PEUT-ON GUÉRIR PAR LA PRIERE
Je me trouvais un jour à travailler de mon état chez M*"® Ferrière Penona, à laquelle je dois une sincère reconnaissance et un attachement non moins pur, par des rapports de familles, et les généreux égards dont cette dame n’a cessé de me donner des preuves en différentes circonstances. Ce jour-là, je la trouvai baignée de larmes et plongée dans la plus profonde douleur, je me hasardai à lui demander quelle était la cîiuse de ce chagrin et si quelque malheur ne la menaçait point? Ferrière me répondit: J’ai une petite-nièce que j’affectionne beaucoup, qui rend peut-être à l’instant le dernier soupir. — Quel âge a cet enfant ^ — Quatorze ans. — Il est pénible à cet âge de quitter la terre et d’aussi bons parents, dont on fait toute la félicité! Quelle maladie a-t-elle? — Les méde- ‘cins n’en savent rien. Mon pauvre frère vient d’arriver 'pour recevoir son dernier baiser; il en mourra de douleur, car il n’a qu’elle et l’aime par-dessus tout. — Croyez-vous qu’il n’y ait aucun remède? — Les médecins le di-
s«iit et la considèrent morte! — A-t-on essayé du magnétisme? — Oh! mon frère n’y croit pas; c’est un vieil ollicier qui penserait avoir perdu l’esprit s’il s’arrêtait à une semblable idée, et puis nous ne connaissons personne à qui nous adresser! — Je m’occupe beaucoup de cette science, j’ai la main assez heureuse ; je ne sais ce que j’éprouve, mais il me semble que tout espoir n’est pas perdu. — Si je le pensais, et que vous fussiez assez bon! — Je serais le plus heureux des hommes, Madame, si je pouvais sécher vos larmes ! — Comment faire ? — Faites-en parler à monsieur votre frère. — L’on fut deux mortelles heures à entrer en arrangement; la susceptibilité du médecin, la douloureuse position des parents, le désordre était dans tous les cœurs : enfin le médecin dit qu’il ne voyait aucun inconvénient. On vint m’annoncer cette nouvelle; je courus à l’hôtel, on m’introduisit prés du lit de la mourante; pas un mot ne fut proféré de la part des assistants ; j’inspirais peu de confiance, je portais la livrée du prolétaire !
Jamais je ne vis figure plus angélique, ni plus intéressante, un regard langoureux qui semblait fuir l’aspect de la mort qui l’entourait, pour se rattacher à quelques jouets, à quelques fleurs qui, comme elle, étaient lan-
guissamment pencliées sur les bords d’un vase où elles n’étaient plus alimentées par l’eau du ciel : à quatorze ans la vie est si riche d’espoir et d’émotions! Je m’approchai, lui demandai comment elle se trouvait, et si elle voulait me permettre de lui prendre la main. A qui parlais-je. Dieu bon ? La parole n’était plus à son service : elle me laissa voir, en avançant sa main, que j’avais été compris. Le père et la garde de cette intéressante enfant étaient dans l’embrasure d’une fenêtre, qui fondaient en larmes; je portai mes regards sur les beaux yeux de cette frêle créature; je ne sais plus ce qui se passa en moi, je me souviens que je lui parlai longtemps mentalement, je lui prodiguai les consolations les plus tendres, l’espoir le plus ferme! J’implorai la miséricorde du Seigneur, et l’influx bienfaisant des légions sacrées des anges, j’attirai son âme en mon âme, je lui ouvris mon cœur pour la revivifier par les douces émotions qui l’agitaient; les yeux de son corps étaient clos, les miens répandaient une lumière phosphorescente sur tous les endroits où ils se portaient; je respirais une odeur suave, une atmosphère tiède m’entourait; je n’étais plus sur terre, nous étions aux cieux! Ah! vous qui riez de tout, respectez ce récit, c’est celui d’un cœ.ur franc et aimant,
qui pour la preniiére fois remplissait le doux rôle de père, et qui fut heureux ce seul jour, cette seule heure ! 11 ne pensait plus à son existence pénible, il était tout en cet enfant, et cet enfant était tout en lui! Je ne vous dirai pas combien de temps dura cette scène, ce qu’en pensèrent les êtres présents, ce que j’en pense maintenant. Elle était sauvée^ le soir elle prenait le premier repas de la quinzaine, dormit tout la nuit pour la première fois depuis huit jours, et trois jours après elle foulait d’un pas assuré les feuilles mortes du jardin des Tuileries. Je ne l’ai vue que cette fois : nous nous reverrons au ciel.
