DE LA GERMINATION
Le premier phénomène qui se présente, dans l'ordre analytique, est celui de la germination, premier développement delà plante renfermée dans l'œuf végétal. Prenons une graine, un haricot, par exemple, et plantons-le. L'humidité le pénétrera, la chaleur occasionnera une certaine fermentation , les enveloppes de l'embryon ou petite plante, se rompront, et nous en verrons sortir une plantule, fig. 6; cette plantule se composera d'une radicule, c, ou premier rudiment de la racine ; d'un collet ou nœud vital , d, point où la tige s'asseoira sur la racine; de deux cotylédons, aa, comparables à des feuilles, mais remplissant des fonctions tout-à-fait différentes, et enfin d'une plumule, b, ou rudiment de la tige. Nous remarquerons que dans la plupart des plantes, les premières feuilles qu'émet la plumule ont une forme différente que les feuilles ordinaires : on les nomme primordiales, pour les en distinguer.
Les cotylédons sont les mamelles de la plantule. Ils sont composés de fécule ou farine, tant qu'ils sont ployés et renfermés dans la graine, et ce sont eux qui , dans le blé, l'orge, l'avoine, le sarrasin et autres céréales cultivées, fournissent la farine dont on fait le pain. Lors de la germination, l'oxigène et l'acide carbonique développés par l'humidité , la chaleur et le terreau, agissent sur la fécule, et, par une opération que nos chimistes imitent très bien , la changent en sucre, ou plutôt en un sirop très sucré. Ce sirop, semblable au lait des femelles dans les animaux, passe des cotylédons dans la jeune plante, et la nourrit jusqu'à
ce qu'elle soit assez forte pour tirer elle-même sa nourriture de la terre par ses racines et de l'humidité de l'air par ses feuilles. Dès-lors le phénomène change; la germination finit, et la végétation commence.
BoiTARD.
(La suite au prochain numéro.)
La famille anglaise Bathurst se divise en deux branches qui suivent en politique deux lignes opposées. L'une a pour chef l'évêque de Norwich, l'un des deux évoques qui ont voté pour la réforme. Le ministre des colonies sous l'administration de Castlereagh, lord Bathurst qui fut l'un des plus ardents persécuteurs de Napoléon à Sainte~Hélène, appartenait à l'autre branche.
Le fds de 1 e\èque de Norwich, M. Benjamin Bathurst, était ambassadeur d'Angleterre à Vienne, lors de la compagne de 1809. La paix étant signée, il quitta cette capitale, muni d'un passeport sous le nom supposé de baron de Kock ; il voyageait dans la voiture de poste d'un Allemand , courrier du cabinet anglais, nommé Krauss. Son intention était de gagner les bords de la Baltique, pour, de là, se rendre en Angleterre. Déjà il était arrivé sur la frontière du Mecklembourg ; c'était le 25 novembre, il passa trois heures dans cette ville, rendit visite au gouverneur, s' informant avec soin de la disposition des troupes ennemies dans les environs , offrant une forte somme d'or qu'il avait avec lui , pour être conduit sûrement au terme de son voyage. Bentré à l'hôtel de la poste , où il était descendu, il y brûla beaucoup de papiers et dina ; son repas fini, il donna l'ordre de mettre les chevaux. La voiture était prête, le marche-pied baissé; déjà le courrier Krauss était monté, lorsque M. Bathurst se porta un peu à l'écart derrière un mur. Jamais on ne l'a revu.
Quinze jours après, le pantalon de M. Bathurst fut trouvé, à quelque distance, au bord de la grande route sur un tertre de sable. On prit dans la poche une lettre commencée pour lady Bathurst. Il pleuvait depuis plus d'une semaine ; le papier de la lettre était intact et l'encre n'était pas altérée. Depuis vingt-neuf ans, aucun indice, aucun soupçon n'est venu éclaircir le nuage qui couvre ce singulier et déplorable événement. Le courrier Krauss , arrivé seul en Angleterre , fut interrogé avec soin, et rien ne démontra une coupable connivence de sa part. La famille Bathurst et le gouvernement anglais ont fait faire démarches sur démarches, enquêtes sur enquêtes, toujours sans succès. Cette disparition soudaine et totale d'un agent diplomatique anglais, n'a jamais été attribuée au gouvernement français par l'Angleterre, si facile pourtant dans ses accusations contre la France ; mais tous les gouvernements même amis de la Grande-Bretagne, n'ont pas été également à l'abri des soupçons.
Vingt ans après la disparition de M. Bathurst, sa fille, la charmante miss Bathurst, périssait dans le Tibre. Rome entière pleura sa mort.