‹ MagaudChapitre 15 sur 15 · L'HOMME 1 *> I · texte numérisé non relu

L'HOMME 1 *> I

lorsqu'on faisait appel à son dévouement ou à ses conseils, L'homme se transformait, et son masque, d impassible qu'il était, s'imprégnait d'une bienveillante douceur. Alors rien ne l'arrêtait, il prodiguait ses avis, multipliait ses démarches et cela sans ostentation, avec la satisfaction d'accomplir un devoir, de faire un heureux ou de servir la cause de L'art.

11 a fini sa carrière à une époque ou le classicisme « tait lortcmcnl battu en brècbe par les tbéorios nouvelles. est ce qui explique pourquoi ses contemporains n'ont pas rendu L'hommage qui convenait à son talent. Fidèle à ses principes, il est mort enveloppé dans son drapeau, ce drapeau de I ai t classico-relijjicux que personne avant Lui, à Marseille, a' avait déployé avec plus de dignité cl de conviction

Puissent ces pages donner satisfaction à tous ceux qui l'ont connu et inciter la jeunesse à le prendre comme modelé. Puis- Sent-elles, aussi, lui assurer la complète estime des concitoyens qui, par ignorance OU par esprit de doctrine, ne surent pas L'apprécier à sa juste \ aleur!

Pour celui qui Les a écrites, elles sont un acte de justice, le témoignage pieux d'un écrivain qui, devant les impérieuses exigences de sa conscience, se livre à une réparation et proclame bien liant tout ce que peut Le talent Lorsqu'il s'appuye sur le travail et la vertu.

Si maintenant nous écartons le voile <|iii nous cache sa vie privée, le caractère de L'homme nous apparaît plus beau encore. IL ne s'agit plus alors de pensées, mais d'un acte, d'un sacrifice consommé avec une grandeur d'âme d'autant plus admirable qu'elle se manifeste sans ostentation.

Il consent, de gaîté de cœur, à quitter la capitale, à dire adieu à la gloire, cette maîtresse aux séductions irrésistibles qui commence à lui prodiguer ses faveurs. Placé entre F amour de la renommée et celui de la famille, il n'hésite pas à se consacrer aux intérêts de ses nièces qui deviennent, en quelque sorte, ses filles. Il accomplit ainsi un acte de renoncement et éprouve La joie d'assister au triomphe de son abnégation. Il obtient la suprême consolation de voir Mlle Marie Magaud posséder ses talents, perpétuer volontairement un nom synonyme de probité artistique et devenir, on peut dire, la directrice morale de l'enseignement officiel des beaux-arts à Marseille pour ce qui concerne l'élément féminin.

En soulevant ce coin de voile, je me disculpe, dans une certaine mesure, aux yeux du lecteur qui, après avoir mesuré l'éloge à la notoriété toute provinciale de Magaud, serait tenté de me reprocher d'avoir haussé mon héros sur un piédestal hors de proportion avec sa taille.

J'ai fait mon devoir, que la postérité fasse le sien!

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