INTRODUCTION
La mort n’est qu’une des heures de notre cadran, et notre cadran doit tourner éternellement.
Saint Martin.
Le but de cet ouvrage n’est pas de vouloir créer ou anéantir tel ou tel système, être favorable à une religion, à des croyances plus ou moins en relief dans notre siècle ; son seul but est de dire aux hommes qui, comme moi, recherchent la vérité de toute la force de leur âme. Suivez le chemin dans lequel je la crois, et vous la trouverez. Soyez prudents, n’admettez, ne rejetez rien sans un mûr examen; ce que vous ne pourrez comprendre, ne dites jamais cela n’est pas!
Le somnambulisme, l’extase, provoqués par le magnétisme, sont les seuls moyens de parvenir aux fins que je me suis proposées ; tout autre état, obtenu par les moyens ordinaires des narcotiques, laisse l’individu trop livré aux l'cssources de ses croyances, aux influences de ses désirs, et on n’obtiendra que des résultats très-suspects! Si au contraire, des sujets divers pris dans toutes les conditions civilisées de la vie sont dirigés par des hommes qui n’aient rien d’arrêté que le but de s’instruire, les résultats en seront plus parfaits. Pourquoi? parce que l’extatique isolé ressemble à un frêle esquif sur une mer sans bornes, n’ayant aucune route déterminée; le récit qu’il fera de ce voyage peindra l’ensemble du tableau qu’il aura vu, sans eu décrire les parties ; s’il est conduit par une volonté plus ferme que la sienne vers un but proposé, on parviendra à la vérité.
Une fois entré dans cette voie, on aurait tort de s’arrêter a vouloir connaître, comprendre et déflnir l’existence de Dieu; en douter, c’est se rayer soi-même de la liste des êtres raisonnables; le démontrer, c’est ne pas le croire assez [uiissant pour le faire lui-même; parler de sa bonté, de sa justice, bien ! mais de sa colère, c’est nous rassimilcr; lui
donner la fonnc de soleil, d’honnne, de tortue, légumes, ou autres, c’est répéter une multitude de systèmes (}ui n’aboutissent tous qu’à entretenir notre langue dans un éternel mouvement, et démontrer combien l’homme est sot de vouloir expliquer ce qu’il ne peut raisonnablement et mathématiquement comprendre ; nous nous bornerons à avouer qu’avant d’expliquer Dieu, nous voudrions pouvoiinous expliquer nous-même.
Le mot Dieu ou celui de Jéhova désignent un Etre auquel nous attribuons les innombrables mystères qui nous entourent ! un Etre pensant, moteur de la nature, foyer central vers lequel tous les êtres gravitent, et auquel ils doivent tous d’être ce qu’ils sont. Cela doit nous suffire.
Plongé dans ces explorations, nous n’imiterons pas les prophètes ou leurs commentateurs, qui n’ont écritque pour un petit nombre dont l’intelligence plus ou moins ouverte profita seule de ces écrits. Point de figures symboliques, cabalistiques ou mystiques; ce n’est pas là ce que je médite; je veux dii’e à tous les êtres, si je le peux : Cet ouvrage vous offrira la preuve d’un monde meilleur que le nôtre, où vous existerez après avoir laissé votre corps dans celui-ci, et où un Dieu infiniment bon vous récompensera au centuple des maux qu’il était utile que vous souffrissiez sur cette terre de douleur. Je vais vous démontrer cjuc vos parents, vos amis vous y attendent avec impatience, que voqs pouvez, quoique sur ce globe, entrer en communication avec eux, leur parler et obtenir des renseignements que vous jugerez nécessaires; pour cela faire, il ne faut pas nier l’existence de l’àme, ou mettre au moins toute bonne volonté et justice à obtenir les preuves que vous désirerez ; par le somnambulisme vous en aurez autant que vous voudrez.
