LE CULTE DE MARS
Les Romains, qui avaient fondé sur \» guerre l'accrois semenl el la puissance de leur empire, devaient honorer
plus particulièrement le dieu des batailles , et eu foire le protecteur de leur ville; aussi ce peuple conqnérant avait-il
donné à Mars le nom de Pêne , tandis que les Grecs l'appelaient Ares, par allusion aux maux que la guerre amène à sa suite.
Lorsque les consuls se disposaient à entrer en campagne, ils allaient offrir des vœux et des prières clans le temple de Mars et touchaient solennellement la lance du dieu , en s' écriant : Veille sur nous , ô dieu Mars !
Parmi les peuples de l'antiquité , il en est qui immolaient à Mars , non seulement des animaux , mais encore des victimes humaines. On le représentait sous la figure d'un vieillard armé d'un casque, d'une lance et d'un bouclier, tantôt nu et sans barbe , et tantôt couvert d'une robe flottante- Il était généralement assis sur un char attelé de deux coursiers , appelés par les poètes la Fuite et la Terreur ; quelquefois on plaçait sur sa^poitrine une égide avec la tête de Méduse.
Les anciens Scythes représentaient Mars rpar un vieux sabre à demi rongé par la rouille , et les Gaulois l'adoraient souvent aussi sous la forme d'une épée nue déposée sur un autel au milieu d'une forêt. Les Romains le figuraient aussi dans l'attitude d'un guerrier qui marche à grands pas, et lui donnaient alors le nom de G radions, qui indiquait plus spécialement ce dieu pendant] la guerre, tandis que pendant la paix ils l'appelaient Quirinus. Ils avaient même des temples différens dédiés à ce dieu sous ces deux noms, les uns dans la ville, les autres hors de son enceinte.
Parmi ces temples, celui qu'Auguste dédia à ce dieu après la bataille de Philippes , sous le nom de Mars vengeur , passait pour le plus magnifique.
Les prêtres de Mars ou saliens formaient à Rome un collège riche et puissant.
f Ruines du Temple de Mars à Rome,