‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 2)Chapitre 5 sur 42 · APPARITION NON ÉVOQUÉE · texte numérisé non relu

APPARITION NON ÉVOQUÉE

A Mm%*ie%*r CaHagnet.

Monsieur et frère en Dieu,

Je vous envoie, suivant votre désir, le récit fidèle de la narration verbale que je vous fis, ainsi qu'à nos frères, dans la séance du 5 juin chez vous.

Averti par une lettre de ma bonne mère, qne ma petite fille depuis deux jours était malade et qu'elle refusa de prendre des aliments, je fus fortement inquiété, une sorte de pressentiment, m'engagea à aller la voir de suite ; je ille rappelais trop le désespoir de n'avoir pu sauver ma femme à une autre époque, foute de remèdes connus. Main-

tenant, we dis-jo, puisque j'ai va la puissance du magnétisme, je lutterai de toute ma force contre cette mort, qu'antérieurement, dans mes moment? de rage, j'ai tant désiré combattre corps à corps.

J'arrivai ; en entendant cette toux aigre sortir de la faible poitrine de mon enfant, toux qui m'en rappelait une autre malheureusement semblable, je fus convaincu que ma fille serait emportée de la même maladie que sa mère !

En entendant cette toux lugubre, je me préparai à la magnétiser avec une grande force de volonté ; je commençai avec douceur, douceur qui doubla en peu d'instant, parce qu'elle puisait sa force dans mon appréhension. Après une nuit de magnétisation, le lendemain une faible lueur d'espérance vint ranimer nos visages, et l'assentiment du médecin nous donnait bon espoir ; mais toujours même toux et même engorgement ; enfin, le soir ce fut encore la même chose, et la nuit pire.

Dans ces moments d'anxiété, où de la mort à la vie passait ma pauvre fille, agenouillés près de l'enfant, nous prions Dieu de nous accorder sa vie, ou de la faire succomber avec moins de souffrance.

Dans un de ces moments, ma mère descendit pour ne pas faire couler mes larmes par les siennes. Remontant au bout d'un quart d'heure environ, elle me dit : tous nos efforts seront inutiles, j'ep

ai la conviction, car je riens d'entendre à mes côtés une voii chérie et très-connue qui m'a dit : ne pleorez pins bonne maman, réjonissez-yons au contraire, car ma 611e n'a plus que de courts instants à souffrir, et puis moi je suis seule, et vous, il vous en reste chacun un. A la suite de ces paroles, ma mère vit disparaître une forme humaine vêtue de noir, et coiffée en cheveux. Plusieurs fois en* suite, dans nos moments d'espoir, quand réunis autour du berceau, nous nous interrogions du regard avec anxiété, ma mère sentait une. pression sur les épaules, et médisait : je sens sa mère qui s'appuie sur moi ; nous étions persuadés par ces marques de présence, que l'esprit de ma femme veillait constamment an chevet de sa chère fille, qu'elle aimait tant ici-bas I Malgré que quelquefois la vie semblait revenir à la surface de ce pauvre petit corps, sous ce fluide qui s'échappait par jets enflammés et couleur d'azur de mes doigts, fluide qu'à une faible lueur j'apercevais distinctement, ma mère ne partagea jamais ma confiance et ses pressentiments ne tardèrent pas à se réaliser.

Nous nous jetions tour à tour sur un lit ; cette nuit-là ma mère voulut rester sans prendre de sommeil et veiller; j'étais endormi, vaincu je ne sais positivement par quoi; le sommeil medira-t-onl non, je n'étais pas épuisé, il devait y avoir autre chose que je suppose mais que je voudrais mieux

connaître. Réveillé quelques minutesavant que ma fille n'eut quitté la vie matérielle, je la vis s'éteindre. Une chose étrange pour tout autre que pour nous, c'est que mon père sentit (étant endormi environ 2 heures avant qu'elle mourut) une pression sur la tête qui le réveilla ; il crut par là que l'enfant était mort, mais elle ne l'était pas encore; une deuxième fois étant prêt de s'assoupir à nouveau, il vit distinctement une tourterelle qui roucoulait autour de lui, et qui s'envolait dans un arbre; un renard qui guettait cette proie et à qui mon père, dans son songe, tortilla le cou ; de là il augura que ma fille était morte et vint s'en informer, ce qui était vrai.

Je demande à M. Cahagnet l'explication de ce songe allégorique.

J'arrive au plus sublime ! — Sur la tombe de la mère, dans laquelle on allait déposer l'enfant, ma femme apparut tenant dans ses bras sa fille, le visage resplendissait d'une indicible joie en regardant son enfant bien- aimé, qui à son tour semblait la caresser également et lui sourire. Cette apparition fût visible pour ma mère et pour mon père pendant cinq minutes environ, mais ils la virent tous les deux sous des costumes différents ; mon père lui vit une robe blanche semée de muguets, robe qu'elle portait sur la terre dans l'été; ma mère lui vit une robe noire et coiffée en cheveux ;

le costume de la petite fille fut le même pour Ie« deux voyants, costume qui était celui de l'enseve-* lisseraient, bonnet blanc et vêtement de même couleur.

Que ceux qui liront ces faits veuillent bien croire à leur véracité et à la bonne foi de personnes qui sont loin de vouloir en imposer à leurs frères, personnes qui voientainsi très-souvent des choses inexplicables pour elles, mais qui n'en sont pas moins vraies et assez puissantes pour exciter leur sanglots.

Que notre bon frère daigne m'expliquer ce fait ; est-ce de la volonté de l'esprit apparaissant qui fait que les uns voient ce que les autres ne peuvent voir; mais pourquoi ne le verrai -je pas comme lui ?On m'objectera qu'étant plus sensible, cela me ferait du mal ; il doit y avoir une autre cause dans cela, à ce que je puis croire; heureusement que je puis me tromper.

Si c'est par un grand effort d'amour qu'on peut voir les esprits, comme j'ai cru le saisir dans l'entretien que j'ai eu à ce sujet avec vous, je devrais voir comme tous, j'aime autant ma femme et ma fille que mes parents peuvent l'aimer ; vous allez me dire que c'est la volonté d'un pouvoir occulte, peutêtre en vue d autres fins ; je ne le nie pas, car je me suis longtemps demandé si je voyais, si je croirais aussi bien que par le raisonnement ? Cela ne servirait cependant qu'à certifier le dernier, mais

itt puissances ne sont pas, je le crois, soumises à rios caprices.

Ne croyez- vous pas plutôt que c'est dans l'organisation matérielle de l'individu que réside la cause de cette faculté devoir, ou serait-ce par le pouvoir occulte, d'une grande sensibilité du sujet impressiohné qui verrait ainsi les choses de ses désirs ! Je me fatigue à chercher, et ne trouver rien de satisfaisant. Un mot, un seul mot de vous pourrait m'éclairer sur cette question, je l'attendrai avec espoir et patience sachant que vous devez être encombré de toutes sortes de demandes semblables, demandes qui sont plus ou moins ardues.

Recevez, notre cher frère en Dieu, ma poignée de main cordiale, que j'aimerai toujours dire reconnaissante. Lecomte.

Paris, 7 juin 4860.

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