Je ne puis passer sur ce mot âme, sans adresser ces questions à qui ne croit pas à son existence. Quel est l’homme sensé qui peut répondre qu’il n’y a pas un être dans notre corps qui en parait séparé (juoiiiue lui étant intimement uni? Ce moi qui répond au moindre désir de la raison, ce moteur, cette pensée mère autour de laquelle^ sont groupées les mille et une pensées qui constituent toute notre existence, fpiehpie chose nous répond toujours ; Je suis là, j’existe chez toi, je suis une unité pour toi, et
une fraction iioiir la masse; dans mon unité, je suis aussi compliquée que la masse; on me nomme àme, esprit, moteur, partie essentielle de Dieu, sans connaitre positivement la nature de mon essence; que Je sois la matière dans sa vie la plus éthérée ou une substance lumineuse à part, je ne suis l’esclave de cette matière qu’un instant dans l’éternité, je ne subis ses lois que parce que je suis identifiée avei; elle par besoin ; que je sois de sa nature ou d’une autre, il n’en vient pas moins un moment où je dois me séparer d’elle : ce qui figure la mort, rend à la terre les atomes que le corps lui a empruntés, et moi je rends à l’espace la particule de substance spirituelle dont je suis formée; moi, fille immortelle de l’éternité, voyageuse un moment arrêtée sur ce petit tas de boue, je rentre dans mon vaste domaine pour ne plus en sortir, et y jouir des propriétés dont m’a gratifié mon Créateur.
Si la matière ne m’avait pas pour l’animer, pour penser en elle et la faire agir, ce corps, qui ne serait qu’un composé de fluides et molécules matérielles selon votre philosophie, serait mis en mouvement par l’harmonie de ces mêmes fluides. Quand je quitte le corps, avec les combinaisons que possèdent la chimie , la pbysiipie et la médecine, que ne parviennent -elles à réliarmoniser ces molécules et leur redonner l’existence! Le galvanisme est parvenu à faire rejouer le mécanisme nerveux après que j’avais abandonné mon enveloppe : mais là s’arrête son pouvoir, la pensée mon inséparable propriété ne peut être communiquée que par moi seule; scule^ je suis le grand levier qui peut faire fonctionner tous ces organes dont je connais les ramifications; aucun mouvement ne peut me remplacer, ne peut penser et agir pour moi! Pourquoi? parce que je suis la vie, que je suis une pensée individualisée et protégée de mon Créateur. Je peux seule être ce moi, cet esprit, cette àme! qui ne peut pas plus' finir que la nature de sa substance qui est tout ce qui est!!!
Parce que vous ne pouvez me voir ni me toucher de vos 01‘ganes matériels, vous dites que je ne suis pas un être à part, une puissance à part. S’il fallait n’admcitre que ce (pie peuvent voir et loucher vos organes matériels, vous pourriez nier la jtensée, la jiarole, l’élcciricité, le galvanisme, la
sympathie, ranlipathie, rattraclion, la répulsion, les propriétés de l’aimant, enfin les agrégations des trois l•ègnes depuis la molécule éthérée dans laquelle se trouvent les principes du diamant, à celle de la plante et de l’animal ! Que de choses que les yeux ne peuvent voir, et les mains toucher qui cependant existent ; nous ne pouvons en présence des effets nier les causes que nous ne saurions expliquer.
L’homme seul possède le pouvoir de connaître les divers états de la matière qui le constitue, mais ce n’est pas par les moyens ordinaires de la science matérielle; pour parvenir à cette connaissance il faut (jne riioinme se dépouille de son enveloppe et se rende homogène avec l’état de la chose qu’il veut connaître. Il peut dans son exister matériel diviser la matière à l’infini, la combiner, mais il ne peut en connaître la vie. Cette vie n’est compréhensible que dans l’état spirituel où est la source de tout ce qui existe ; on ne peut expliquer les lois (jue <lc l’état dans lequel on est ; ne nions donc pas l’existence de l’àme, que nous sommes forcés -de reconnaître sans la voir.
Dans l’état spiritueU’àme représente en l’homme toute sa forme, et chacune de ses parties, ses passions et plaisirs , supériorité, infériorité et intelligence, se trouve individualisée comme sur terre, a souvenance de son exister terrestre, ses affections de familles et d’amis, ce qui sera prouvé par les apparitions et discussions psychologiques ci-après. Mes expériences n’avaient été suivies d’aucunes réflexions depuis leur commencement qui date de bien des années, parce que je voulais acquérir la connaissance intime du sujet que je me proposais de traiter, prendre mon temps pour juger sans enthousiasme les faits dont j'ai recueilli un assez grand nombre pour savoir à (jiioi m’en tenir. Je chercherai donc à expliquer le i)lus clairement possible ce que chaque révélation ;me paraîtra recéler d’important et de consolant pour l’humanité, heureux si je parviens à établir chez d’autres cette croyance ({ue j’ai acquise de l’existence de ce monde de consolation et faire pénétrer dans quelques âmes tout le bonheur (pie je ressens d’espérances aussi douces!