Quelle forme ont-ils? — La forme humaine, etc
Chacun peut, suivant le genre d’instruction qu il désire, poser des questions qui y ont rapport; mais qu’il sache, avant tout, consulter le goût de son lucide, et l’affection présente de l’esprit évoqué, car si l’on ne prenait pas ces précautions, on serait jeté dans un labyrinthe d’erreurs , d’où l’on ne pourrait sortir que moins éclairé qu’auparavant; quelques vérités placées parmi ces erreurs les feraient accepter comme vraies, ce qui serait un grand mécompte pour la personne trop crédule. Les esprits emportant leurs principales affections, ne sont pas totalement détachés de l’orgueil, la plus grande des lèpres qui rongent l’espèce humaine, et iis veulent souvent paraître en connaître plus qu’ils ne savent. Que l’on soit ferme dans ses quesi lions, toujoiirs méfiant , ne se rendre qu’à ce \ qui dépasse notrejugement, ne pas pousser cette 1 méfiance jusqu’à ne vouloir rien accepter,
])arce qu’on ne peut comprendre ce qu’on entend; il faut n’égarer aucune révélation, en tenir un journal exact, changer le plus qu on pourra de lucides , les questionner tous de la même manière et juger sur la concordance de leurs réponses. Si l’on a quelque croyance en Dieu, toujours le prier, du fond du cœur, d’éloigner les esprits des ténèbres des lucides ; implorer, au contraire, l’esprit de lumière, ne pas accepter le premier esprit qui se présente, n’importe sa tenue ou son entourage imposant; il faut prier votre lucide de s’unir à vous pour le chasser avec une ferme volonté, s’il n’est pas un envoyé de Dieu, \oici le peu de mots par lesquels j’opère en cette circonstance : Au nom de Dieu, ton créateiu’ et le mien, je t’ordonne de te retirer, si tu n’es pas envoyé de sa part vers nous! Celui qui résiste à ce commandement , si vous avez un lucide pur^ est un esprit bienfaisant; questionnez- le. S’il fait cjuelques erreurs, ne l’en accusez pas , ce n’est pas pour vous tromper, c’est le peu de goût {[u’il prend à ces questions, surtout si elles ont rapport a la terre. Leur mémoire est riche de tout ce qu’ils y ont vu, mais ils n’aiment pas y fouiller ni en parler. Sa ressemblance, sa mise, «piehpies révélations qu’il vous fera, vous donneront l’assurance (pi’il existe. Ne soyez pas
(.xigeaiit a son egard, ne lui posez pas de questions de inéüance, comme ; Comment vous appelez-vous? puisqu’il est venu à son nom. Quelle est votre famille ? puisque vous la connaissez aussi bien que lui (^dans le cas contraire, questionnez). Ne lui demandez pas depuis quand il est mort, il n’en sait rien; laissez-le libre de vous répondre , en ne le contrariant pas, car il lit dans votre pensée ; il est de bonne foi ; il croit que sa présence doit vous suffire dans tous les détails qui l’entourent pour vous faire croire à son existence. Ayez la meme bonne foi, et vous en saurez plus long que vous n’auriez pu désirer.
Pour initier votre lucide à ce genre d’apparition , cherchez d abord un sujet le plus indépendant possible de votre volonté, ne faites aucune expérience physique, où la communication des pensées lui est souvent très-nécessaire. Cherchez un lucide naturel, volontaire, point maladif, s’il vous est possible. Conduisez sa spécialité vers ces communications, sans jamais lui en demander d’autres que celles pour les maladies. Commencez par l’intéresser dans une apparition, en lui demandant s’il ne serait pas bien aise de voir quelqu’un de mort, qu’il aurait beaucoup afl’ectionné ; il sera curieux, son désir sera vif, et la personne de-
mandée mentalement par vous et par lui , se présentera en très-peu de temps. Continuez ce genre d’expérience, en changeant les personnages le plus que vous ])Ourrez. Sitôt que vous apercevrez que la vue d’un être mort affecte beaucoup votre lucide, qu’il paraît heureux de le revoir, dites-lui de prier cet esprit de vouloir bien le conduire dans les lieux qu’il habite; il le fera sans difficulté, à une condition, c’est que le lucide redescendra sur terre après un court intervalle de temps, qui ne dépassera pas dix minutes, selon la nature impressionnable du sujet. Pour l’aider dans ce départ, remettez-le sous la garde de Dieu et de son guide; posez votre main à quelque distance du sommet de la tête, les doigts en bas et rassemblés en pointe , désirez qu’ils attirent et ouvrent l’espace fictif nécessaire au passage de l ame. Lorsque vous le verrez se penchant en arriére, les bras retombant mollement le long du corps, que la face se colorera et prendra une expression de béatitude, laissez-le le temps convenu dans ce recueillement extatique. Tenez toujours, par prudence, vos yeux fixés sur les plexus, princi|)alement le solaire ou creux de l’estomac, en retenant par votre volonté la vie dans le corps suffisamment pour ne pas 1 abandonner. Si votre lucide ne revient
