‹ Magie et physique amusanteChapitre 31 sur 45 · ONGERT DES ESPRITS D*UN AUTRE MONDE · texte numérisé non relu

ONGERT DES ESPRITS D*UN AUTRE MONDE

On présente au public quatre cassettes en bois de sapin très-mince et qui sont fermées à clef; en annonçant que Ton y tient enfermés certains esprits qui, sans le secours d'aucun instrument, exécutent d'excellente musique. Cela dit, on dépose les cassettes audessus de chacune des liges conduisant aux divers instruments. On doit comprendre déjà que ces cassettes remplacent les harpes et tiennent lieu de tables d'harmonie. On a soin de les placer de façon que leur fond inférieur appuie bien sur Textrémilé de la lige de sapin. Quatre petits pieds sont adaptés à ces cassettes pour isoler le fond de la

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tablelle du guéridon et les empêcher de va-

ciiler.

Ainsi que dans la démonstration expéri-

menlale, on frxippe un coup sur les cassettes

pour avertir les musiciens de jouer de leurs

instruments ensemble ou séparément; ce

-coup, donné lorsqu'ils jouent, sert à les faire

arrêter.

Comme le public entoure l'estrade, il lui

ost possible de s'assurer que les sons sortent bien des cassettes, ce qui doit produire un -effet très-saisiissant.' - .

Mais il péiil aussi venir à l'esprit de quel*

<}ues personnes que les boîtes contiennent des macbines capables de reproduire ces sons, ainsi que cela a lieu, du reste, dans les boîtes à musique. Dattis ce cas, l'observa* lion qui pourrait en être faite. serait d'un très-heureux effet pour le succès de Texpé*

CURIEUSE EKPÉHIiJSiCSl D'ACOÏÏStl<}UE. i^

rience, puisque, lorsque le concert est terminé, on ouvre les cassettes pour montrer qu'il n'y a rien dedans et qu'on les remet ^tre les mains des spectateurs afm qu'elles soient mieux examinées.

Comme corollaire de œs diverses expériences, je vais donner ici la descriptium de deux petits trucs, tirés des mêmes principes et que j'avais organisés chez moi pour l'agrément de mes amis: Je premier de ces trucs portait le nom de

ESPUIf FRÂÎ>PBU^

C'était une im i talion parlielie de cette expérience médianimique au moyen de laquelle, à certaine époque, quelques personnes autorisées par une puissance souveraine ot»U

tee MAGIE ET PHYSIQUE AMUSANTE.

conversé avec de& esprits invisibles d'un autre monde *.

Mon truc des esprits frappeurs était organisé dans une salle à manger qui me seiirait également de petit salon pour mes intimes.

J'avais choisi cette pièce parce que la table me servait à cacher certain artifice de l'expérience.

Voici comment le truc était présenté:

1 . Je dois avouer ici que je n*ai jamais eu la bonne fortune d'assister à aucune de ces mystérieuses conversations, bien que je Taie vivement désiré. Dans Tannée 1857, un de mes amis qui, en raison de son ardente foi dans les facultés surnaturelle^ de M. Home, avait un accès facile près de lui, essaya vainement de me faire assister à Tune des séances intimes du célèbre médium américain ; celui-ci éluda toujours cette rencontre, et je dus me contenter des merveilleux récits qui me furent donnés par les personnes privilégiées. Sans vouloir contester en rien la véracité de faits que je ne connaissais que par ouï-dire, je crus pouvoir me permettre de reproduire artificiellement Tune de ces merveilles et je construisis mon esprit frappeur. Si la puissance spirituelle des médiums existe réellement, ce n'est certes pas cette innocente plaisansepe qui pourra leur faire du tort

Prenant en main une tige en fil de fer d'un mètre cinquante centimètres environ de longueur, dont chaque extrémité se terminait par un crochet, je la suspendais au plafond en la passant dans un anneau ou piton qui s'y trouvait fixé. Au crochet inférieur je passais l'anse d^un petit coffret de bois de sapin, lequel se trouvait ainsi suspendu à quarante centimètres environ au-dessus de la table.

