‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 2)Chapitre 16 sur 42 · EXPÉRIENCES DE M. SQU1RB · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES DE M. SQU1RB

M. Squire passe pour être médium, et nous le croyons, d'après ce que nous avons vu chez M. Piérart, gérant de la Reçue gyiritualule, en son domicile, rue du Bouloi. — C'est donc ce jeune homme, âgé de vingt-cinq ans, qui, comme M. Home, sert d'intermédiaire aux esprits qui produisent les manifestations dont nous avons été témoin et dont voici le détail :

Le jeudi 29 novembre, nous nous présentâmes chez M. Piérart qui nous reçut, avec sa bienveillance habituelle, dans son salon au milieu duquel était une table en bois de chêne possédant 90 centimètres dans son grand diamètre, et peut-être 55 centimètres dans son plus petit. — Comme épaisseur elle pouvait en avoir 8, et le tout pesait 70 livres.

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À neuf heures, nous comptâmes quarante personnes prétf ntes. — Parmi ces personnes , pinsieurs visitèrent minutieusement la table; — entre autres, un officier de marine aidé d'nne autre personne essayèrent, en prenant leur point d'appui, de renverser la table, de la soulever en mettant son centre de gravité dans la direction de la puissance qu'ils déployaient. — Peine inutile, ces messieurs constatèrent leur impuissance et attendirent son ascension dans des conditions moins acceptables d'après les lois mécaniques.

En effet, M. Squire s'assit à quelque distance de la table, c'est-à-dire assez éloigné pour pouvoir poser sa main sur le bord. — Un mouchoir servit de lien pour retenir les jambes adhérentes à la chaise. — Et une personne étrangère retenait dans ses mains celle qui restait disponible à M. Squire, c'était celle du côté droit. — Les spectateurs posés sur le premier rang firent tous la chaîne, à seule fin que personne ne pût quitter sa place à l'insu des témoins. — Ces conditions remplies, on retira toute lumière, et au bout de quelques minutes on entendit la table glisser sur le parquet, puis ensuite tomber. On ouvrit la porte immédiatement, et l'on vit la table renversée, posée sur un matelas disposé à cet effet derrière le corps' de M. Squire , — et ce dernier complètement dans la même position prise au moment de corn*

raencer l'expérience, moins toutefois la main gauche qui n'était plus alors sur la table.

Une autre expérience fat variée de cette manière. M. Sqaire, rendu à sa liberté et la table remise dans sa première position d'équilibre sur ses quatre pieds , —demanda un incrédule qui, debout près de lui , prit comme lui le bord de la table à son extrémité, dans son grand diamètre entre le pouce et l'index, et attendit l'expérience. On retira de nouveau la lumière, — deux minutes à peine écoulées, et la table glissait sur le parquet. La lumière apparut immédiatement sur la demande de M. Squire , et tout le monde vit la table les pieds en l'air, reposant sur les Utes de ces deux messieurs. — Gomment y était-elle Tenue ? C'est le problème à résoudre.

Une nouvelle édition de cette expérience fut renouvelée ; cette fois ce fut l'officier de marine qui se présenta. — Il avait essayé de la soulever, avec une autre personne, dans une position beaucoup plus avantageuse, et n'avait pu réussir; nous comprenions la curiosité de cet incrédule (car c'en était un), qui désirait voir ce qui se passerait en employant alors deux doigts de la main pour renverser et soulever ainsi un poids de 70 livres audessus de leurs tètes. — - La chaîne se forma de nouveau avec l'obscurité; le même résultat eut lieu et fut constaté en présence de la lumière. Ce

jeune officier avoua n'y rien comprendre; il a bien senti la table se soulever , il est certain qu'il n'y avait aucunes personnes qui servaient de compère ;

— que la table s'est bien mise au-dessus de sa tête et qu'il n'en sentit aucunement le poids, — mais que l'X ou la force intelligente qui l'a mise en mouvement reste à chercher.

En effet , c'est là que doit s'arrêter l'observateur qui veut étudier. — Car ici, comme dans d'autres circonstances, ce n'est pas une force électrique ordinaire et privée de direction. C'est donc bien une puissance, et une puissance intelligente; telle est notre opinion du moins dans tous ces faits si variés dont on est témoin aujourd'hui. — Dire à présent qu'il n'y a pas des imitateurs qui cherchent à suppléer parfois aux moyens occultes,

— oui, nous le croyons sans peine, mais l'évidence des faits se manifestant en dehors des lois connues de la pesanteur et des autres lois physiques , n'en sont pas moins dune grande réalité.

