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nous avons cherché la vérité... Nous ne nous arrêterons pas dans notre poursuite, et nous nous mêlerons, sans arrièrepensée d'ambition, de gloire ou de lucre, aux autres explorateurs (1. c., p. 115). » (*)
Chacun applaudirait à ces paroles si elles n'avaient point de sous-entendu. Malheureusement, M. Delbœuf a déjà désigné les gens à diplôme comme étant ceux qui nourrissent les arrière-pensées de lucre, de gloire et d'ambition, en disant qu’ils poursuivent des intérêts qu'on n'avoue pas.
Il nous serait facile de rétorquer l'argument et da dire, que toutes les fois que des intérêts privés sont touchés par des mesures de salubrité publique, c'est ainsi qu'ils se défendent, en suspectant les intentions de ceux qui réclament ces mesures. Nous pourrions dire que M. Delbœuf prêche pour sa paroisse, puisque, n'étant pas médecin, il soigne, par pur amour de l'humanité, les malades que lui adressent nos confrères belges, ou que lui attire sa renommée d'excellent magnétiseur ; ce qui constituerait un délit d'exercice illégal de la médecine, si l’hypnotisme venait à être réglementé par les lois sanitaires de la Belgique. Mais nous nous garderons d'imiter notre contradicteur en lui faisant un procès de tendance. nous ne suspecterons pas sa parfaite bonne foi, et nous admettrons franchement qu'il croit, comme il ledit, à l'innocuité absolue des représentations des magnétiseurs publics.
L'honorable M. Delbœuf nous permettra cependant de professer une opinion diamétralement opposée. Pour nous, le danger de ces représentations est une affaire dès longtemps démontrée (“*), et voilà pourquoi nous n'hésitons pas à demander leur interdiction.
M. Ladame l'a si bien senti qu’il a eu à cœur de donner à croire à ses lecteurs, déjà dans la note qui précède et dans les lignes qui vont suivre, (voir ma réponse) que « je prêchais pour ma paroisse ». Hélas! cet argument ad hominem s'est malheureusement trompé d'adresse.
(”) Le leitmotiv revient toujours. M. Ladame doit être wagnérien.
(*”) Alors à quoi bon discuter? c'est démontré pour les médecins; comme
E. Nous avons observé, en 1880, l'épidémie de « manie hypnotique » (*) qui sévissait à Neuchâtel et à la Chaux-de- Fonds, surtout chez lesélèves des écoles, après les séances de Donato. Nous avons eu connaissance à cette époque de plusieurs cas de maladies nerveuses survenues chez des personnes qui avaient assisté à ces spectacles. Nous avons même été appelé à présenter un rapport médico-légal sur un cas de viol pendant l’hypnotisme, qui eut lieu peu de temps après le passage du célèbre magnétiseur. En février 1881, nous avons vu à Lausanne des jeunes gens tomber spontanément en attaque de sommeil hypnotique, pendant une conférence que nous donnions sur ce sujet ; Ces jeunes gens avaient été hypnotisés quelques mois auparavant par Donato("*).Dès lors, à maintes reprises, nous avons été consulté par des malades
le miracle de Josué ou ceux de Lourdes le sont pour les vrais croyants. Et malheur à ceux qui ne croient pas! on fera appel au bras séculier pour leur inculquer des convictions orthodoxes.
(") Nous savons quand, par qui at en l'honneur de qui l'expression fut inventée (v. p. 38, la note). Nous voyons l'usage que M. Ladame en fait en la démarquant quelque peu.
