‹ Magnétisme. Arcanes de la vie future dévoilés. Ou, L'existence, la forme, les occupations de l'ame après sa séparation du corpsChapitre 30 sur 33 · MON DERNIER MOT SUR L’AME · texte numérisé non relu

MON DERNIER MOT SUR L’AME

Homme, comprends enfin qu’en loi vit un autre homme, Qu’àme imparfaitement, par déférence on nomme,

Où la pensée éclose mûrit le jugement

Sans (pic nous sachions le pourquoi, le comment j

Qu’il est en tout semblable en ses moindres artères.

Os, nerfs, sens, ligaments, muscles, tendons, viscères.

Il ne lui manque, hélas! qu’un peu de liberté Qu’il a perdue en toi, vil corps d’iniquité.

Frêle écorce d’un jour, égoïste orgueilleuse.

Enveloppe non moins que l’àme merveilleuse;

Si tu veux t’expliquer, tu tombes dans l’erreur ;

I)i‘ ta fragilité tu sens toute riiorreiir.

l‘our(iiioi rofusos-tii de croire en l’autre vie?

Tu ne sais d’où tu viens! Crois-moi, je te convie A connaître en ce jour ce qu’un jour tu seras.

Enfant tombé du ciel, tu te relèveras Si tu veux écouter l’avis que je te donne;

Fais ce que je t’ai dit, ton bien-être l’ordonne.

Et tu sauras qu’en toi repose un autre toi Qui rit de tes erreurs, chétif et pauvre roi,

Qui n’as que le néant et la mort pour refuge Et qui veux tout juger, ignorant et sot juge.

Cadavre plein d’humeur, que détrempe un peu d’eau !

Et qui croit ton moi mort en entrant au tombeau !

Un de moins, un de plus pour cette comédie Où chacun joue un rôle, où chacun parodie Ce qu’il croit bon, mauvais sans jamais profiter D’un moment de vertu pour le ciel mériter.

Non, tout n’est pas fini, le second acte commence Quand la terre d’adieu sur loi tombe en silence.

Loin d’être anéanti, l’homme naît au grand jour Et reconnaît de Dieu la puissance et l’amour.

Cejroi, grain de poussière, avec respect s’incline Aux pieds de l’unique roi qui commande et domine.

Qui créa la lumière, et la vie et la mort.

Qui dispose des cieux, des mondes et du sort.

Brave donc la terreur que t’inspire la tombe.

Ce n’est que ton logis qui la heurte et y tombe ; Laisse-le sans regrets à ronger par les vers ;

Ton domaine est plus grand ! les cieux te sont ouverts

22 décembre 1847.

Page 1