Le passage sud-ouest dans la cartographie
Dans l’Introduction bibliographique, nous avons laissé de côté une catégorie de documents qui servent souvent de base à l’bistoire des découvertes géographiques, c’est-à-dire les cartes. Mieux parfois que les relations les plus détaillées, elles renseignent sur la connaissance progressive des côtes de l’Amérique et de l’Asie, et montrent les conceptions des cosmograpbes sur la distribution des continents. Mais les cartes qui nous sont parvenues ne suffisent pas à contrôler, à vérifier les découvertes réalisées à une certaine époque. La plupart des pièces cartographiques de première main, c’està-dire les portulans originaux, sont en effet perdues par suite de causes diverses, et d’autre |)art, on trouve souvent portés sur un même document les résultats de plusieurs expéditions. Force nous est donc de recourir aux cartes imprimées, dont les dates diffèrent souvent de plusieurs dizaines d’années avec celle du prototype.
Cetle cartographie de seconde main et mi-fantaisiste du Nouveau Monde a servi et sert encore de point de dépai t à nombre de géographes, pour prouver la découverte du détroit de Magellan avant l’année 1519. Le savant travail de von Wieser (*) n’est pas parvenu à les convaincre ou a échappé à leur vigilance. Ils étayent leur opinion sur certains textes que nous avons mentionnés, et particulièrement sur quelques mappemondes des premières
('<) Franz K. von Wieser, Die MatiaUules-Slrasse und Auslral-Conlinenl auf den Globen von Johannes Schôner. Beitrdge zur Geschichte dcr Erdkunde im XVI. .lalirhundert. Innsbruck, d88l.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU CLORE
années dn XVI‘' siècle, qui renseignent plusieurs passages imaginaires par l’ouest vers les mers de l’Asie orientale. Ces mappemondes sont surtout portugaises ou sont basées sur des cartes portugaises (^).
Dès 1507, Waldseemüller dessine l’Amérique méridionale en presqu’île, se terminant en pointe V(>rs le sud, configuration qui rappelle de façon extraordinaire la forme réelle du continent. Son exemple est suivi lidèlement par un certain nombre de cartographes qui ont eu soin de ne pas mentionner leur source. C’est ainsi que Glareanus en 1510, Slobnicza en 1511, l’auteur du globe de la Bibliotbeca Jagellonica à Cracovie (1511-1512), et du globe Lenox (1512), marquent vers 50° latitude sud, donc sensiblement à la hauteur du détroit de Magellan, une mer libre qui entoure l’Amérique méridionale et baigne ses rives occidentales. L’origine de ce tracé remonte à Améric Vespuce; la carte C^) qu’il adre.ssa avec son récit aux géographes de Saint-Dié en Lorraine inspira à Waldseemüller l’idée de la célèbre mappemonde de 1507 et de la petite représentation en douze fuseaux, conservée dans la collection du prince de Liechtenstein, ou leur servit peut-être de modèle. Cette dernière devait illustrer la Cosmograplna hilroductio du cosmograpbe de Fribourg et la relation latine des quatre voyages d’Améric Vespuce. C’est donc à celui-ci, plutôt qu’à Waldseemüller, qu’il conviendrait d’attribuer la représentation du Pacifique et de l’Amérique méridionale en presqu’île, plus de dix ans avant le voyage de Magellan.
Des considérations d’ordre océanographique, dirait-on aujourd’hui, ont amené toutefois les cartographes à cette configuration curieuse du Mundus Novus; l’idée de la communication de tous les océans, liée intimement à celle de l’existence d’un ou de plusieurs détroits, était une croyance très
P) La côte orientale de l’Amérique n’est figurée sur aucune carte vraiment espagnole, parue pendant les vingt premières années qui suivirent la date (1504) où Bartholomé Colomb traça ses esquisses.
(2) Pierre Martyr avait vu, dans le cabinet de l’évêque de Burgos, Fonseca, une carte où Vespuce avait mis la main. i.’Amérique du Sud s’y avançait loin dans la mer, à l’instar de l’Italie, mais sans rappeler la forme d’une jambe. De Orbe Novo, dec. Il, cap. X.
