L’Odyssée de la « Trinidad
La Trmidadf ayant débarqué son artillerie, ses agrès et ses marchandises, fut complètement et soigneusement calfatée. On était encore occupé à ce travail, lorsque le roi de Gilolo vint prier de Espinosa de lui donner un canon et quelques hommes armés, pour l’aider à soumettre une tribu qui s’était révoltée contre lui; un certain nombre d’Espagnols accompagnèrent le chel indigène dans sa campagne et eurent vite fait de ramener les insurgés à l’obéissance. A leur retour, ils trouvèrent la Trinidad en état de reprendre la mer, grâce au concours très apprécié des insulaires (^). De Espinosa fut d’avis de ne pas réembarquer toutes les marchandises, ni les articles d’échange, mais de les laisser en grande partie en dépôt à Tidore, et d’établir par conséquent dans l’ile la première factorerie royale espagnole, en prévision du trafic lutur dans les mers des Moluques. On érigea ainsi une véritable forteresse, munie de l’artillerie des deux navires perdus, le Santiago et la Concepcion. Juan de Campos fut nommé facteur du dépôt, assisté par le surnuméraire Luis de Molino, les criados Alonso de Cota, de Gènes, Diego Arias et par le bombardier flamand, Jlaestre Pedro, de Bruxelles (-’j.
(^) Renne, Histoire du rèqne de Charles-Quint en Belgique, t. V, p. 272. — K. Hablek, IHe Geschichte der Fuggefschen Handlung in Spanien. Zeitschr. für Soc. und Wirtschafts- GESCHICHTE. Weimar, 1897. Ergânzungsheft, p. 47.
(2) J. I. DE Brito Rebello, Livra de Marinharia, p. 206.
Navarrete, Colecciôn, t. V, p. 193.
(4-) Herrera, loe, cil., dec. III, lib. IV, cap. IL
(S) Les listes publiées par Médina {Colecciôn, t. I, p. 196) citent encore parmi ceux qui restèrent aux Moluques, Juan Ponce Leon, maeslre de la Trinidad; maestre Ansbarge, bombardier allemand, en remplacement de Mebri ; enfin, le marin Diego Martin, de Huelva, qui avait été mêlé à l’incident entre Magellan, de Mendoza et les Oficiales, avant le départ de l’expédition de Séville.
MAf.KLf.AN, \A OdKSïFON \)KS MOIAJQUES
il convient de s’orrêler nn instant an plan audacieux des chefs de la Trinidad, qui ne visa rien moins ()ue la traversée du Pacifique, de Tidore à Panama. La loni2;ueur du trajet fut estimée à ^,000 lieues par l’auteur du routier génois et dans la lettre collective de J. liautista et de Pancaido; à 1,800 lieues, par de Espinosa (’). Les Espagnols savaient que Darien, situé dans l’Amérique centrale par 28“ de latitude nord, dit de Prito, avait été choisi comme point de départ de l'expédition de G. G. d’Avila et du pilote Andres Nino, partie le 21 janvier lo22.
Aux yeux des pilotes de la Trinidad, le voyage de retour par le (Jrand Océan à cette latitude présentait moins de diiïicultés que celui par le détroit Patagonique (-); c’est qu’ils se basaient sur la représentation traditionnelle du grand golle Chinois, dont ils n’avaient (ju’à longer pour ainsi dire la côte orientale, croyaient-ils, pour arriver en Amérique (5). Dans l’idée des Es|)agnols de la Tnmdad, il sulïirait de mettre le cap au nord durant quehjues jours pour toucher à (pielque point de la terre ferme. La réalité leur réserva une pénible déception : ayant cherché jusqu’à 42“ de latitude nord les rivages imaginaires de la Chitie, ils durent rebrousser chemin, décimés parla maladie et la faim.
Après un séjour à Tidore d’environ cinq mois (^), les Espagnols décidèrent de mettre à la voile, le 6 avril 1522, croyant profiter de la mousson occi-
(1) Rappelons que la lettre collective des deux Génois, du 20 octobre 1525, est, dans ses grands traits, une reproduction de celle de G. G. de Espinosa, capitaine de la Trinidad. Plus tard, Saavedra évalua la distance de Gilolo à la Nouvelle Espagne à 1,500 lieues. — A. Galvào, édition de la Hakluyt Society, p. 175. — Pierre Martyr, De Orbe Novo, dec. V, cap. I, parlant de l’expédition de Magellan, rapporte : « Nos hommes pensent que ces îles (les Moluques) sont à 5,000 lieues d’Haïti, c’est-à-dire à 20,000 milles, d’après la mesure italienne. Je crois qu’ils se trompent. »
Barros, loc. cil., dec. III, lib. V, cap. Vil. Le routier génois (manuscrit de Paris) n’exclut pas absolument l'idée que la Trinidad reprendrait le chemin du détroit : « e tornaram sua rdta pera terra firma das Amtilhas ou ao estreyto »; l’autre manuscrit donne une leçon moins claire : « ... das Amtilhas via do estreyto ».
(3j Voir les mappemondes antérieures à 1525, par exemple celle attribuée à J. Schoner, de l’année 1523.
(4) Du 8 novembre 1521 au 6 avril 1522, c’est-à-dire* cinq mois moins deux jours, le Roteiro ne compte f|ue (piatre mois et seize jours.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
dentale. L’équipage se composait de cinquante-quatre hommes ('); le chargement comprenait une cinquantaine de tonnes de clous de girofle. On ferait d’abord escale à Quimar (^), le port de Camarfya de nos jours, par 1°40' de latitude nord, situé dans le domaine du sultan de Tidore, et où d’importantes provisions seraient embarquées. La Triindad commença par prendre une route est 7^ nord-est, longeant la côte occidentale de « Balechina », c est-à-dire de llalmaheira ou Gilolo, jus(|u’à l’extrémité se})tentrionale de I île. Le Roteiro, la source essentielle pour la connaissance de l’itinéraire du navire, rapporte qu’on arriva, après avoir couru une trentaine de lieues, à I ile Doyz (^j, par 3"d0' de latitude nord; il (aut voir sans doute dans cette localité quelque région dans le nord de la grande île en question, peut-être même les bancs de sable en face du cap Bisoa. Entrant le 12 avril dans le détroit de Alorotai, on vint en vue de Châol, ou Porpuenampello, et de I ylioni, les îles actuelles de Rau et de Morotai; on engagea ensuite la navigation vers le sud, contournant la partie septentrionale de Halmaheira, ju.s(|u’à ce qu’on atteignît Zamofa (7, par 1»40' de latitude nord, situé l)robablemenl au fond de la baie Kaoe de nos jours. Le texte du Roteiro (manuscrit de Paris) dit, en effet, qu’en quittant ce port, on dut faire dix-sepl milles vers l’est '/, nord-est pour sortir du canal de l’île de Gilolo et de Ghâo, mais que I île de Gilolo court directement vers l’est, pendant dix-huit à vingt lieues; dans I appellation de Châo, on reconnaît sans peine le Kaoe moderne ('^). On resta huit à neuf jours à Quimar pour y prendre entre autres les articles qui y avaient été déposés par le rajah de Tidore; cette île se trouve, en somme, peu éloignée en ligne droite de Quimar; il
(U Cinquante, d après la déposition de Ginès de Mafra, dans Navaiikete, Colecciôn, t. IV, p. 386. Le 14 février 1522 était mort l’ancien commandant de l’escadre, Juan Lopez Carabalho.
(2) Quimor ou Quemarre (manuscrit de Paris), comme l’appelle le routier génois.
(3) Domy (manuscrit de Paris).
(■^) Appelé aussi Camafo ou Camarfya; Zamofa sert de port à Quimar. — Navahrete, Colecciôn, t. IV, p. 99. — Avant d’arriver à ce port, on contourna un cap, situé par 2°30' de latitude nord, appelé « cabo de Kamos ».
(3) Guillemaru {loc, cil., p. 299, n. 1) identifie ce port à Komo, dans la partie septentrionale de l’île.
sudil de traverser l’isthme central de Gilolo pour aller en peu de temps de Tidore à Qnimar.
Le i20 avril (’), de Lspinosa dil adieu à ses hôtes et (il mettre le cap sur l’est nord-est. Dès le déhnl, on enl à luller contre des vents de face; de Hrito remarque, à celle occasion, (jue les Espagnols avai(Mil laissé pas.ser la mousson favorable et (pie celte négligence causa l’éclu'C de tout le voyage. En réalité, la Trinidad ne protita qu’au commencement de la mousson occidentale; petit à petit, les vents alisés du nord-e>l hrent leur apparition et devinrent finalement prédominants. Le pilote Juan Bautisla, le véritable chef de l’exiiédilion (-), fut ainsi amené à prendre une course septentrionale, dans l’espoir de rencontrer des vents plus propices.
Le 3 mai ('^), on aperçut, par 5° de latitude nord, deux petites îles qui furent dénommées de San Juan; ce sont sans doute les îles Sanserol (St. Andrew), Pulo Anna (Curreni) ou Pulo Marière (Warren llaslings). I^renanl à partir de ce point une course francbemenl nord-est, on découvrit, entre 10° et 20° d(‘ latitude nord, quatorze îles, situées par rapport aux iMoluques en direction nord-ouest et sud-est (^), toutes habitées par des gens de même teint que les Indiens : ce sont les Carolines occidentales et les Mariannes. Comme on ne comprenait pas le langage des indigènes, les Espagnols n'eurenl pas l’occasion de s’informer des produits ou de l’étendue de ces terres. Le H juin (^), on arriva en vue de l’île Cyco ou Chyquom, par 19° de latitude nord (*') ; on alla atterrir à Quamgragam ou Magregua
(^) Le 2.^ avril, d’après le manuscrit du Roteiro de Paris.
(2) Le rôle du capitaine de Espinosa ne peut avoir été que secondaire, quant à la direction du navire; on se rappelle qu’il avait exercé jusqu’ici les fonctions d’alguacil (gardien de la paix) et ne savait même pas écrire.
(3) Le 6 mai, manuscrit de Paris. Le texte de Lisbonne appelle les îles découvertes ce jour-là, « islas de Sam Antonio ». Galvào localise les deux îles de Sam Joam par 36“ de latitude nord. Loc. cil., édition de la Hakluyt Society, p. 149.
('t) Lettre collective de J. Baultista et Pancaldo; entre 12" et 20“ de latitude nord, déclare de Espinosa dans sa lettre datée du 12 janvier 1325, de Cochin. Arch. de Indias, 145, 7, 7. Inventaire d’Asensio, n“ 174.
(3) Manuscrit de Paris ; celui de Lisbonne donne le mois de juillet.
(6) Par 20" de latitude nord. Hekkeua, loc. cil., dec. 111, lib. IV, cap. 11.
(manuscrit de Paris), une des Mariannes ou archipel des Larrons, probablement l’ile de Agrigan (^). Une foule d’indigènes, d’un naturel Irès sauvage, moulèrent sans peur à bord du navire; on en retint un qui parut posséder certaines connaissances de pilote et on reprit la navigation vers le nord-est et nord-nord-est, faisant constamment des bordées.
C’est en quittant les JMariannes que commença l’étape douloureuse du voyage. Comme on ne rencontrait plus de terres, les provisions s’épuisèrent rapidement et des cas de maladies inconnues jusqu’alors se déclarèrent. Ilerrera rapporte que le mal dont les marins eurent surtout à souffrir, ' provenait d’une espèce de ver intestinal que l’on trouva en effet dans plusieurs cadavres d’Espagnols; pendant la majeure |)artie du voyage, le riz constitua la seule nourriture. A ces privations vint s’ajouter la (Vaîcheur du climat des régions tempérées, J. Bautista ayant ordonné de s’avancer jusqu’à la latitude de 42° nord et la plu|)art des marins n’ayant pas de vêtements suffisants pour se protéger contre le froid (^).
A cette latitude, la plus septentrionale qu’atteignit la Trinidud (-^), le navire eut à essuyer, durant cinq jours, une tempête si violente qu’on dut démolir les ponts d’avant et de derrière; le grand mât fut brisé en deux endroits différents et les voiles se déchirèrent en lambeaux; on crut que le vaisseau allait se perdre tout entier lorsque, subitement, la mer redevint calme. Le vent persista cependant à rester contraire. Vu la situation du vaisseau et l’état alarmant de l’équipage, les chefs résolurent de retourner aux iMoluques; on estima ce trajet à treize cents lieues (^), distance (jui [)ermet de fixer approximativement la longitude atteinte par les Espagnols à
(■*) Ant. Galvâo l’appele Grega et l’a située par 20® de latitude nord ; it remarque, au contraire, que ses habitants furent très paisibles.
(’2) Galvâo rapporte qu’on vit, à cette latitude (42® nord), beaucoup de loups marins, des thons, mais que les marins ne purent pas supporter le froid intense qui y régnait.
(3) I.eltre de Espinosa; Heriiera, loc. cit., dec. III, lib. IV, cap. 11. Jusqu’à 42®30' de latitude nord, lettres collectives du 20 et du 23 octobre 1323. — Racxolta Commiss. Colombiana, parte III, 2, p. 286.
{^) Pétition du 23 octobre: cinq cents lieues, d’après le Roteiro; neuf cents lieues, d’après de Brito.
MAGKLKAN. I.A QUKSTION DES MOLUQllES
7S degrés au iiord-esl des îles aux épices, c’esl-à-dire au delà du méridien des îles Marshall (').
Si nous rapprochons cel ilinéraire de celui de la première Iraversée elïeclive du l*acilique en paiianl des Molucpies, faite en I5G5 par Andres de IJrdariete, nous constatons (pie ce marin suivit à peu près la mènie route que la Trinidad. Il loucha en elTet aux Mariannes, se dirigea de là jusque presque en vue de la côte du Japon, à 3()" de lalilude nord, et alleignit 13“ comme le navire de Espinosa ; de là, de ürdanete prit le sud-est el arriva au pori d’Acapulco après une navigation de (juatre mois!
La Trinidad ayant tenu la mer durant cin(| mois, rebroussa chemin et lâcha de regagner l’île où l’on avait emhanpié le pilote indigène. On ignore au bout de combien de temps les Mariannes furent atteintes; la Trinidad arriva la nuit, sans réussir à trouver un mouillage satisfaisant ; le lendemain, une tentative d’y déhanpier ne fut pas jilus heureuse, mais le pilote rassura le capitaine, disant qu’il connaissait dans les parages une ile, pourvue d’un bon port. ElTeclivemenl, vingt lieues plus loin les hommes atterrirent, non sans danger, au plus grand îlot de l’archipel. Ayant fait descendre l’insulaire, on le vit bientôt revenir avec deux compagnons (pji apportèrent une (piantité (le canne à sucre et d’autres vivres. I.,c capitaine envoya deux Espagnols pour procéder à une rapide reconnaissance de la région; ils s’aperçurent (|ue la terre était peu étendue, ne renfermait aucun cours d’eau, el que la |)opulation comprenait une quarantaine de personnes (^). De Espinosa visita l’ilol à son tour et eut la bonne fortune de découvrir au sommet d’une roche, un puits contenant de l’eau potable. Ce fut dans cette terre désolée que s’enfuirent le pilote indigène et quatre Espagnols, à la lin d’août !32â ; il refusèrent, sauf un seul, de l'entrer à bord, bien que le capitaine leur eût promis l’impunité (“). Oviedo (^) rapporte que trois ans après, le capitaine
(1) Diego Kibeiro, dans sa mappemonde de 1529, marque la région visitée par la Trinidad, entre 130“ et 140“ degrés de longitude, à l’ouest du méridien qui passe par l’embouchure du Kio de la Plata.
(2) Une vingtaine, d’après le Koteiro et la supplique précédente.
(3) Uerreha, loc. cil.
(i) Historia, lib. XX, cap. XVI.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
de la Torre, de l’escadre de Loaisa, rencontra à Tinian un des trois déserteurs de la Trinidad, Gonzalo de Vigo, natif de Galice (*), appelé aussi Gonzalo Bonete (-), qui lui communiqua que ses deux camarades avaient été massacrés par les indigènes; il fut ramené par Loaisa aux Moluques et de là en Espagne.
De cette île, citée sous le nom de Pamô dans la liste des morts de l’expédilion (^), et localisée par Oviedo au nord de l’île de Botaha, archipel des Larrons, par 12 à 13° de latitude nord (^), on décida de se rendre au port de Camafo, dans Halmalieira. Au bout de six semaines, la côte de l’île vint en vue; mais un calme plat et les courants marins empêchèrent tout atterrissement. Remonlant vers le nord, on tâcha de passer entre l’île de Domi (cap Bisoa) et Halmalieira. On contourna la pointe septentrionale de la grande île; jetant l’ancre au port de Granhoconora, d’après de Brito (•’), on aperçut la pirogue du rajah de Djilolo (pii se dirigeait vers la Trinidad. Les Espagnols apprirent par lui que cinq à sept navires portugais étaient arrivés à Ternate, quinze jours après le départ de Espinosa, et que les nouveaux venus avaient commencé la construction d’une forteresse, sous les ordres du capitaine Antonio de Brito (*’); la première pierre avait été posée exactement le 24 juin 1522, jour de Saint-Jean-Baptiste, nom qui avait été appliqué au fort (').
De Espinosa n’hésita pas longtemps; trente-sept hommes, les trois quarts de son équipage, avaient péri à la suite des privations endurées pendant les sept mois de navigation {^) et sept marins à peine restaient sur pied pour faire toutes les manœuvres. Le capitaine ordonna donc à l’escrihano, Barthol.
(1) Navarrete, Colecciôn, t. V, p. 390.
(2) Médina, Colecciôn, t. tt, p. 282.
(•1) Mao ou Saipan, d’après le manuscrit du Koteiro de Paris.
('t) Par 20“, d’après la lettre collective des deux Génois.
(5) Gamkonorah, près Djilolo, au nord de Ternate.
