ESSAI DE CURE MAGNÉTIQUE
sur un cas d'idiotisme, de folie et de possession.
Dans une petite ville près Paris existe un groupe de famille riche et bien considérée, composée du père, de la mère et d'une demoiselle âgée de vingt-quatre ans. H. Y... sont les lettres initiales des noms et prénom de cette demoiselle.; mais pour mieux faciliter le lecteur à reconnaître l'héroïne de notre histoire, nous la nommerons Ernestine, ne pouvant la faire connaître autrement publiquement.
Ernestine, à l'âge de seize ans, avait terminé ses classes. Sans être un phénix d'instruction, sa petite bibliothèque pouvait le disputer à celle de la plus instruite de sa pension, par le nombre des prix dont elle était chargée ; la musique ne manquait pas de compléter ses études, et Ernestine était, r tant par sa beauté, ses talents, que par sa fortune,
digne d'être recherchée des plus exigeants amoureux de son pays. C'est ce qui arriva ; les demandes en mariage ne manquèrent pas, mais la jeune fille était d'autant plus difficile qu'elle se sentait une certaine affection pour un cousin, affection qu'elle ne pouvaitdéfinir autrement qu'en faisant suivre chacun de ses refu3 par cette pensée : «J'aimerais mieux mon cousin.» Ce dernier n'était pas
en retour d'amour pour sa cousine et le fit connaître à son oncle, pète d'Ernestine; mais le cousin ne possédait pas ce qui, en toute question de cet ordre, est exigible aujourd'hui, un nom ou une valeur intrinsèque en or.
Celte connaissance d'amour réciproque engagea la famille à combiner une autre union avec un nom en relief, sinon un porte-monnaie assez rond. Ce nom se trouva «dans la personne d'un jeune médecin possédant toutes qualités requises par la bonne société, mais la seule qui lui manquait était celle requise par l'amour. Ernestine accepta ses protestations d'inaltérable attachement jusqu'au moment où le nœud coulant du mariage s'apprêtait à la mairie. Notre impétueux amoureux trouvant que ce nœud était trop long à se faire, tenta un jour (étant seul avec Ernestine au jardin, en train de lui exprimer les plus belles pensées de son cœur) de faire ce nœud à lui tout seul. Hélas! que se passat-il?... Tout le monde l'ignore. La jeune fille rentra au salon, les deux mains croisées sur sa poitrine, les cheveux épars sur ses épaules, haletante et effrayée, sans pouvoir proférer d'autre parole ni d'autre accusation que ces mots : Je ne veux plus voir cet homme... je neveux plus le voir! C'en était fait de la pauvre enfant ; sa raison n'était plus à elle. Ernestine était folle.
Conter l'histoire de sept années, qu'elle avait
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pour quoi que ce soit être ta fi. le. Sa pobitiou pli y-
sique était on ne peut plus triste. Depuis le jour où ce malheur lui était arrivé, elle x ne cessait pas de tenir ses deux mains en croix sur sa poitrine, le bout des doigts touchant aux épaules ; lorsqu'elle ôtait Tune de ses mains, elle portait de suite l'autre à la place que la première occupait. Par le défaut de circulation de cette position des mains, celles-ci n'étaient pas plus fortes que celles d'un enfant âgé de dix années ; des mains en cire blanche peuvent seules leur être comparées. Ernestine ne pouvait souffrir qu'on la nettoyât; il y avait plus de trois mois, lorsqu'on nous l'amena, qu'elle n'avait été peignée, la figure, les mains et les pieds lavés. Qu'on pense par là* de l'état de sa tête et de son corps! Les menstruations avaient leur cours, mais étaient précédées et suivies d'états agités et coléreux qui lui faisaient quelquefois casser ce qui se trouvait sous sa main. Les selles étaient trèsrares et éloignées quelquefois d'une dixaine de jours; ce n'était qu'avec le secours d'un purgatif qu'on les provoquait. L'appétit était capricieux et le sommeil très-souvent agité. Il y avait des périodes où il fallait tout prévoir : la faire manger et la conduire uriner à l'occasion. Une conversation interminable, à voix basse ou à voix haute, avec les êtres de ses visions, était sa seule occupation. Elle ne lisait même pas, ou alors ce qu'elle lisait elle l'enfantait et marquait par là avec plus de
fcrx "■* trst* e:at de ses facultés mentales* Qu'on «ta::-* a:^sâ prier une très-jo!ie UM* brune % ye5x tlc2$ a une fiiité antique, traits trte ^$uliera et ce son de voix des plus enfantins ; puis, par ca chirzement d'état inexplicable autrement que parla possession, qu'on voie des yeux hagard», une figure grimacière, et qu'on entende une voix nuque, ventriloque, enfermée dans le larynx seulement, vomissant les ordures les plus obscènes des maisons de prostitution, on n'aura qu'une trtV faible idée de l'être remis entre nos mains pour on prendre soin.