Dans cette soirée, nous avons entendu raconter par un témoin oculaire une expérience qui eut lieu chez un directeur d'un de nos grands théâtres subventionnés. Nous ne croyons pas commettre d'indiscrétion en la racontant très-brièvement. — On pourrait presque dire de ce fait, que c'était un jeu d'enfants.

Le directeur de ce théâtre donnait une soirée;

M. T..., un acteur connu et estimé du public , y assistait. On vint à parler médium et desmanifestations dont ils sont parfois les promoteurs. M*X.., qui a la direction du théâtre, est quelque peu initié à ces phénomènes. — Il proposa donc à M. T... de vouloir bien s'asseoir, de ne rien craindre de ce qui pourrait arriver, et pria ses deux jeunes enfants de se mettre chacun d'un côté latéral de la chaise et de poser un doigt sur un des bâtons qui se trouvent au-dessous du siège. — Au bout d'un instant on vit la chaise et M. T... transportés au-dessus des visages et retomber ainsi sans secousse.

Sans entrer dans de plus grands détails , nous sommes ici encore obligés d'admettre une puissance intelligente, invisible (nous ne mentionnons pas % laquelle), mais à coup sûr c'en est une, qui sait ainsi prendre aussi adroitement la chaise pour la soulever et la conduire ensuite jusqu'à terre sans brutalité. — Nous ne pouvons admetre une force brutale privée de volonté qui puisse se comporter aussi convenablement en société. Notre opinion est telle jusqu'à preuve du contraire.

Nous extrayons du Monde illustré du 1 5 décembre les anecdotes qui suivent, extraites du Courrier de Paris de M. Jules Lecomte.

— Voici an fait auquel ni vous ni moi ne saurions rien comprendre.

Il y a quelques semaines la bellissime baronne Alphonse de Rothschild suivait une chasse, en famille, dans les dépendances du château de Ferrières. En retirant un de ses gants de peau de daim, elle laisse glisser de son doigt une bague en diamant qui tombe sur le chemin sans qu'elle s'en aperçoive. Plus tard, en rentrant au château, la perte éclate» et comme le bijou a non-seulement une importante valeur matérielle, mais surtout une grande valeur d'affection, la jeune baronne est désolée. On affiche dans les cours et jardins que 500 francs seront donnés à quiconque rapportera la bague, et on n'ose guère espérer.

La nuit s'écoule. Aux premières clartés du jour, la. fille d'un des gardes du parc sort du pavillon et se met en marche avec une expression de physionomie étrange. Où va-t-elle? chercher la bague! Quoi, à travers le parc, la forêt, trois ou quatre lieues de parcours par des chemins plus ou moins frayés, des halliers, la fange, les feuilles sèches, les terres détrempées de la saison? Oui. .- C'est insensé, croyez -vous? Mais, je vous le répète, regardez son visage: c'est celui d'une inspirée. Que se passe -t- il ? Eh bien, le voici :

L'événement avait été le sujet de toutes les conversations du soir, sons tons ïes toits des dépen-

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— Hais comment Pavez-vous retrouvée? — lai demanda-t-on de toutes parts.

Alors elle raconta ce que je viens d'écrire...

Qu'ajouter à cela? il y a un fait : la bague perdue dans les bois et retrouvée par une jeune fille qui n'était pas à la chasse f — on ne saurait sortir de là. Toutes les femmes de la maison Rothschild acceptent très-sincèrement le miracle, parce que la noble et pieuse personne qui domine la famille morale, la baronne James, est une Ame croyante autant qu'un cœur charitable, en restant un esprit supérieur. Quant aux hommes. .. ils ne veulent contrarier personne et se taisent, en réprimant peut-être un sourire. Les gardes, les domestiques du château, un peu jaloux sans doute, font cent contes plus absurdes que ne semble le miracle aux yeux des esprits forts, pour essayer de démontrer comment la jeune fille aurait pu savoir, tout autrement que par une révélation, un rêve, l'endroit où trouver le bijou... Quant au baron James, si on l'interroge, il se borne à répondre finement :

— La bague est retrouvée..., c'est le principal..., ne nous occupons pas du reste!