(6) Roteiro et Herrera, loc. cil.
(T) Barros, loc. cit., dec. III, lib. V, cap. VU.
(8) Pendant quinze mois, on avait subsisté de riz ; lettre collective des Génois. Les Espagnols furent encore au nombre de vingt-quatre, selon de Brito.
Sanchez, (raiiresscr au cominandanl porlugais une lelire pour le prier de venir à son secours avec une caravelle, des provisions et des ancres pour la Trinidad ('). S’impalienlanl de ne pas recevoir de réponse, de Ëspinosa était sur le point de reprendre la route, lorscpi’on annonça l’arrivée d'un navire portugais, précédé d’une petite embarcation montée par Simon d’Abreu, fils de Pero Gômez d’Abreu, du facteur Duarte de Kesende, de Don Garcia Knri(|ues el de vingt Porlugais armés. Barros assure (ju’ils étaietJt accompagnés de Cachil Daroez, gouverneur de Ternate, qui, pour montrer son allachement au Portugal, aurail sollicité l’honneur (!) d’achever les survivants (le la Trinidad ; les l*ortugais, nolammeni de Kesende, s’y seraieni opposés, pris de commiséralion à la vue des Espagnols, dont la plupart ne pouvaient plus bouger. Le facteur n’eut garde d’ailleurs de se retïdre à bord de leur navire « car il s’y répandait une odeur comme si la peste y régnait » .
On remit à de Ëspinosa une lettre de A. de Brito, datée du 21 octobre 1522, par laquelle fut exigée sans doute la reddilion du navire. Les Porlugais, sans écouler les protestations des Espagnols, prirent immédialement possession de la Trinidad, mettant la main sur lous les papiers, journaux de bord et instruments nautiques; ils prirent ensuite le navire à la remorque au port de Ternate ('^).
L’arrivée des Portugais aux iMoluques sous de Brito, si peu de temps après le départ de la Trinidad de Tidore, avait-elle été simplement fortuite? Barros nous fournil l’explication la plus vraisemblable de celle coïncidence. Tristan de Meneses étant mort inopinément à Malacca à son retour de l’expédition aux iles des épices, le roi de Portugal approuva la
(<) Bahros, loc. cit., dec. lit, Mb. V, cap. X.
{“^1 Castanheda {loc. cü., Mb. VI, cap. XLl) énumère les objets et cartes nautiques qu’enlevèrent les Portugais à la Trinidad: des livres de l’astronome S. Martin; deux planisphères de Fern. de Magellan, construits par Pero Reynel, outre d’autres grandes cartes — erronées — montrant le chemin des Portugais à l’Inde et jusqu’aux Moluques. On confisqua les livres de tous les pilotes de l'armada et les instructions du voyage; par celles-ci, les Espagnols auraient reconnu eux-mêmes que les Moluques et Banda appartiennent au domaine du roi de Portugal.
nomination de Jorge de Brito comme chef d’une nouvelle flottille en destination des Moluques, avec ordre formid d’y construire la forteresse si longtemps promise; Jorge mourut à son tour, à la suite d’une rébellion de ses hommes à Achem, et son frère Antonio fut investi du commandement de l’escadre qui se trouvait prête à partir. Appareillant de Malacca, les sept navires, montés par trois cents hommes (’), tirent escale au port javanais d’xAgacim (Grissee), où l’on rencontra les quatre bâtiments de Garcia Henriquez (2). On apprit déjà là, par les gens d’une jonque qui était venue le Banda, que des Européens, ressemblant beaucoup aux Portugais, s’étaient arrêtés aux Jloluques et avaient même remis aux Javanais de la jonque un écrit contenant une licence de libre parcours, en cas de rencontre avec des navires de leur nation ! Antonio de Brito lut le document, rédigé en termes assez pompeux, et reconnut de suite qu’il provenait d’Espagnols (^) ; il en conclut avec D. Garcia qu’il émanait des gens de l’escadre de iMagellan dont le départ de Séville avait été appris dans l’Inde,
Prenant directement la route de Banda, de Brito arriva à cet archipel après une navigation périlleuse et la perte d’une jonque; à Gouram, la Gorom d’aujourd’hui, à l’est de Banda, de Brito s’empara d’un des cinq Espagnols de la factorerie de Tidore, Alonso de Cota de Gênes, qui s’était rendu dans cette ile pour s’y informer du trafic de la région. Le capitaine portugais, ayant confisqué en outre la jonque à bord de laquelle le marin avait fait le voyage, alla hiverner à Banda et y attendit la mousson
(^) Nombre supérieur à celui de la flottille de Magellan. — Navarrete, Colecciôn, t. IV, p. 371. — L’expédition de J. de Brito paraît avoir eu pour but d’arrêter ou de détruire les navires espagnols.
(2) D’après Castanheda, loc. cit., liv. V, cap. V, de Brito aurait rencontré la flottille de Henriquez, ou Annriquez, à Banda, et aurait appris de lui la nouvelle de l’arrivée aux Moluques de deux navires espagnols ; il invita Annriquez à l’accompagner à Tidore, car il craignit que ses gens ne fussent pas assez nombreux pour résister aux Espagnols ; Annriquez accepta et le nombre des Portugais armés s’éleva ainsi à trois cents, répartis sur huit vaisseaux (liv. VI, cap. XI).
(3) Barros, loc. cit., dec. III, lib. V, cap. VII : « tâo pomposa em palavras, como esta naçâo costuma em sua escritura, principalmente em cousas deste qualidade em que ella espraia muito ».
(4) Appelé Alonso d’Acosto, par Barros, loc. cit.; nommé également Genoves Alonso.
ma(;kllan. la question des mof.uques
favorable pour se dirii;er avec toute sa flollille vers Hacliiaii ; les habitants de cette terre furent sévèrement châtiés de la mise à mort des Porlu'^ais, compagnons de Fr. Faria ('); Tescadia' jeta enlin l’ancre devant Tidore.
La première mesure prise par A. de Brito consista datis l’envoi d’un fnessager au roi Almauçor, en la personne du facteur Uuy Gaguo, pour demander des explications à propos de la présence d’Fspagnols dans l’ile et de la construction d’une factorerie, alors que les Moluques avaient été découvertes par les navires du roi de i’ortugal. Almançor fit répondre qu’il avait accueilli les étrangers comtne des marchands, plutôt par peur que de bonne grâce. Le lendemain de cette première entrevue, on amena à bord des navires deux des cim| Espagnols de la Trinklad^ le facteur Juan de Campos et le bombardier Diego Arias; maestre Fedro étant mort, il restait encore Luis de Molino, (jui résidait en ce moment à soixante lieues des Moluques, dans file de Jloro (-). Deux jours après l’arrivée de A. de Brito, les Portugais reçurent Cacliil Daroez, goinerneur de Ternate, petit-fils de Boleyse, envoyé expressément par la reine pour souhaiter la bienvenue aux nouveaux arrivés. Le lendemain, le 14 tnai, Almauçor vint à son tour rendre visite à l’escadre, s’excusa de nouveau de sa faute et se déclara le plus fidèle serviteur du roi de Portugal, « le maître absolu des Moluques ». De Brito fil dresser celte déposition par écrit pour l’envoyer aussitôt à Lisbonne ; c’est la preuve que la soumission des rajahs des Moluques au Portugal est postérieure à l’acte formel de vassalité à la Castille. La lettre du sultan Abohad, roi de Ternate, à Joâo III, dans laquelle il annonça la mort de son père Boleyse et l’arrivée dans son île de deux navires de la Castille, n’est datée que du 28 août 1522 (^); il s’y reconnaît également sujet de Joâo III et y implore sa protection contre les Espagnols qui avaient érigé une factorerie à Tidore.
De Brito ordonna tout de suite la construction de la forteresse dans celle île, centre éphémère de l’inlluence espagnole. Les travaux n’étaient pas
(Q Harkos, loc. cit., dit S. Correa.
(i) Lettre de A. de Brito; il rentra à l’appel de Espinosa et se serait rendu à de Brito. (3j Alguns docum. de la Torre do Tomba, p. 461.
encore achevés que, le 22 octobre, une pirogue indigène vint annoncer au commandant qu’un gros navire se trouvait au nord des Moluques, au port de Benacora ; ce fui, sans doute, la même embarcation qui apporta la leltre de Espinosa pour de Brilo. Nous avons vu quelle fut la nature de l’enlrevue des chefs des deux navires; la Trinù/ad ayant été traînée jusqu’à Tidore, de Brito fit comparaître devant lui le capitaine de Esj)inosa, l’escribano Bartbol. Sanchez, le pilote Leone Pancaldo et le maestre J. Bauttista. Il leur reprocha en termes sévères d’avoir extorqué aux insulaires les déclarations de soumission à la Castille, bien qu’ils eussent appris, entre autres par de Lorosa, que les Portugais étaient les premiers occupants de l’archipel
Les Espagnols rejetèrent sur Magellan toute la faute de celte navigation « illicite » ; celui-ci avait persuadé au roi Charles que les Moluques étaient situées dans sa démarcation et de Espinosa montra à de Brilo le document qui formulait ces prétentions. « Je leur prouvai, dit le commandant portugais dans sa lettre du 11 février, datée de Ternate, combien d’erreurs étaient contenues dans cette pièce. » Il fit mettre l’équipage de la Trinidad en sûreté, sous prétexte qu’il ne pouvait autoriser une entreprise qui était si manifestement contraire aux intérêts du roi de Portugal.
A entendre les témoignages personnels des infortunés Espagnols, ceux-ci furent loin de trouver chez de Brito le « traitement humanitaire » tant vanté par Osorius et Barros ('); pour commencer, on menaça de Espinosa de le pendre au plus haut mât de son navire s’il n’acquiesçait pas à tous les désirs des Portugais; on ne lui ménagea pas les épithètes les plus injurieuses, en présence des indigènes; ce qui le révolta le plus, ce fut la façon déshonorante dont on traita la bannière royale espagnole, que de Brito conserva uniquement parce que, disait-il, elle était de meilleure étoffe que
p} OsoRiüS, De Rebus Emmanuelis, cap. LXl, p. 331 : « Ab bis (de Brito et ü. Garcia Henriques) Magellani comités fuere continuo recepti et singulari humanitali tractati. » — Barkos, loc. cit., dec. III, lib. V, cap. Vil ; « A gente Antonio de Brito a mandou curar e prover com tanto cuidado, como se forâo naturaes d’esto reyno ». La même chose chez Castanheda, loc. cit., liv. VI, cap. Xli et XLI; Correa, loc. cit., t. 11, p. 633.
MAC.KLI.AN, I.A OUKSTION DKS MOLUOUKS
la toile fabriquée par les insulaires (^). Les trois içardes de la factorerie de Tidore avaient été mis aux fers; puis, avec les marins de la Triuidad qui avaient regagné un peu de forces, ils furent contraints de travailler à l'achèvement de la forteresse portugaise. De Espinosa, avec vingt et un de ses hommes, passèrent ainsi quatre mois à Tidore; de là ils furent déportés à Banda.
Ce (jui avait été trouvé à Tidore en fait d’articles d’échange et de nmnitions espagnoles, avait été conlisqué; la factorerie elle-mêrue fut rasée. Pr •éalahlement, de Brito avait fait dresser cependant un inventaire de tous les objets et épices, par .luan de Campos et Lisuarte de Lix, escribano du nouvel établissement portugais ('^). Pendant qu’on déchargeait la Triuidad, une rafale emporta le vieux navire et le chassa vers la côte, où il se perdit avec une cargaison de quarante babars de clous de girofle ; les épaves servirent plus tard à la réparation des bâtiments portugais et à la construction du fort ; le cuivre espagnol fut refondu et transformé en monnaie portugaise.
La première victime de A. de Brito fut Aff. Perode Lorosa, le déserteur du navire de D. Tristan de IVIeneses, qui avait aussi déserté la cause portugaise; il fut déclaré coupable de haute trahison, ayant contribué à faire croire aux Espagnols et aux indigènes que les 3Ioluques appartenaient au roi Charles. De Brito ajoute qu’il fut condamné à mort « pour d’autres motifs encore, trop bas pour être communi(|ués à Votre Altesse (’^) » ; il fut décapité sans autre forme de procès. L’intention première de A. de Brito avait été de faire subir le même sort, sinon à tous les Espagnols, du moins au mestre, au pilote et à l’escribano. Mais il revint sur cette décision; dans sa lettre au gouverneur de l’Inde, il exprima seulement le désir de les garder tous aux Moluques : l’insalubrité de la région aurait vite fait de leur constitution
(C Lettre de G. G. De Espinosa. Loc. cil.
('•^1 Baiiros, loc. cil.
(3) Barros (loc. cit., dec. 111, lib. V, cap. X), pour motiver sa mise à mort, dit qu’on avait trouvé sur lui des lettres adressées à ses amis en Inde, où il disait qu’il partit à bord d’un navire espagnol ; pour excuser sa conduite, il fournit des raisons blâmables et contraires aux intérêts de sa patrie.
si forlemeni ébranlée déjà par les misères endurées et il n’élait, en outre, pas certain qu’une mort violente aurait été agréable au roi. Des trois cents Portugais venus de l’Inde avec lui, utie cinquantaine avaient succombé au bout de quelques semaines et cinquante hommes à peine étaient restés valides ('). Les Espagnols parurent mieux résister au climat, puisque de Rrito les envoya — dix-sepl hommes en tout — à 3Ialacca, dont le climat n’avait pas meilleure réputation que celui des Moluques. Un ordre du roi les fit trans|)orter de là dans l’Inde. Cinq autres eurent le privilège, nullement enviable d’ailleurs, de rester aux ^loluques : ce furent .luan Bauttista, le plus instruit de I équipage; l’escribano, dont le nom n’est pas cité et qui était en môme temps bon pilote, le coniramaestre (Pancaido?) et les deux charpentiers maestre Antonio et Ant. Basazaval, qui furent employés à la construction d un navire que de Brito pensait envoyer à Bornéo, ses propres charpentiers ayant tous succombé aux fièvres.
Des dix-sept Espagnols désignés pour prendre la route de l’Inde, quatre disparurent mystérieusement avant l’arrivée en pleine mer; on sait toutefois que le facteur Juan de Campos était parvenu à s’échapper de Ternate, à bord d une jonque indigène. Les autres atteignirent Banda, où ils furent retenus pendant plusieurs mois; de là ils gagnèrent le port d’Agrace ('^), et finalement la ville de xMalacca, où ils furent confiés au gouverneur Jorge d Albuquerque. Quatre Espagnols périrent au cours des cinq mois que dura leur séjour dans ce port, sans compter l’esclave nègre, Ant. Moreno, que la sœur du gouverneur enleva à de Espinosa. Ce fut sans doute à Malacca que J. Bauttista et Pancaido entendirent parler du fameux pays de l’or, appelé Nassara Sanguin, où les Portugais auraient échangé du cuivre contre le même poids en métal précieux. Les survivants, après vingt-cinq jours de
(^) Castanhkda {loc. cit,, liv. V, cap. L\) cite un exemple de l’aversion des marins portugais pour les expéditions aux Moluques, à cause du climat néfasli; à tous les Européens . 1 armada de Jorge de Brito aurait été beaucoup plus puissante encore, si les équipages n’avaient pas déserté en masse les navires avant d’atteindre Malacca, lorsqu’ils apprirent que le but du voyage fut les Moluques.
(2) Navarkete, Coleccién, t. IV, p. 311.
(3) Agrazué, le port de Grissée, près de Soerabaja. Voir la carte des Keinel de 1516.
navigation, Cnrenl onsnile (l('*l)an|U(‘s dans l’ile de Ceylan, d’où ils atteignirent Cocliin à Lord de dilTérenls navires; an moment où ils arrivèrent dans ce port, la flottille annuelle pour l’Europe venait de quitter l’Inde. 'Prois Espagnols, Barlliol. Sanchez, Luis del Alolino et Monso de Cota, ayant disparu avec la jonque (jui aurait dû les transporter à (^ochin, il ne restait plus que huit hommes de la Trinidad! C’est de cette ville que de Es|)inosa adressa sa lettre historique à l’empereur, le 12 jativier 1525, après avoir été trompé à nouveau dans son espoir de pouvoir partir pour l’Europe. Il resta par conséquent (‘mprisonné à (’ochin pendant dix autres mois; le capitaine lut menacé à plusieurs re|)t ises de la peine capitale par le vice-roi, le grand Vasco de Gaina, et lut continueliemenl en hutte aux vexations les plus odieuses de la part des autorités portugaises. Juan Bauttista et Pancaido rapportent (pi’ils seraient morts de faim si quelques étrangers, au risque de leur vie, ne leur avaient de temps en temps donné à manger. Dans leurs hMtres, ils mentionnent avec émotion le dominicain italien Giovanni Caro. C.e religieux, dans une missive envoyée le 19 décembre 1525 à l’em|)ereur (‘), avoue que les Espagnols furent traités par les Portugais avec une cruauté dont jamais les infidèles n’avaient usé à legard de chrétiens; écœuré de la conduite du vice-roi, il offrit ses services à Charles V, assurant qu’il était initié à tous les secrets commerciaux de l’Inde. Correa (-) rapporte que le gouverneur défendit aux commandants de navire de prendre les Espagnols à leur hord; il leur fut permis toutefois de s’enrôler sous les drapeaux dans la guerre contre les Arabes.
Les deux Italiens, Pancaido et .1. Bauttista réussirent à se cacher à bord du navire de Diogo de Jlello, la Santa Catalina, par l’intermédiaire de quelques marins génois qui leur donnèrent secrètement à manger. Leur présence ayant été constatée lorsque le vaisseau eut quitté Cochin, le capitaine résolut, à l’arrivée à 3Iozamhi(|ue, de les confier au premier navire portugais qu’il y rencontrerait à destination de l’Inde. Arrivés en Afrique,
P) Ardu de Indias, i, 2, L i. num. 26. Inventaire d’Asensio, n“ 55. — Navaruete, Colecdén, t. IV, p. 372.
