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AU MOYEN DES OUTRES

On emploie encore des outres pour le transport des liquides dans les départemens montagneux du centre et du midi de la France , en Italie , en Espagne , clans le Levant, dans l'Inde , et généralement dans les pays chauds.

En France, on fabricjue des outres dans les départemens du Puy-de-Dôme, du Cantal, de la Lozère, de l'Aveyron, de la Creuse, des Pyrénées, de l'Isère, du Var, des Alpes.

Les outres sont ou faites de plusieurs morceaux cousus ensemble ou formés avec la peau d'un seul animal.

Pour les outres cousues , on préfère les peaux de vaches, parce qu'on prétend qu'elles sont plus spongieuses et plus susceptibles de dilatation. Celles des bœufs, assurent les fabricans, n'ont pas les mêmes qualités. Ces outres cousues se font spécialement au Puy. Quant à la préparation des peaux, disons succinctement que les bouchers les étendent sur des perches, aussitôt après avoir écorché l'animal, pour éviter les plis, qu'on les laisse ramollir dans une eau de chaux vieille pendant huit jours, puis qu'on les coupe et les étend ; après quoi , elles sont remises pendant un mois dans un bain de chaux neuf, lavées , écharnées et dépilées, étendues d'abord sur une perche au soleil, puis matin et soir sur un terrain bien sec , en évitant avec soin l'humidité qui les rétrécirait et dilaterait leurs pores. Enfin, ces peaux sont ramollies à l'eau et cousues à points doubles et serrés comme les courroies des cordonniers.

Les outres d'une seule pièce ne se font ordinairement, en France du moins , qu'avec les peaux de boucs. On préfère, à cause de leur grande taille, les boucs de l'Auvergne.

Anciennement , on arrachait, parties par parties, le corps de l'animal vivant de sa peau, au moyen d'une fente pratiquée le long de l'une des jambes de derrière/depuis l'anus jusqu'au jarret, qu'on avait préalablement coupé. Le pauvre animal était, pendant cette cruelle opération, suspendu parla tête et les jambes de devant, et on ne lui coupait le cou qu'à la fin de l'opération. Nos pères s'imaginaient que la peau devenait ainsi bien meilleure que si on l'eût enlevée sur l'animal mort.

Aujourd'hui, on tue les boucs d'avance, en les égorgeant; puis on enlève la tête , et par cette ouverture , on extrait , comme l'on peut, toutes les parties du corps, en suspendant l'animal par les jambes de derrière. On opère avec autant de célérité que possible pour rendre la peau plus ferme , et , ordinairement , elle est encore chaude quand le travail est achevé; puis , les jambes sont coupées. L'ouverture du cou sert à l'introduction des liquides, l'une de celles des jambes à la dégustation. Quelques fabricans ont imaginé , au lieu de fermer l'ouverture principale avec une corde, ce qui produit des plis et cause des fuites, d'y adapter une rondelle en bois creusée à la gorge et de la ficeler sur cetle rondelle. Une ouverture centrale fermée par un bouchon tient lieu débonde et permet de ne jamais déficeler les jambes. L'anus est cousu avec le plus grand soin.

Poar préparer les peaux des outres de cette seconde sorte, on les sale après les avoir retournées , puis on tond le poil avec précaution pour ne pas enlever la fleur. Enfin, pour s'opposer à l'usure qui résulterait du frottement contre les dos des animaux porteurs , on les imbibe de miel mélangé avec de la farine de seigle.

Et après tous ces préparatifs , les outres conservent encore une odeur quelles communiquent aux liquides. Elles ont l'avantage d'être plus légères que les tonneaux , dont le poids est d'ailleurs augmenté par celui des bats sur lesquels on les pose.

Nous renverrons au Dictionnaire Technologique, publié par Thomine , ceux de nos lecteurs qui désireraient des détails plus étendus sur ce sujet.

(Porteurs d'eau indiens conduisant leurs boeufs chargés d'outrés.

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ALLEJîAC NE.

LES EAUX MIJÎJÎilALiS DES SO«£>S DU EBB- — LE DUCHÉ DE NASSAU

(Vue de Braubach sur le Rhin.)

