‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 2)Chapitre 42 sur 42 · CONSEILS · texte numérisé non relu

CONSEILS

A Àbd-el-Kader, Schamyl et Pie IX.

L'Opinion nationale du 8 janvier 1861 contient deux lettres très-curieuses au point de vue dont nous jugeons philosophiquement les hommes et les choses de notre temps. Ces deux lettres sont de deux hommes éminents en religion, le fameux Abd-el-Kader et le non moins fameux Schamyl.

Ce dernier approuve fort la conduite de son coreligionnaire envers les chrétiens du Liban, et l'assure qu'il a très-bien compris la morale du prophète en agissant ainsi ; par conséquent, qu'il est toujours le bien-aimé de Dieu. Abd-el-Kader lui répond qu'il ne désire pas moins que Dieu soit fa-

vorable à Schamyl dans sa captivité en en adoucissant toute l'amertune; qu'aucune Ame mieux que la sienne ne mérite cette divine protection. Chacun s'entredit que les desseins de Dieu sont grands, puisqu'il permet l'adversité de ses meil-

j leurs soutiens, de ses fils de prédilection.

Quand nous réfléchissons, hélas! à ce besoin que

| ressent l'homme de mêler Dieu à la moindre de ses actions, se faire octroyer et punir en même temps des faits de ces actions; implorer les bénédictions de l'Éternel sur les armes fratricides que chacun aiguise afin de mieux se percer le cœur ; de promettre la victoire, dans chaque camp opposé , aux serviteurs des volontés divines, tout en recevant les fers de l'esclavage pour prix de ce dévouement sol-

| datesco- religieux, nous ne pouvons comprendre

i comment des cerveaux sains, fonctionnant dans ces

{corps prophético- divins, peuvent ne pas être pris par le plus fougueux dépit en voyant sans cesse fail- * lir cette parole infaillible, succomber ce Dieu fort et L tout-puissant sous qui, sousquoi? le plus souvent sous y une pluie diluvienne, une tempête effroyable, une F épidémie inattendue, une disette imprévue, quelques livres de poudre à canon; moins que cela même, une idée échappée à la science divine, idée logée dans le domaine du plus simple de ses enfants. Un général Pélissier, par exemple, à Sébastopol, a i l'idée d'attaquer Malakof. Le grand saint Nicolas,

patron de là Raàsfè, le professeur par excellence des prophètes moscovites, en reste tout ébahi. Mille invocations de tout ordre, prières et bénédictions sont déboutées de leurs droits envers la Vierge française, le Christ atiglais et le Mahomet égyptien, en attendant que le Dieu grec des enfants du Nord fouette à son tour les dieux du Sud.

Le Dieu romain se trouve de nos jours mis eu fccène de là même manière : son secrétaire divin prêche la miséricorde, trônant sur une pièce de cation fayé, et va jusqu'à sortir le Christ noir dû saint tabernacle pour remplacer le Christ blatrc, qui, sans doute, n'est pas assez puissant pour assurer là victoire à son braà, en vue de conserver quelques perches de terre et quelques kilos de chair bestiale fiéfés à son paradis terrestre. Ce conducteur de soleilà, ce régulateur, des temps et des choses s > achemine , dans la personne d'un général étranger à l'autel comme à la terre italienne, escorté de ses soutiens lès plus dévoués, après avoir prononcé lés paroles les plus sacramentelles cabaîiStîco-célesles, ce dieu de chair et d'os s'achemine, disouà-trous, jusqu'au bout de Sa ferme, dont les trois-qùarts des colombes qui le suiVetit ne peuvent fràtichtr le seuil sans mordre la poussière, et fceïû malgré l'exposition tout exceptionnelle du Christ noit sur son trône Aes nations!...

t!è mandataire divin replié bagage alors cortime

Abd-el-K&der eu fmtxe* temps et Scharçyl eu pos jours, en disant piteusement: «Dieu çifpe à éprouver les siens, » caps réfléchir que l'épreuve dément ripfaillibilité, Q Christ! top représentant ne pouvant plus soutenir les trônes par ta sagesse, les soutient par le brigandage.