(2) Lendas da India, tl, p. 634.
les deux pilotes parvinrent à (piiller la Santa Catalina et à se réfugier à l’intérieur des terres; c’est de Mozambique que sont datées les suppliques des 20 et 2o octobre 1525, dans lestpielles ils prient l’empereur et révê(|ue Fonseca- de faire cesser les persécutions contre eux. Ils se virent forcés d’hiverner dans cette région inclémente, soufîraut du manque de vêtements autant que du mamiue de vivres, pendant les sept à huit mois qu’ils y passèrent; Juan Bauttista ne put résistera tant de privations et mourut misérablement dans cette terre inbosi)italière. Pancaido eut la chance de pouvoir faire la traversée, caché à bord du navire de Franc. Pereira, et d’arriver à Lisbonne; il y fut immédiatement jeté en prison, et n’en sortit qu’à la suite des très vives protestations de l’empereur.
Des six Espagnols restés à Coebin, trois avaient péri; un quatrième, Juan Rodriguez de Séville, parvint à fuir sur le navire d’Andres de Sousa et atteignit Lisbonne sans encombre (*). Le vice-roi D. Enrique de Menezes autorisa finalement les derniers survivants de l’expédition de la Trinidad, G. G. de Espinosa et Gines de Mafra, à retourner dans leur patrie, à l’occasion du mariage de l’empereur avec Dorîa Catalina, la sœur du roi de Portugal. D’autres sources mentionnent qu’uu deuxième compagnon de voyage, de Espinosa, put rentrer à Lisbonne, le chirurgien ou religieux Morales (^), outre le bombardier mæstre Hans ('^); mais celui-ci aurait succombé en prison.
(U II faut sans doute identifier avec Juan Rodriguez cet autre échappe de la Trinidad dont parle l’ambassadeur vénitien, Andrea Navagero, dans sa dépêche du 8 février 1S26, Tolède. Il y est question d’un vieillard de quatre-vingts ans (?) qui, grâce à un marin, était arrivé à Lisbonne à bord d’un navire portugais de l’Inde. De sa prison, il écrivit une relation sur l’expédition dont le roi de Portugal eut connaissance; mais puisque la nouvelle du retour de la Victoria était déjà répandue en Espagne, on ne voulut pas retenir le vieillard en prison et on le remit en liberté. Raccolta Commiss. Colomhiana, parte III, 2, p. 133.
(2) Navauiietr, Colecciôn, t. IV, p. 107. — Un document du 9 août 1326 l’appelle licencié. — Arch. de tttdias, 1, 2, i|^, num. 21. — Médina, Colecciôn, t. Il, p. 122.
(3) Appelé aussi Aires; or, un bombardier de ce nom était au nombre des dix-huit survivants qui revinrent avec Seb. del Cano.
MAGEM.AN. LA QUESTION DES \10LUQUES
Espinosa el Alafra roslèrenl enfermés pendani sept mois dans le Limmonero de Lisbonne; le deiuier fnl pris pour le pilote principal de l’armada, parce (pi’on trouva sur lui des journaux de bord, des traités de navigation et des notes (|ui avaient appartenu à Andres de S. Martin; de ce chef il fut retenu trois mois plus longtemps que son compagnon.
Ainsi, des cinquante-quatre bommes de ré(|uipage de la l'rinidad, quatre revirent la patrie: de Espinosa, Mafra, Pancaido, Juan Uodrigues de Séville. Au lieu de récompenser dignement ces victimes des l’orlugais, les oficiales de Séville eurent la cruauté de leur refuser le payement de leur solde durant l’époque de leur emprisonnement : « personne, prétextèrent les facteurs, ne pourra prétendre (pi’ils avaient servi l’Espagne pendant cet intervalle! (') »
Somme toute, trente-six personnes sur deux cent quatre-vingts revinrent de l’expédition de .Magellan : dix-bnil avec Del Cano (‘^), treize de
('I Plainte de de Espinosa, le 14 janvier 1528. — Arch. de Indias, 1, 2, '/.j num. 1. Inventaire d’Asensio, n® 61. — Médina, Colecciôn, t. II, p. 182. — La solde et les quintaladas aux marins de la Victoria ne furent payées par Ch. de Haro qu’en 1524. — Heriiera, lac. ciL, dec. III, lib. VI, cap. I. — Arch. de Indias, 39, 2, 2/g. Libros de cuenta y razdn. Data, fol. 75. Inventaire d’Asensio, n® 118.
(2j Nous comptons ; 1®J. Seb. del Cano; 2° Franc, Alvo; 3° Miguel de Rodas, pilote, né à Rodas en 1492; 4° Juan de Acurio, ou de Acutio, né en 1494 à Bermeo, contremaître de la Concepeion ; 5° Martin de Judicibus ou Yudicibus, Génois, à bord de la Concepeion, revenu comme alguacil de la Victoria; 6® Aires ou Hans, bombardier allemand; 7® Diego Gallego, marin, né en 1496 à Bayona en Galice; 8® Nicolas de Napoles, marin, appelé aussi « Griego » ou « Napoles de Romania », né en 1484; 9® Miguel Sanchez, marin, né en 1476, à Rodas; 10® Francesco Rodriguez, marin portugais, né en 1484; 11® Juan Rodriguez, de Huelva, marin, né en 1496, à Mallorca; 12® Anton Hernandez Colmenero, marin, né en 1474, à Huelva; 13® Juan de Arratia ou de Sahelices, mousse, né en 1504, à Bilbao; 14° Juan de Santander, mousse, né à Cueto; 15® Vasco Gomez Gallego, mousse portugais; 16° Juan Zubileta ou Gubileta, page, né en 1506, à Baracaido; 17® Antonio Lombardo ou Pigafetta ; 18® Hernando de Bustamente, de Merida ou Alcantara, barbier.
Cette liste ditiêre notablement de celle donnée par Guillemard {loc. cil., p. 337), qui cite, au lieu de Aires et de Colmenero : Martin de Isaurraga, natif de Bermeo, et Antonio Ros ou Rodriguez, de Huelva.
l’archipel du cap Vert (’), quatre de la Trinidad, un dans l’escadre de Loaisa (-).
Les quelques indigènes des Moluqucs qui élaienl. arrivés en Espagne à bord de la Vicloria, furenl Ions rapatriés par l’escadre de Loaisa, en l’année 1525, sauf un seul; celui-ci avait montré un zèle excessif à connaître le prix des épices dans la péninsule, ce (|ui fit craindre aux oticiales (jue ses Informations n’engageassent les marchands indigènes cà hausser leurs prix de vente (^). Oviedo nous renseigne sur la fin de la Victoria^ le navire qui avait si glorieusement accompli le premier périple du monde: ayant fait une heureuse traversée de l’océan Atlantique, il sombra avec hommes et biens au cours de son second voyage aux Indes occidentales.
L’empereur avait reçu la nouvelle de l’arrivée de la Victoria à son retour d’Allemagne, à Valladolid, où l’on venait en même temps lui apporter les premiers envois de métal précieux, des pays que Ferdinand Cortez avait soumis à son autorité; il n’y a pas de doute que le monarque fut plus séduit par l’or du fameux conquistador que par les échantillons d’épices que lui offrit S. del Cano. Le Conseil des Indes se hâta cependant de l’informer que, au
(') 1° Koldan de Argote ou de Arbot(e), bombardier, né à Bruges, vers 1498; 2® Ricarte (le Normandie, appelé aussi Rigarle, Ripart, Ruxar, Roger Carpintete, né en 1494, à Evreux ou à Bruz charpentier; 3“ Pedro de Tolosa, marin, né en 1499, à Tolosa en Guipuscoa ; 4" Juan Martin, né en 1494, à Aguilar de Campo ; 5° Gomez Hernandez, marin, né en 1498, à Huelva; 6“ Miguel de Rodas (il y a eu deux individus du même nom, l’un est cité plus haut); 7“ Simon de Burgos, Portugais, de Ciudad Rodrigo; 8“ Juan Martinez, de Séville; 9° Herman Lopez, entré dans l’armada à Ténérife; 10“ Sébastian Garcia, de Huelva; 11" Gregorio Garcia, de Séville; 12° Alonso Fernandez, de Palos; 13" Andres de la Cruz, de Séville. Les sept derniers, ayant appartenu à la Trinidad, touchèrent tous leur solde à Séville, d’après J. T. Médina, Coleccidn, t. I, p. 178. Guillemard ne les connaît pas et cite à leur place, d’après la liste erronée de Herrera (voir note suivante) : 1“ maestre Pedro, de Ténérife; 2" Pedro Gasco, de Bordeaux ; 3° Alonso Domingo; 4" Martin Mendez, escribano, revenu comme conlador, de Séville; 5" Juan de Apega; 6" Ocacio Alonso, de Bollullos.
(2) Herrera donne une liste de trente et un survivants, très incorrecte d’ailleurs, puisque six au moins des gens qu’il mentionne moururent au cours du voyage : Pedro Gasco ou Pierre le Gascon, de Bordeaux, mort le 2 mai 1S22; Juan de Ortcga, Diego Garcia et Pedro de Valpuesta ou Valpuerta, morts le 21 ou le 26 juin; Martin de Magallanes, mort le 26 juillet 1522, aux îles du cap Vert, ainsi que les quatre précédents. Médina, Iqc. cil.
(3) Oviedo, loc. cil., lib. XX, cap. IV.
MAr.KLI.AN. LA Q^JKSTION DKS MOI.UQUES
point de vue fiscal, l’exploit de Magellan promellail d’avoir des consécpiences aussi profondes que la découverte de l’or en Améri(|ue : le produit de la seule cargaison de la Vidoria sullit à couvrir amplemetit les frais d’équipement de toute l’expédiiion.
Del Cano et deux des principaux participants au voyage furent solenellement reçus en audience spéciale par l’empereur; oubliant les fautes de la vie antérieure du Basque, Charles V lui alloua une pension annuelle de 500 ducats, des insignes de chevalerie consistant en un écu où l’on voyait figuré un casque surmonté d’un globe avec la devise : « Hic primus geometres (*) ». Des armoiries analogues furent remises à Martin Mendez, contador de la Victoria, au maestre Miguel de Codas et à Hernando de Bustamente (-); dans celles que l’empereur conféra plus tard au licencié de Espinosa, on remarquait d’un côté de l’écusson deux caravelles, « en signe, dit Herrera, qu’on devait découvrir les îles aux épices du côté de la Castilla del Oro (le Mexique), où de Espinosa avait servi ('^) ».
Alvaro de Mezquita, le capitaine du S. Antonio que Cornez avait fait enfermer à Séville, fut remis en liberté; il reçut quelques faveurs du roi et fut réhabilité dans son honneur; mais nulle part on n’apprend que les rebelles qui l’avaient forcé à la défection, subirent le moindre châtiment. La femme de Magellan n’eut pas le chagrin d’entendre son mari de nouveau accusé et dénigré (^); elle était morte au mois de mars 1522. S. del Cano, en effet, au lieu de rendre à son chef une part de la gloire qu’on lui prodigua,
(1) « Este es el primero que haya medido la lierra, » Uocum. ineditos de Indias, vol. Vtll, p. 17.
(2) Herrera, loc. cit., dec. III, lib IV, cap. XIV. — Bustamente fut un des quatre participants au voyage de Loaisa qui avaient servi sous Magellan; les trois autres furent J. Seb. del Cano, le flamand maestre Ans ou Hans, Roldan, ces deux derniers étant bombardiers. — Navarrete, Coleccivn, t. V, p. 383.
(3) Herrera, loc. cit., dec. III, lib. VI, cap. I.
(^) Hisloria de ./. S. del Cano, por E. F. de Navarrete, publicala N. de Soraluce y ZiiBiZARRETE, pp. 278-288; del Cano y accuse Magellan de manque de considération pour ses compagnons, d’inimitié envers les Espagnols, d’irrévérence pour les ordres du roi, de gaspillage de biens royaux et d’avoir confié les fonctions de capitaine à ses parents Mezquita et Barbosa.
ET U PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
s’abaissa dans ses déclaralions à l’alcade Leguizamo (^) jus(|u’à prétendre que le capitaine général n’avait pas tenu les promesses faites au roi !
En 1525, plusieurs fils de Diogo Barbosa, mort cette année-là, intentèrent au fisc royal un procès pour le non-payement des sommes et le refus d’accorder les faveurs que le roi avait assurées aux héritiers de Magellan. Ils firent valoir des revendications analogues en leur qualité de cousins de Duarte Barbosa, de Juan de Silva, qui avait épousé Tbereza, sœur de Magellan, et de Martin de Magellan, qui avaient tous pris part à l’expédition. Ils réclamèrent également les soldes des esclaves du commandant, Enrique et Jorge, qui avaient servi d’interprètes en Insulinde. Le fisc, en séance du 17 avril 1525, reconnut les Barbosa comme héritiers légitimes de Magellan et déclara qu’il y avait lieu de faire droit à leur demande ("^); on ne sait toutefois si l’empereur ordonna d’exécuter cette décision. Bien des années après, en 1540, les mêmes réclamants, entre autres Jaime Barbosa, Insistèrent pour que les engagements |)ris par le Conseil du roi fussent réalisés (^). Plus tard encore, en 1567-1568, le petit-fils d’un cousin de l’amiral (^), s’appuyant sur les documents de ses ancêtres, renouvela ses instances pour entrer en possession de l’héritage de Magellan; on ignore également l’issue de cette demande en justice.
II. — Résultats du voyage de Magellan. Premières cartes du détroit
et de l’océan Pacifique.
Les auteurs et contemporains qui ont célébré le retour de la Victoria, comparèrent l’expédition de Magellan au voyage des Argonautes (•'•), la
(0 Le 18 octobre 1522. — Arch. de Indias, 1, 2, num. 19. Inventaire d’Asensio, n® 29. — Médina, Colecciôn, t. I, p. 299. — On a érigé une statue à del Cano dans sa ville natale, Guipuzcoa. Voir Guillemard {loc. cit., p. 309), qui reproduit les armes du capitaine, avec l’inscription erronée : « Primus circumdedisti me ».
(2) Navarrete, Colecciôn, t. IV, p. xc.
(3) Arch. de Indias, 1, 2, 3/g, num. 2. Inventaire d’Asensio, n® 73. — Médina, Colecciôn, t. II, p. 293.
0^ Appelé aussi, Lorenzo de Magellan, cousin de l’amiral. — Arch. de Indias, 1, 2, 3/g, num. 8. — Médina, Colecciôn, t. II, p. 356.
(3) A commencer par Max. Transylvain, puis Oviedo, loc. cit., lib. XX, cap. IV; Argensola Gomara, Camoens, etc.
proclamani ainsi la plus glorieuse enireprise nautique des temps modernes. En effet, la traversée du l‘acili(|ue a certainement eu dans l’histoire de riiumanilé une importance au moins égale à celle de la découverte d’un nouveau conlinenl. Avec Vasco de Gama, Magellan a contribué le plus pjiissamment à dévoiler les pays de l’Extrême-Orient et son voyage a inauguré une phase décisive dans les relations de l’Europe avec l’Asie orientale ('). De la découverte de Vasco de Gama, on peut dire qu’elle rétablit en somme les communications directes entre l’Europe et l’Inde, interrompues pendant quelques siècles par les Arabes (|ui avalent monopolisé le commerce avec l’Orient; on n’ignore pas, en effet, que plusieurs dizaines d’années avant les Portugais, des Européens avaient pénétré dans l’Inde par mer et par terre.
Au point de vue géogra|)bique, le retour de la Victoria donna une nouvelle et forte impulsion aux spéculations des savants sur la distribution des terres et mers de notre planète; l’idée de Colomb, défendue par les cosmogiapbes les pbis réputés, d’apjès lacpielle les eaux couvraient une surface beaucoup supérieure à celle des continents, avait été ébranlée. Magellan avait démontré la navigabilité des océans Atlantique et Indien méridionaux, si longtemps mise en doute par b*s Arabes et les Portugais. La théorie des antipodes et de la .s|)béricité de notre globe, sujet de discussions scientitiques et religieuses depuis les premiers siècles de l’ère chrétienne, acceptée après de longues hésitations par Toscanelli, Regiomontanus, le cardinal de Cusa, Georg von Peuerbacb et d’autres, se trouva conürmée pratiquement. Le périple de Magellan permit et inaugura l’étude des grandes masses fluides et de l’atmosphère du Pacifique, qui exercent leur action sur tout l’univers, et ainsi naquirent les premiers éléments de l’océanographie, cette science qui s’est tant développée de nos jotirs.
Au point de vue économique, Magellan faillit changer encore une fois la route du trafic mondial avec l’Orient et enlever à Lisbonne le monopole des relations commerciales avec le monde asiatique et océanien. Heureusement pour le Portugal, les espérances espagnoles ne furent pas réalisées : la
("i) F. VON Richthofen, China, Ergebnisse eigner Reisen. Leipzig, t883, I, p. 640.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU CLORE
circumnavigation de l’Amérique méridionale, le passage du détroit patagonique, la longue traversée du Pacifique constituaient autant d’obstacles qui empêchèrent la Castille de faire une concurrence redoutable à la navigation des Portugais par le cap de Bonne-Espérance. Sous ce rapport, l’expédition de Magellan ne répondit pas au but que s’étaient proposé ses promoteurs; l’amiral avait bien découvert une nouvelle voie maritime vers l’Asie orientale, par des eaux exclusivement espagnoles, mais elle était quasi impraticable ('). Si le problème géographique de la répartition des continents et de I habitabilité du monde avait été résolu, la question économique, intimement liée à la querelle de la possession et du commerce des Moluques, ne fut réglée qu’en Io39; en cette année, l’Espagne vendit au Portugal ses titres et prétentions à la seigneurie de l’archipel aux épices, jusqu’à plus ample information sur sa situation exacte, pour la somme de3o0,00() ducats.