On s'asseyait autour de la table ; on se tenait par la main afin d'établir un cercle magnétique, et, après quelques instants d'un sérieux recueillement que je provoquais par un maintien d'une inspiration imperlurbable, on procédait à la constatation de l'esprit qui, selon que je l'avais annoncé, était enfermé dans la boîte.

— Esprit, êtes- vous là?

iéS UAGïE ET PHYSIQUE AHUSAKTE.

Trois forts conps frappés dans h boîlc donnaient une réponse convaincante aux assistants.

Chacun, alors, de faire des qpaesttons auxquelies l'esprit répondait le plus laconiquement possible ; car, on fesait, dans ce genre de conyersalion , les causeurs de l'autre monde nous sont bien inférieurs sous le rapport des procédés du langage : ils sont obligés, pour exprimer un mot, de séparer les lettres qui le composent et d'indiquer chacune d'elles en frappant un nombre de coups correspondant au nombre de Fordre cpe cette lettre^çciipê dans Talpliabei. Un co^p' pour A ; deux pour B ; trois pour C .n. . , etc. ; ce qui ne laisse pas que d'être très-long pour certains mots ; mais on est patient lorsqu'il s'agit d'être témoin de faits aussi merveilleux.

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Au bout <i« quelques instants de couver^ salion^ Vesprit prenait brusquement congé de rassemblée en répondant par le mot adieu à Tune des questions posées^ et, quelque iu^ sistance que Ton mît à continuer la séance, on n'entendait plus rien.

La boîte se trouvant placée à hauteur de tête, chacun avait pu constater que les coups en sortaient réellement ^ aussi Tétonnement était-il grand lorsque^ décrochant cette cassette et l'ouvrant^ je la âiisais circulet^ poiDr

être examinée.

Il arrivait le plus souvent qu'on me quittâfl sans savoir au juste à' quoi s'en tenir sur la nature de cette expéiîence.

L'idée de ce truc m'avait été éxf^ée par l'expérience de M. Wlieastoïfô que j'ai relatée plus haut; seulement, j'en avais considérablement modifié les dispositioifô^ ainsi,

au lieu de faire monter les vibrations sonores par une tige de bois de sapin, je les faisais descendre par un fil de fer jusqu'à la cassette qui servait de table d'harmonie pour renforcer les sons.

Voici comment ce truc était organisé. La boucle, fixée au plafond, avait comme prolongement une tige métallique qui traversait le plancher et venait aboutir dans l'appartement supérieur et se fixer à une petite tablette en bois de sapin. Cette tablette était supportée par de petits piliers en caoutchouc pour empêcher ses vibrations de se communiquer au parquet de l'appartement. Un électro-aimant, placé sur cette tablette, était disposé de façon à pouvoir frapper sur le prolongement de la tige métallique. Enfin, une touche électrique placée près de mon pied droit me permettait, en la pressant, de fer-

mer le circuit et de frapper ainsi le nombre de coups en rapport avec la réponse que je voulais faire. C'était alors, on le comprend,

Fig. 2.

mon pied qui remplissait le rôle d'esprit frappeur.

Les explications que je viens de donner et la figure ci-dessus indiquent suffisamment ce qui se passe dans celle prestigieuse

lis MAGIE ET PHYSIQUE AHUSÂI^TE.

expérience : le bruit de la percussion produite par réleetro-aimanl se renforce sur la tabletle d'harmonie, et celle-ci transmet ses vibrations à la casselle par rinlermédiaire de la grande tige métallique. Les spectateurs n'enlendent que les sons qui semblent sortir de la cassette.

Lorsque la vogue des espnts frappeurs fut passée et que mon truc n'avait plus sa raison d'être, je le transformai en un autre truc plus intéressant encore et que je nommai :

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