pas à 1 heure convenue, que vous aperceviez son visage se décolorer, prendre une teinte bisjaune, n’allez pas plus loin, la mort est là. Fermez-lui la porte, en faisant, avec une force de volonté très -prononcée, quelques passes transversales sur la tête et devant la figure de l’extatique; s’il était longtemps à vous répondre, ne vous troublez pas, faites comme si vous le tiriez d’en haut avec le secours d’une corde, soufflez à chaud sur le cœur, et vous le verrez repasser dans l’état ordinaire du sommeil magnétique. Deinandez-lui ce qu’il a vu, n’en riez pas, car vous ne sauriez rien. Soyez de bonne foi, voyez dans ses révélations un acte de démence ou de vérité sans l’en instruire et pensez- en ce que vous voudrez. Tous les conseils que je viens de donner ne sont dictés que par une sage prudence; il y a beaucoup d’extatiques de nuances différentes et qui n’ont pas besoin de cette prudence; mais il y en a envers lesquels on ne peut être trop circonspect; je le sais par expérience. On doit se tenir pour averti à ce sujet, la mort ou la folie pourraient être la suite de ces tentatives. L’extase par laquelle on communique avec les es[jrits sur terre n’olîre aucun danger, c’est ce que les somnambules tout avec le plus de facilité. Je recommande encore
si le lucide, en parlant avec des esprits, sollicite de vous quelques actes de respect ou d’assentiment à quelques gestes, tout en conservant votre dignité d’homme, qui ne doit fléchir le genou que devant son Créateur, ne vous refusez pas à ce qui ne pourrait vous blesser en rien. Soyez confiant y réservé ^ 'volontaire y raisonnable, studieux, sans passion, et vous obtiendrez un dédommagement à vos études, qui vous rendra plus heureux que vous ne le fûtes jamais; vous maudirez moins la terre et ses chagrins, vu que vous saurez qu’ils sont utiles; vous n’accuserez plus Dieu, dans vos souffrances, parce que vous saurez qu’il est infiniment bon; vous ne vous croirez plus un être savant, parce que plus vous irez, plus vous verrez que vous ne savez rien; vous admirerez avec patience ce mécanisme terrestre, si beau, si grand d’un côté et si petit de l’autre ; vous aurez hâte d’aller réhahiter votre première demeure et vous serez moins attaché a vos hochets matériels; vous ne tremblerez plus devant votre cercueil, qui est la porte du temple de félicité où vous devez vivre éternellement ! !
MIROlU MAGIQUE.
J’ai promis de ne rien garder pour moi de ce que m’ont appris les esprits ; je dois tenir à ma parole en donnant au lecteur l’arcane du miroir magique qui m’a été dévoilé par M. Swedenborg, qui, lui-même, en possédait un, et dont j’ai déjà parlé; ce miroir ressemble beaucoup à un que possédait, au xviii° siècle, à Paris, un juif nommé Léon, que j’ai vu cité quelque part, et qui faisait beaucoup de bruit dans ce temps; j’en fis deux de la manière qu’il m’avait été recommandé, je fis présent d’un à M. Renard, mon ami, qui, après diverses expériences, le trouva bon; le mien ne l’était pas moins. Voici comme on doit s’y prendre : Il faut avoir un verre de glace aussi beau que possible, taillé d’avance de la grandeur qu’on désire, le placer sur un feu trèsdoux pendant qu’on fait fondre de la mine de plomb très-belle dans une légère quantité d’buile fine pour que cela acquière la consistance d’une pommade liquide qui puisse s’étendre avec facilité sur le verre où vous la
versez quand elle est bien délayée ou fondue, ce. qui n’est pas long. Le verre étant chaud vous l’inclinez de côté et d’autre afin que le mélange s’étende de lui-même partout également ; puis vous posez le verre sur quelque chose qui soit très-droit et bien horizontalement placé; vous laissez sécher l’amalgame sans y toucher; c’est l’affaire de quelques jours; cela devient dur comme de l’étain , et olFre un très-beau miroitage noir ; vous encadrez votre verre et le placez après avoir bien essuyé la surface , où il y a quelque saleté ; vous pouvez le placer comme une glace le long d’un mur, mais toujours à faux jour. Vous faites placer la personne qui désire voir un voleur, un esprit ou un lieu , devant ce miroir, vous vous mettez derrière elle, la fixant fortement derrière la tète vers le cervelet, et vous appelez l’esprit à haute voix au nom de Dieu, de manière h en imposer au voyant.