SH
MAdlLl^LAN. I>A QIJKSTION DKS MOUJQIIKS
répandue dans les milieux marilimes de répocpie. La présence d’un océan enire PÂmérique et l’Asie étant admise, il s’agissait de donner une configuration au continent sud-américai[i ; par analogie av(‘c les grandes presjju’îles asiaticjues et l’Afrique méridionale, on adopta la forme pyramidale. La découverte du PaciPniue n’a fait (pie confirmer cette représentation : la côte du nouvel océan se dirigeait, en elTet, manifestement \ers le sud et devait rencontrer, pensait-on, la ligne de cote du llrésil qui s’inlléchissait constamment vers le sud-ouest.
La mappemonde de Canlino (1502) montre les rivages atlantiqiu's jusqu’à 28° de latitude sud ; Tianerio (1 502) et Johann Uuysch ( 1 507) les prolongent de dix degrés plus au sud, et sur la grande carte de Waldseemüller, (le 1507, ils sont tracés jusqu’au delà de 40° de latitude sud, au sud du Uio de Cananea. Ruysch assure que la côte avait été longée bien plus loin encore : Aaulae Lusitani, dit-il dans la légende qui se trouve à cet endroit dans sa carte, parfem liane ferme lin /ns obsermrunf ef nsfpie ad e/evalioneni poU mfarcti ô’O ffraduuni pervenerunt, nonduin (amen ad e/us /inem austrinnni. Le commentateur et collaborateur de Ruysch, le moine italien Marcus Beneventanus (édition de Plolémée de Rome, 1508), précise davantage : Terrae Sanctae Crueis decrescit usf/ue ad lalifndineni -77° auslr., quamque archoploi usque ad lat. austr. nmu'gaverint, iif ferunt, quant reliquam porlionem descriptnm non reperi. Waldseemüller, qui termine le continent à 50°, est donc sur ce point en contradiction avec Vespuce, la source évidemment des notions introduites par Ruysch et Benevenlanus. La carte de G. Reisch de 1515 (‘) se rattache au groupe de Waldseemüller, en ce qu’elle arrête v(»rs le même parallèle, la limite extrême du continent sud-américain; mais au lieu de terminer celui-ci en presqu’île, une ligne horizontale interrompt brusquement le tracé géographique par 48° latitude sud. Pierre Martyr, enfin, rapporte que les Portugais s’étaient avancés vers le pôle antarctique jusqu’au delà de 55° latitude sud
P) Margarita Philosuphia ; dans Noiuienskiôld, Facsimüe-atlas, pl. XXXVItP, et Kkktschmei!, Allas zur EntdeckungsgescMchle Amerikas, pl. X, n° 4.
De Orbe Novo, (tcc. lit, cap. I.
On aurait épargné à nos contemporains des discussions sans fin, si les premiers cartographes s’étaient bornés à tracer sur leurs portulans les parties de côte réellement entrevues, ou s’ils avaient eu soin, comme les Reinel sur leur carte de l’océan Indien de loi 7, conservée à Munich, de distinguer par des teintes dilïérentes les explorations réellement faites et les terres imaginaires ou simplement douteuses. Le tracé de passages nord-ouest, sud-ouest et centro-américains, se rencontre sur maintes cartes de l’époque.
On constate la jonction des deux Amériques sur la carte d’Henricus Glareanus, à Munich, de loIO ('), et sur celle de G. Reisch, de ISlo; ces continents sont séparés, au contraire, sur les segments sphériques de Waldseemüller de 1507, chez Ruysch, sur le globe Lenox et chez Johann Schôner, en 1515. Le tracé fantaisiste du golfe du Mexique et des Antilles sur tous ces documents est basé sur des modèles portugais. Dans l’œuvre d’un même cartographe, les deux conceptions opposées, c’est-à-dire la séparation et la jonction des Amériques, se trouvent parfois traduites; c’est le cas pour Canerio (1502) ('^), Waldseemüller, Glareanus, Schôner. On se tromperait singulièrement si l’on admettait un système ou des idées géographiques inébranlables chez les cosmographes du XVI® siècle. Des portulans, sortis de la Casa de Conlratacion de Séville, ont été répandus au Portugal comme en Italie (^), mais le tracé plus correct de l’Amérique espagnole n’a été admis que vers l’année 1520.