Pauvre espèce humaine! être aussi criminelle ou être aussi idiote! Quand donc cesseras-tu de mêler le nom sacré de Dieu à la fange de tes passions?

Quand donc te reconnaîtras-tu assez de dignité pour mieux te conduire avec les tiens?

Quand donc auraMu assqi d'amour fraternel pour fuir le combat, rechercher la concorde, et n'être pa| l'acolyte des Çhiavonpe?

Quand dfnc pauraa-tn mieu* demander par h prière, pour t'éviter (Je prendre par la force des Prrae$?

Je te dis, eu vérité, que (juançj ta croiras eq Pieu, tu pe croiras plus en toi!

Quand tu rechercheras U lumière (Jiyine, tputes ténèbres disparaîtront !

Quand tu aimeras Yéritahlewept te& frère?, te? frères pe sauront que t'aimer-

Abd-bl-Kader, continue de chanter les beautés de tes oasis!

Schamyl, continue de chanter )§ liberté <te ta belle Gireassie !

Pie IX, continue de chanter les flambeaux de ta nouvelle Jérusalem!

Mais, par grâce, ne parlez pas la parole de Dieu! votre langue est trop inconséquente pour cette céleste harmonie!... Cessez vos râles de représentants divins, et revenez à celui tout simple de représentants de la raison.

Alphonse Càhagnet.

NECROLOGIE.

Le 27 août dernier, le monde spirituel a ouvert ses portes à notre bien-aimé frère Renard (Charles), de Rambouillet. Ce bon ami a laissé tomber à ses pieds son habit matériel, à l'âge de 67 ans, et sans regrets, nous en sommes -assuré, d'après les souffrances et les privations en tous genres qu'il avait éprouvées étant son prisonnier.

M. Renard, dont nous avons assez entretenu nos lecteurs pour qu'ils le connaissent suffisamment, est une perte réelle pour la science magnétique et les sciences occultes. Croyant sincère et dévoué à ces études, il en était un des plus fervents professeurs. Trop détaché, tant par dégoût que par mille et une tracasseries, du monde matériel, M. Renard avait rompu en presque tous points avec ce monde ;

aussi était-il vu et jugé, à Rambouillet, pour ce qu'il n'était pas assurément. L'Annonciateur, journal de l'endroit, dans la relation vraie en partie, mais un peu rieuse, qu'il fait de l'existence et du départ de notre ami, emploie l'expression de cynisme, qui ne peut atteindre notre vénérable camarade ; il est vrai que l'apparence était contre lui, mais nous qui connaissions les hautes, nobles et sages aspirations de son cœur, nous pouvons affir-, mer que sa connaissance, ainsi que son estime, ont été une bonne fortune pour nous, et qu'il reste un grand vide dans notre correspondance matérielle depuis le départ pour des régions non postales de ce magnétiste aussi savant que fraternel. Puisse sa nouvelle existence le mettre à même d'étudier et de se convaincre mieux encore, s'il lui est possible, de la vérité de nos propositions, et surtout calmer, par une possession de bonheur et de savoir digne de ses mérites et de ses soubaits, les douleurs de toute nature dont son voyage terrestre a assiégé son Ame. Que les bons esprits, dont notre ami enviait tant la protection étant sur la terre, daignent le recevoir parmi eux, lui permettre et lui faciliter d'être un membre de plus parmi nos généreux conseillers. N'oublions pas que la route que vient de prendre notre ami nous contient tous, et que le pas emboîté par lui est emboîté par chacun de nous; les étapes en sont divisées, voilà tout. Vous qui

double* lea fondation! du monument de yq» espoirs terrestres, n'oubliez pas que demain qe vous apper* tient pas, et qu'un séjour indéfini sur ce globe n'est pas possible ; venez donc eu moins étudier avec nous le géographie plus assurée des lieux éternels, vers lesquels vous ailes malgré vous, et dont vous ries \ trop insouciamment, Croyez*en notre parole, ellç ep veut bien une autre,

Alphonse Cahactobt. j

Paris. — Imp. de L. Guéria, rua du Petlt-Canreau, as.

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