L on pense bien que ce genre d’expérience exige quelques conditions, dont la première est de trouver un individu doué de ce genre de vues. Rien n’est général dans les faits psychologiques. On a beaucoup parlé dans le temps du miroir magique du docteur Dée, qui fut vendu, en 1842, parmi les curiosités que possédait IM. Horace \\ al[)ole, à Slraherry-llill ,
la somme énorme de trois cent vingt-six francs. C’était simplement nn morceau de charbon de terre parfaitement poli, taillé en forme circulaire, avec un manche; cette curiosité figurait autrefois dans le cabinet du comte de Péîesborough. Le catalogue l’indiquait ainsi : « Pierre noire au moyen de laquelle le docteur Dée évoquait les esprits. » Il passa des mains du comte dans celles de lady Elisabeth Germaine, puis devint la propriété de John, dernier duc Dargyle, dont le petit-fils lord Campbell le donna à Walpole; l’auteur du Tlieatrum chimicumy Elias Ashmole, parle du même miroir en ces termes : « A l’aide de cette pierre magique , on peut voir toutes les personnes que l’on veut dans quelque partie du monde qu’elles puissent être, et fussent-elles cachées au fond des appartements les plus reculés ou même dans les cavernes qui sont aux entrailles de la terre. » Jean Dée, né à Londres en 1 527 , était le fils d’un marchand de vin ; il étudia les sciences avec succès , il s’adonna bientôt à l’astrologie judiciaire ; la reine Elisabeth le prit sous sa protection ; il composa plusieurs ouvrages utiles, il s’occupa beaucoup de magie, conjurait les esprits, faisait des prédictions , il voyait l’invisible ; lorsqu’il eut découvert son miroir , il adressa des
actions de grâce à Dieu. Il s’occupa toute sa vie de la pierre philosophale, il mourut à Londres âgé de 84 ans dans un état de grande misère. (Voyez le Magasin pittoresque ^ août 1845.)
M. le comte de Lahorde nous a rapporté un arcane à peu prés semblable en revenant d’Egypte. M. le baron du Potet en a communiqué un pareil à ses abonnés, dans son Journal du magnétisme ; l’un est beaucoup plus simplifié que l’autre, et réussit aussi bien. M. de Laborde évoque positivement ; il se sert de parfums, il a besoin du concours des, esprits, et M. du Potet semble ne se servir que du magnétisme de la pensée. Cagliostro se servait aussi d’un magnétisme duquel on ne se doutait pas, en posant une main sur la tête de ses pupilles. Les sorciers de nos campagnes font de même dans le premier miroir venu, en implorant le secours des esprits qui facilitent ces expériences. M. de Laborde se sert d’une encre brillante qu’il met dans le creux de la main du voyant, et stimule son système nerveux par des parfums. M. du Potet se sert d’un morceau de charbon avec lequel il fait un rond sur son parquet avec l’intention de faire percevoir au voyant tel tableau que ce dernier désire; il soutient par la pensée le sujet sensible pour cette expérience. Les sorciers ont leur réputation qui leur est
(1 un grand secours. Quelques préventions contre telle ou telle personne soupçonnée de vol, ou d autre chose, leur air imposant, leur prière à tel esprit qui leur est familier, sans qu’ils connaissent positivement le sens de ce qu ils disent : ils opèrent !.. Léon , duquel j’ai parlé, faisait de même; des prières, delà foi, et une disposition de l’organe visuel facilitaient ses expériences. Cagliostro , précédé de sa réputation d’homme incompréhensible, le tact qu’il avait de choisir ses pupilles , son magnétisme occulte, etc., le faisait réussir souvent ; mais si je demande à MM. de Laborde, du Potet, Cagliostro, les sorciers Léon et d’autres, s’ils ont vu eux-mêmes dans leurs miroirs ou corps reflétant ? ils me répondront, non ; donc il faut être disposé pour ce genre d’expérience, être influencé par un appareil imposant, un magnétisme occulte, ou le secours des invocations et des parfums. C’est pourquoi je conseille, pour se servir avec avantage de mon miroir, d’entourer la cérémonie d’une certaine dignité et n’avoir recours qu’à tout ce qui peut agir sur l’imagination et les nerfs; tant par un magnétisme moral ou spirituel, que par le secours des parfums ; tous ceux qui portent ou répandent une odeur suave, douce, agréable, conviennent aux bons esprits, tels (pie rencens,