Les globes de Johann Schôner de 1515 contrastent avec tous les produits cartographiques antérieurs, en ce qu’on y voit indiqué un véritable passage sud-ouest, c’est-à-dire une voie navigable entre deux masses de
(0 Eüw. Heawood, Glareanus : his geograpliy and maps. The Geogiiaphical Jouhnal. London, 1905, June, p. 6i7. — E. Oberhgmmer, in Jahresberichl der Geogr. Ges. München, 1892, p. 67. — Elter, De Uenrico Glareano geograplio. Bonnae, 1896 (Natalia Guilelmi II ab Universitate fridericia guilelmia rhenana). — Nordenskiôld, Periplus, pp. 173 et 185.
(2) Voir la pelile mappemonde au centre de l'Afrique, dans Gallois, Bull. Soc. géogr. de Lyon, 1890, p. 119.
(3) M. üE LA Buente y Olea, loc. cil., p. 275; avant le 10 juin 1510, le roi s’était plaint à la Casa de la circulation des cartes marines espagnoles : « en lo de las cartas marinas, ha sabido S. A. que se dan â muebas personas ».
MAGELLAN. LA QUESTION ÜES MOl.UQUES
terres bien distinctes. Notons de suite lu diiïérence avec la carte, attribuée à Léonard de Vinci, de 4517; il admet une lar^e mer entre un continent austral et l’Amérique; on ne peut en aucune façon comparer ce continent avec la « Ibasiliae llegio » des globes de Scboner, conservés à Weimar et à Francfort. Le cartographe allemand a emprunté, comme Wieser l’a fort bien établi, .son pa.ssage sud-ouest à la relation du voyage de la Copia, dont il a littéralement traduit des passages entiers dans la brochure annexée à son globe sous le titre de Luculcnlissiaia (piapdam terrae lotius dcscriplio, Nureaiberg, ! Sld. Seulement le canal, le Rio de la Plala ou le golfe de San Mathias, n’est pas situé par Schôner à 40" de latitude sud, comme il est dit dans la Copia, mais vers 45": il se rapproche donc plutôt du détroit de Magellan (50" 30') que du Rio de la Plata (35“). Le cosmographe a-t-il voulu prendre une moyenne entre les deux données principales concernant l’existence d’un passage sud-ouest, celle d’Améric Vespuce (à 52") et celle du pilote de l’expédition des de Haro (à 40")? Le Rio de Cananor, regardé par les géographes contemporains comme le terminus des terres connues, est reporté par Schôner au delà de 40" de latitude sud ; la carte marine des Reinel, des années 1516, mentionne un fleuve Cananea par 24" 30' de latitude sud.
Une autre divergence de vues existe entre Schôner et l’auteur de la Copia-, la terre de « Presill » ne se prolonge pas sur le globe jusqu’à Malacca, comme le soupçonne le pilote de l’expédition de 1513-1514. La description de la terre australe ou « Brasiliae regio », dans la Luculentissima, se termine par cette assertion intéressante, que le projet de Juan de Solis, relatif à la reconnaissance du passage interocéanique, avait reçu un commencement de réalisation par le Portugal : « banc regionem Serenissimus PoiTugaliae R ex perquiri fecit ! *>
Il y a lieu de faire ressortir la différence entre les tracés du détroit sudaméricain sur les globes de Schôner ou sur ceux qui lui sont attribués. Sur celui de la galerie du prince de Liechtenstein (1515), il n’y a pas de continent austral et par conséquent pas de passage proprement dit; l’Amérique finit à 42"de latitude sud; le Rio Cananorum est situé par 41"30' de latitude sud et le Rio Jordan, nom souvent appliqué au fleuve Argentin, par 39" 30' de lati-
lude sud. L’Afrique se prolonge jusqu’à 46° 30' de latitude sud; détail enfin qui paraît plaider en faveur d’une dale postérieure à celle que Soplius Ruge (’) assigne à l’œuvre, on renconire près de l’île Hispaniola rinscri|)lion suivante ; « hic nascilur Guaiacum lignum ». Sur le globe de i520, signé de la main de Sclîoner, le détroit reparaît par 43° de latitude sud, donc deux degrés plus haut que sur la sphère de 1515. Parmi les documenis sorlis de l’école du géographe allemand, figure le glohe vert de la Bihiiolhèque Nationale à Paris (^); on le croit de l’année 1520 environ; la pointe méridionale de l’Amérique est tracée par 52° de latitude sud, comme sur les mappemondes de Waldseemüller et deGlareanus.
