‹ Magie et physique amusanteChapitre 10 sur 45 · DISPOSITIONS SGÉNIQUES POUR LA PRESTIDIGITATION THÉÂTRALE · texte numérisé non relu

DISPOSITIONS SGÉNIQUES POUR LA PRESTIDIGITATION THÉÂTRALE

*ameublemenl de la scène d'un prestidigitateur n'est pas seuleav.- ment disposé ponrcliar- ^ ' mer la vue des spectateurs, ii sert aussi à faciliter l'exécution d'un graud nombre de prestiges. Les tables surtout ont d'importantes fonclions à remplir : ce sont elles qui, le plus souvent, sont chaînées de faire apparaître ou disparaître des objets trop volumineux pour être cou-

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tenus dans les mains ou dam les poches c'e l'opéra leur.

Les anciens prestidigitaleurs' trouvaient, en cela, de grandes facilités dans l'ornementation même de leurs tables. Ces meubles

élaienl recouverts de tapis richement décorés qui tombaient jusqu'à terre, ainsi que le rejirésente la figure ci-dessus.

1 , Comie, Bosco, Philippe, pour oe citer que ceux dont uns partie de la géaératioD p^nie peut encore sToir conaorvé la

Il n'élail pas rare de voir sur la scène quatre ou cinq de ces tables et quelquefois plus encore. Pour détourner l'idée de leur véritable destination, on les chargeait de flambeaux et d'objets de toute nature ayant apparence d'utilité pour la séance.

Au fond de la scène et dans toute la largeur régnait un gradin à plusieurs étages chargé également d'instruments en cuivre poli qui, le plus souvent, n'avaient aucun trait à la prestidigitation. Cette collection hétéroclite et éblouissante était encore rehaussée d'éclat par un nombre considérable de lampes et de bougies \ Cette exposition brillante, que le prestidigitateur d'alors nommait pallas ', avait pour but, ainsi qu'on le

1 . Philippe est celui qui a le plus abusé de ces éblouissantes exhibitions : iln*ayaitpis moins de cinq cents bougies sur la scène.

2. En parlant d'une riche et brillante mise en scène, on disait aussi : « C'est très-pal laseux. » .. »

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dit \ulg.\i rement, de jeter de la poudre aux yeux.

Lorsqu'en 1844 je m'occupai de l'inslallalion de mon théâtre, j'apportai de notables modifications aux dispositions scéniques de mes devanciers. La plus importante fut la suppression des longs tapis de table sous lesquels le public, avec quelque raison, a toujours supposé un auxiliaire pour les prestiges de l'escamotage. Je remplaçai; ces immenses boîtes à compère par des tables et des consoles en bois doré, genre Louis XV, dont je donne un échantillon.

Le nombre de ces tables fut très-restreint :

une table de milieu (celle, que représente la gravure ci-contre) deux consoles de côté et deux petits guéridons légers. Dans le fond, une large tablette de même style sur laquelle étaient disposés les instruments qui devaient

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servir à Texécution de ma séance*. On n'y voyait, comme précédemment, aucune de ces énormes cloches en métal poli ou verni

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sous lesquelles se mettaient les objets que Ton voulait faire disparaître. Je les avais remplacées par des appareils en cristal opaque

i. Tous les prestidigitateurs, je dois le dire, s'empressk'ent d'adopter ces modifications, à Texceptioa toutefois du Tieiii Bosco, qui, jusqu'à son dernier moment, ne voulut démordie DÎ de ses tapis longs ni de ses manches courtes.

ou transparent. La boîte à double fond, les instruments de cuivre ou de fer-blanc verni avaient été complètement proscrits de ma scène.

La tenture de mon petit salon était blanc et or. Le luminaire se composait uniquement de quatre girandoles et de deux petits candélabres rocaille placés sur ma table du milieu. Mais pour que le public pût distinguer les moindres détails de mes exercices, j'avais pourvu ma scène d'un système d'éclairage qui y répandait une lumière suffisante sans que la vue des spectateurs en fût blessée. A cet effet, j'avais établi derrière la frise du rideau d'avant-scène* une herse ' au gaz garnie

1. La frise du rideau d'avant-scèno est cette P'*riie courbe de draperie derrièra laquelle le rideau se cache en s'éleyant.

2. Une herse de théâtre est un long tuyau à gaz sur lequel lont adaptés, à distances très-rapprochées, des becs à papillon formant en quelque sorte un ruban lumineux dans toute la longueur de la scène. •

d'un réflecteur qui projetait une vive lumière sur ma table du milieu, ainsi que sur les deux consoles, seuls endroits où s'exécutaient mes exercices de prestidigitation.

Les réformes que j'avais apportées à la forme et à T ornementation des tables ne supprimaient aucune des ressources qu'elles avaient fournies jusqu'alors à la prestidigitation ; on en jugera par les détails qui vont suivre.

Ainsi que je viens de le dire, il n'y avait sur ma scène que trois tables : une au milieu et deux sur les côtés ; ces deux dernières, en forme de consoles, étaient fixées aux lambris du décor. J'avais également deux petits guéridons très-légers que je transportais au besoin sur le devant de ma scène pour les expériences qui exigeaient un rapprochement des spectateurs.

C'est sur ma table du milieu (figure 2) que se faisait la présentation du plus grand nombre de mes expériences; celle table n'avait d'autre apprêt qu'une servante garnie de sa gibecière et d' un jeu de pédales . J 'ai décrit dans un précédent ouvrage* et j'ai indiqué par figure, à la page 315, la disposition et l'utilité d'une servante : « C'est une tablette placée derrière la table du côté opposé aux spectateurs, sur laquelle sont déposés à l'avance les objets que l'on doit faire apparaître dans le cours de la séance. Au milieu est une petite boite carrée construite uniquement en étoffe garnie de ouate et capitonnée pour lui donner une certaine consistance.

Cette boîte est placée là pour recevoir sans ^ruit les objets que Ton y jette subtilement

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