le musc, les gommes laques, etc., et pour les esprits mauvais, les graines de jusquiame, de chanvre , de belladone , d’anis on de coriandre, etc. Chacun recherche son atmosphère, ou ce qui y a rapport : mais surtout évitez le secours d’esprits invoqués à ce sujet. Que l’esprit de justice, de discrétion, d’humanité vous domine; hors cela, malheur à vous î
On ne comprendra peut-être pas pourquoi je recommande d’éviter l’invocation des esprits mauvais, et que j’enseigne les moyens de leur offrir les parfums qui leur conviennent. Je pense qu’on me croira assez conséquent avec moi-même, pour ne parler ici que des apparitions que l’on désire obtenir au sujet des vols, ou autres crimes commis à votre préjudice. Ce sont les esprits de ces coupables qui obéiront à votre commandement, de se ])résenter, et qui rechercheront l’odeur nauséabonde de ces parfums. Vous n’avez rien à redouter d’eux puisqu’au contraire ils ont tout à redouter de vous ; ce que je recommande d’éviter, c’est de prononcer des paroles, dont le sens vous est inconnu, qui appellent des esprits malfaisants à votre secours, pour vous faire apparaître ceux que vous désirez voir; la vraie magie (1)
(1) Ne confonclcz pas la magic angélique, qui sont les bien-
Il est pas autre chose; pour un peu de gloire terrestre , ne perdez pas le bonheur céleste. Dans toutes nos expériences de vues à distance sur teri e , nous pouvons nous passer de leur secours ; nous avons la puissance de le faire par nous-mêmes, aidés, comme je l’ai dit, des auxiliaires c|ui nous mettent dans les conditions nécessaires à obtenir ces résultats. Si je parais redouter le secours d’esprits inconnus, c est que le plus simple jugement qu’on pourra porter sur les phénomènes spirituels du magnétisme prouvera que des esprits existent après être débarrassés de leur enveloppe matérielle, mais qu’ils ne peuvent pas être immédiatement délivrés de leur affection pour le mal ; on doit avoir la conviction qu’ils ne peuvent la satisfaire sur les esprits qui les entourent et qui ont les mêmes goûts qu’eux ; nous sommes donc les seuls êtres mis à leur disposition et, sous l’apparence de l’empressement qu’ils mettent à nous être utiles, ils ne le font pas par obligeance, vu que leur seul bonheur est de faire le mal. Il est inutile d’expliquer davantage tout ce qu’il peut résulter de se joindre à eux.
faits miraculeux de Dipu, avec la magic spirituelle et la magie humaine; chacune a ses vues et son but. Elles sont séjiarécs en deux camps : harmonie et trouble.
— 3üi —
Le magnétisme et toutes scs propriétés nous montrent assez la dépendance de certaines intelligences sous la puissance du magnétiseur, pour que nous nous entourions de prudence ; la philosophie de cette science a tellement renversé toute idée reçue jusqu’à ce jour, que nous ne savons plus que penser, que croire et que faire. Si nous devons redouter les services d’un ami que nous croyons connaître, nous devons, à plus forte raison, redouter ceux d’étres inconnus ! Consultez, à cet égard, le Journal du Magnétisme y tome v, p. 276, article Conférences magnétiques ‘(magie) , par M. du Potet, où je lis à l’instant : « Les âmes des maudits sont les premières à répondre, car elles sont encore disposées à servir de sinistres projets ; n’exigez d’elles rien de plus , elles n’ont que ce pouvoir. Des hommes méchants tel a été le délire et le destin, car l’antiquité les a vus servir, pour de l’or, le déréglement et les passions. )) Quelle autorité vient à l’instant appuyer les conseils que je donne?... Continuez , homme estimable et sincère, vous avez de grandes choses à nous révéler aussi; ])arlez, ne redoutez pas le nom d’halluciné; il n’est jamais trop tôt d’éclairer ses frères; il est toujours trop tard (pi and on lés sait dans l’err('ui‘.