Les beaux jours n'ont paseneore disparu , et la fonle des touristes désœuvrés qui ont abandonné leurs pénates pour courir les pays étrangers, sillonne encore les grandes routes, se dépouillant à chaque relai de quelques écus et de quelques préjuges de localité. Parmi ces agens nomades de la civilisation , apôtres très innocens d'une révolution involontaire, la classe la plus nombreuse, peut-être, est celle des gens qui vont chercher aux eaux ou la santé ou le plaisir.

Cette mode est pour l'Allemagne surtout la source d'une immense revenu. Le flot d'Anglais, de Français, de Russes, qu'attirent chaque année ses eaux minérales , ne paie pas seulement de son or les aubergistes, les postillons et les cicérone polyglottes ; ce n'est là que le plus léger de l'impôt qu'il faut payer au pays; les roubles, les guinéeset les louis d'or disparaissent bien plus vite encore dans les çarties de plaisir et dans les mille tentations qui vous at-

tendent à côlé de la source hygiénique-. Tel va cherche la santé aux eaux de Bade , d'Ems, tde Wiesbaden , etc. qui en revient plus malade et , qui pis est, ruiné. *

Il est peu de pays cependant dont l'aspect enchanteut invite mieux que l'Allemagne à parcourir leurs fertiles et séduisantes campagnes , et à fuir les salons où s'entassent les joueurs et autour d'eux la foule des touristes de grandes routes. Les bords du Rhin surtout offrent au voyageur et à l'amateur d'eaux minérales une série, variée à l'infini , de paysages plus séduisans les uns que les autres, tantôt gracieux et paisibles, tantôt sévères et pleins de mouvement , et malgré tant de beautés naturelles, vous ver» rez sur les bords du Rhin bien moins de gens qui courent le pays que d'oisifs qui encombrent les établissemens publics.

Telles sont les réflexions qui se représentaient dernièrer ment à notre esprit en parcourant le petit duché de Nassau, le plus remarquable peut-être des pays que baigne le Rlya

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et qui compte parmi ses richesses les eaux d'Ems , de Wiesbaden, de Schlagenbad, etc., etc.

Parmi les hôtels qui reçoivent les nombreux étrangers qui affluent à Ems , il en est un qui doit être cité tant pour ses gigantesques dimensions et sa bizarre structure qu'à cause de la qualité de son propriétaire. La Kurhaus, tel est le nom de cet énorme bâtiment où vous rencontrerez souvent près de trois cents voyageurs installés chacun dans leurs chambres, et qui pourrait en loger davantage. Le duc de Nassau lui-même est le maître de ce caravansérail , et tire de la location de ses nombreux appartemens un fort honnête revenu. Un agent du duc est toujours là pour recevoir l'argent des hôtes passagers de son altesse, et sur la porte de chaque chambre est écrit le prix du loyer pour un jour. C'est sans doute un étrange spectacle que celui qu'offre un prince qui par lui-même exploite des locations de détail et fait l'office d'un aubergiste. Ailleurs, il est Mai, on voit des princes , et de plus haut placés, louer des boutiques, mais ce genre d'exploitation n'en est pas plus noble et plus convenable.

Le duc de Nassau ne néglige pas, du reste, les petits moyens qui peuvent tout à la fois augmenter sa popularité et accroître l'affluence des étrangers. Ainsi , quand il habite dans une des propriétés qu'il possède aux environs de Wiesbaden , il vient souvent le dimanche dîner à la table d'hôte de la Kursaal, lepremier des établisstrnens publics de cette ville. Là, dans une pièce de près de deux cents pieds de long, décorée de colonnes et de statues de marbre, s'étendent de longues files de dîneurs , dont le nombre s'élève bien souvent à près de trois cents. C'est pour le restaurateur de la Kursaal une source de revenu; car les jours où l'on espère voir son altesse, les tables peuvent à peine contenir les hôtes grandement flattés de l'houneur que veut bien leur faire le prince de Nassau.

