DE LA FLEUR
La fleur est cette partie éphémère du végétal, consistant dans les organes de la fécondation, avec ou sans enveloppe , et rarement dans l'enveloppe seulement. La fleur est complète quand elle se compose , 1° d'un pistil ; 2° Vitamines; 3° d'une corolle; 4° d'un calice. Elle est incomplète quand il lui manque une ou plusieurs de ces parties.
Prenons un lis par exemple , fig. 17 ; nous observerons d'abord au centre de la fleur une petite colonne a, posée sur un renflement oval, et terminée par une tète arrondie ; cet organe est l'organe femelle, nommé pistil. Nous voyons , autour du pistil , six filets
grêles terminés chacun par une sorte de sac rempli de poussière jaune, 0, b, ce sont les organes femelles ou étamines. Le tout avant l'épanouissement de la fleur, est enveloppé dans six feuilles blanches, c, c, nommées pétales, et formant à elles seules la corolle. Mais le calice, fig. 18, d, d, que vous voyez former dans la rose une seconde enveloppe , toujours extérieure , verte et foliacée, manque dans le lis ; aussi cette dernière fleur est -elle incomplète, tandis qu'elle est complète dans la rose.
Nous avons déjà parlé de l'irritabilité dans les feuilles ; nous la retrouverons avec non moins d'énergie dans un grand nombre de fleurs, et je vais vous en citer quelques exemples. Si, avec la pointe d'une aiguille, vous touchez la base d'une étamine d'épine-vinette, arbrisseau très commun dans les haies , vous voyez aussitôt cette étamine frémir, se redresser, puis s'appliquer sur le pistil; celles qui sont à côté exécutent le même mouvement , puis la corolle se ferme , et le calice vient enfermer le tout. Quand la piqûre a été un peu forte, la fleur au-dessus, ou même celles de la grappe entière se ferment les unes après les autres.
Les étamines de la rue, d'un cacher, et de quelques autres plantes, se comportent comme celles de l'épinevinette, quand on les pique. Dans la parnassie, le mouvement semble être volontaire ; à une certaine époque de la floraison, une étamine se rapproche brusquement du pistil et épanche son pollen ou poussière fécondante sur le stigmate, puis, lorsqu'elle est épuisée, elle se retire ; alors une autre vient prendre sa place et agit de même, et enfin toutes , les unes après les autres, viennent ainsi contribuer à la fécondation.
Quelques fleurs, en raison de leur irritabilité, ouvrent et ferment leurs corolles dans de certaines circonstances. Les unes sont hygrométriques et se ferment à l'approche de la, pluie : par exemple, le souci pluvial, et quelques laiterons; d'autres épanouissent leur corolle à une heure déterminée du jour, et la referment à une autre heure déterminée. Linnée, frappé de cette singularité, en a dressé un tableau auquel il a donné le nom d'horloge de Flore ; mais comme ce tableau a été composé à Upsal, par 60 degrés de latitude nord, il s'en suit qu'il doit y avoir une différence d'une heure dans le moment de l'épanouissement des mêmes plantes à Paris. Voici un extrait de ce tableau, que je prends dans le Manuel des Fleurs emblématiques, charmant ouvrage de M8 Leneveux.
Horloge de Flore.
Minuit. — Le cactier a grande fleur ; il ferme sa corolle à minuit, et l'ouvre entre neuf et dix heures du matin.
Une heure. — Le laiteron de Laponie ; il se ferme à une heure du matin, et s'ouvre à sept.
Deux heures. — Le salsifis jaune ; il s'ouvre à deux heures du matin, et se referme à neuf ou dix.
Trois heures. — La grande picridie ; elle s'ouvre à trois heures du matin, et se referme entre midi et deux heures.
Quatre heures. — La crépide des toits ; elle s'ouvre" à quatre heures du matin , et se referme entre dix heures et midi.
Cinq heures. — L'hémérocalle fauve ; elle s'ouvre à cinq heures du matin, et se referme à sept ou huit du soir.
5*".r heures. — L'épervière frutiqueuse s'ouvre à six heures du matin, et se referme à cinq heures du soir.
Sept heure*. — Le souci pluvial s'ouvre à sept heures du matin, et se ferme entre trois et quatre heures du soir.
