L. Témoins à décharge
M. Sièges des pairs.
N. Bureau du président. O. Ministère public.
P. Avocats.
Q. Couloirs de serviceJ R. Salle des témoins à charge.
S. Salle des témoins à décharge, T. Jardin du Luxembourg.
39 pieds,
7 pieds.
'uu 1 I 1 -I
(Plan d'au» partie du palais du Luxembourg et de la nouvelle «aile,
FRANÇOIS Ier, EMPEREUR D'AUTRICHE.
(Premier article).
Joseph-Charles-François Ier, empereur d'Autriche, né le 12 février 1768, fils de Léopold II et de Marie-Louise d'Espagne, fut élevé sous les yeux de son père , et ensuite appelé à Vienne par Joseph II, son oncle, qui confia son éducation aux personnes les plus capables de lui donner des idées saines dans l'art de gouverner. Cet empereur avait , comme nos lecteurs le savent sans doute , entrepris de réformer le gouvernement des états héréditaires de sa couronne, et, malgré la résislance]opiniâtre de la partie la plus influente de la population, il était déjà parvenu à exécuter une partie de son plan. Léopold , qui devait lui succéder, était, sous tous les rapports, l'homme le plus capable d'affermir ce plan, en y mettant la dernière main. Cependant il importait que son neveu fût élevé à la même école , et c'est pourquoi, d'accord avec son père, Joseph le fit venir à Vienne. L'archiduc François profita des leçons qu'il reçut et des exemples qu'il eut sous les yeux ; et si , depuis son élévation au trône, il s'est écarté de la route tracée par son oncle et son père, il ne faut l'attribuer qu'aux circonslances extraordinaires dans lesquelles il se trouva placé dès la mort de Léopold, et qui, jointes à l'irrésolution de son caractère, permirent à l'oligarchie autrichienne de s'emparer de l'esprit du jeune empereur et de le subjuguer entièrement.
L'archiduc François accompagna Joseph dans sa campagne coutre les Turcs, en -1788 ; mais il ne montra aucun goût pour l'art militaire , et c'est cependant sous le plus timide et le plus pacifique des princes que l'Autriche a fait le plus de guerres. Il épousa, le 6 janvier de la même année, Elisabeth, fille du duc Frédéric-Eugène de Wurtemberg , qui mourut le 17 janvier 4790, et s'unit en secondes noces à Marie-Thérèse , fille de Ferdinand IV, roi de Naples , dont il a eu plusieurs enfans. Le 1er mars 1792, il succéda à son père Léopold II, fut proclamé roi de Hongrie le C juin, élu empereur romain le 7, et couronné, en cette qualité , le 14 juillet de la même année.
La révolution française faisait de grands progrès , et une coalition se préparait contre les nouvelles doctrines , à la tête de laquelle était le cabinet anglais qui comptait , du même coup, étouffer les principes républicains, et s'enrichir des dépouilles de cette France dont il sera toujours l'ennemi. En Autriche, le vieux Kaunitz, fidèle aux traditions féodales, et chef du parti opposé aux réformes salutaires commencées par l'empereur Joseph, saisit habilement l'occasion , et François se prêta à tout, et se disposa à. remplir les engagemens contractés par Léopold avec le roi de Prusse, Frédéric-Guillaume II, dans la célèbre conférence tenue, le 27 août 1791, à Pilnitz, en présence de plusieurs personnages notables, français et étrangers.
A peine fut-il sur le trône , que l'Autriche fit marcher une forte armée contre la France , et continua la guerre , pendant plusieurs années , avec le plus grand acharnement, malgré les nombreuses défaites que les Autrichiens éprouvèrent successivement , jusqu'à la conclusion de la paix de Campo-Formio , signée le 17 octobre 1797. Par ce traité, François obtint des conditions beaucoup plus favorables qu'il n'eût pu l'espérer. Il renonça à la Belgique, que les Français occupaient depuis long-temps , et reçut Venise et toutes ses anciennes possessions sur la terre ferme , avec la Dalmatie , l'Istrie et les îles', en compensation de la Lombardie, qu'il céda à la république française. Mais la modération de la France et le sacrifice de la nation vénitienne ne satisfirent point le cabinet autrichien. L'Angleterre eut bientôt formé une nouvelle coalition. Profitant des querelles intestines qui déchiraient la France, elle engagea Paul Ier, empereur de Russie, à se joindre aux forces autrichiennes; leurs armées combinées obtinrent d'abord des succès signalés en Italie, mais la bataille de Zurich donna un terrible
échec aux Russes, et bientôt les victoires éclatantes de Hohenlinden et de Marengo forcèrent de nouveau l'empereur François à traiter avec la république française qui lui accorda une paix favorable. '
L'empereur Paul , peu satisfait de la conduite des généraux autrichiens, abandonna son allié, et se rapprocha peu à près de Napoléon. Le traité de Lunéville, [signé le 5 février 1801 , fut calqué sur celui de Campo-Formio; mais il ébranla la vieille constitution de l'empire germanique jusque dans ses bases. L'Autriche reconnut les républiques batâve, helvétique, cisalpine et ligurienne ; mais,, quoique vaincue et humiliée, elle ne songeait qu'à se venger, et dèslors François crut avoir assez de ressources pour recommencer la lutte: il forma, sous les auspices de l'Angleterre , une ligue avec l'empereur Alexandre, et une nouvelle guerre contre la France éclata vers la fin de 1803; mais la capitulation de l'armée autrichienne, commandée parMack, à Ulm, et la déroute complèle de l'armée russe à Austerlitz' forcèrent encore une fois François à recevoir la loi de la France.
