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LE PANGOLIN ET LE PHATAGIN

(Le pangolin et le phalagin. )j

Les deux animaux que représente la gravure que nous plaçons sous les yeux de nos lecteurs, étaient vulgairement connus sous le nom de lézards écailleux; mais ces dénominations étaient fausses de tous points. Les lézards en effet appartiennent comme les serpens et les tortues à cette classe d'êtres qui reproduisent leurs petits à l'état d'œufs, et que l'on appelle par cette raison ovipares, tandis que ceux-ci donnent naissance à des individus vivans, et sont par conséquent rangés parmi les vivipares. Le nom de Pangolin a été donné à l'un d'eux par les Indiens de l'Asie méridionale, et celui de Phatagin est communément donné à l'autre dans les Indes-Orientales. Les Français qui fréquentaient cette contrée avaient aussi appelé ce premier Diable de Java.

Le nom de pangolin signifie, dit Séba, dans la langue de Java : « un animal qui se met en boule. » En effet, cet animal se replie sur lui-même et forme une sorte d'anneau armé d'écaillés , quand il est attaqué par un ennemi. Ces écailles ne sont pas collées en entier sur sa peau ; elles y sont seulement attachées par leur base el se relèvent ou s'abaissent au gré de l'animal , comme les dents du porcépic. Elles sont si dures, si grosses, si piquantes, qu'elles rebutent tous les animaux de proie ; c'est une cuirasse offensive qui blesse autant qu'elle résiste : les plus cruels et les plus affamés, comme le tigre et la panthère, essaieraient en vain de dévorer ces animaux; ils les foulent „ ils les roulent; mais en même temps ils se font des blessures douloureuses dès qu'ils veulent les saisir, aussi ne peuvent-ils ni les déchirer, ni les écraser, ni les étouffer, en les foulant sous leurs pieds.

Quand le pangolin se replie sur lui-même, sa longue queue sert de cercle ou de lien à son corps. Cette partie extérieure, par laquelle il pourrait être saisi, se défend d'elle-même; elle est garnie dessus et dessous d'écaillés aussi tranchantes que celles dont le corps est revêtu ; et eomme elle est convexe en-dessus et plate en-dessous , et qu'elle a à peu près la forme d'une demi-pyramide, les côtes anguleux sont revêtus d'écaillés en équerre , pitées à TOME H. — Juin i835.

angle droit, lesquelles sont aussi grosses et aussi tranchantes que les autres; en sorte que la queue paraît êtie encore plus soigneusement armée que le corps , dont les parties inférieures sont dépourvues d'écaillés.

Le pangolin est plus gros que le phatagin et cependant il a la queue beaucoup moins longue ; ses pieds de devant sont garnis d'écaillés jusqu'à leur extrémité, au lieu que le phatagin a les pieds et même une partie des jambes de devant dégarnies d'écaillés et couvertes de poil. Le pangolin a aussi les écailles plus grandes , plus épaisses , plus convexes, et moins cannelées que celles du phatagin, qui sont armées de pointes très piquantes.

Le pangolin a jusqu'à six, sept et huit pieds de grandeur, y compris la longueur de la queue. Celle-ci, qui est à peu près de la longueur du corps, paraît être moins étendue quand l'animal est jeune. Les écailles, pâles et minces dans les premières années, deviennent si dures qu'elles sont à l'abri de la balle.

Le pangolin et le phatagin vivent de fourmis comme ranimai connu spécialement sous le nom de fourmilier, dont nous avons dcicrit les mœurs et la conformation. On les trouve aux Indes-Orientales et en Afrique, où les Nègres les appellent Quoguelo. Ils en mangent la chair, qu'ils trouvent délicate et saine, et se servent des écailles pour plusieurs usages.

Ces animaux sont d'un naturel timide, courent très lentement et ne peuvent échapper à l'homme qu'en se cachant dans des rochers ou dans les terriers qu'ils se creusent et où ils font leurs petits. Les naturalistes ont rangé ces deux espèces d'animaux parmi ceux qui n'ont pas de dents et qu'on appelle pour cette raison èdentês. Ils sont désignes dans plusieurs ouvrages sous le nom général de manis.

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