal est criblé, ils se combinent et s'identifient avec la substance de la plante.

19" Les animaux respirent. Si on les plonge quelque temps dans un gaz pur, excepté l'oxigène, ils périssent asphyxiés : ils respirent de l'oxigène, et expirent de l'acide carbonique. — Les plantes respirent; si on les plonge quelque temps dans un gaz pur, autre que l'acide carbonique ou l'oxigène, elles meurent asphyxiées; elles s'approprient le carbone, et expirent de l'oxigène.

Que résulte-t-il de cette comparaison des deux règnes, comparaison que j'aurais pu pousser beaucoup plus loin. C'est que les plantes ne diffèrent des animaux que parce qu'elles respirent de l'acide carbonique au lieu d'oxigène; et que par l'incinération elles dégagent de l'acide carbonique au lieu d'azote.

A présent que nous connaissons les végétaux aussi bien qu'il est possible de les connaître, commençons, avant d'aller plus loin, par esquisser leurs formes générales, afin de nous comprendre quand nous entrerons dans de plus grands détails.

La plupart des plantes se composent : d'une racine, fig. 1, m, destinée à les fixer à la terre, et à y puiser une partie de leur nourriture ; d'une tige, e, portant toutes les parties de la plante. La tige peut se partager en branches, les branches en rameaux, les rameaux en ramilles. Les feuilles : celles-ci prennent des noms différents en raison de la place qu'elles occupent : celles qui sont placées directement sur la racine, ii, se nomment radicales ; celles qui sont attachées à la tige, hh, s'appellent caulinaires, et l'on donne le nom de feuilles florales , ou de bractées, à celles qui accompagnent les fleurs ou leurs pédoncules. Il y a encore une quatrième espèce de feuilles, les stipules, qui ne se trouvent jamais qu'à la base des autres feuilles ou de leur queue, et qui affectent le plus souvent des formes singulières, par exemple dans les rosiers, les pois, etc. Les feuilles, ii, sont quelquefois portées par une petite queue nommée pétiole ; dans ce cas , on les nomme pétiolées. Quand elles en manquent, comme en hh, elles sont sessiles.

Quelquefois les feuilles, ou leur pétiole, se terminent par un filet simple ou rameux, qui s'accroche ou s'entortille aux corps voisins, et porte le nom de vrille.

La tige ou le rameau se termine ou porte une sorte de petit prolongement, c, destiné à supporter la fleur : c'est le pédoncule. Quelquefois le pédoncule se divise pour porter plusieurs fleurs, comme en dd, alors ces divisions deviennent des pédicelles.

La fleur est l'organe des sexes, et, par conséquent, le plus important. Elle se compose des organes de la

fécondation, dont nous parlerons plus loin, et de leurs enveloppes. Ces enveloppes consistent le plus ordinairement en un calice, b, toujours placé extérieurement et coloré en vert comme les feuilles, quand il existe, par exemple, dans la campanule que nous avons figurée. La seconde enveloppe, a, est la corolle, jamais verte et brillant quelquefois des plus vives couleurs. Quand elle est d'une seule pièce, comme dans notre ligure, on la dit monopétale ; elle est polypétale quand elle se compose de plusieurs pièces, et chaque pièce est un pétale.

Toutes les plantes ne portent pas des fleurs comme celles que nous venons de décrire, et que l'on nomme, à cause de leur brillante parure, phanérogames. Il en est chez lesquelles on connaît à peine ces organes de la fécondation, par exemple les champignons, fig. 3 ; on nomme ces plantes crytogames ; dans d'autres, ils ont une forme très bizarre, comme par exemple dans les mousses, fig. 2, où ils consistent en une urne c, recouverte d'une coëffe b. Ces derniers végétaux sont nommés agames , toutes les fois que les organes de la fructification sont très distincts, sans, toutefois, qu'on puisse y reconnaître des organes des sexes.

Les plantes n'ont pas toutes non plus les parties semblables à celles que nous venons de décrire. Les champignons, par exemple, n'ont ni feuilles, ni tiges, etc. Celui que nous avons figuré, 3, se compose entièrement d'un chapeau b, des feuillets c, et du pédicule a. D'autres se composent de parties différentes, que nous décrirons plus tard.

Nous savons maintenant tout ce qu'il en faut pour pouvoir marcher d'un pas ferme dans les sentiers attrayants de la botanique.

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