(‘*) Le cas de viol est une affaire de chantage ; il n’y avait pas eu de viol, et la jeune personne était de mœurs légères (voir ma réponse et la réplique de M. Ladame et mes observations sur la réolique). Quant au sommeil spontané, voici le fait : M. Strohl suivait Donato partout comme son ombre, recherchait sa société et ses entretiens, se faisait donner par lui des leçons de magnétisme, et obtenait la permission de s’essayer avec ses sujets. Donato parti, il se fit l’acolyte de M. Ladame, se chargea du rôle de démonstrateur pendant que son maître parlait, et en échange laissa inscrire à son actif, dans le Magnétisme dévoilé, comme fruits de son expérience, toutes les remarques que Donato lui avait communiquées. Voici maintenant le récit tel qu'on le lit dans le Magnétisme dévoilé (p. 9.) :
« Nous avons provoqué, M. Strohl et moi, bien involontairement, les mêmes accidents à Lausanne pendant la séance expérimentale que nous donnions le 25 mars 1881, au Casino-Théâtre. Quelques jeunes personnes fortement émotionnées, durent quitter la salle, des jeunes gens s'endormirent spontanément du sommeil hypnotique et si profondément qu'on vint nous appeler après la séance pour les réveiller. Nous apprimes que
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dont les troubles nerveux dataient d'une séance de magnétisme (1) (*).
Tout récemment enfin, nous avons soutenu, à Genève, une polémique dans la presse (**), à la suite des séances publiques d’un autre fameux magnétiseur, M. Onofroff, dont les représentations furent interdites lorsqu'il eut donné à ses sujets des suggestions posthypnotiques de nature à troubler l’ordre public, en les envoyant, à l'heure de midi, accomplir diverses pantomimes sur une des places les plus fréquentées de la ville.
Au risque de répéter ce que tout le monde sait (***), je dirai
c'étaient des jeunes gens hypnotisés par Donato lors de son passage à "Lausanne ! De tels exemples suffisent pour condamner la pratique clandestine ou publique du magnétisme, qui peut avoir de si tristes conséquences. » |
Remarquez les malices de ce récit ; remarquez ce « bien involontairement qui, pris à la lettre, n'aurait pas de sens à propos d'accidents aussi insignifiants, mais qui a pour but de montrer les dangers, les grands dangers des magnétiseurs publics ; remarquez cas gens qui s'endorment spontanément et que MM. Ladame et Strohl durent venir réveiller ; remarquez ce « nous apprîmes que c'étaient des jeunes gens hypnotisés par Donato » comme ei M. Strohl ne les connaissait pas, et remarquez le signe d'exclamation « par Dovato à Lausanne ! » Or, à moi qui ai fait trois conférences devant des centaines et des milliers de personnes, de mes sujets étant présents, ainsi que des sujets de Léon et de Donato que j'avais employés, rien de semblable ne m'est arrivé. Etranges en vérité, ces accidents involontaires. De plus, les accidents arrivent à M. Ladame, et on les porte au passif de Donato !
(1) Voir Ladame : L'hypnotisme et la médecine légale. — Lyon, 1887. — Note de M. L.
(‘) Les Suisses sont décilément plus nerveux que les Liégeois ; et dire que les séances de magnétisme sont interdites là-bas, permises chez nous |
(**) Que prouve le fait d'avoir soutenu une polémique f
("**) Je reste seul à l'ignorer, seul avec MM. Liébeault, Bernheim, Liégeois at Morseili. Ce sunt là des accusations vagues. M. Ladame est tenu d'apporter un accident authentique arrivé en Suisse à l'un des sujets ou des spectateurs de Donato ou de quelque autre habile magnétiseur. Or il
donc, qu'outre les accidents nerveux immédiats qui peuvent frapper les sujets ou les spectateurs, il faut considérer encore les conséquences secondaires et lointaines des représentations publiques.
Ces conséquences sont :
1° La propagation d’une épidémie mentale (*), sous forme de manie hypnotique , pouvant donner naissance à diverses névroses et psychoses chez les personnes prédisposées.
2° La réalisation des suggestions posthypnotiques, comme M. Onofroff s'est chargé d'en donner à Genève une démonstration éclatante. Qui pourrait nier, dans un cas semblable, la possibilité (**) de l'accomplissement d'une suggestion criminelle à échéance plus ou moins éloignée ?