Comme à Bade , à Wiesbaden , et dans presque tous les rendez-vous d'amateurs d'eaux minérales, vous trouverez à Ems de nombreux cercles de jeu. Il y a seulement cette différence entre cette dernière résidence et les autres , que le beau monde n'y fréquente guère les salles de jeu des établissemens publics. C'est dans les maisons particulières qu'il se livre à ce terrible passe-temps; à la Kurhaus vous trouverez tout au plus une trentaine de joueurs de fort maigre apparence rangés autour d'une table de rouge et noir; à Bade au contraire, dans une supeibe pièce de cent pieds de long, vous verrez autour d'une table de roulette une foule d'hommes et même de dames de haut rang confondus avec des aventuriers , et , tout à côté , une ancienne église de jésuites, transformée en une salle de jeu, vous offrira une réunion plus nombreuse encore et plus mêlée de fripons et de dupes cloués pendant des journées entières devant un tapis de roucjft et noir.

Mais pour fuir le scandale d'une représentation publique, les joueurs d'Enjsn'cft s.oni pas moins livrés à tout ce que cette passion à de plus immoral et cle plus poignant. On prétend même que les corsaires aux belles manières , aux faux airs du grand monde, y exercent avec plus d'effronterie peut-être que partout ailleurs, leur lucrative industrie aux dépens des naïfs touristes de tous les pays.

Parmi les vues les plus remarquables du territoire du

duché de Nassau, nous avons choisi, pour l'offrira nos lecteurs , l'une de celles que présentent les environs de Braubach, petit bourg voisin d'Ems. Des tours de trcp ancienne date pour qu'on ait le plus léger indice de leur origine, mais célèbres par des légendes et des mystères innombrables attirent en ce lieu l'attention du voyageur. Le Rhin qui coule aux pieds du bourg présente un spectacle magnifique, et, pour compléter le paysage , la citadelle féodale de Marksberg , le dernier des châteaux forts de la noblesse du Rhin , le seul que possède le duc de Nassau, s'élève majestueux au faîte des rochers qui dominent le jardin de l'hôte! où descendent à Braubach tous les voyageurs de distinction.

Le chemin qui conduit à la porte du Marksberg est assez raide et assez étroit pour demander toute la force et la sûreté de pas des ânes et des mulets sur le dos desquels s'aventurent les hardies voyageuses qui ne se sentent pas lafurce de tenter à pied l'ascension de la montagne. L'inspection du châtain est curieuse en ce qu'elle donne une idée exacte des anciens repaires de la féodalité ; il ne lui manque ni les escaliers taillés dans le roc, ni les cachots humides creusés sous terre , ni les sombres tourelles aux étroites fenêtres dans lesquelle végètent encore des prisonniers d'état, ni la salle obscure des exécutions rendue plus lugub'e encore par les sanglans appareils des supplices que l'on y conserve depuis des siècles.

EPHEMERIDES.

icr septembre 1783. — Bonaparte est nommé lieutenant d'artillerie. — 1S04. Un astronome de Berlin découvre la comète appelée Junon. — i83o. Commencement de la révolution Belge. Entrée du prince d'Orange à Bruxelles.

2 septembre. ■. — 77 1 5. Le parlement casse le testament par lequel Louis XIV instituait le conseil de régence pendant la minorité de son petit-fils , et confère au duc d Orléans des pouvoirs plus étendus. — 1792. Massacre des prisons. Le nombre des victimes égorgées à Paris seulement, est évalué à plus de huit mille.

7 septembre. — 1807. Les Anglais bombardent Copenhague et s'emparent delà flotte danoise malgré la neutralité du Danemarck. — 1812. Bataille meurtrière et peu décisive de la Moscova.

16 septembre. — 1824. Mort de Louis XYIII , roi de France.

21 septembre 1792. — Clôture de l'assemblée législative, ouverture de la Convention nationale et institution de la république en France.

23 septembre iZ'içj. — Cènes se soturet à l'autorité d'un doge.

24 septembre i54r. — Mort de Paracelse, niédecio, alchimiste et astrologue.

26 septembre i5o3. — D'Alhuquerque prend possession des établissemens portugais dans les Indes, en qualité de vice-roi. — i8i5. L'Autriche, la Prusse et la Russie, s'unissent par le traité de la sainte-alliaiiec, auquel adhérèrent plus tard l'Angleterre et la France.

27 septembre 1736. — Mort de Duguay-Trouin , marin français. — 1808. Entrevue de l'empereur Napoléon et de l'empereur Alexandre à Erfurt. — Entrée du roi Charles X à Paris.

29 'septembre 1820. — Naissance du duc de Bordeaux.

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