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MOEURS DES PARSIS

Nous avons donné quelques détails (t. I , p. 147), sur les Parsis qui, au xvne siècle, échappèrent à la persécution desmahométans. Ils reconnaissent un seul dieu, disions, nous conservateur de l'univers , mais ils n'ont ni temples ni mosquées; ils font toutes les cérémonies de leur religion dans leur propre habitation , le premier et le vingtième jour de la lune. Les docteurs ou prêtres portent une ceinture de laine ou de poil de chameau. Ils considèrent le feu comme le symbole de la divinité , ne mangent rien qui ait eu vie, et évitent de tuer les animaux.

Dans leur intérieur, les parsis sont très-réguliers et de mœurs sévères ; le respect qu'ils portent à la foi conjugale entraine parfois de terribles chàlimens contre ceux qui l'ont violée. En entrant dans le port de Bombay, on laisse adroite une île nommée Ca!oDa; de l'autre cùté de cette île, on voit tout un côté de la ville, qui se présente en amphithéâtre. La mer forme là une baie charmante , el sur le rivage, pendant la belle saison, de tous côtés, s'élèvent des tentes arrangées avec un goût parfait ; ce sont les tentes des parsis. Un demi-mille plus loin , le pays cesse d'être plat , et l'on n'y trouve plus de ces maisons d'été. Au sommet d'une colline voisine, est placé le cimetière des parsis; non loin de là , est une hutte qni ne contient qu'une chambre sans meubles, et qu'on croirait abandonnée si elle n'était pas si bien conservée. A de rares intervalles, un cortège s'achemine lentement vers cet endroit funèbre : au premier rang, viennent deux prêtres; puis une femme voilée entre deux parsis , ensuite deux autres prêlres; cette femme est coupable d'avoir trahi ses devoirs d'épouse; elle est enfermée dans la hutte, et condamnée à mourir de faim. Deux prêtres restent là plusieurs jours pour épier les derniers gémis-emens de la victime.

Les Parsis, comme les Hindous, marient leurs enfans lorsqu'ils n'ont que quatre on cinq ans ; celte cérémonie est

assez curieuse : sur une espèce d'autel entouré d'une ba lusliade en bois, sont placés deux sièges où figurent l'époux el 1 épouse dans leurs plus beaux ajusteinens; trois prêtres se promènent autour des jeunes fiancés, en récitant des prières el en leur jetant du riz et du sucre, qu'ils prennent sur deux plats qu'ils tiennent de la main gauche , pendant qu'un quatrième attache ensemble les deux pouces des enfans avec un énorme écheveau de soie blanche-, qu'il dévide en répétant toujours de longues prières.

Ensuite les païens passent dans une autre maison qu'on a recouverte d'un drap rouge, et au-dessus, d'un drap bleu foncé , parsemé d'étoiles d argent ; et landis qu'ils prennent place à table, une foule d'enfans s'assemblent , déguisés de toutes manières. L'époux, précédé par des cors , des tambours et des torches, se met à leur tête , et ouvre la procession à cheval, avec sa petite épouse dans un palanquin; ils font ain>i le tour de la ville au milieu d'innombrables cris de joie, et la cérémonie est achevée.

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