LE BOULEAU
On compte environ vingt espèces de Bouleaux , dont près de la moitié sont originaires de l'Amérique septentrionale ;
(i) Nous empruntons à un voyageur le récit suivant:
— Dans un voyage que je lis de Louisville à Hnnderson dans le Kenlucky , j'eus le plaisir d'avoir pour compagnon de route M. Thownley, ministre anglais. Vn jour nous rencontrâmes un putois connu par les naturalistes, sous le nom de méplates amêricana. — Ah! le superbe écureuil s'écria M. Thownley, et il se hâta de descendre de cheval , pour s'en emparer ; mais à peine fut-il près de lui , que le prétendu écureuil lui lâcha ce liquide odorant , que la nature lui a donné pour sa défense. Puis il s'échappa en renouvelant ses émissions de distance en distance.
L'odeur dont le putois, car c'en était un, avait imprégné M. Thownley, était tellement infecte , que moi et mon cheval nous tie pûmes soutenir son approche , et que lui même eut grand peine à dompter sa monture.
Lorsque nous arrivâmes à l'auberge, ce ne fut qu'un cri d'hor- /enr et nous ne trouvâmes qu'un pauvre nègre qui voulut bleu nous servir. Plus tard je rencontrai mon compagnon à Milan ; il m'assura que le mépliilisine de ses vêtcinciis n'avait jamais pu disparaître,,
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lablc,cl qnc ne pouvant plus s'en servir, il en avait l'ait cadeau à nu moine Italien.
les autres croissent en Europe ou en Asie. Le plus remarquable de tous est le Bouleau blanc que l'on trouve dans toute l'Europe; son tronc est couvert d'une écorce qui s'enlève par feuillets blancs et nacrés , ses rameaux sont grèies et pendans à la manière du saule pleureur, et ses feuilles, un peu visqueuses , sont dentées à leur pourtour. Cet arbre est d'une grande utilité ; il croît dans les terrains les plus maigres , les plus sablonneux , et là où peu d'autres arbres pourraient végéter ; son bois blanc , tendre, léger , sert pour le chauffage des fours , et de ses jeunes rameaux on fait des balais ; il est surtout précieux aux habitans du nord de l'Europe et de l'Asie; il est le seul en effet qu'on rencontre dans les montagnes et les plaines glacées de la Laponie, du Groenland et du Kamlschalka ; son écorce, inaltérable par la pluie, se transforme en toitures, en sandales et en brodequins ; on l'emploie aussi , dans les bains russes , en manière d'épongé , pour frotter et savonner le corps des baigneurs ; l'écorce intérieure qui, pendant le mouvement de la sève, est à la fois tendre et sucrée, sert de nourriture aux Kainstehadales, et cette sève, que l'on relire par des trous pratiqués dans la tige de l'arbre, donne une liqueur fermentée que les Busses, les Suédois et les autres peuples du nord , consomment en abondance. Le Bouleau noir de l'Amérique septentrionale a une écorce mince, légère et résistante, dont les sauvages font des pirogues qu'ils peuvent transporter sur leurs épaules.
( Le ISouleau. )