Cette fois, les conditions de la paix furent dures. La France, par le traité signé à Presbourg le 6 décembre 1805, conserva en toute propriété le Piémont, Parme et Plaisance; l'Autriche reconnut le royaume d'Italie, et lui céda toutes les possessions de l'ancienne république de Venise qu'elle avait reçues par les traités antérieurs ; elle abandonna à la Bavière tout le Tyrol et le Vorarlberg, avec les évêchés deBrixen et de Trente, Burgau, Eichstadt, Pussau, Lindau et autres seigneuries. L'empereur François céda de plus la majeure partie du Brisgau , l'Ortenau, la ville de Constance au grand-duc de Bade , et le reste de l'Autriche antérieure au Wurtemberg. L'Autriche acquit Salzbourg et Bcrchtolsgaden à titre de duché et la grande maîtrise de l'ordre leutonique pour un de ses princes. La Bavière et le Wurtemberg furent érigés en royaumes.
A la suite de celte paix , le cabinet de Vienne renonça pendant quelques années, à l'espoir de vaincre la France! En 1806 (le 6 août), François, sur la~simple déclaration de Napoléon, portant qu'il ne reconnaissait plus l'empire germanique, renonça à son litre d'empereur romain, et, lors de la guerre qui, la même année, éclata entre la Prusse et la France, il offrit sa médiation, qui fut refusée. L'occupalion de l'Espagne survint, et les difficultés que Napoléon y rencontra réveillèrent de nouveau le cabinet autrichien. La guerre fut dès lors résolue, et, celte fois, l'armée autrichienne, sous les ordres de l'archiduc Charles, débuta par une marche hardie sur la Bavière; mais Napoléon, étant survenu avec la rapidité de l'aigle , repoussa les Autrichiens , qu'il défit ensuite complètement à Wagram, après avoir pris Vienne.
C'en était fait de La monarchie autrichienne ; mais les conseillers de François Ier lui suggérèrent un moyen de sauver la monarchie , et ce prince adhéra sans difficulté au projet de donner sa fille , l'archiduchesse Marie-Louise , en mariage à Napoléon. L'enfant de la révolution, ne rêvant que le despotisme, se crut tout à coup identifié avec les vieilles familles de rois qu'il comptait déjà parmi ses vassaux. Tandis que Napoléon croyait s'assurer la fidélité de l'Autriche, les politiques les plus clairvoyans jugèrent qu'un monarque capable de consentir à une pareille union par la simple raison d'état , pourrait bien un jour vaincre sa tendresse paternelle lorsqu'il s'agirait des intérêts de sa couronne, tandis que Napoléon, fasciné parce triomphe d'un nouveau genre , redoublerait d'égards pour son beau-père, et lui donnerait le temps de réparer ses pertes.
Le traité de Vienne fut signé le 4 octobre 1809, et laissa à l'Autriche la plus grande partie de ses états. Napoléon divorça avec sa première épouse Joséphine, le 15 décembre de la même année, épousa Marie-Louise le 2 avril 1810, et quatre années étaient à peine écoulées, que la cour de Vienne , se joignant à la Russie , à l'Angleterre et à la Prusse, renversa Napoléon et son épouse du trône. Avant
celte époque, tant que l'Autriche redouta la puissance de l'empire français , elle s'empressa d'exécuter les volontés de Napoléon. En 1812, au mois de mai, François Ier vint à Dresde lorsque son gendre eut formé le dessein de punir la Russie , et souscrivit une convention d'après laquelle il s'engageait à fournir un corps de troupes auxiliaires pour former l'aile droite de l'armée française. Ce corps fut en effet organisé, et combattit, quoique faiblement, les Russes.
La désastreuse campagne de 1812 ranima le courage abattu des ennemis de Napoléon ; mais le colosse était encore trop redoutable pour qne le cabinet de Vienne osât l'attaquer. Il fallut 'un étonnant concours de revers pour décider enfin l'empereur François à devenir l'ennemi déclaré de son gendie. La déroute de Vitloria mit un terme aux ^hésitations du cabinet autrichien. L'Autriche conservait d'immenses ressources, car le complaisant Napoléon ne lui avait enlevé, par le traité de Vienne, que les provinces illyriennes , une partie de la Gallicie , la moitié de la Croatie, Trieste, Fiume, le cercle de Villach, et quelques autres territoires de moindre importance. Bientôt elle mit sur pied une armée formidable qu'elle dirigea vers la Bohême , en tenant dès ce moment un langage menaçant à Napoléon. Enfin , le 9 septembre , François conclut à Tceplilz un traité d'alliance avec l'empereur de Russie et le roi de Prusse, et joignit la coalition. L'armée autrichienne fut battue devant Dresde, et éprouva une perte énorme; mais l'immense supériorité des forces réunies à Leipsick l'emporta enfin sur la valeur française , et depuis celte époque mémorable, le triomphe des coalisés parut assuré.
