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chers du pays savent tous par expérience ou par ouï-dire comment on les ouvre. L'automédon descend de son siège; il se fait^ d'abord, ouvrir la petite porte; il entre. Ah! par exemple, en voilà un dont le carillon est distinctif. Dnnldrinldrinldrin! On comprend au Prieuré que le cocher qui entre avec une telle précipitation veut faire preuve vis-à-vis de ses maîtres ou de ses bourgeois de son zèle et de son intelligence.
Noire homme trouve appendue à Tintérieur la clef de la grille qu'une inscription lui désigne; il n'a plus qu'à ouvrir les portes à deux battants. Ce double mouvement s'entend et se voit, même dans la maison. A cet effet est placé dans le vestibule un tableau sur lequel sont peints ces mots : Les portes
DES grilles sont. . .
A la suite de cette inscription incomplète
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viennent se présenter successivement les mois OUVERTES OU FERMÉES, sclou que les grilles sont dans Tun ou Pautre de ces deux élals; et celte transposition alternative vient prouver matériellement la justesse de cet axiome : « Il faut qu'une porte soit ouverte ou fermée.»
Avec un tel tableau, je puis, chaque soir, vérifier à distance la fermeture des portes de la maison.
Passons maintenant au service de la boîte aux lettres. Rien n'est plus simple encore.
J'ai dit plus haut que la boîte aux lettres était fermée par une petite porte à bascule.
Cette porte est disposée de telle sorte que, lorsqu'elle s'ouvre, elle met en mouvement
un IINTUODUGTIOIH
au Prieuré une sonnerie électrique- Or, Ife fadeur a reçu l'ordre de mellre d'abord d'un seul coup dans la boîte tous les journaux, el d'y joindre les circulaires, pour ne pas produire de fausses émoLions; après quoi, il introduit les lettres, l'une après
l'autre. On est donc averti à la maison de la remise de chacun de ces objets; de sorte que, si Ton n'est pas matineux, on peut^ de son lit, compter les diverses parties de son courrier.
Pour éviter d'envoyer porter les lettres à la poste du village, on fait la correspondance le soir; puis, en tournant un index nommé commutateur j on transpose les avertissements, c'est-à-dire que, le lendemain matin,, le facteur, en mettant son message dans la boîte, au lieu d'envoyer le carillon à la maison, entend près de lui une sonnerie qui
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l'averlît d'y venir prendre des lettres; il se sonne ainsi lui-même.
Ces organîsalions, si agréablement utiles^ présentent cependant un inconvénient que je vais signaler ; ce qui m'amènera à raconter incidemment au lecteur une petite anecdote assez plaisanle sur ce sujet.
Les habitants de Saint-Gervais ont une qualité que je me plais à leur reconnaître :
ils sont très-discrets. 11 n'est jamais venu à ridée d'aucun d'entre eux de toucher au marteau de ma porte d'entrée autrement que par nécessite.
Mais certains promeneurs de la ville y mettent moins de réserve, et se permettent quelquefois de s'escrimer sur les accès-
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soires électriques, pour en voir les effets.
Bien que très-rares, ces indiscrélions ne laissent pas que d'être désagréables.
Tel est l'inconvénient dont je viens de parler, et voici l'anecdote à laquelle il a donné lieu :
Un jour, Jean, le jardinier de la maison, travaillait près de la porte d'entrée; il entend quelque bruit de ce côté,et voit bientôt un flâneur de notre cité blésoise, qui, après avoir fait manœuvrer le marteau, s'amusait à ouvrir et à fermer la porte, sans s'inquiéter du trouble qu'il portait à la maison.
Sur une remontrance que lui fait l'homme de service, l'importun se contente de dire pour sa justification :
— Ah ! oui, je sais ; ça sonne là-bas.
Pardon ! je voulais voir comment ça fonc-
tionnait.
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— S'il en est ainsi, monsieur, c'est bien différent, reprend le jardinier d'un ton de bonhomie affectée. Je comprends \otre désir de vous instruire, et je vous demande pardon, à mon tour de vous avoir dérangé dans vos obser^'ations.
Sur ce, sans paraître remarquer l'embarras de son interlocuteur, Jean retourne à son ouvrage en continuant déjouer l'indifférence la plus complète. Mais Jean est un malin dans la double acception du mot ; il ne se trouve pas suffisamment satisfait, et, s'il refoule au fond de son cœur son reste de mécontentement, c'est pour avoir une plus grande liberté d'esprit dans un projet de représailles qu'il vient de concevoir et qu'il se propose de mettre, le jour même, à exécution.
' Vers minuit^ il se rend à la demeure du
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personnage ; il se pend à sa sonnette et ca* rillonne de toute la force de ses poi^gnets.
Une fenêtre s^enlr'otivre au puemier étage ; puis, par son entre-bâillement, parait un tête coiffée de nuit et enapourprée par la colère •
Jean s'est muni d'une lanterne; il en dirige les rayons vers sa viclime.
— r- Bonsoir, monsieur, lui dit-il d'un ton ironiquement poli; comment vous portezvous ?
— Que diable avez-vous donc à «onner ainsi à pareille heure ? répond la tête d'une voix courroucée*
— Oh ! pardon , monsieur^ reprend Jean en paraphrasant certaine réponse de son interlocuteur ; oui, je sais, ça sonne là-hautj mais je voulais voir si votive sonnette fonc-
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4ioimail aussi bien que le marteau du Prieuré. Bonsoir, monsieur !
Il était temps que Jean s'éloignâl; le monsieur était allé diercher, pour la lui jeter sur la tète..., une vengeance de nuit.
Pour conjurer celte petite misère, je plaçai sur ma porte un avis engageant chacun à ne pas toucher au marteau sans nécessité.
Avjs inutile ! Il y avait toujours une nécessité pour frapper, c'était celle de satisfaire ane ou plusieurs curiosités.
Ne pouvant échapper à ces persistantes indiscrétionSjje pris le parti de ne plus m'en taquiner, et de les regarder, au contraire, comme un succès que m'attiraient mes procédés électriques.
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Je n'eus qu^à me féliciter, plus lard, de ma conciliante détermination ; car, soit que la curiosité locale se fût émoussée, soit toute autre cause, les imporlunités cessèrent d'elles-mêmes, et maintenant il est fort rare que le marteau soit soulevé dans un autre but que celui de pénétrer dans ma demeure.
Mon concierge électrique ne me laisse donc plus rien à désirer. Son service est des plus exacts ; sa fidélité est à toute épreuve; sa discrétion est sans égale ; quant à ses appointements, je doute qu'il soit possible de moins donner pour un employé aussi parfait.
Voici maintenant certains détails sur un
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procédé à Taide duquel je parviens à assurer à mon cheval Texactilude de ses repas et l'intégrité de ses rations.
Il est bon de dire que ce cheval est une Jument, bonne et douce fille quasi majeure, qui répondrait au nom de Fanchelte, si ta parole ne lui faisait défaut.
Fanchetle est affectueuse et même caressante; nous la regardons presque comme une amie de la maison, et c'est à ce litre que nous lui prodiguons toutes les douceurs qu'il lui est donné de goûter dans sa. condition chevaline.
Ce petit préambule fera comprendre ma sollicitude à Tendroit des repas de notre chère bête.
Fanchette a une personne affectée à son service de bouche; c'est un garçon fort honnête, qui, en raison même de sa probité,