Huit heures. — Le mouron eouge ouvre sa jolie petite fleur à huit heures du matin, et la ferme à trois du soir.
Neuf heures. — Le souci des champs ouvre sa fleur à neuf heures du matin, et la referme entre midi et trois heures.
Dix heures. — La ficoïde napolitaine s'ouvre à dix heures et se ferme à trois.
Onze heures. — L'ornithogale dame d'onze heures s'ouvre à onze heures et se ferme à trois.
Midi. — La ficoïde glaciale s'ouvre à midi, et se ferme entre trois et quatre heures du soir.
Une heure. — L'oeillet prolifère se ferme à une heure après midi, et s'ouvre à huit heures du matin.
Deux heures. — L'ÉPERtiÈRE piloselle se ferme à deux heures, et s'ouvre à huit heures.
Trois heures. — Le pissenlit taraxacoïde se ferme à trois heures du soir, et s'ouvre entre quatre et cinq heures du matin.
— Quatre heures. L'alysse alyssoïde se ferme à quatre heures du soir, et s'ouvre entre six et huit heures du matin.
Cinq heures. — La belle de nuit s'ouvre à cinq heures du soir, et se ferme entre neuf et dix du matin.
Six heures. — Le géranium triste ouvre ses fleurs odorantes à six heures du soir, et les referme entre dix et onze heures du matin.
Sept heures. — Le pavot a tige nue ferme ses fleurs à sept heures, et les ouvre à cinq du matin.
Huit heures. — Le liseron droit se ferme à huit heures, et s'ouvre entre cinq et six.
Neuf heures. — Le liseron linéaire se ferme à neuf heures du soir, et s'ouvre à huit heures du matin.
Dix heures. — L'ipomée pourpre s'ouvre à dix heures du soir, et se ferme entre neuf et dix du matin.
Onze heures. — Le siléné fleur de nuit ouvre sa fleur à onze heures du soir et la ferme entre sept et huit heures du matin.
Certaines plantes montrent encore leur irritabilité d'une manière plus extraordinaire, et nous en citerons quelques faits généraux dans le prochain article.
BOITARD
Hygiène populaire.
On peut s'assurer de la bonne qualité des champignons qu'on destine à l'usage de la table, en en faisant bouillir un ou deux avec un oignon blanc : si celui-ci prend une teinte verte, le champignon est vénéneux.
Inventions. — Recettes utiles.
Un Anglais donne le procédé suivant pour la conservation des bottes et souliers, « Je n'ai acheté, dit-
il, que trois paires de bottes et pas de souliers pendant les dix années qui viennent de s'écouler, et j'espère bien ne pas en acheter pendant les six années prochaines. »
Voici son socret. Il fait fondre une livre de cire et une demi-livre de résine dans un pot sur le feu ; quand tout est fondu et mêlé, il chauffe ses bottes et y applique le mélange tout chaud avec un pinceau jusqu'à ce que ni le cuir de la semelle ni celui de dessus n'en puissent plus absorber ; et pour donner aux bottes le luisant qu'elles ont perdu, il fait dissoudre une once de cire dans une once d'huile de térébenthine/à quoi on ajoute une cuillerée de noir de fumée. Un jour ou deux après que les bottes ont été imprégnées par le mélange d'huile et de cire, on les frotte avec la dissolution de cire, mais pas devant le feu, et elles redeviennent luisantes.
Après la révolution de juillet, les hauts dignitaires de l'état s'empressèrent d'abandonner une partie de leur traitement en faveur des victimes des trois jours. Le directeur d'un journal, ami du nouveau pouvoir, se rendant au Luxembourg, y rencontra l'un des grands officiers de la chambre des pairs qui s'approcha aussitôt de lui : « Faites-moi donc le plaisir, lui dit-il, d'annoncer dans votre plus prochain numéro, que j'ai abandonné dix mille francs de mon traitement pour les blessés de juillet. » Le traitement du noble pair était de cent mille francs, non compris le logement, le chauffage et l'éclairage. « Mais, figurez-vous que je n'y perdrai rien , ajouta-t-il ; j'y gagnerai. Jusqu'à présent, j'ai donné pour vingt mille francs de concerts pendant l'hiver ; je n'en donnerai pas du tout, donc je gagnerai dix mille francs. »