Rien ne donne mieux une idée de l’évolution que produisit l’expédition de Magellan dans la cartographie de l’époque, que l’examen des mappemondes construites immédiatement après le retour de la Victoria. Aucune des nombreuses cartes emportées par l’expédition, il est vrai, n’a été retrouvée jusqu’ici. A son arrivée à Séville, del Cano avait dû remettre à Sébastien Cabot, pilole-major de Charles-Quint, tous les routiers et cartes dressées au cours du voyage Le Vénitien, d’après des sources mises récemment au jour par xMedina, aurait résolu de tirer de ces pièces un profit personnel, trahissant la cause de l’empereur, puisqu’il offrit tous les documents de la découverte du détroit de Magellan à la république de Venise (^).
(D Aussi, I elt’oi t des Espagnols so porta avec une nouvelle ardeur sur la partie centrale de l’Amérique : « Les explorateurs, dit L. Martyiî [De Orbe Novo, dec. VII, cap. V; traduction Gaffarel, p. 61i) sont possédés d’une telle rage de découvrir le détroit, qu’ils s exposent à mille dangers. Aussi bien celui qui le découvrira, si tant est qu’on le découvrira, est sûr d obtenir la faveur impériale, sans parler d’une grande autorité ». Voir le chapitre suivant.
(2) En 1522, S. Cabot envoya secrètement à Venise un certain K. H. M. de Busignolo qui devait informer, sous la foi d’un terrible serment, le Conseil des Dix que le pilotemajor était prêt 5 se rendre à Venise afin de dévoiler un secret dont dépendait la grandeur future de Venise. Contarini devait s’entendre avec Cabot et lui trouver le moyen de faciliter
MAGELI.AN. LA QUESTION DES MOLUQUES
Plusieurs cartes se dispuleul l’honneur de représenter, avant toutes les autres, les résultats rapportés par dcl Cano. Le premier document où se trouve figuré le détroit de Magellan, est incontestablement l’esquisse de l’Amérique méridionale faite par Pigafetta et qui sert d’illustration au récit de voyage de l’Italien. Très grossière comme dessin, celte ébauche montre cependant avec netteté dilTércmtes étapes de l’expédition, le long des côtes de Patagonie; les principales sinuosités du détroit sont facilement reconnaissables : la série des Goulets, l’Admiralty Sound, ainsi que les embouchures, disproportionnées, des rivières et fjords de la partie nord-ouest. Au sud du « Streto l‘atagonico » est figurée une vaste terre qui ne rappelle en rien toutefois rimmcnse continent austral des cartographes postérieurs. La ligne de côte du Chili se prolonge directement vers le nord, légèrement ondulée, et fléchit vers le nord-est, à la hauteur du Hio de Solis; elle indique probablement dans quel sens, selon l’auteur, la région se raccordait avec la portion plus septentrionale de l’Amériqtte, découverte par Palboa. Deux grandes îles sans nom bordent cette partie de la côte; bien que situées à des latitudes plus élevées que le |)ort de Saint-Julien, elles représentent sans doute les iles des Tiburons et de Saint-Paul.
Il est regrettable que Pigafetta n’ait pas ajouté à sa relation une carte d’ensemble des régions visitées par lui à bord de l’armada ; on aurait ainsi appris comment le compagnon de Magellan se représentait l’immense segmient de la surface terrestre qu’il était le premier à décrire.
Des érudits modernes ont discuté, avec quelque vivacité même, à propos de la première carte (|ui montre l’itinéraire de la Victoria, Nous apportons à ce débat quelques arguments qui, venant s’ajouter aux preuves de Wieser et d’autres, nous ont amené à voir dans le globe en segments de Johann Schôner, de 1 523, ayant appartenu à la collection de IL Stevens de Vermont {^), le document historique en question. Oeuvre de circonstance avant tout, son
celle trahison, qui fut perpétrée en 1547 seulement. — H. Hariusse, Sébcislicn Cabot, pilote-major de Charles Quint (1512 1547). Revue historique. Paris, 1909, septembreoctobre. A profios de J. Tou. Médina, Kl Veneciano Sébastian Cabolo al serviciô de hspana {I espedalmeiile de su projectado viaje a las Molucas, etc. Sevilla, 1908, 2 vol. in-fol.
(1) CooTE, Johann Schoner, a reconstruction o{ his globe of 1523, p. xvi.
auteur, le cosmographe allemand, ne paraît avoir eu d’autre ambition que de répandre, avant tous ses collègues du nord de l’Europe, la nouvelle de la première circumnavigation du monde. Il ne s’est donc pas attaché à fournir une carte détaillée des nouvelles régions ; le détroit de Magellan y est représenté, mais il se confond presque avec le port de Saint-Julien; en conv paraison avec celte esquisse, le croquis de Pigafetta est un modèle de précision. La carte de Schôner dérive directement de la lettre de Max. Transylvain, imprimée en première édition en janvier 1523, que l’auteur cite en toutes lettres dans la brochure à laquelle sa carte sert d’illustration (').
Ce qui avait empêché A.-E. Nordenskiold d’admettre la date précitée pour la confection de l'œuvre, c’est avant tout la séparation de l’Amérique et du continent asiatique par un bras de mer qui relie, par le nord, le Pacifique à l’océan Atlantique. Nous avons exposé ailleurs quelle fut l'origine de cette représentation dans la cartographie portugaise; rappelons brièvement (|u’elle est née du Golfus Sinnarum qui s’étendait, dans les mappemondes du début du XVP siècle, entre la Chine et l’Amérique du Nord; sur les cartes postérieures, on a enlevé simplement la partie septentrionale du Grand golfe, sous l’influence des portulans du type de Canerio (1502) (‘^). Magellan ne prouva pas que l’Asie est distincte de l’Amérique; ce fait ne fut établi qu’en 1728, par Vilus Bering. D’autre part, la jonction de Terre- Neuve (Baccalaos) et de la Floride, celle de l’Amérique centrale et du Brésil, avaient été admises par nombre de géographes avant l’année 1520. Plusieurs indices attestent que Schôner a d’ailleurs travaillé sans user de beaucoup de critique, et sans essayer d’harmoniser les données nouvelles avec la théorie des anciens; l’île de Cuba, dont l’appellation est mal apportée sur la carte, ne revêt plus la curieuse forme enroulée des documents portugais antérieurs, mais dérive directement du modèle espagnol que le dessi-
(^) De nuper siib Castiliae ac Portugaliae Regibus Serenissimis repertis Insulis ac Regionibus, Joannis Schôner Charolipolitani epistola et Globus Geographicus, seriem navigationum annolanübus . Clarissimo algue disertissimo viro /)«” Reymero de Streylpergk, ecclesiae Rabenbergensis Canonico dicatae. Timiripiae, Anno Incarnat. Dni 1523.
(2, J. Denucé, Les origines de la cartographie portugaise. Appendice, carie 5.
MAGKLLAN. LA OGKSÏION DES MOLUQUES
naleur a eu sous les yeux; comme dans la pièce du même auteur do ranuée 4531, Sumatra s’y appelle « Samolra sive Taprobana », et la (]hine s’avance eu pointe vers les Molmpies; le continent austral est découpé en nn certain nombre de ;j;randes îles, conception qui se rapproche assez bien de celle de Pigafetta concernant sa sixième partie du monde, il est superflu d’énumérer les données de Wieser ('), de Coote, de Kreischmer ("^) et de Gallois pour attribuer la carte à Scbôner et à l’année 1523.
Ce globe en fuseaux n’est en somme que l’interprétation d’une mappemonde espagnole (^), perdue aujourd’hui, et (jui aurait donc montré, avant Scboner, les résultats du voyage de Magellan et de del Cano. Qui peut avoir été son auteur, « Espagnol très savant »? (]oole hésite entre Est. Cornez, Nufiez Garcia et Diego Kibeiro, mais semble linalement admettre le dernier; L. Gallois tend plutôt à voir dans l’œuvre une copie du globe de Max. Transylvain (^). Nous inclinons à attribuer la mappemonde castillane au pilotegéographe Juan Vespuce, dont l’autorité avait suggéré à Scbôner de représenter dans ses globes antérieurs l’Amérique comme un contit)ent distinct. S. Ruge avait été amené, d'après l’orthographe d’ « Ântiglie insuie » sur les
(1) Franz. K. v. Wieser, De?- vcrschollene Globus des Johannes Schoner von 1S23 wieder aufgefunden und kritisch gewiirdigt. Sitzgsbeu. Ak. Wiss. Wien, Phil.-Hisf. Kt., 4888, Bel. CXVIl, Abh. 5.
K. Kretschmer, Dev Globus Joli. Sciwner's voni J. 1520. Festschrift fur Heinb. Kiepert. Berlin, 1898, pp. 115 et suiv.
(3) On sait que Charles-Quinl, après la réception des survivants de l’expédition de Magellan, fit parvenir à son frère, l’archiduc Ferdinand, une description du voyage, un sac d’épices des Moluques, un oiseau d'une beauté merveilleuse, et un globe sur lequel se trouvait marquée la route de la Victoria. Nous croyons pouvoir identifier ce globe avec le modèle que Scbôner a eu sous ses yeux ; « ... exemplar haud fallabile aemulatus, quod Hispaniorum solertia cuitlam viro honore conspicuo transmisit ». (De nupev sub Casliliae.) Le grand personnage en question serait l’archiduc Ferdinand, qui résida en 1522 à Nuremberg (avec Venise, les seuls noms de ville de 1 Europe centrale qui figurent sur les fuseaux); Franc. Chiericato, le nonce apostolique avec qui l’archiduc partagea les présents de l’empereur, se trouvait encore en cette ville au mois de décembre 1523. Raccolla
Commiss. Colombiana, parte 111, t. 1, p. 176.
(4) Revue historique. Paris, 1894, t. LV. Compte rendu de H. Barrisse, Discovery of
North America,,
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
fuseaux de Sclioiier, à se prononcer pour un original ilalien celle dénomination se retrouve, en effet, sur la mappemonde en deux hémisphères de J. Vespuce, de 1523, inspirée par les pilotes du S. An/ouio, déserteurs de l’expédition de 31agellan, Celte carte représente également la côte de l’Asie orientale, se dirigeant droit vers le nord; on y retrouve aussi les petits archipels à la côte nord de l’Amérique méridionale et au sud de Cuba.
On a publié le fragment d’une carte manuscrite du même type que celle de Juan Vespuce de 1523, c’est-à-dire à projection polaire équidistante (“^) ; très mal conservée, on distingue toutefois encore nettement dans l’intervalle entre les deux hémisphères, une esquisse du détroit de Magellan avec la légende : « Haec (Victoria) est sola navis que ad hispaniam pervenit mense seplemhris anno natali XPR, VI die 1522 que quidem omnem vincit anliquitalem siquidem e columnis ercnieis per fortum ». Malheureusement, le segment conservé ne montre qu’une partie de l’Europe, l’Asie occidentale et la partie nord-est de l’Afrique. D’origine incontestablement espagnole, il constitue avec la carte de J. Vespuce de 1 523, le premier spécimen du genre de projection précitée; ce Irait plaide fortement en faveur d’une origine commune.^
(•) Die Entwickelung der Kartographie von Amerika bis 1576. Peterm. Mitteil. Erganzungsheft Nr. 106, p. 60. Il date les segments de carte de Schdner d’une époque beaucoup plus rapprochée. De même, Noudenskiold, Periplus, p. 157, et Fac-similé Atlas, p. 80; H. Barrisse, loc. cit., p. 520. — Nordenskiold s’appuie, pour défendre la date de 1510, sur le fait que la distance de l’équateur au pôle mesure trois fois la largeur du segment à l’équateur; or, cet arrangement se trouve déjà sur le petit hémisphère de Franc. Monachus de 1525, et cet auteur convient qu’il a mis à profit l’œuvre de Schôner, dont il rejette toutefois la séparation de l’Amérique et de l’Asie. (Joannes Sconer, reiectis iis, quae de Orientalibus prodit. De Situ Orbis. Antverpiae, 1526; d’après le texte publié par Gallois.) Avant lui, déclare le moine flamand, la conception de Schôner, relative à la séparation, des deux continents, était généralement admise. ,
M. Fiorini, ayant examiné tes différentes opinions, ne se prononce pas sur l’époque de la carte de Schôner. Le sfere cosmografice e specialrnente le sfere terrestre. Bol. Soc. Geogr.^ Ital. Rome, 1894. — S. Günther se rallie à l’opinion de Wieser, Coote, Kretschmer et Gallois. Erd- und Himmelsgloben; ihre Geschichte und Konstruktion, nach dëin ttàlienîschèn M. Fioriuis frei bearbeiti t. Leipzig, 1895.
Ravestein, Supplément to the 8th list of books; Voynich. — Voir aussi Vie. Vera, Una mapa mundi espaTiol del siglo X\l. B. R. Soc. Geogr. Madrid, 1902, XLIV, p. 637. L’auteur semble attribuer la carte au Père Urdanete, qui l’aurait exécutée pendant son Voyage aux Moluques sous les ordres de Loaisa, 1524-1529.
MAGELI.AN. LA QUESTION DES MOLUQUES
Le (locumeni carlograpliique qui nous monlre le premier, de façon précise, les résultats de l’expédition de 1519-1522, est la mappemonde anonyme de la bibliothèque royale de Turin, dotil II. Ilarrisse a publié la partie américaine dans son livre capital sur la découverte de l’Amérique du Nord (^). Celte pièce offre éi»;alemenl ceci de remar(|uable, qu’elle constitue, avec les fuseaux spbéri(|ues de Sehoner de 1523, la transition entre l’ancienne cartographie portugaise et les produits de l’école de Séville ; l’auteur n’a pas su raccorder la péninsule de la Floride à l’Amérique centrale avec le même discernement que les lleinel sur la grande carte de l’océan Atlantique, qui se trouve à la Bibliotbè(|ue Nationale de Paris. L’Amérique méridionale est poui*vue d’une nomenclature abondante et correcte; plusieurs désignations ne se retrouvent pas ailleurs, preuves d’une étroite parenté avec un précieux original perdu aujourd’hui. Nous y voyons pour la première fois un tracé très satisfaisant de la côte américaine méridionale, caractérisé seulement par un trait qui frappera de plus en plus dans les caries postérieures : un Rio de la Plala situé dix degrés trop vers l’ouest. Au nord du détroit de .Magellan, le littoral du Chili se poursuit sur une longueur de six degrés, jusqu’à la « Tierra de diziembre », dénomination qui rappelle l’époque de l’année à laquelle Magellan longea cette terre. La carte ne monlre que les contours de régions réellement découvertes ; c’est ce qui explique le brusque arrêt de la ligne de côte au nord de la Floride, alors qu’une foule de documents contemporains relient sans hésiter la presqu’île floridienne à Terre-Neuve. Le groupe des Moluques et de la Sonde, Çamalra, Gelolo et quelques îles sans nom, sont relativement bien situés (^). La configuration de l’isthme de Panama autorise à dater la carte de l’année 1523; en effet, le Pacifique se termine au sud de Panama, à la latitude extrême atteinte en 1522 au cours de l’expédition envoyée par Pedrarias, sous Pascual de Andragaya ; au nord, la carte ne signale pas
(•) Discovery of Nortfi America, p. 529, pl. XIX.
(2) ViNC. Bellio, Autiche Carte geografiche che si trovano in llalia rignardanti l' America. Raccolta Commiss. Colombiana, parte tV, t. 2, p. 118 — Les Studi hio-bihliogr. mentionnent la carie sous le numéro XXIt.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
encore les résultats du voyage de Franc. Hern. de Cordoba, qui explora cés parages en 1S24-.
La première mappemonde imprimée, signée et datée, où le détroit de Magellan se trouve convenablement porté, est l’œuvre d’Oronce Finé, de 4 531 ('); le passage sud-américain y figure sans nom, mais le « mare Pacificum » de Pigafetta y devient « mare Magellanicum » , qui sera repris par une série de cartes postérieures. De même, le nom de Magellanica resta longtemps appliqué, d abord à la Patagonie ensuite aux terres continentales de l’autre côté du détroit. Ce fut Mercator qui consacra définitivement le nom de Terre Magellanique au cinquième continent, sur ses fameuses sphères de 1544 : « Quinta baec, et quidam amplissima pars, quantum conjectare licet nuper Orbi nostro accessit, verum paucis adhuc littoribus explorata » . Elle est très étendue et occupe toute la calotte de l’bémispbère sud, ayant pour amorce la Terre de Feu qui en fait partie.
12. — Dernières expéditions espagnoles aux Moluques. La junta de Badajoz et la fin de la querelle des Moluques.
Dans la série des tentatives pour atteindre les Moluques par la voie de l’ouest, il convient de citer toujours en premier lieu le voyage du pilote AndresNino et Davila, équipé simultanément avec l’expédition de Magellan. Lors de la découverte du Pacifique, Balboa, nous l’avons vu, avait formé le plan de se lancer par ce nouvel océan à la recherche des iles aux épices; le roi aurait même concédé au conquistador quatre petits bâtiments, à construire sur la côte même du Pacifique; mais la mort prématurée du chef empêcha la réalisation du projet. Celui-ci fut repris en 1519 par le pilote royal Andres Garcia Nino, qui s’offrit à pourvoir lui-même à tous les frais de l’équipement ; le prince finit par intervenir cependant pour la majeure
(U A. E. Nordenskiold, Fac-similé Atlas, pl. XLI, et Periplus, p. 188.
(2j t.es cartes gérK^rales de Ribeiro à Weimar et à Rome de 1529 ; « Tiera de Fernam de Magallanes » ou « Tiera de Patagones ».
