DE LA VIE ET DE LA MORT DES VÉGÉTAUX
La vie consiste tout entière dans cette force qui fait résister les animaux et les plantes , pendant plus ou moins long-temps, aux lois des affinités chimiques et physiques. Ses phénomènes généraux sont : 1° Yirritabilité, dont nous avons déjà sullisamment parlé ; 2" la nutrition ; 3° la propagation.
La nutrition tire tous ses matériaux de la terre, de l'air et de l'eau. Cette dernière tient en dissolution une certaine quantité d'oxide, de sels, de matières
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organiques, qui, absorbés parla plante, sont charriée dans ses lissus avec la sève ; une partie s'assimile avec imix ; l'autre B'échappe par la transpiration. L'air fournit à la nourriture des plantes de l'hydrogène et de l'azote en petite quantité, mais une grande abondance d'acide carbonique. La terre fournit aux végétaux du soufre, de la silice, de l'alumine, des oxides de fer et de manganèse, etc.
C'est par succion que les plantes absorbent les lluides dont elles se nourrissent, et cette succion parait avoir une force prodigieuse, principalement dans les racines et les feuilles. Halles, Mirbel et d'autres botanistes se sont assurés que la force d'aspiration d'un cep de vigne est égal à la pression d'une colonne de mercure de 28 pouces de hauteur, ou de celle d'une colonne d'eau d'environ trente-trois pieds ; ainsi elle est plus considérable que la pression de l'atmospbère; cinq fois plus grande que celle qui pousse le sang dans la grande artère crurale d'un cheval.
Les fluides nourriciers sont charriés dans tout le végétal par les gros vaisseaux du bois, et principalement par ceux qui sont le plus près de l'étui médullaire. Par les pores de ces vaisseaux, ils se répandent du centre à la circonférence. Lorsque la végétation commence, la sève s'accumule dans les parties les plus jeunes du bois ou des tiges, s'y élabore, et forme les sucs propres et le cambium.
11 y a trois sortes de déperdition dans les plantes : 1' les déjections consistant en des sucs plus ou moins épais, des résines, des huiles, de la manne, de la cire, du sucre, etc. ; elles sont rejetées au-dchors par la force de la végétation ; 2° l'expiration ou respiration des plantes. Cette respiration se compose d'acide carbonique et d'oxigène ; 3° la transpiration formée par une certaine quantité d'eau réduite en vapeur. Les gouttes d'eau que l'on aperçoit le matin sur les feuilles de plusieurs plantes , du chou, par exemple , ne sont pas toujours de la rosée , mais bien le résultat de la transpiration. Il est prouvé qu'une plante de soleil, à masse égale et à temps égaux, transpire dix-sept fois plus qu'un homme.
La propagation par graine résulte de la fécondation, opération mystérieuse par laquelle une plante transmet la force vitale à l'embryon renfermé dans l'œuf végétal.
De la mon. Dans tous les êtres la vie cesse dès que la matière rentre sous les lois connues de la chimie et de la physique. La mort arrive par des maladies, par la vieillesse, et nous ne nous occuperons ici que de cette dernière cause. Les plantes annuelles meurent de vieillesse dès qu'elles ont produit leurs graines ; les plantes vivaces meurent de même, mais leurs racines se renouvellent chaque année, ou vivent plusieurs années. Les plantes ligneuses ne meurent de vieillesse qu'après un certain temps, dévolu par la nature à chaque espèce. Quelques plantes monocotylédones meurent après avoir fructifié . mais ne donnent leurs fruits qu'après plusieurs années.
Dans les plantes herbacées, le cambium ne se renouvelle pas, et s'épuise dans le cours d'une seule végétation ; les vaisseaux nourriciers s'engorgent . perdent leur souplesse ; l'irritabilité cesse ainsi que l'absorption, de là, plus de nutrition, et la mort.
Dans les plantes ligneuses, la mort de vieillesse est plus difficile à expliquer; aussi quelques botanistes célèbres la nient-ils, et je me rangerais assez volontiers à leur opinion. En effet, la seule partie qui entretienne la vie dans les arbres, est la couche annuelle et herbacée fournie par le cambium. Cette couche étant par conséquent toujours jeune, doit jouir toujours de la plénitude de sa force vitale. 11 ne peut y avoir ni engorgement de vaisseaux, ni endurcissement de fibres; ils conservent toute leur irritabilité, et, par suite, les fonctions de la vitalité ne peuvent être interrompues que par des causes accidentelles. Aussi a-t-on des exemples d'arbres qui doivent exister depuis la plus haute antiquité ; et, si l'on s'en rapporte au calcul du célèbre Adanson, plusieurs baobabs qu'il a mesurés au Sénégal et dans les îles de la Madeleine, n'ont pas moins de cinq à six mille ans.
Boitabu
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