Schôner n’a mis à profit que la Copia pour sa représentation du détroit sur ses glohes; abstraction faite de celui-ci, l’Amérique méridionale ne diffère pas chez lui de la Tabula terrae novae, de l’édition de Ptolémée de Strasbourg, de l’année 1513 (°) ; chez Schôner, la ligne de côte est allongée déme.surément, afin de pouvoir situer le Rio de Cananor par 40° de latitude sud, au lieu de 35°.
Les segments, dits de Léonard de Vinci, des années 1515-1519, esquissent grossièrement une ouverture d’océan, large de plus de 20 degrés, entre la pointe sud de l’Amérique et le continent austral, c’est-à-dire entre 40° et 60° de latitude sud; il est difficile d’y voir, nous l’avons déjà dit, le « passage » rêvé vers les mers de la Chine; l’auteur a voulu exprimer la possibilité, due à l’insularité de l’Amérique du Sud, d’atteindre l’Extrême- Orient par cette voie. Les cartes de Roselli appartiennent au même type (^).
La supposition de plusieurs érudits, d’après laquelle le détroit de 3Jagellan
(‘) bie Entwickelung der Karlographie von Amerûa bis 1570. Petermanns Milteilungen, Gotha. Ergânzungsheft, n° 106, p. 41.
(2) Gabriel Marcel, Reproductions de cartes et de globes relatifs à la découverte de l’Amérique du XVR au XV II R siècle, avec texte explicatif. Paris, 1893, p. 12.
(■^) WiESER, Magalhdes-Strasse, pp. 11 et 47; contrairement à Hahiiisse, Discovery o/ North America, p. 486.
0) Harrisse, Découverte et évolution cartographique de Terre-Xeuve et des pays circonvoisins, 1497-1601-1769. Paris-Londres, 1900, pp. 66-67.
MAGELLAN. I.A OLESTION DES MOl.üQUES
aurail élé reconnu avanl le 21 oclobre 1520, ne repose donc sur aucune preuve d’ordre carlo^rapliique, sur aucune reconnaissance direcle. C’est le récit de la C()jri(i (]ui a inspiré les cartographes, Sclioner notamment.
Ce qui est rapporté du portulan d’un pilote mystérieux qui aurait succombé à son airivée au Portugal et qui aurait découvert le détroit, constitue une légende trop visiblement inspirée par l’Iiistoire du pilote mourant de Christophe Colomb. Quant à la configuration du « Stretto del Drago » des mappemondes d’.VIcaçoba et de Mebaim, nous verrons plus loin (|uelle importance il convient d’y attacher.
Le silence unanime des historiens, sauf celui du Portugais Gaivâo ('), l’obligation imposée cà Magellan de pousser l’examen de la côte jusqu’à 75° de latitude sud, telles sont les preuves convaincantes de l’ignorance d’nne communication par le sud-ouest entre les deux plus grands océans de la terre.
Achevons cet aperçu de la cartographie telle (|u’on la concevait avant Magellan, par quelques ol)servations, relatives à trois œuvres qui donnent le mieux une idée de l’élat des connaissances sur l’Amérique méridionale jusqu’au retour de la Vkloria. Une mappemonde portugaise aiiotiyme traduit, la première, les idées de .1.-1). de Solis relatives à la ligne de démarcation au Brésil; elle est reproduite dans l’atlas de Kunsimann, n° IV, et généralement attribuée à l’année 1520. L’allas des Beinel, à Paris, lui est antérieur de (|ueh|ues années; bien que la ligne de partage n’y soit pas figurée, on la dev ine sans peine aux points où reparaissent les nomenclatures. Le Rio de la Plala y est convenablement marqué; la côte argentine se prolonge de l’autre côté de l’embouchure du fleuve et s’arrête au cadre du vélin, à 40° de latitude sud. Il semble que, dans l’idée des auteurs, ces rivages allaient rejoindre la terre à l’est du .Magnus Sinus (diinnarum.