MAGELLAN. I.A QUESTION DES MOLIJQUES
partie et, comme pour l’expédilion de Magellan, ce fut Ciirislobal de Haro qui fourtul le reste. Le roi clioisil Gil Gonzalez Davila, conlador de l’île llispaniola, en qualilé de capitaine général de la petite flottille; dans les instructions du voyage, il était dit (|u’on suivrait la côte du Pacifique vers le nord [)endant mille lieues, par mer ou par terre, distance jugée suiïisante pour être renseigné sur les archipels du Sinus Magnus, auxquels appartenaient les Moluqucs; on s’informerait également de l’existence d’un canal entre l’Allanlique et la Mar del Sur. Le Conseil des Indes attendait avec anxiété l’issue de ce nouvel elTort vers la réalisation du double but de tant d’expéditions depuis Colomb; selon Pierre Martyr, Davila devait prouver que la nature n’avait pas créé un obstacle aussi |)ernicieux aux intérêts de l’Europe que l’absence d’un passage à l’autre océan (') !
On commença la construction des navires au début de loi 9. Outre le mauvais vouloir du gouverneur du Mexique, Pedrarias, le climat et la région montagneuse, presque impraticable, entravèrent considérablement la marche des travaux; sur deux cents hommes, chargés de transporter le matériel d’une côte à l’autre, cent-vingt avaient succombé !
Le 21 janvier 1522, les navires purent appareiller (“^); en quittant les îles des Perles, on côtoya le littoral vers le nord sur une étendue de cent lieues, jus(|u’au golfe de Nicoya ; en ce point, l’eau n’aurait plus été potable, des brumes épaisses se seraient opposées à la continuation du voyage (^), et les navires étaient dans un tel état que des réparations urgentes furent nécessitées. Les bâtiments ayant été tirés sur le rivage, Davila s’aventura avec une partie des équipages à l’intérieur du pays et pénétra jusqu’au lac de Nicaragua; celui-ci, au dire des indigènes, communiquait avec la mer du nord. Le pilote Niùo devait reprendre l’exploration avec les navires le long de la côte; il parvint en effet à une baie qu’il dénomma de Fonseca, d’après l’illustre président du (ionseil des Indes. Le commandant de l’escadre y
(1) P. Martyr d’Anghierra, De Orbe Novo, dec. VU, cap. V.
(2) Itinerario y cuentas de G. G. d'Avila par U tesorero Andres de Coreceda, dans M. DE 1*ERALTA, Costa R’ica, Nicaragua y Panama. Madrid, 1883. — Colecciôn de doc. relalivos al descubr. Madrid, 1867, VI 11, p. 17.
IIeiirera, loc. cil., dec. III, lib. IV, cap. V.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
ayant rejoint son second, il crut que la baie recelait une issue dans le lac iManagua qui, de son côté, aurait donné dans celui de Nicaragua. Presque certain d’avoir touché au détroit interocéanique, Davila se hâta de rentrer en Espagne ! A Cortez fut réservée la lâche d’exécuter la seconde partie du plan de Nino.
Entretemps étaient arrivés à Séville les dix-huit survivants de l’expédition de Magellan. Le roi Joào III fit parvenir, le 28 septembre 1522, le lendemain pour ainsi dire du retour de la Victoria, des plaintes et des |)rotestations auprès de l’empereur au sujet de ce navire, chargé de clous de girofle des Moluques, ces iles étant situées dans son domaine: il exigea la prompte reddition de toute la cargaison d’épices et des punitions pour le capitaine et l’é(|uipage du vaisseau ('). Cette réclamation énergique produisit une certaine sensation à la Cour de Castille. Charles- Quinl, dans une réponse pondérée, proposa une fois de plus la solution qui, seule, aurait pu mettre fin aux contestations à propos des Moluques: cha(|ue puissance enverrait sur les lieux une caravelle et des gens compétents qui fixeraient de commun accord la ligne de démarcation ; le pape Adrien VI serait pris comme arbitre et expédierait également un navire en Orient; en attendant, aucun des monarques n’enverrait de flottille dans les mers et pays en litige (-). Mais le slalu quo, si fortement préconisé par I empereur, ne fut observé ni par lui-même ni par Joao III ; les deux princes firent équiper en secret des arnjadas pour l’exploration rapide du monde insulaire au sud-est de l’Asie ('^). Le roi de Portugal incita ses agents, Luiz
(^) Alguns docum. de la Torre do Tomba, p. 462 : lettre du roi Joào Itl à son ambassadeur Luiz de Silveira.
Ibid., p. 462 : lettre du 12 décembre, de l’empereur à Joào lit.
(3j Diego Barbosa, b3au-père de Magellan, présenta entre autres, en 1323, un discours à 1 empereur, dans lequel il engagea Charles V à persévérer dans la navigation aux Moluques. Le manifeste est encore remarquable sous un autre rapport. Barbosa osa y faire allusion au vice fondamental dans l’organisation de la première expédition aux Moluques, ccst-à-direà la dualité dans le commandement ; « le capitaine général que S. M entend envoyer a la tête de l’escadre, devra clairement savoir ce qu’il a à faire, et ses compagnons ne devront pas être porteurs d'instructions contraires aux siennes; sinon, il y aura confusion et, par suite, perte totale de l’expédition ». Navahretk, Cdecciôa, t. IV, p. 300.
MAGEI.LAN. I.A QUESTION DES MOLUQUES
de Silveira el Nuno Ril)eiro, (|ue nous connaissions déjà pour avoir fait des propositions analogues à .Magellan, à attirer à Lisbonne les principaux survivants de la circnnanavigation du globe; tour à tour ils devaient lâcher (b; gagner par des offres brillantes Alv. de Me/(|nila, Est. Gonu*z et Pancaldo (^).
La première tentative, après Magellan, pour chercher par la mer des Antilles un passage an Pacilnpie, fut celle de l.ncas Vazqnez de Ayllon (-); par cédtde royale du 1*2 juin 15"23, il obtint l’autorisation d’équiper à ses propres frais plusieurs navires, et la mission d’examiner le littoral du continent américain an nord de l’ile flispaniola, entre et 37® de latitude nord, région (pii correspond à la partie d(* côte entre Pamiico Sound, dans la (Caroline du nord, et le cap Henry, en Virginie (®). (’.omme pour toutes les entreprises de ce genre, il lui fut strictement défendu d’entrer dans les démarcations du domaine portugais. IL Harrisse présume que la reconnaissance ne s’est étendue que sur une petite portion du littoral, entre quel(|ue point au nord de Georgetown Entrance et le cap Eear River (juillet 1325).
De l’année 1523, on doit dater également le premier des nombreux efforts de E<'rdinand (Portez pour réaliser la grande idée de l’empereur : la recherche d’un chemin direct aux Molu(|ues. Au mois de décembre. Pedro de Alvarado partit, sur ses ordres, du Mexicpie, traversa tout le Guatémala et arriva à la côte du Pacifique, à San Salvador, dont la capitale fut fondée en 1525.
Dans sa « relacion ([uarta •>, Cortez promit à Charles V de se consacrer dorénavant de toutes ses forces el de ses moyens personnels à la découverte du détroit dans les parages de l’isthme ; comme il le dit à plusieurs reprises, ce fut le rêve de sa vie, « la cosa que yo en este mundo, mas deseo lopar » . Le 41 janvier 1524, il envoya dans ce but, et par ordre de l’empereur, son lieutenant Chrislohal de Olid, en même temps que Hurtado de Men-
(ij Torre do Tomba, p. 463, et Sousa Viterbo, Trabalhos naïUicos, I, p. 129 : lettre du 3 m:\rs1o23 à l’ambassadeur t.uiz de Silveira.
{'2} Docum. ined. de ludias, vol. XXII. — Navarrete, Colecciâii, l. III, p. 153.
(3) H. Harrisse, Discover y of North America, p. 207.
lîï LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLOBE.
doza, de Vera Cruz au Honduras avec irois navires; de Mendoza devait continuer ensuite la route jusqu’au Darien (^); mais la navigation projetée n’eut pas lieu à cause de la désertion de Cliristobal de Olid. L’année suivante, Cortez lui-même partit à la tête de ses troupes, de la côte de Vera Cruz pour le Honduras, où il arriva le 15 avril 1525; chemin faisant, il se fit renseigner minutieusement sur les moindres couis d’eau et les routes les |)lus praticables de l’isthme.
Plus tard, lorsqu’il eut acquis de Montezuma la grande carte des côtes de lempire, il engagea les pilotes à chercher le j)assage dans la province de Coatzacoalcos et particulièrement entre deux montagnes, appelées aujourd’hui S. Martin et S. Anton (-). L’attention des mai ins se porta, en outre, sur la Bahia de la Ascension ; on crut y avoir touché à l’emhouchure du canal entre les deux mers (-5). Simultanément avec le voyage de Cliristobal de Olid, Cortez avait ordonné de scruter la côte entre le Rio Panuco et la Floride; il envoya enfin, en 1526, des navires de l’autre côté de l’isthme, de Zocatula à Panama, avec mission de s’informer du sort de la Trinidad (^).
Ajirès l’échec de toutes ces entreprises, auxquelles il faut ajouter les voyages de Hernando Coidoha, d’Alvarez de Pincda et d’autres, on ac(juit la certitude, vers 1525, que depuis le golfe d’Uraba jusqu’à la Floride, il n’existait pas de détroit. On se mit à le chercher alors à des latitudes plus élevées. Cortez aurait déjà fait reconiiaitre le littoral entre la Floride et Terre-Neuve; mais ce fut un ancien pilote de l’escadre de Magellan, Lstevam Cornez, (jui fut envoyé spécialement, en février 1525, à la découverte d’un détroit dans ces parages. Cornez courut le long de la côte justju’à 38‘41' de latitude nord; ayant reconnu la région qui porte son nom sur les
(^) Docum. incd. de Indias, vol. XII, p. 387.
Navauuete, Exameîi hislorlco-crilico de los viajes apôcrifos. ColeociOn ue doc. ined. DE Esi'ana, IV, p. 2L Puis, dans sa lettre du 15 octobre 1524, Mexico : « porque se ticne cierto que en aquella costa liay eslrccho, que pasa a la inar del Sur, y si se huilasse, scgun cietta figura, que yo tengodel paraje». Lokenzv.na, lliüoriadeNueva-Esnaha. Mexico 1770 p. 382.
(3y Colecciôn de doc. ined. relalivos ni descubr., vol. XIII, [>. 162. (4-j IlEiuiEUA, loc. cil., dec. III, lib. IX, cap. tX, et lib. V, cap. VU.
anciennes caries, il pnl relier les posscssiotjs de la Caslille à celles du Porliigal dans rAméricjue seplenirionale (').
Le voyage de Giovanni Verrazano, corsaire an service de la France, en guerre ouverte en ce monieni avec l’Espagne, lui entrepris dans rinteniion de chercher le canal dont l’exislence élail « admise par les cosmographes de toutes les nations (-) », qui permettrait d’aller en Ghine par une route plus facile (lue celle de Magellan (’). Ihirti de Dieppe le 1 7 janvier 4524, il s’apprccha dn cap Fear, vers 34“ de latitude nord, le 7 mars, et reconnut une partie de Terre-Neuve; le 8 juillet, il était de retour en Fratjce.
L’exploit de Magellan ne trouva (|ue peu d’imitateurs parmi les navigateurs de l’époque. L’expédition de Loaisa qui quitta la (]orogne, le 24 août 1525, ayant à bord Seh. del Cano et quelques autres survivaiils de la J'ic/orn/, réussit bien à franchir le détroit patagonique, mais avec innnimeni plus de difficultés (pi’en 4 520 {*). A l’arrivée du navire aux .Moluques, on trouva l’archipel complètement soumis au Portugal; Tidore avait été détruite et les rois amis de la Caslille étaient en exil. Les Espagnols apprirent du roi de (iilolo de quelle façon les marins de la Trinidod avaient été traités par le capitaine général de Brilo. Les Portugais se dirigèrent également contre les nouveaux arrivés et exigèrent immédiatement la reddition du navire de Loaisa. Le commandant Martin liiiguez ayant confiance dans ses armes, refusa nettement; l’armada ennemie s’avança alors, faisant mine de s’emparer du bâtiment castillan; celui-ci reprit incontinent sa roule vers Tidore sans (jue les Portugais osassent l’attaquer. Le roi de Gilolo jura de nouveau fidélité à l’empereur. Cependant les navires portugais revinrent et livrèrent plusieurs combats à Iniguez, dont l’issue resta indécise. La lutte entre les Européens continua jusqu’à l’arrivée du grand vaisseau espagnol sous Saavedra, en 4 528.
(b Capilulaciôn que se lomô con Est. Gomez. Docum. ined. de Indias, XX, p. 74. — H. Barrisse, Üiscovery of ISorlk America, pp. 229-243.
(2) Herrera, loc. cil., (lec. III, lib. VI, cap. IX.
(3) Alguns docum. de la Terre do Tombe, p. 463. — Raccolta Commiss. Colombiana, parte III, 2, p. 332.
(b Navarrete, Coleccién, t. V. — ItERiiERA, toc. cil., dec. Itl, lib. Vif, cap. Vf.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GEODE
Sur un plan plus grandiose que l’expédilion de Loaisa, fui organisée l’escadre de Sébastien Cabot, en août 1525; les frais d’équipement en furent en partie couverts par la vente des épices rapportées par la Victoria (^). Le pilote principal de la Casa de Séville se faisait fort d’atteindre les Moluques en moins de temps que la flottille de Magellan (2); il fut, en outre, chargé d’explorer de plus près les innombrables archipels éparpillés dans le Crand goKe, entrevus en partie par l’armada de 1519. L’escadre de Sébastien Cabot, sortie en grande pompe du port de la Corogne, échoua piteusement au Rio de la Plata.
Bien que l’expédition de Diego Garcia, préparée la même année que la précédente et priticipalemenl aux frais de Christ, de Haro, eût pour mission spéciale d’examiner le fleuve de la Plata, il fut stipulé cependant dans les instructions du voyage que le commandant devait chercher par tous les moyens à ramener en Espagne J. de Carlagena et le clerc français, qui avaient été abandonnés par Magellan au port de Saint-Julien (^).
L’année après le retour des deux dernières expéditions (1527), Charles V envoya aux Moluques une nouvelle floltille,mais par la voie de Panama; comme pour l’expédition de Davila et d’Andres Nino, les bâtiments furent construits sur le rivage du Pacifique. Le capitaine général Saavedra devait lâcher de s’informer, d’abord du sort des missions de Loaisa et de Cabot, ensuite de celui des cin(|uante-sept hommes de l’équipage de la Trinidad ; il lui fut recommandé également de s’efforcer de retrouver Juan Serrano et les Espagnols qui avaient été retenus à Zubu (^). Perd. Corlez, capitaine de la Nouvelle Espagne, reçut des ordres pour faciliter de tous ses moyens l’équipement et le départ des navires de Saavedra (^).
On abandonnait donc déjà ainsi la nouvelle roule aux Moluques par le détroit, découverte au prix de tant de difficultés par Magellan. Durant
U) H. Hakkissë, J. and Seb. Cabot, p. 186.
(2) P. Martyr, loc. cil., clec. VII, cap. II.
(3) Herrera, Coleccion, dec. Ht, lib. X, cap. I. — Médina, Coteccién, t. III, p. 139. {^) Navarrëte, Coleccion, t. V, p. 448.
(8) Alguns docum. de la Torre do Tombo, p. 489 : lettre du 20 juin 1627.
\1AGKLLAN. LA QUESTION DES MOLIIQUES
vingt ans, nulle expédilion ne fnl pins dirigée vers ces parages. En 1357-1558, Juan Ladrillero enirepril un dernier voyage au canal; les gouverneurs du Pérou el du Chili firent reconnaitre dans la mesure du possible la côte sud-occidentale de leur (erriloire; mais ils ne |)nrent empêcher que le souvenir des expéditions antérieures par le détroit se perdit peu à peu. On mil finalement son existence même en doute, le bruit se répandant que l’entrée du |)assage avait été fermée par un formidable tremblement de terre
(^es rumeurs s’évanouirent cependant, lorscju’on apprit en (’astille, à la fin (In X VJ® siècle, (pie |)lusienrs navires étrangers avai(mt franchi le détroit et pillé les vaisseaux et les colonies espagnoles, établies le long de la côte du Pacifi(|ue ; c’étaient des corsaires anglais et hollandais, tels que Drake, Olivier Van Noori, Candisb, Malin, Spilbergen, dont les incursions dévastatrices nécessitèrent de la part de la Castille les expéditions de Sarmiento, de Nodal et de Vea.
La non-réussite de celte longue série d’entreprises pour trouver uii passage à la Mar del Sur, du côté des Antilles d’une part, les dangers que comportait le passage par le détroit de Magellan d’autre part, firent préférer finalement le transport des marchandises destinées à l’Asie orientale, à travers les montagnes de l’Amérique centrale, de Nombre de Oios ou l^ortobelo à l’anama, surtout lorsque le premier point eut été fortifié contre les attaques des corsaires ; on évitait ainsi plus de sept mille lieues d’une navigation périlleuse (“^). Déjà Cortez avait conçu le plan de construire, sur la côte du Pacifi(|ue, une ville fortifiée pourvue d’un bon port, d’où partiraient les flottilles en destination de rExlrème-Orient {^) ; ce projet allait de pair avec l’idée du percement de l’isthme. Antonio Galvâo (^) rapporte que l’on songea
(q Navakretf, Colecciôn, t. tV, p. xiii. — Hehreha, Descripcion de las Indias ocdd., cap. XV\ p. 20.
(2j Oviedo, lUsioria de las Indias, p. 515.
(3) liaccolla Commiss. Colombiana, parte lit, t. 2, p. 291 : Diarii de Marine Sanuto, sous la date du 10 mars 1529.
