INTRODUCTION
ne se formalise aucunement de mes procédés... électriques.
Mais, avant ce serviteur, j'en avais un autre* C'était un homme actif, intelligent, et qui s'était passionné pour l'art cultivé jadis par son patron* Il ne connaissait qu'un seul tour, mais il l'exécutait avec une rare habileté. Ce tour consistait à changer mon avoine en pièces de cinq francs.
Fanchette goûtait peu ce genre de spectacle, et, faute de pouvoir se plaindre, elle se contentait de protester par des défaillances accusatrices.
Cet escamotage étant bien constaté, je donnai le compte à mon artiste, et me décidai à distribuer moi-même à Fanchette sou picotin réconfortant.
Je dis moi-même ; c'est beaucoup avancer, car, je dois le confesser, si ma bête eût dû
DANS Là demeure DE L'AUTEUU. xxzi
compter sur mon exactitude pour faire ses repas à heure fixe, elle eût pu éprouver quelques déceptions à ce sujet.
Mais n*ai-je pas dans Téleclricité et la mécanique des auxiliaires intelligents et sur le service desquels je puis compter?
L'écurie est distante d'une quarantaine de mètres de la maison. Malgré cet éloigne* ment, c'est de mon cabinet de travail que se fait la distribution. Une pendule est chaînée de ce soin, à l'aide d'une communication électrique. Ces fonctions ont lieu trois fois par jour et à heure fixe. L'instrument distributeur est de la plus grande simplicité :
c est une boîte carrée en forme d'entonnoir, versant le picotin dans des proportions réglées à Pavanée.
« Mais , me dira-t-on, ne peut-on pas
xxxn INTRODUCTION.
enlever au cheval son avoine aussitôt qu'elle vient de tomber? »
Cette circonstance est prévue ; le cheval n'a rien à craindre de ce côté, car la détente électrique qui fait verser l'avoine ne peut avoir son effet qu'aulant que la porte de récurie est fermée à clef.
c< Mais le voleur ne peut-il pas s'enfermer avec le cheval ? »
Cela n'est pas possible, attendu que la serrure ne se ferme que du dehors.
c< Alors, on attendra que l'avoine soit tombée pour venir la soustraire. »
Oui ; mais alors on est averti de ce manège par un carillon disposé de manière à se faire entendre au logis, si on ouvre la porte avant que l'avoine soit entièrement mangée par le cheval.
DANS LA UEUCUl&B DE L'AUTEUR. ixiui
La pendule dont je viens de parler est chargée, en outre, de transmellre Theure à tleux grands cadrans placés, Tun au fronton de la maison, l'autre au logeraenl du jardinier.
a Pourquoi ce luxe de deux grands cadrans, me direz-vous, lorsqu'un seul peut suffire pour l'extérieur ? »
Je vous dois, lecteur, à ce sujet, une explication justificative. Lorsque je plaçai mon premier cadran électrique dans le fronton du Prieuré, c'était dans le double but d'indiquer l'heure à toute la vallée, et de donner aux gens de la maison une heure unique et régulatrice.
Mais, une fois mon œuvre terminée, je
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m'aperçus que mon cadran était plus utile aux passants qu'à moi-même. J'étais obligé de sortir pour voir l'heure.
Je me creusai vainement la tète pendant quelque lenips, pour parer à cet inconvénient. Je ne voyais d'autre solution à ce problème que de bâtir une maison en face de la mienne pour regarder mon cadran. Toutefois une idée beaucoup plus sioaiple vint enfin me sortir d'embarras : le pignon du logement du jardinier était en vue de toutes nos fenêtres, j'y plaçai un second cadran et je h fis marcher par le même fil élecliique que le premier.
Celte heure se communique par le même procédé à plusieurs cadrans placés dans différentes pièces de Thabilation.
Mais à tous ces cadrans il fallait une son- Berie unique, une sonnerie pouvant être