La mappemonde n° IV de l’atlas de Kunstmann confirme le fait que le Rio de la Plala n’a pas été dépassé avant 1520 par des expéditions olïicielles. De facture portugaise, elle traduit toutefois les vues et les préten-
(0 Loc. cil. (édition de la llakluyl Society), p. 180.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
lions castillanes; si le Brésil jusqu’au cap de S. Maria y est atirihué au Portugal, les Moluques, par contre, et la partie septentrionale de la Chine sont encloses dans le domaine de l’Espagne. La présence de pavillons arabes sur la côte de l’Amérique centrale et de la Colombie semble indiquer que l’auteur entendait établir une jonction entre le Nouveau Monde et l’Asie, conformément aux vues des Reinel. C’est la première pièce où soient figurés l’isthme du Panama et la découverte de l’océan Pacifique.
La carte immédiatement antérieure au retour du seul navire de Magellan qui revint à Séville est incontestablement la mappemonde de Jean Vespuce, à projection polaire équidistante, connue par deux éditions, l’une de 1523, l’autre de 1524 (‘). L’un des deux hémisphères montre, par 51° de latitude sud, un « golfo de S. Antonio » (“^), exactement à l’entrée du détroit de Magellan. Nous voyons l’origine de la configuration de ce golfe dans les données, rapportées en Espagne par le navire S. Anfo/i/o de l’escadre de Magellan, qui fit défection dans le détroit et rentra en Castille sous le commandement d’Estevam Gômez. L’entrée du détroit se trouve donc réellement représentée, mais sous forme de golfe; Jean Vespuce ne sut mieux la baptiser que du nom du navire auquel l’Europe dut la primeur de la découverte.
Le tracé des côtes de l’Amérique du Sud par ce cartographe est extrêmement indécis; le continent s’y confond, d’un côté, avec de vastes terres australes, groupées autour du pôle sud; de l’autre côté, avec l’Asie orientale.
Que résulte-t-il des longues considérations que nous venons d’émettre?
1° Que la côte sud-américaine n’a été explorée que jusqu’au Rio de la Plata, par des expéditions autorisées; la découverte préalable du détroit de
(') I olius urbis descriptio tam velerum quam recentium (jeufirapliorum traditiunibus observata novum opus Joaniiis Vespucci Floîentini macoleri regis Hispaniarum mira arte et ingenio absolutum.
L’édition de 1324 nous est connue par l’exemplaire de la collection du prince de Liechtenstein, à Vienne.
(2) Appelé encore « cava de sto Antono ».
MACIKLLAN. LA QUKSTION DES MOl.UQUES
Di
Magellan n’est menlionnée dans aucun document et n’(*st allestée que par le Porlui*ais Antonio Gaivâo;
2” Que le tracé d’une voie navigable vers l’Inde par l’ouest, dans un certain nombre de documents antérieurs à 1 5 M), découle uniquement des spéculations théoriques des cosmograplies, basées sur le récit du troisième voyage d’Améric Vespuce ;
3" Que le détroit sud-américain proprement dit, tel qu’il apparaît sur les globes de Scliôner, de 4 5io à 4 520, est directement emprunté à la relation allemande, dite de la Copia, récit d’une expédition au Rio de la I^lata ou au golfe de S. JMatbias, en 4 54 3-4 54 i, probablement sous la conduite de J. D. de Solis;
4® Que le voyage de Magellan couronne toute une série de tentatives qui ont eu le même but et dont plusieurs ont été organisées de façon presque identique; l’idée première se trouve déjà en germe dans le (piatrième voyage de Colomb; elle se dessine plus clairement dans la dernière entreprise d’Améric Vespuce et plus nettement encore dans les trois expéditions de J. D. de Solis. Cbacun de ces noms marque une nouvelle étape dans l’évolution cartographique du Nouveau Monde; l’expédition de Magellan y apportera la contribution décisive et résoudra définitivement un des problèmes qui ont préoccupé les géographes depuis le Moyen âge : la communication directe, par mer, entre l’Europe occidentale et l’Extrême- Orient.