Loc. cil. Edition de Lisbonne, 1731, p. 75. — Fekd. Denis, Portugal. Paris, 1846,
à faire ce canal gigantesque dans un des quatre endroits suivants: 1° entre le golfe San Miguel et celui d’üraba ; il aurait mesuré dans ce cas vingt-cinq lieues de longueur; 2° de Panama à Nombre de Dios, dix-sept lieues; 3” en utilisant la rivière et le lac de Nicaragua; 4° de Taganle (Tecoanapa?) au Rio de V^era Cruz.
Mais aucun de ces plans ne fut approuvé par le Conseil des Indes, non tant à cause des difficultés d’ordre pratique qu’à cause de la crise politique au milieu de laquelle l’empereur se débattait en ce moment.
Ciharles-Quint avait de nouveau fait insister, en l’année 1523, auprès de Joào III pour éclaircir la question de la seigneurie des Moluques et des démarcations en Asie. La Gourde Lisbonne ne répondit-elle pas à l’invitation de l’empereur? Quoi qu’il en soit, Charles se plaignit dans une longue lettre (') de ce que son beau-frère était l’unique cause de toutes ces longueurs, de toutes ces contrariétés, et cela au moment où il avait besoin de toute son énergie pour combattre les ennemis de la chrétienté. Les Portugais maintinrent malgré tout leurs protestations contre la soi-disant usurpation des Molu{|ues par la Castille et n’acceptèrent ni la proposition d’envoyer une commission mixte à Malacca ni l’arbitrage du pape, trop manifestement dévoué à la cause de Charles. Entrelemps ils continuèrent à faire aux îles des épices un trafic intense, source de grands bénéfices pour le royaume. D’après Herrera, ils auraient présenté, dès l’année 1523, une somme de 300,000 ducats pour que l’empereur leur cédât le monopole du commerce dans les mers d’insulinde (^).
Par la capitulation du 19 février 1524, faite à Vitloria, les deux monarques prétendirent mettre une fin à la fâcheuse situation qu’ils avaient créée aux Moluques ; chacun désignerait trois astronomes, trois pilotes et marins, et trois savants, qui se réuniraient au mois de mars suivant â la
(0 Navarhete, Colecciôn, t. IV, p. 312 : lettre du 18 décembre 1523.
(''2) Herrera, loc. cil., dec. III, lib. IV, cap. XX. Lettre de Ruy Faleiro à l’empereur, de l’année 1323.
fronlière hispauo-porlugjuse, entre Badajoz el Yell)es (Elvas). Ce conseil se fil adjoindre les hommes les pins répniés en malière de mivigation dans les deux pays de la péninsule il)éri(|ue. Nous ne nous allarderons pas aux discussions stériles de ce congrès, la fameuse Junla de Badajoz (^). A la (à)ur des deux princes, on no se fil d’ailleurs pas d’illusion sur l’issue de la conférence; on y était pei*suadé d’avance (|u’elle n’ahoiitirait à aucune conclusion, vu les dispositions du roi de Dorlugal Nous avons déjà eu l’occasion de parler des faux bruits (|ue les survivants de l’expédition de Magellan avaient fait circuler à Badajoz au sujet de la situation des Moluques ; les Portugais citèrent, de leur côté, le témoignage de l’Espagnol de Buslamente, marin de la ]^ic/oria qui, en expirant aux îles Maldives, déclara dans son leslameni, pour la tranquillité de sa conscience, que plusieurs contrats signés avec les rois des îles aux épices en 1521, étaient contraires à la vérité (').
Un certain nombre d’indices font croire par contre que, comme Pires, plusieurs cartographes portugais el italiens (^) plaçaient les Moluques dans l’hémisphère de la Castille : nous avons cité l’avis du Génois Pancaido el celui des Beinel, d’après leurs portulans. Fernand Colomb, résumant en quelque sorte les négociations de Badajoz, rapporte qu’un des deux globes que les Portugais avaient apportés aux réunions, était en faveur des prétentions espagnoles : la ligne de démarcation s'y trouvait tracée à 21°30' ouest de l’île de San Antonio (archipel du cap Vert), au lieu de l’île de Sal ou Buena Vista, comme sur leurs autres sphères; le lendemain, les Portugais auraient refusé d’exhiber encore ce globe à la conférence. Colomb s’appuya finalement sur le livre d’un des délégués portugais, mæslre Margallo, et sur une réunion d’autorités cosmographiques du même pays, où l’on
(U Navarrete, Coleccién, t. IV, p. 320. — Médina, Colecciôn, t. I, p. 330 : « Capitulacion liecha entre el Emperador y Key de Portugal sobre los limites y posessiones del Malnco ».
(“^) liaccolta Commiss. Colomhiana, parte lit, l. 1, p. 117 : dépêctie de Gaspare Contarini, du 23 février 1324.
(3) J. de Barros, Da Asia, dec. lit, lib. V, cap. X.
(^) Planisphère de Nuno Garcia de Turin, 1322. La ligne de démarcation y traverse Sumatra, conformément aux vues de del Cano et de Albo.
aurait déclaré que les Moluques étaient réellement situées dans le domaine de la Castille (^); à la suite de cette constatation, dit-il, on aurait surveillé à Lisbonne, avec plus de rigueur (jue jamais, la circulation des cartes marines de l’Orient; beaucoup de ()ortulans auraient été mis au feu ou saisis, et un ordre fut promulgué pour raccourcir les routes dans tous les autres, afin de rapprocher les Moluques de l’Inde; des cartes nautiques exactes ne furent plus délivrées qu’à condition de les retourner au dépôt de Lisbonne après le voyage.
Citons encore la déposition du Frère Thomas Durai), de Sébastien Cabot et de Juan V’espuce au cours des mêmes délibéi’ations; ces autorités en appellent aussi aux cartes portugaises, corrigées à dessein tout récemment, et sur lesquelles la ligne de démarcation passait par Gilolo, à l’est des Moluques. Ce qu’il y a d’extraordinaire dans les discussions du côté espagnol, cest I importance attachée à la Géographie de Ptolémée, pour montrer que les Moluques, quoique Ignorées par l’Alexandrin, ainsi que Malacca, se trouvaient à trente-deux degrés dans le domaine de la Castille. Or, pour la seule distance entre les fleuves Indus et Gange, Ptolémée se trompa de vingt dt^grés de longituile! Les développements oratoires des Espagnols à Badajoz auxquels nous venons de faire allusion, contrastent singulièrement avec le calme et le savoir des délégués portugais, à qui l’bisloire a donné raison, au double point de vue de la situation astronomique des Moluques et de leurs premiers occupants.
Chaque parti maintenant ses prétentions, (’barles V proposa alors une solution transitoire : comme il devait toujours au roi Joâo III la somme de 200,000 ducats en payement de la dot de sa sœur, il concéderait à son beau-frère le droit de commerce exclusif dans les mers des Moluques durant six ans, moyennant une redevance de 4-0,000 ducats par an (^). La querelle des Moluipies n’en était pour cela pas encore à sa dernière phase; dans les deux pays, on organisa des enquêtes pour démontrer que c’étaient les marins de I une ou de l’auli-e nation qui avaient les premiers mis le pied à Tidore
(2) Navarrete, Colecciôn, t. IV, p. 343, doc. 37.
(0 Raccolta Commis. Colombiana, parte lit, t. 2, p. 290 : Diarii de Marino Sanuto, lit. XXXVI, du 22 août 1324, d’après une lettre de Gaspare Contarini.
MA(;KLLAiN. i.a question DKS MOIJJQIÎKS
el Ternalc; nous connaissons une de ces instructions (|ui furent ordonnées au Portugal (^); d’autres furent conduites par Cliristobal de Haro, qui cita entre autres comme témoins Gil Gonz. de Espinosa, Leone Pancaido et Gines de Mafia (^).
Lorsque les six années touchèrent à leur fin, (diarles-Quint, considérant que les avantages de la navigation aux Moluques par le détroit de Magellan ou celle par le Pacifuiue en partant de Panama, ne seraient jamais compensés par les profits problématiques du commerce des épices, se laissa gagner par les ofTres du Portugal. Les rois d’Angleterre et de France s’étant coalisés contre lui, il fit demander à Joao III par l’ernhassadeur portugais, Lope llorlado de Mendonça, de conclure une alliance avec lui, et de faire à l’empire un prêt <'n argent, en navires el en artillerie. Joào III déclina l’alliance, prélexianl ses coûteux armements pour l’Inde; mais il accepta la proposition de l’emprunt, à condition que l’empereur se désisterait de tous ses droits sur les Moluques ('^). Par la capitulation de Saragosse, du :2!2 avril 1529, Charles-Quint aliandonna donc au Portugal ses prétentions de seigneurie sur les îles aux épices, pour la somme de 350,000 ducats (^). Dans les stipulations du contrat fut prévue la nomination de trois astronomes et de trois pilotes, à choisir dans les deux pays qui, plus tard, fixeraient définitivement la ligne de démarcation; si cette commission statuait que les Mohnpies sont comprises dans le domaine portugais, l’empereur rembourserait les 350,000 ducats; pour le moment, il fut convenu de reculer la ligne de partage vers l’ouest de 17 degrés ou 297 % lieues, à raison de 17 '1^2 lieues le degré (^).
L’Espagne renonça du même coup virtuellement au commerce et à la navigation dans celte partie du monde; la « Casa de la Contratacion de las Especerias >>, établie à la Corogne depuis le retour de la Victoria, dut fermer ses portes, sans égard aux récriminations du facteur principal
(9 Alguns docum. de la Torre do Tombo, p. 492.
(2) Médina, Colecdôn, t. Il, pp. 125 et suiv.
(•^) E. A. DE Bettencodht, Descobrimentos, guerras e conquistas dos Portugueses em terras de Ultramar 7ios seculos XV e XVI. Lisboa, 1881, p. 247.
(9 A'avaiîkete, Cokcciôn, l. IV, doc. 41, p. 384 : « Capitulacion hecha en Zaragoza... sobre la Iransaccion y venta... de las islas del Maluco en la forme que se expresa. »
(9 NAVARnETE, Ibidetn.
ET LA PREMIÈRE CIRCUMNAVIGATION DU GLORE
Chrislohal de Haro, promoteur et organisateur des expéditions espagnoles aux îles des épices. Le marchand ne manqua pas d’intenter à la Couronne des procès longs et dispendieux, dans lesquels il exigea énergiquement d’être dédommagé pour les pertes énormes que lui causa la cession des Moluques au Portugal (^).
Avant que la décision de la vente fût connue à l’archipel des épices, il s’y produit encore une lutte acharnée entre Portugais et Espagnols; ceux-ci furent à la fin tellement aux abois, qu’en JS3G ils n’étaient plus que dixsepl en tout aux .Moluques; en cette année, la paix étant signée, ils rentrèrent dans leur patrie à bord d’un navire portugais.
La capitulation de Saragosse constitue le dernier chapitre de l’histoire du conflit des Moluques; la mort inopinée de Magellan à Mactan en avait remis la solution de plusieurs dizaines d’années, car il est peu probable que 1 amiral aurait appuyé les prétentions si manifestement erronées des délégués espagnols aux conférences de Badajoz. La transaction du 22 avril 1529 détruisit en quelque sorte le fruit de l’expédition du grand capitaine, puisqu’elle exclut les sujets de Charles-Quint, durant de longues années, de l’exploitation commerciale de la Chine, des Lequios et des Moluques (-), le principal objet des voyages de Magellan, de ses précurseurs et des continuateurs de son œuvre.
^ (9 Arch. de Indias, 1, 2, num. 9. — Meoina, Colecciôn, t. 11, p. 217, acte du io septembre 1537 ; « Crist. de Haro con el Fiscal de S. M. sobre que se le paguen ciertas canlidades de maravedis que adelantd para el apresto de las dos armadas del Maluco ».
(2) SOUSA ViTERBO, l'raballios muticos, 1, p. 119. L’auteur y cite deux lettres importantes de 1 historien Antonio Galvâo; il y est question d une dernière expédition envoyée en 1536 par Ferd Cortez aux Moluques, composée de deux navires sous les ordres des capitaines Pern. de Grijalvarez et Alvarado, et du pilote portugais Martim da Costa. Ce voyage écboua complètement parce que les Portugais s’opposèrent avec acharnement à tout atterrissage. Les deux navires avaient été construits à ïehuanlepec; ils étaient partis d’Acapulco, faisant voile directement vers les Moluques « ao lomguo da linha e a primeira terra que virào.. , era a ilha de Versay, que estaa mais de duzemtas leguoas ha leste de Ternate e daqui forâo ter a ele — comtaua mais este Migell Nobre que dom Jorge d’Aluarado, guouernador de Guatemala, mandaua fazer dous nauios prestes que se diziào que hauiào de partir loguo traz estes, e asy que ho marquez Fernào Cortès e o Visorrey dom Antonio de Memdomça, que nouamente cbequara, mamdaua fazer outra de gualeôes e muitos nauios daquela parte do sul [lera mamdar a China e os Lequeos e ha Maluco e a descolrir outre noue mumdc ».
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INDEX
Les chiffres renvoient aux pages.
Abarien, 309.
Abohad, 374.
Abraldez P. A., 112, 128, 132-13.3, 138.
-\brantes D. Lopo, 43.
-Vbreu, A. (de), 113, 116-118, 120-123, 125, 128, 139. Abreu, V. G. (de), 103.
Abreu (Abreo), P., 117, 239, 293, 372.
Abreu, S. (de), 372.
Abreu (de), 38.
Abuleis, 345.
Abulfeda, 361.
Acaca ou Açaça, 306.
Acapulco, 308, 370, 403.
Achem, 373.
Açores, 41, 43-44, 156, 239, 359-360.
Acosto, A. (d’), 373.
Acunha, R. i\. (de), 116.
Acunha, T. (de), 57, 119.
Acurio ou .Acucio, 380.
Adelaide (Reine), 295.
Aden, 114, 303.
.Admirally Sound, 386.
Adoenara, 351.
Adrien VI, 29, 173, 175, 393.
Affailati, J. -F., 101.
Affonso, L., 322, 324.
Afonço, I)., 124.
Agaciin, 122, 123, 373.
Ai,'-assa, 306.
Agnese, B., 300.
Agrace ou Agrazue, 377.
Agramonle, J. (d’', 70.
Agrigan, 369.
.'Vguade des bons Signes, 308-309.
Aguiar, .1. (de), 251.
Aguilar de Campo, 381.
Aiguilles (cap des), 356.
Aijer Batoe Geggok, 350.
Aires, 379-380.
Alaminos, 84.
Alarcon, 79.
Albertis, E.-A. (de), 138, 202.
Albo, F., 11, 16, 17, 19, 25, 33, 149, 154, 252, 260, 262-264, 266-269, 277, 283, 285, 287, 294, 296, 297, 299, 300, 302-303, 305-309, 324, 326-328, 329, 330-332, 335-341, 349-3.54, 3.56-359, 380, 400.
Albuquerque, A. (de), 24, 35, 97, 101, 103, 104-106, 108-112, 114-118, 120-122. 124-125, 128, 134, 1.36, 139, 144, 159, 161-164, 210-211, 239, 243, 316.
Alburquerque, J. (de), 116, 125-127, 343, 377.
Alcaçoba ou Alcobaça, 92, 158.
Alcantara, 380.
Alderley (Stanley of), 14, 17, 18, 22, 24, 27, 39, 138, 197, 227, 275, 278, 300-301, 321, 327, 332 334, 343, 3.55-356.
Aleman, V.-F., 141.
Alexandre VI, 44-46, 48.
Alfonso, Eva, 234-236.
Alfourous, 341.
INDEX
Aliquira, 353.
Allemagne, 1% 158, 184, 239, 381.
Almancor, 127, 342-343, 345-348, 374.
Almeida, F. (d’), 43, 97, 101-104, 100, 108, 112, 128. Almeida, L. (d’), 97, 102-103.
Alonso, M., 240.
Alonso, 0., 381.
Alor, 351
Alvarado, 1’. (de), 394, 403.
Alvarenga, I..-S. (d’), 101.
Alvares, Ü., 57.
Alvares, Seb., 29, 69, 178, 180, 190, 200-209, 215, 220, 223, 225-227, 230, 233, 242.
Alvarez, J., 145.
Alvaro de Portugal, 168 Alvitez, D., 176.
Alvo. Voir Albo Al-VVâkin, 301.
Amat di S. Filippo, 14, 250, 304, 390.
Amazone, 53, 150.
Ambalao ou Amblaoe, 350.
Amboine ou Ambon, 122-124, 162, 350-351.
Amoretti, 12, 13, 29, 301.
Amoy, 42.
Amsterdam, 354.
Amundsen, R., 203.
Andalousie, 207.
Andes, 287.
Andrade, P. (de), 144, 146, 176, 361.
Andragaya, P. (de), 390.
Anegada (i)ointe), 286.
Anegados (Bajos), 266.
Angliiera. Voir Martyr, P.
Angleterre, 50, 85, 158, 172, 239, 402.
Anjano, 123.
Annriquez, 373.
Ans (maestre), 382.
Ansbargue, 365.
Antigua de Darien, 64.
Antilles, 43, 49, 52, 61, 62, 68, 77, 78, 8.5, 89, 147, 166, 198, 201, 243, 246, 366, 388, 394, 398.
Antonio (maestre), 377 Antonio, N., 23, 26, 36, 98.
Anvers, 4, 10, 27, 72, 76, 143-144, 146-147, 239, 363-364.
Apega, .1. (de), 381.
A])it, 312.
-Apponyi, A., 28.
Aranaran, 352.
Aranda, J. (de), 96, 143, 146, 168, 169, 170-172, 175, 185, 194, 201, 22.5, 230-232, 238.
Aranda de Duero, 188-190, 253.
Arauco, 300.
Arbote, R., 239, 381.
Arcos, 1 71 .
Argensola, B.-L. (de), 37, 38, 99, 118, 127-128, 153, 178, 233, 257, 292, 302, 326, 383.
Arias, D., 365, 374.
Artieta, N. (de), 198, 200.
Arratia, .1. de), 380.
Arucheto, 352.
Arus, 123.