3° L'éducation de misérables qui trouvent dans ces séances 4 des leçons leur apprenant à se servir de l'hypnotisme pour la satisfaction de leurs vices et de leur immoralité. M. Delbœuf reconnait lui-même que les attentats à la pudeur sont parfaitement possibles par le moyen de l’hypnotisme, et cela suffirait pour démontrer la nécessité de l'interdiction de spectacles publics où les scélérats peuvent venir s'initier aux procédés d'hypnotisation qui leur permettent de violer ehsuite impunément leurs victimes (***).
ne l'a jamais fait. Ilne s’agit pas d'admettre éomme preuve tel ou tel racontâr dé malade qui cherche une causé À sa maladie, et qui, soufflé peut-être par le docteur, songe à une représentation d'hypnotisme, comme il pourrait songer à une conférence de MM. Strohl et Ladame.
() Ce doit étre une épidémie tout à Fait loéale , eomme le erétinisme dans le Valais.
(*) A-ton jamais légiféré contre des possibilités ? La lumière électriqu'e a déjà tué bien des gens; aurait-on dû en interdire l'emploi par la crainte d'accidents possibles ? D'ailleurs l'interdiction des séances publiques est en opposition avec le but que l'on vise.
("”) Personne n’a jamais appris à hypnotiser par les séances publiques et surtout on nira jamais y apprendre, ià ni ailleurs, l'art de violer impunément. Ce sont des phrases vides; et quand même cela serait, cela ne
F. L'iñterdiction des séances publiques des magnétiseurs est une simple mesure de police qui ne peut suffire aux exigences nouvelles créées par l'avènement de l'hypnotisme dans les sciences médicales. Ce n'est même qu'un des plus petits côtés de la question.
Nous demandons davantage. L'intervention des autorités administratives dans la règlementation de l’hypnotisme ne saurait se borner à des prescriptions d'hygiène publique et de police sanitaire. |
G. L'emploi de la thérapeutique suggestive doit rentrer, comme tout autre agent médical, dans les lois et règlements qui régissent l'art de guérir. Mais comme le diplômé de médecin ne sacre pas hypnotiseur, fl devient absolument nécessaire que l’enseignement de l'hypnotisme soit introduit d'une manière officielle dans les programmes des Facultés de médecine. |
Il n'est point besoin pour cela d’un bouleversement de ces programmes. La clinique de l'hypnotisme appartient de droit à la psychiatrie, et il suffirait d'exiger des candidats en médecine, au moment de leurs examens de doctorat (*), là justification de connaissances pratiques dans l’art d'hypnotiser , et dans les applications thérapeutiques des suggestions hypnotiques, comme on leur demande celle des méthodes et des procédés dans l’art opératoire de la chirurgie et des accouchements.
suffirait pas pour justifier l'interdiction. C'est comme si l’on interdisait de faire des leçons sur les champignons vénéneux ou sur les moyens dereconnaître lés falsifications alimentaires.
(*) C'est impraticable. Les vrais hypnotiseurs sont rares, et quand le premier médecin venu, se flant à son diplôme, voudra hypnotiser sans avoir reçu “ du ciel l'influence secrète », ses échecs aurônt bientôt Bui dé tuer la foi en l’hypnotisme chez lui et chez ses malades. Je le crains, il en sera de l'hypnotisme, grâce aux revendications médicales, comme dé beaucoup de remèdes: il ne guérira que pendant un temps. Après quoi, devant les nouvelles générations, apparaîtront de nouveaux zouaves Jacobs et autres thaumaturges.
C'est pourquoi j'ai l'honneur de proposer au Congrès les conclusions suivantes :
« LE CONGRÉS DE L'HYPNOTISME, Vu les dangers des représentations publiques de magnétisme et d'hypnotisme,
Considérant que l'emploi de Fhypnotisme comme agent thérapeutique rentre dans le domaine de la science médicale et que l’enseignement officiel de ses applications est du ressort de la psychiatrie,