Priez I Essayez !
Je dois remercier le seul et unique Créateur de l’univers, de la divine inspiration de cet ouvrage, tant pour moi que pour tous les hommes en général, auxquels il apportera le plus grand calme en régénérant, par les expériences qu’il propose, la foi en l’autre monde, si chancelante ici-bas ! en enseignant le moyen à la tendre mère, le fidèle époux, l’amante inconsolable, de revoir dans leur sommeil map^nétique les objets de leur aflèction, parler avec eux, recevoir et se donner des preuves de leur
allacliement mutuel, et de leur reconnaissant souvenir.
O vous, cataleptiseurs de membres, qui croiriez compromettre le peu que vous dites savoir, si vous accordiez quelques minutes à vos sujets pour épancher leur cœur dans le sein de ces esprits immortels, qui rient de votre ignorance et de votre sot orgueil, vous qui rejetez le manteau du ridicule qui devrait vous couvrir sur les magnétiseurs spiritualistes ! s’il vous reste un peu de bonne foi, dites avec moi, que vous lie savez rien, ne pouvez rien, ne saurez jamais rien, si vous ne consultez pas vos lucides sur ce que vous ignorez, et si vous n’acquérez pas la preuve que vous n’êtes pas des cruches vides, mais au contraire qu’il y a dans elles un être qui leur est bien supérieur; que cet être n’est pas une mollécule d’air ambiant qui rentre dans l’espace, après avoir quitté le corpsqu’elle animait, comme la goutte d’eau rentre dans la mer; mais est bien un être individuaLisé pour V éternité, ayant %o\\ven?LnQe de son exister matériel et connaissant vos sots raisonnements ; que cet être est près de vous selon vos désirs, et ne demande qu’à répondre à vos questions ; si vous ne pouvez le voir ni le toucher, c’est que votre prison est trop matérielle, vos yeux trop voilés et votre jugement trop orgueilleux.
Je vous engage donc à revenir sur vos décisions, éviter les deux extrêmes, tout nier tel vous faisiez, ou tout croire comme l’ont fait (juelqucs écrivains magnétiseurs. J’en ai assez dit dans cet ouvrage pour ne pas vous conduire chez Brahma, ni chez Mahomet. Restez hommes î enfants de Dieu prosternés à ses pieds, mais non aux pieds de vos semblables!
Je dois aussi remercier tous les souscripteurs, dont l’intuitive confiance ne sera pas désabusée, je 1 espère ; ne vivant pas encore dans une atmosphère de liberté de conscience sans nuages, je dois taire quelques noms d hommes bienveillants qui ont plus ou moins contribue a la publication de cet ouvrage, en me facilitant a obtenir le nombre que je désirais de souscripteurs, ne voulant rendre personne responsable d’une oeuvre qu’on a peutêtre acceptée avec trop de faveur, sans la connaître. Que ne puis-je citer le nom d’un confiant disciple de Swedenborg qui m’a avancé les fonds nécessaires à l’impression, et celui d’un généreux ami des lumières qui a souscrit pour 100 francs.
Mais honte aux savants auxquels je me suis adressé et qui ne m’ont pas fait l’honneur d’une léponse. Quelle peut en être la raison? Je voulais leur démontrer mathématiquement l’exis-
tence d’une âme de laquelle ils parlent, mais à laquelle ils ne croient pas! Je voulais leur enseigner une école, où tous les hommes en général seront forcés d’aller faire de nouvelles études. Je venais solliciter humblement l’obole de la philanthropie , pour m’aider dans cette publication. A qui m’adressé-je , hélas! Je voulais éclairer qui enseigne! Je demandais à qui mendie ! J’offrais de vendre aux pr inces du commerce ! Je dois m’écrier avec Saint-Martin : a Rien n’est plus aisé que d’arriver à la porte des vérités, rien n’est plus rare et difficile que d’y entrer, et c’est là le cas de la plupart des savants de ce monde!
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