Ascension (ile), 168.
Ascension (baie), 395.
Asensio, .). T., 29.
Asensio, V -L.,9, 17, 21, 38. 98, 117, 140, 167 16.^ 171, 179, 182, 186, 188-189, 190 191, 197-201, 204-205, 207, 209, 210-212. 214, 219, 220-223, 231-232, 234-237, 239, 240-241, 247-248, 252 , 2.54, 271, 291-293, 295, 321, 359, 368, 378, 380, 383. Atulabaon, 350.
Augsbourg, 10, 72.
Aurea Cliersonesos, 66.
Autriche, 175.
Autriche, Marg. (d’), 363.
Avila. P. (de), 71. 84, 119, 211, 242, 246, 364, 366, 391- 393, 397,
Ayamonte, 323, 353.
Ayllon, L.-V. (de), 394.
Azamor, 129, 130-136, 321.
Azevedo, A. (d‘), 116.
Bacallaos, 68, 85, 387.
Bachian, 340-341, 343-347, 349, 374.
INDKX.
Badajoz, 47, 119, 121, 149. 166, 179, 303, 391, 400- 401, 403.
Badjak, 352.
Bagarotto, 15.
Baharin de Raconis, 117 Bahia, 60 Bahut, 337.
Baiâo, A., 96, 97, 112, 129, 133, 2,54.
Balabac, 330, 333.
Balambangan, 334.
Balboa, 71, 77-78, 176, 187, 386, 391.
Baldelli-Boni, 22, 58.
Bail ou Balle, 122-123.
Balibo, 352.
Balthazar, 237-238, 244.
Bamdym, 330.
Bancroft, H., 36.
Banda, Bandam ou Baracham, 19, 117. 121, 123-128, 139, 163, 270, 343-345, 350-351, 30i, 372-373, 376-377.
Bandill, 330.
Banguey, 330, 334.
Bantangan, 337.
Ba.'-acaldo, 380.
Barrasa, D. (de), 282.
Barbosa Beatr., 21, 168, 223, 2.53-2,54.
Barbosa Diego, 165, 168-169, 254, 383, ,393.
Barbosa Jaime, 253, 318, 383.
Barbosa, Od., 4, 5, 11, 21-25, 38, 98, 113-114, 120- 121, 126, 145, 161, 163, 168-169, 177, 179, 18.5, 206 207, 238, 243, 246, 248-249, 257, 274, 277, 283, 289, 318-319, 322, .326, 328, 331, 355, 382-
Barbosa, 37, 137.
Barcelone, 11, 121, 170, 196, 206-208, 211-213,219, 222 223, 231-232, 241, 253.
Bardas, G., 35.
Barrameda. Voir San-Lucar.
Barros (Sumatra;, 163.
Barros, J. (de). 10, 25-26, 31-34, ,37, 44, 97, 102, 104, 107, 109, 115-117, 119, 121 129, 132-136, 141, 163-165, 168, 177, 181, 193, 2-33, 247, 251, 2.56, 269, 272, 281, 283-285, 287-289, 290, 292, 298, 302, 305, 324, 326-327, 331, 3.34, 341, 343, 34.5, 351, 366, 371-376, 400.
Barros Arana, D. (de), 8, 23, 39, 95, 104, HO, 168, 190, 194.
Barroso, Cli., 361.
Barrutia, D. (de), 333.
Bartlett, .l.-R., 27, 98.
Basazaval, 377.
Basilan, 337.
Bastiam, 329.
Bastidas, R. (de), 53, 58.
Batalha-Reis, J., 41.
Batochina, 123-124, 367.
Batuiara, 352.
Batutiga, 350.
Baum, A., 45.
Baumgarten, 173-174.
Bauttista, J., 19-21, 23, 2-37-238, 243, 2.50, 334, 3.51, 366, 3t 8-369, 375, 377-379.
Bavière, A. (de), 22.
Baxos d’Anbar ou d’Abre Olhio, 260.
Baybay, 312.
Bayona, 380.
Beaupré, 13.
Beauregard, 322.
Behaim, M., 12, 92, 99, 141, 154, 1.57-158, 161, 178- 179, 286, 299, ,302.
Beira, 238.
Belem, 47, 101.
Bel g ica, 285.
Bellero, J., 38.
Bellio, V., 390.
Benacora, 375.
Benaia, 350.
Beneventanus, M., .57, 88.
Bengala, 68.
Bento da Saude ;S.), 18.
Benzoni, G., 157-158, 322.
Bera, 353.
Beraham-Batolach, 337.
Berardi, 113.
Berchet, G., 44-45.
Bergenroth, G. -A., 172, 174.
Bering, V., 387.
Bermeo, 380.
INDEX
iD«
Bernays, 30.
Itettencoiirt, K.-.V. (de), 48, 402 lîiaro, 339 Bibalon, 333.
Bii,’'a, 350.
Bilbao, 207, 248, 380,
Bimacoie, 3.52 Bintam, 102.
Bisagudo, S. A , 117, 122.
Biscaye, 02-03, 198, 202, 239, 240 Bisoa, 307, 371.
Blair, K. H., 21, 39, 47, 322.
Blancü (cap), 2.58, 209.
Blois. 322.
Boliol, 312, 320.
Bojador, 44.
Bokemeyer H , 124.
Boleng, 331.
Boleyse, 124-12.5, 127, 374.
Boleva et Bolyna. 330.
Bollullos, 381.
Boloyan, 341.
Bona, 353.
Bonanza, 241.
Bonete, G., 371.
Bonne-Espérance, 60, 68, 75 83, 136, 1.51-156, 1-58, 178. 181 208 267, 285, 344, 349, 334-357, 385.
Bon Signe (ile), 306.
Bonoa, 350.
Bordeaux, 381.
Borges, D., 122.
Bornéo, 5, 21, 122, 162-164, 326, 336, 377.
Boscq, J. -G., 353.
Botaha, 371.
Botelho, L., 194.
Botira, L., 122.
Bouçault 286 Bourne, E.-G , 47, 320 Bourou, 123.
Braancamp Freire, A., 102, 109.
Brabant, 164 Braga, 98.
Braga, J. (de), 72, 260.
Bragance, 96, 168.
Bragance Jayme (<le), 130-132, 192.
Brassicanus, . 28.
Brésil, 45, 50, .53, .59, 60-61, 70-72, 73. 77, 79, 81-82, 89, 90, 92-93, 98, 1.39, 144, IM 1.59-160, 176, 178, 180, 202, 247, 251, 2.55, 2.57-2.58, 200, 298, 305, 387. Breusing, 304.
Brito, A. (de), 17, 19-20, 26, 85 119, 127, 133, 160 213, 2.50. 200-264, 272, 283, 285, 298, 307-309, 315, 318, 322, 324-327, 329, 330-334 .343, 349, 3.53, 306, 368-369, 371-377, .396.
Brito, J. (dej, 373, 377.
Brito llebello, J.-l. Ole), 61, 75, 130, 139, 142, 151
Broad lleacli, 287.
Brosses (de), 159.
Brown, J. -G., 27, 98.
Bruges, 113, 144, 239, 246, 364, 381.
Brunei, 329-333 335, 340.
Bruxelles, 28, 239, 365.
Bruz, 381.
Buenos ,\yres, 263-204.
Buena Vista, 400.
Bulaya, 315.
Bulliâo Pato, U. -A. (de), 24.
Bürck A., 321
Burgos, 63 08 73. 87, 166-108, 173, 17.5, 188-189, 19.5, 197, 209, 213, 231, 293.
Burgos, S. (de), 358-359, 381.
Burneu 162-163.
Burnei. Voir Bornéo.
Burney, J., 300.
Buru ou Bourro, 350.
Busignolo, B (de), 385.
Bustainente, 11. (de), 380, 382, 400 Butara, 311.
Butuan, 310, 336.
Gabaluzao, 338.
Gabiao, 338.
Çabûia, 117.
INDEX
Cabot, S., 18, 30, 50, 52, 65, 68, 70, 81, 83, 100, 138, 167, 179, 190, 243-244, 247-248, 252, 258-259, 263, 265, 385-386, 397, 401.
Cabrai, 53, 55, 77.
Cachéo (Rio), 357.
Cacliil Daroez, 341, 372, 374.
Cadix, 62, 201, 238, 357.
Cagamja, 335.
Cagayan Sulu, 328, 335-336.
Cailaruri, 350.
Caire, 114.
Calagan ou Calegan, 310-312 336.
Calanao, .327.
Calawar, 310.
Calennado, 327.
Calensvan, 354.
Calibes, 339.
Calicut, 51, 54, .55, 101-102, 104, 128, 138, 210, 344,
Calmeto, B., 275.
Camanuca, 338.
Camafo, 367, 371.
Camara, 314.
Camarfya, 367 Cà Masser, 202.
Çamatra, 390.
Cambaie, 112.
Camibali, 265.
Camigao, 312.
Camoes, 137, 383.
Campar, 163.
Campos, J. (de), 329, 348, 365, 374, 376-377.
Canarea, 88, 90
Cananor, 25, 90, 91, 102, 105, 108-109, 113-114, 119, 128, 269.
Canaries, 45, 54-55, 201, 215, 242, 256, 270, 277, 349. Candea ou Candia, 162-163 Candicar, 337-338.
Candish, 398.
Canerio, 57, 88, 89, 161, 387.
Caniao, 338.
Canighan, 312.
Canit, 336, 338.
Cano, Seb. (del), 5, 9, 13, 17, 22-23, 28. 31, 37-38, 149, 203, 238, 244-245, 249, 258, 271-272, 275, 277-278, 285, 293, 323, 334-335, 340, 342, 345, 347-350, 352, 358-360, 362, 379-80, 382-383, 385- 386, 388, 396, 400.
Canopus, 302.
Cantino, 48, 57, 88, 161.
Canton, 42, 176
Câo, D., 124, 125.
Capacea, 105, 162.
Caphi, 349.
Cap- Vert, 23, 41, 44 46, 57, 59, 149, 151-152, 258, 353, 357-61, 364, 381, 400.
Caraca, 310, 312.
Carachita 339.
Caraïbes, 54.
Caram, 327.
Carbalho. Voir Carvalho.
Carli, F., 362.
Carlos 313.
Caroldo, P., 77.
Caroline du Nord, 394.
Carolines, 307, .368.
Carpintete, R., 381.
Carpyam, 327.
Carlagène, 207.
Cartagena, J. (de), 38, 79, 188, 193, 210, 215-216, 220, 221-222, 225-226, 230, 232, 243, 252, 257-259, 261, 272-273, 275, 277, 283, 292-293, 397.
Carvallio, 17, 19, 61, 191, 220, 236, 244, 248, 251, 260-263. 282, 285, 305, 324-32fi, 328-329, 332-334, 351, 367.
Carvalho, A. -N. (de), 18.
Casa da Mina e da India, 9, 31, 55, 99, 102, 109, 166,
Casa de la Contratacion 9, 58, 61-80, 83, 89, 113, 117, 140, 143, 146, 150, 165-173, 178, 189, 190-191, 194, 197-201, 203, 205-206, 209, 210-219, 223, 225- 227, 231-241, 243, 247-249, 251, 254, 257, 291-293, 345, 361. 363, 397.
Casa de la Contratacion de la Especeria, 363, 402,
Casa Mansa (Rio), 357.
Castanheda, 17, 32, 34, 98, 107, 109, 117, 121-124, 126, 134, 145, 213, 238, 246, 2,56, 265, 269-270, 273, 302-303, 306, 324, 328, 336, 339, 343, 346, 351, 355, 372-373, 375, 377.
INDKX.
Castellobranco, N -V., i04, 107-108.
Casliglione, 263.
Castillo, R. (del), 293.
Castor, 258.
Castro, J. (de). 230.
Catalina (Dona), 379.
Catay, 42, 50, 53, 65, 68.
Catherine (Pointe), 285.
Catighan, 312 Catticara, 55, 301, 349.
Cayainonte, 215.
Caylon, 307.
Cayoan, 341, 349.
Cazal, 96.
Ceara, 53, 251.
Celata. 162.
Célèbes, 338.
Cenalo 309.
Cepoi, 14.
Ceram 123, 161.
Cespedes, 33.
Cestres. 250.
Ceylan, 68, 103, 105-106, 378 Ceylon, 312,
Ceziliano, A., 124.
Châol et Châo, 367 Charles, (Ile), 294.
Charles-Quint 3, 11, 15, 31, 37, 64, 67, 137, 156, 167, 173, 175, 177, 180-188, 190, 192 199, 206-207 210, 212-213, 217, 225-230, 233 235, 240, 254, 276, 292, 308, 313, 320, 331, 346, 362-365, 375-376, 378- 379, 382, 385-386, 388, 393-394, 397, 399, 403. Charruas, 265.
Charton E.-T., 11, 96, 99.
Chaul, 103, 194.
Chauveton, 158.
Chaves, 96, 245.
Cheai, 338.
Cheana, 338.
Chechilli de Roix. 343, 347.
Chelceulle, 281.
Chelicel, 350.
Cheltenham, 13.
Cliesapeake, 65.
Cliiama, 339.
Chico (Rio), 279.
Chiens (lie), 298.
Cliiericato, Fr., 11, 15, 388.
Chièvres, 173-175, 194. 196.
Chili, 294 296, 386, 390, 398.
Chine, 4 30, 42. .54, 57, 66, 68. 85, 91, 93, 105-106. 113, 117, 121. 141-45. 147, 1.59 164 176, 180,200, 301-302 309,311 326,344.366 384,387-388,396,
Chipit, Chipico Voir Qnipit.
Chorom, 353.
Christ (.Montagne du), 279.
Christophe le More, 313, 317.
Ciae. 105, 163.
Chyquom, 368.
Ciainba, 55.
Clan, 339.
Ciboco, 337.
Cilapulapu. Voir Silapulapu.
Cimbonbon 334 Cini, 164.
Cipango, 301.
Cisi, 353.
Cisneros, D., 140.
Ciudad Rodrigo, 381.
Cladera, 321.
Clarence (lie), 294-295.
Clément Vil, 11, 14, 29.
Coatzacoalcos, 395.
Cobarrubias, Ü., 143, 170.
Cobos. Voir Los Cobos.
Coca, A. (dcj, 222, 243-244, 259, 261, 273, 276. Cocequirman, 122.
Cochin, 21-22, 102-113, 119-121, 128, 147, 208, 253, 368, 378-379.
Cochinchine, 163-164, 301.
Coelho, ü., 116.
Coelho, G., 56, 59.
Coimbre, 141, 227, 238.
Colambou, 310.
Colin, B., 49.
INDEX
Colin, F., 39, 314.
Colin, 23.
Colmenares, R., 83.
Colmenero, A.-H.. 238, 380.
Cologne, 27
Colomb Barth., 42, SO, .54-55, 87, 160.
Coiomb, Christophe, 3, 23, 30, 41-45. 49-.56, 62, 80, 85. 92, 94, 100, 138 140, 145. 155-1.56, 160-161, 164, 166, 172, 174-175, 180, 193, 202, 242, 250- 251, 320-321, 340, 359, 384, 392.
Colomb, Diego, 250.
Colomb, Fern., 5, 47, 54, 74, 150, 400-401 Colombie, 93.
Comores, 105.
Comorin, 301, 354.
Concepcton, 202, 244, 249, 260-261, 280, 283, 286-288, 326-327, 329, 365, 380.
Conchillos, 68.
Constantino (dom), 35, 124.
Contarini, G., 22, 31, 361, 385, 400-401.
Coote, C.-H., 27, 349, 386, 388-389.
Copia der Newen Zeitung, 4, 60, 71-77, 79, 90-94, 143, 267.
Cordier, H., 11.
Cordillère des Andes, 287.
Cordova (Ile), 294.
Cordova F. (de), 37, 84, 391, 395.
Coreceda, A. (de). 392.
Corée et Coriai, 164.
Coresma, P., 3,56.
Corner, F., 64, 173.
Corogne (la), 365, 396-397, 402.
Correa, G, 35, 61, 97, 104, 108-109, M1-U2, 11.5, 121, 125, 128, 132, 137-138, 169, 253, 257. 275- 276, 278. 287, 327, 332-334, 343, 356, 375, 378. Correa, S., 374.
Corrientes, 266.
Corte Real, 44 49 242.
Cortez, F.. 174, 381. 393-395. 397-398, 403.
Cosa (de la). 48, .58, 62-64, 66, 167,
Costa, A. (da), 124-125 177, 192-196, 207-208, 233,
Costa. M. (da), 403.
Costa, X. (da), 215.
Costa-Rica, 71, 392.
Cota, A. (de), 365, 373, 378 Cottabato, 337.
Coulam, 102.
Coutinho, F , 109.
Cracovie, 87.
Crenochile, 3.52.
Crooked Reach. 293.
Croy, G. (de), 173.
Cruz. A. (de la), 381.
(luaço, A. (d’j, 67. Voir Zuazo.
Cuagayan. Voir Cagayan.
Cuba, 42, 52, 56, 58, 78, 302, 387, 389. Ctibilla ou Covillia, 141, 234.
Cueto, 380.
Çumda, 162.
Curia, 346.
Çurita, 99.
Current, 368,
Cusa, 384.
Cyco, 368.
Caboul, 103.
Da Costa, J. -P., 116.
Damdraguiii, 163.
Da mosto. Voir Mosto.
Dampier, G., 308.
Danvers, F.-C., 105.
Darien, 58, 64, 246, 366, 395.
Davila. Voir Avila.
Daru on Darus, 162.
Dawson, S.-E., 45, 48.
Dawson (Ile), 287-288.
De Bovis, E., 281.
De Bry, 281, 322.
De Gray Birch, W , 110, 116.
De Goeje, J. . 165.
Delapuente, F., 83.
Demersay, A., 169.
Denis, F., 125,321, 398.
Denucé,J., 9, 65,145, 302, 387
iNi)i<:x.