— Gomme on nous racontait cette histoire (et non pas ce conte) l'autre soir dans un dîner, quelqu'un y offrit un pendant. Mais placé un peu loin du narrateur, nous n'en avons pu saisir que l'ensemble et non les menus détails. Il s'agissait de la

princesse Wichten..., une des plus belles voyageuses que Paris ait reçues. Uu jour qu'il pleuvait, que le temps était sombre et triste, la princesse était recluse dans sa chambre à coucher, en proie à la névralgie la plus affolante. Tout à coup, sur un des panneaux de la chambre tendue en damas gris de lin à torsades bleues, elle voit, comme sur le verre blanc d'une lanterne -optique, vaguement se dessiner, puis plus vivement s'accuser peu à peu, et arriver enfin au coloris et au relief, non pas du tableau, mais de la nature: un paysage... une forêt... puis un chasseur arriver.!, puis un sanglier... et la bête atteindre l'homme, le terrasser, lui labourer la poitrine et le ventre de ses défenses, l'ensanglanter... la foule des chasseurs accourir avec des gestes de désespoir, et la figure principale disparaître cachée dans les groupes, et le sangliei s'élancer de nouveau laissant après lui une traînée de sang...

Elle poussa un cri terrible... on accourut des chambres voisines :

— Là.., là .. voyez! — dit-elle, — mon frère, mon pauvre frère !

Comme naturellement personne ne vit rien sur le panneau indiqué, on essaya de la calmer, de la rassurer...

— Ah ! mon pauvre frère ! — répétait- elle tout en larmes.

On parvint difficilement à lai faire comprendre ou croire que sou état nerveux avait amené quelque folle hallucination. Elle guérit, mais resta triste et écrivit lettre sur lettre en Crimée où était ce frère, grand propriétaire de terres, âe forêts, et Nemrod déterminé.

Deux mois après, le prince arrive à Paris et raconte que tel jour (le jour dit!), à telle heure (l'heure dite!), il a été renversé, labouré, presque ouvert, par un sanglier qu'il poursuivait dans ses bois, et le médecin parisien constate des plaies à peine fermées...

Maintenant, tout ce que je puis vous dire, c'est que la princesse Wichtent... est connue de toute l'Europe élégante, — et que le narrateur du fait est un homme considérable, son ami, nullement plaisant, et que le rôle de mystificateur indignerait fort.

— Autre. N'y a-t-il pas, d'ailleurs, dans la grande famille desLesseps, — dont les deux chefs sont aujourd'hui : l'un, ministre plénipotentiaire de première classe et sénateur; l'autre, l'illustre créateur du canal de Suez — n'y a-t-il pas, disonsnous, la merveilleuse histoire, et non légende, de la Pérouseet de Gagliostro ? Rappelons-la en deux mots :

La Pérouse allait partir pour ce fatal voyage autour du monde que Louis XVI ordonna pour

occuper les esprits déjà agités par la contagion de la liberté anglaise. Un soir qu'il était chez la duchesse de Polignac, où se trouvait le célèbre thaumaturge, notre marin le pria de lui dire .ce qu'il prévoyait de ce grand voyage. Gagliostro se fit donner un verre d'eau claire... y regarda.. . pâlit, et refusa de s'expliquer. L'amiral eut beau insister, le comte résista ; on se sépara. Plus tard, la duchesse de Polignac supplia le futur complice de la comtesse de la Motte de lui révéler ce qu'il semblait redouter, et Gagliostro dit :

— Ils partent cinq cents... il n'en reviendra qu'un seul ... et ce n'est pas M. de la Pérouse !

Le mot fut répété, la plupart en rirent.

Six mois plus tard, arrivait à Versailles le jeune baron de Lesseps, expédié par l'amiral à son passage au port Saint-Pierre |f Saint-Paul, au Kamtchatka, et porteur de dépèches pour Sa Majesté. Un an après, la Boussole et Y Astrolabe s'engloutissaient sur les roches vives de Vanikoro, aux Nouvelles- Hébrides. Pas un marin n'échappait, soit au naufrage, soit au massacre des sauvages, et les quelques débris de cette expédition, recueillis par le Commodore Dillon et nos amiraux d'Entrecasteaux et Dumont d'Urville, forment une sorte de cénotaphe ao musée naval du Louvre !

Voilà peut-être pourquoi la bague de diamant

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