Les armées alliées pénétrèrent en France sur divers points, et les Autrichiens se portèrent sur Lyon et la Franche-Comté, où une poignée de braves les tint longtemps en échec. L'empereur François se trouvait de sa personne à Dijon, lorsque l'empereur Alexandre et le roi de Prusse entrèrent à Paris, et n'opposa aucune résistance à l'acte qui dépouilla Napoléon et son fils du trône. Il vint à Paris le 13 avril 1814 , et M. de Talleyrand lui ayant fait un compliment à la tête du sénat, François Ier répliqua par un discours dans lequel on distingua ces mots que les sésénateurs refusèrent d'inscrire sur leurs registres : « J'ai combattu pendant vingt ans ces principes qui ont désolé l'univers. »
Mais ce n'était pas seulement aux principes que la coalition faisait la guerre : on sait que par le traité de Paris , du 30 mai 1814, l'Autriche reprit la Lombardie et tous les états de l'ancienne république de Venise, à l'exception des lies, états auxquels elle n'avait pas plus de droit que le roi de Sardaigne à Gênes , le roi de Prusse à la Saxe , la Russie à la Pologne, ou l'Angleterre à Malle, aux lies vénitiennes et à l'empire de l'Inde. I
François quitta Paris api es un séjour de deux mois, pendant lesquels il se fit peu remarquer, et retourna ensuite à Vienne avec les autres souverains alliés, pour régler définitivement les affaires des rois dans un congrès. Leurs discussions n'étaient pas encore terminées que Napoléon , par le coup le plus hardi el le plus inattendu , renversa en peu de jours ce que toute la coalition avait eu tant de peine à effectuer par des efforts inouis. Sa perte fut jurée de nouveau, et elle se réalisa à Waterloo. Dans celte seconde guerre, les A utiiehiens déployèrent encore moins d'activité que dans la première, ce qui ne doit pas surprendre, car la cour d'Autriche avait recouvré le Tyrol et toutes ses possessions en Italie , avec les étals de Venise sur la Terre- Ferme, rétabli un membre de sa famille sur le trône de la Toscane , et n'avait rien à espérer de cette guerre.
François profita de la seconde abdication de Bonaparte pour replacer l'ancien roi de Naples sur le trône de Joachim Murât, qui avait puissamment aidé l'armée autrichienne à expulser les l'rnneais de l'Italie pendant la campagM de ISI-S. Ce fut alors que l'alliance dite Sainte fui ormée entre Alexandre, empereur de Rnssie, le roi de
Prusse et François; d'autres rois y adhérèrent ensuite. Les monarques alliés se promirent une assistance mutuelle contre tout mouvement insurrectionnel. Le cabinet autrichien est le seul qui, depuis cette époque , ne se soit point départi des principes arrêtés alors entre les souverains alliés.
Lorsqu'au mois de juillet 1820, les Napolitains voulurent se donner un gouvernement libre, l'empereur d'Autriche fit venir à Laybach Ferdinand IV, roi de Naples, et fit envahir ses états par une armée commandée par le général Frimont. Les Napolitains n'opposèrent qu'une faible résistance, et depuis lors jusqu'en 1827, le royaume fut occupé et, pour ainsi dire, gouverné par les Autrichiens. Les Piémontais s'étant, à la même époque, insurgés contre leur roi, l'Autriche fit également envahir ce royaume, et contribua à l'élévation du prince Victor-Emmanuel au trône que déserta son frère Charles-Félix.
Peu de temps après, le cabinet autrichien poussa au renversement du système représentatif établi récemment en Espagne et en Portugal; et prit parti contre les Grecs lors de leur insurrection contre les Turcs.
Comme chef de l'empire germanique , le défunt empereur aurait dû porter le titre de François II ; mais c'est en qualité d'empereur d'Autriche qu'il s'est fait nommer François Ier. Il a été marié quatre fois ; la première avec une princesse de Wurtemberg; la seconde avec une fille de Ferdinand IV, roi de Naples, ainsi que nous l'avons dit plus haut; la troisième, avec Marie-Louise-Béatrix, fille de Ferdinand, duc de Modène-Brisgau, et oncle de l'empereur; et la quatrième fois, avec Caroline-Auguste, fille du roi de Bavière, le 10 novembre 1816. Il n'a eu des enfans que de son second lit; ce sont 1° Marie-Louise, ex-impératrice des Français; 2° Ferdinand-Charles, aujourd'hui empereur d'Autriche; 5° l'épouse du prince Léopold des Deux-Siciles ; 4° l'épouse du prince Frédéric-Auguste de Saxe ; 5° l'archiduc François-Charles ; 6° l'archiduchesse Marie- Anne. (La suite au n° prochain.)