Derby, 0 -A.. 53, 2.51, 260.
Descadü (Cap), 206, 294-295, 304 Deseado (Kio), 269.
Désolation (lie), 294.
Desvelos (Baie), 269.
Desventuradas, 299.
Dias, 43.
Diaz, B., 247.
Diaz, D , 273, 362, 303.
Diaz, K., 238.
Dieppe, 396.
Diijoçao, 329.
Dinagal, 309.
Diu, 103-104.
Djedda, 114.
Djilolo, 371.
Domingo, A., 381.
Domy, 367, 371.
Don Benito, M. (de). 296.
Doughly, T., 277.
Douze mille îles, 106.
Doyz. 367.
Drago (Stretlo del). 92, 158.
Drake. 48, 277, .398.
Ituisburg, 269, 278.
Dumanquilas, 337.
Diingeness, 285, 294.
Duran, T. 401.
Diiro, C.-T., 167, 245. 2,52.
Dyguacam, 329
Eden, R , 29.
Edrisy, 165.
Egerton, 65, 302.
Égypte, 103.
Eléonore d’Autriche, 175.
Élisabeth (lie), 287.
Elloriaga ,). (de) 244, 273. Elter, 89.
Elvas, 400.
Emmamiel. Voir .Manoel.
Empoli, C. (da), 11. 68, 113-114, 1.33, 144, 161, 164,
Enciso. 149, 161 163.
Ende 352.
Englisli Rcach, 293.
Enrico ou Emique, 171, .309-310, 312, 323-324, 383. Enri(pies, G., 372.
Errera, C., 181 2.58, 263.
Escalanle y Mendoza, J. (de), 202.
Espelela, L. (de). 243, 324.
Espinosa, G.-G. (de), 21, 23, 25, 119, 215, 222, 237- 238, 243. 274, 324-325, 327, 334-335, 342-343, 345-316, 348. 351, 365-366, 368-380, 382, 402. Espinosa, D.-J. (de), 300.
Est (lies), 308.
Estramadoure, 171.
Estrechos (Lac des), 294.
Eugène IV, 4*4-45.
Evreux. .381.
Exovuia, 131.
Fabre, J.-A.. 12-15.
Fagima ou Fagaiam, 335.
Faleiro. Fr.. 140, 149, 165. 171, 222, 226. 2.33-236. Faleiro, Ruy. 4, 16. 25-26. 32, 34. 36. 135. 139-142. 147-149. 151. 153, 1.55-156. 165, 167, 170-172,174, 176-180. 182-185, 187-193 196 198, 200. 203 205- 206. 220, 222, 225-226, 229-236, 247-218, 270, 283. 303, 399.
Faria J. (de) ou Farna, 248. 344, 346, 351, 374. Faria y Sousa, 24, 33, 103-104, 118, 130, 137. 193, 271,^320, 324.
Fayal, 360.
Fear (Cap), 396.
Fear River, 394.
Ferdinand (Archiduc), 388
Ferdinand d’Aragon, 44-16. 50, 61, 66, 68-69 78-79,
Feriak 164
Fermoso (Cap), 294, 307.
Fernandez A.. 244. 273, 381.
Fernandez, D. 116 120, 134
INDEX
Fernandez, J., 49.
Fernandez, P., 124.
Fernandez, Val., 141-142.
Fernandine (lie), 198, 200 Fernando (Dom , 158, 176, 190, 210 Ferrand, G., 165.
Ferrara, G. (de), 210, 215-216.
Ferrer, J., 46-47.
Ferreira, C., 244.
Ferreiro, D.-M., 299.
Ferreyro, G. -R., 238.
Fez, 131.
Fierro, 360.
Finée, 0., 28, 304, 391 Fiorini, 177, 389.
Fiske, J. 60, 63 Fitz Roy, 13.
Flamenco, A., 239.
Flamenco, J . 239.
Flandre, 33, 98-99, 144, 146, 164. 166, 198, 207,
Flint (Ile), 298-299.
Flor de la Mar, 109.
Florence (Duc de), 321.
Flores, 352, 360.
Floride, 387, 390, 395.
Fo-Kien, 176.
Fonseca, F. (de), 244.
Fonseca. J. (dei 20, 63, 68-69, 77,87, 147-148, 153, 166 170, 173-176, 185, 188, 190, 193 195, 197 199, 209-210, 212-213, 216-218, 221, 225 226, 229, 232-233, 247, 259, 271, 292-293, 379, 392.
Fonseca, P. (de), 103.
Formose, 4, 119, 145, 163 176-177, 301, 309. Fortescue, 31.
France, 158, 207, 239, 362, 396, 402.
Francfort, 90.
François I«f, 12, 48.
Freire, G.. 108.
Freire, J., 122.
Freixinal, 216.
Fribourg, 87.
Frio, 80, 160, 178, 180, 2.58, 260.
Froward Reach, 287-288.
Fuensanta del Valle (de la), 30.
Fuentarabia. 42.
Fugger, 10, 72-73, 101, 143. 199, 209. 216-218, 365, Fulu-Tiga, 123.
Fumée, 38, 157, 171, ,306, 317, .326-327.
Gada (Ile), 308.
Gaffarel, P., 29-30, 125, 199 239, 265, 298, 306, 311, 317, 331, 385.
Gafi, 349.
Gaguo, 374 Galao, 123.
Galian, 351,
Galice, 45, 133, 347, 371, 380.
Gallant (Port), 288.
Gallardo, 140.
Gallego, 1)., 380.
Gallego, V -G., 21, 70, 236, 244, 247, 251, 380. Gallois, L., 28, 89, 304, 388-389.
Galvao, A. ,33. 74, 92, 94, 105, 116, 122-124, 149, 158, 179, 248, 263, 281, 350, 352, 366, 368-369, 398 403.
Gama, V. (de), 25, 34, 49, 51, 53-55, 95, 100-102, 106 116, 125, 138, 145, 193-194, 210, 245, 344. 378, 384.
Gama, V. (de la), 231.
Gambie, 358.
Gamcâo, 329.
Gamkonorali, 371.
Gand, 98.
Gange, 42, 53-54, 109, 149-1.50, 180, 401.
Garay. F. (de), 84.
Garcia, 1)., 80, 252. 265, 381, 397.
Garcia, G., 381.
Garcia. N., 83, 206-207, 388, 400.
Garcia, S., 381.
Gasco, P. 381.
Gatighan, 312.
Gaya, 330.
Gelcich, E., 19 22, 30, 1.54, 2.50, 334, 342, 359.
INDEX
Gelolo, 390.
Gênes, 52, 239, 250, 358, 365, 373.
Genoves, Juan, 250.
Georgetown Entrance, 394.
Géorgie méridionale, 57-58.
Giailolo, 341.
Giâo, P. (de), 119.
Gibith. 327.
Gibusson, 309.
Gigante, J., 282.
Gil, M., 244.
Gilbert, 299.
Gili Batan, 352.
Gilliodts-Van Severen, 246.
Gilolo, 305, 341, 345, 347, 350, 365-368, 396, 401. Giocondo , G., 58.
Giogi, 349.
Gjôa, 203.
Glareanus, H., 58, 87. 89, 91.
Goa, 109-111, 114, 118, 120, 134.
Godanige (Cabo), 354.
Godin, N., 107.
Goenong Api, 350.
Goes, D. (de), 31, 33-34, 82, 97-98. 104, 109, 111, 117, 121, 129-130, 132-133, 135, 138, 140, 176, 192-194, 320.
Goes, L.-A. (de), 323-324
Gomara, F.-L., (de), 38, 52, 97, 1.57, 171, 175. 180, 272, 281, 306, 313-314, 317, 322, 324, 326-327, 334, 348, 353, 383.
Gomez, E., 93, 243, 247-249, 251, 262, 276, 288, 290-293, 327, 382, 388, 394-396.
Gonçalez, A., ,56.
Gonçalvez, A., 238.
Gondia, 350.
Gonneville, H -P., 60.
Gonsalvo, 249.
Gores, 116, 164, 301.
Gorom on Gouram, 373.
Goulard, 1)., 34.
Goulet, premier et second, 286-287. 386.
Gounang Api, 123.
Grâberg da Hemsô, J., 114-115.
Granado, F., .326 Granboconora, 371.
Grande (Rio), 3,57.
Grasserie, R. (de laj, 281 Great Fish River, 355.
Grega, .369.
Grenade, 210, 217-218.
Griego, .1. et M., 3.33, 380.
Grifoni, U., 138, 181.
Grimaldo, .N. (de), 216.
Grissee, 122, 373, 377.
Groot Banda, 350.
Grouchy, N. (de), 34.
Groussac, P., 57, 266, 269, 284.
Gruget, Cl., 31.
Grijalva, 84.
Grijalvares, F. (de), 403.
Grynée, 27.
Guadalquivir, 223, 241.
Guadarrama, 171.
Guajan, 306.
Gualterolti, 113.
Guam, 305-.306.
Guanlayl, 335.
Guape, 123.
Guarany, 261.
Guardafui, 150.
Guasparre, 57.
Guatémala, 394, 403 Gubileta, J , 380.
Guerra, G., 53, 215, 222, 244, 273, 291-293. Guetoria, 249.
Guida, N.-D. (de la), 351.
Guillemard, 14, 24, 29, 39, 96-97, 99, 101, 109-110, 138, 174, 189, 194, 207, 225, 227, 230, 2,54-255, 287-288, 321-322, 330, 334, 367, 380-381, 383. Guillen, F., 155.
Guinée, 67, 97, 144, 146, 152, 258, 292, 347, 361. Guipuzcoa, 249, 381, 383.
Guli Guli, 123.
Gumnape, 123.
Gumorga, 349.
INDEX
GQnther, S., 141, 177, 389.
Gutierrez, D., 179, 209-210, 21S-216.
Guzmao, A. (de), 61, 139
Hàbler, K., 72, 75-76, 216-217, 365.
Haïti, 366.
Hakluyt, R., 48, 68, 74, 92, 105, 110, 116, 158, 179, 277, 281, 300, 321, 350, 366, 368.
Haie, E.-E., 11, 18, 322.
Halmahera, 124, 341, 367, 371.
Hainabar, 313, 317.
Hamy, 57, 119, 341.
Hang-tschou, 42.
Hans (Maeslre), 379-380, 382.
Haro Christobal (de), 4, 10. 27-28, 72-76, 78, 84, 90. 119-120, 139, 142 148, 168, 177-178, 185-186, 198-200, 209-218, 222, 225-226, 230, 245, 257, 267, 362-364, 380, 392, 397, 402-403.
Haro (de), Diego, 10, 27, 76, 143-144, 146, 170, 186, 217, 363. '
Haro (de), Françoise, 27.
Haro (de), Lopez, 45.
Haro (de), Nicolas, 144.
Harrisse, H., 11-12, 14, 17-18, 23, 27, 29, 30, 43-45, 48, 50, 52, 61-62, 68, 80, 85, 91, 117. 167, 174, 189, 233, 244, 246-248, 250-252, 258, 386, 288-390, 394, 396-397.
Hartmann, G., 154.
Hawaï, 55, 161.
Heawood, E., 89.
Hellmann, G., 155.
Henne, 365.
Henri VIII, 50, 65.
Henri le Navigateur, 100, 158.
Henriquez, G., 373 375.
Henry iCap), 394.
Heredia, G.-F. (de), 45.
Heredia, S. ide , 215 244, 324.
Hernandez, 7l, 381.
Hernando, 313, 333.
Herrera, 20, 25-26, 35-36, 45, 52, 54, 61, 63, 66, 70-71, 80-81, 85, 98, 109, 115, 140, 157, 173, 177, 19.3-194, 204, 209, 216, 219, 233, 236. 239, 240, 243, 247, 249, 251, 257, 261-262, 266, 268-269, 271, 275, 277-278, 280, 282, 284-288, 290-291, 294-296, 299, 305, 309, 317-318, 321-322, 324, 327, 330, 333-335, 339-340, 353, 356, 360-361 365, 368-371, 380-382. 392, 395-399.
Higueras 65, 160.
Hirsch vogel, 101, 143.
Hispaniola, 42, 64, 67, 78, 91, 211, 392, 394.
Hiunanghan, 309.
Hociistetter, 101, 143.
Hojeda, 52, 64.
Hondeneiland, 298.
Honduras, 50, 55, 395.
Honimoa, 350.
Horn (Cap), 267.
Hudson, 50, 65.
Huelva, 240, 246, 365, 380, 381.
Hugues, L., 18-19, 39, .56, 58, 71-72, 250, 334.
Hulsius, 322.
Humabon, 313, 315, 324-325.
Humboldt, A. (de), 10, 35, .50, .57, 72, 75, 85, 141, 157, 167, 284, 303.
Hiimmerich, F., 34
Humos, 294
Humunu 308-309.
Hurriagas. Voir Elloriaga.
Ibar, E., 281.
Ibusson, 309.
Iles (Rivière des), 288, 290, 293-294. lllana 337.
Inarayan, 306.
Indio, M., 358.
Indo-Cliine, 102, 106, 162, 353.
Indus 54, 401.
Infante (Rio) 35.5-356.
Infortunées (Iles), 299.
Iniguez, M., 396.
Innocents, 83.
Insart, 146.
Insulinde, 106-107, 113, 161, 171, 212, 324, 383,
Inutile (Baie), 294.
lonides, S.-A., 154.
Irac, 303.
Iraouaddy, 116.
Irving, W., 174.
Isabelle, 314.
Isabelle de Castille, 42, 46. 50, .54, 61 Isagaga, P. (de), 167, 201.
Isaurraga, M. (de), 380.
Isidro (S ), 24.
Islande. 272.
Isleo (Fleuve), 288.
Italie, 63, 87, 89, 158, 166. 239, 249, 362 lubagana, 306.
lussu, 341.
Jagellonica, 87.
Jagima, 336.
Jamaïque, 42, 84, 302.
Jambongon, 334.
James (St.), 301.
Japon, 4, 145-146, 164-165, 176, 301, 370.
Jaques, C.. 56.
Java, 117 121-124, 139, 162-163, 327, 332, 343, 353,
Jean (Prêtre), 49, 100.
Jean de Lisbonne, 61, 72, 75-76, 130, 139, 142, 251,
Jorge, 383.
Jorge (de Portugal), 165, 167.
Juan, 313.
Juan Fernandez (Iles), 297.
Judicibus, M. (de), 3.58, 380.
Jules 11, 47.
Kabalocsoe, 338.
Kabugan, 309.
Kabalarian, 309.
Kaoe, 367.
Karakitgang, 339.
Karkaralong, 338.
Kauci, 349.
Ke-cô, 349.
Kelang, 350.
Keiskamma, 3.55.
Kerman, 122.
Kerr, R., 34.
Kiepert, H., 388.
Kian-chi, 301.
Kima. 339.
Kini-Balu, 330.
Kohl, J.-G., 247, 269.
Kôlliker, 0., 13, 38, 204, 239, 322.
Komo, 367.
Komodo, 3.52.
Kota-Radja, 349.
Kretschmer, K., 88, 388-389.
Kunstmann, 57. 92, 260.
Jeanne, 314.
Jeanne de Castille, 62.
Jérusalem, 150.
Jésus (Ville), 314.
Jimenez de Cisneiros. Voir Ximenes.
Jimuquilan, 312.
Joâo II, 99, 100, 141, 168. 362.
Joâo 111, 21. 41, 43, 132, 213 374, 393, 399-403. Jordan, 90, 263.
Labeurs (Baie des), 269.
Labrador, 50, 52, 65.
Labuan ou Laboan, 330, 341, 349.
Ladrillero, J., 398.
Lafitau, 109.
Lafone Quevedo, S.-A., 81.
Laguna (Rio), 357.
INDKX.
Laguna, 47.
Laigama ou Laigoma, 349.
Laiglesia, F. (de), 241.
Lailaca, 350.
Lamatola, 350.
Lamakwera, 351, 353.
La Maluco, 353.
Lamboch, 353.
Lamego, 192-193.
Lang. M., 27-28.
Lant Cliidol, 353.
Lanz, K., 363.
Laoc, Laout et Lao, 332.
Laquedives, 102, 108.
Larache, 100.
Larivière, 322.
Larrons (Iles), 298, 305-306, 369, 371.
Las Casas, B., 30, 41, 54, 156-157, 173-175, 177-178.
Latalata, 341, 349.
Lave, 382.
Lawler, T. -B., 321.
Lecointe, G., 285.
Legaspe, M.-L. (de), 313.
Leguizamo, 275, 277, 323. 358, 383.
Leiva, S.-M. (de), 241.
Lemaire, 298.
Lendesma, B. (de), 52, 65.
Lenox, 58, 87, 89.
Leon, J. -P., 365.
Léon X, 11, 47, 116.
Leonio, A , 26.
Léonore, 99, 122, 192.
Lepe, 67.
Lepe (de), 52-53, 240.
Lequeio, 116.
Lequios, 4-5. 145, 163-164, 177, 301, 309, 327, 336,
Leyria, 238.
Leyle, 307, 309, 312.
Liaraan, 353.
Liechtenstein, 87, 90.
Limassava, 309, 313-314.
Linarès, 234.
Lipan, 338.
Lisamatoela, -350.
Lisbonne, 4, 10, 18, 23, 41,51-52, 55-56, 58, 60, 66-67, 69-70, 72, 76, 78, 98-99, 101, 104, 112, 114. 118, 128, 130, 132, 135, 138-139, 143-148, 150, 159, 165-166, 193-194, 196, 198, 208, 212, 215, 217, 230, 278, 359, 361-362, 368, 374, 379-380, 384, 394, 398-399, 401.
Lisuarte de Lix, 376.
Llopez, J., 112, 128.
Llucôes, 163.
Loaisa, 117, 125, 206, 216, 243, 301, 371, 381-382, 389, 396, 397.
Lobos (Baia, arecife), 268-269.
Lois, L.-A. (de), 323.