‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 2)Chapitre 6 sur 42 · RÉPONSE A LÀ LETTRE PRÉCÉDENTE · texte numérisé non relu

RÉPONSE A LÀ LETTRE PRÉCÉDENTE

A Monsieur J&eeomfe,

CONDUCTEUR DB TRATAUX.

Argent euil, 25 août 4860.

Cher Monsieur et estimable frère en Dieu,

Je vois par le contenu de Yotré dernière, que là profonde douleur dans laquelle votts â plotigé

la perte de votre femme réagit sur Tordre de vos pensées, pensées que tous réussissez, par ce fait, à bien moins classer que les matériaux de vos constructions matérielles, pour bâtir le monument de votre satisfaction. Je me mets à votre place : vous vous trouvez vis-à-vis de pièces équerries et numérotées par la main du grand Architecte; ces pièces vous semblent être autrement taillées et collationnées que celles de nos pauvres b&tisses en moellons; vous ne vous y reconnaissez plus. Ce n'est qu'une question de temps , de réflexion et de persévérance qu'il vous faut admettre dans la recherche, l'appréciation et le classement de ces matériaux d'outre-tombe. Vous en possédez déjà suffisamment pour construire un monument capable de contenir toutes les académies de notre globe et toutes les solutions enviées par l'esprit humain. Tâchez de vous en contenter; pour cela faire, prenons le premier venu. Cinq planches nous tombent sous la main, planches qui, à l'aide de quelques vis, contiennent l'être de vos plus douces affections, l'amie de votre cœur, la mère de vos chers enfants! Déposée sous quelques pieds de terre, elle me fait l'effet de toute graine du règne végétal ou de tout germe du règne animal, à la seule différence que le germe animal se dépose dans quelque centimètres de menstrues, recouvert d'épiderme. Nous occupant si peu, d'où vient, que fait

que fera ce germe, il n'en fait pas moins ce qu'il doit faire. Il en est de même de notre expédition pour des lieux et une existence ultérieurs : les adieux qui nous touchent dans ces départs produisent à notre cœur des sensations tout autres que celles du placement et de l'éclosion de ce germe; mais, enfin, les unes comme les autres ont leur temps de vibration, dont le presque oubli est forcément un des résultats momentanés. Nous sommes aussi inquiets, dans ce cas, de savoir qui offrira des langes et le sein à ce nouveau-né au monde spirituel, que nous nous en inquiétâmes lorsqu'il lui fallut des langes et un sein matériels. Si l'un et l'autre se sont trouvés, pourquoi l'un et l'autre ne se trouveraient-ils pas? Celui qui a créé des globes aux pensées aroraales, serait- il à court de moyens de placer et d'entretenir les objets de son œuvre? Méthodique, mathématicien, classificateur et conservateur hors ligne, il ne peut répondre à nos désirs insatiables de transfusion ; il ne peut, selon les vœux de nos études scientifiques, nous faire distiller et rectifier les rayons de sa divine lumière, pour faire de nous des dieux, moins contents, peut-être, des dépendances qui nous écherraient dans une telle occurrence, que de celles qui nous pèsent tant sur la terre.

Tout ce qui constituait, disons-nous, l'habit, le vêtement matériels de l'âme ou du moi que vous

fcveU Confia et aimé, a bien été déposé dans un des menstrues de la nature; cet habit devra ne plus y être dans quelques années, — si je ne me trompe, — dans les mêmes conditions de matière et de forme qu'il y est entré* Où sera-t-il? Est-ce lui qui sera sorti de ce lieu, ou Pen aura-t-on fait sortir? Je ne le sais ; mais j'affirme que cent autres dépôts semblables faits dans la suite des temps dans le thème trou ne s'y trouveront pas davantage , et que ce trou n'en possédera pas un millimètre en plus de contenant. Nous n'avons pas vu sortir de son sein cette compagnie de corps qu'il contenait, toais ils en sont sortis. Notre œil est pris là en défaut de puissance, et est forcé de demander à son professeur intime, la raison, que sont devenus ces corps? la raison lui répond : ils sont allés ailleurs. Mais* pour aller ailleurs, objécte-t-il, il faut posséder des moyens de locomotion, des moyens d'appréciation, des moyens de classement et de conservation?... La raison ne saitqtle répondre* Ces fôojens, assurément, existent dans le point ou dans le tout; mais ils existent. Un tout qui existe, qui classe et qui conserve, existe dans toutes ses parties, ou à force de n'absorber que ce qui n'existe pas, il n'aurait aucune existence lui-même. Un point également qui existe n'est paâ un point sans existence, et une existence, c'est la vie, la pensée, le mdUVekneht) la combinaison^ enfin te qui est.

K résulte que lès cotps, ôtt VètêtrtênM matériel** tout éthériôés qu'ils paraissent être par la tamisa* tioti éternelle du grand laboratoire, existent, et qu'ils sont dans une même condition de préparation à une existence nouvelle qu'ils ont été avant d'avoir concouru i former celle qui les a faits ce qu'ils ont été. Si, en premier lieu, il n'ont pu être ' Ce qu'ils ont été qtie par le secours et l'attrait d'un germe, par conséquent de moyens pensant comme eux, ils doivent tenter de vibrer d'une autre ma* nière autour de ce même germe de leur dloii, qui* tomme eux, est passé dans son primitif état, état, état que nous ne pouvons voir dans ce qu'il est, dans l'homme, qui contient ainsi les germes d'une nation, mais que nous sommes forcés d'admettre, puisque la nation en certifie ultérieurement l'existence. Si je n'ai pas embrouillé la question, nous voici vis-à-vis un monde réel que nous ne pouvons voir ni palper, mais un monde qui existe bien à la porte du vestiaire où il doit prendre un habit, pmt*étre de son choix ; nous voici devant tout un personnel théâtral qui étudie, guette, vise au coup dé scène* et tend déjà toutes seà forces vers les lieux de ses évolutions.

De temps à autre, ces acteurs passés ou futurs peuvent, à l'exemple d'un soldat dont un chef lève la consigne , converser au-delà de ces Citadelle* difinlto- terrestres, et rentrer au plus tôt, à l'heure

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il'êit (ftt'dne pensée coordônnatrice. Cette faculté que j'accorde à l'âme est soumise et dépendante cependant de la manière de voir, de grouper et d'admettre les choses terrestrement ; je crois que les esprits dégagés du vestiaire terrestre, ont plus que nous la fatuité de ces créations allégoriques, tant pour stimuler nos recherches à leur égard, que pour conserver sur nous une suprématie de faculté d'être. Je ne veut pas priver certains êtres encore dépendant du vestiaire terrestre de posséder cette faculté, mais elle se réduit à un petit nombre. Il est plus facile de permettre à un lucide de voir un ensemble de pensées comme nous avons l'habitude de les grouper, que de les grouper allégoriquement comme les esprits le font. Reportez-vous à tout ce que j'ai écrit sur Cette matière, et vous ne douterez pas plus de la bonté des jeux de vos parents pour voir des choses réelles du monde spirituel que de leur justesse pour voir les choses de leurs conceptions.

Vous voyez donc, par ces études très-compliquées, que plus elles s'étendent en incompréhensibilité, plus elles acquièrent d'existence et de vrai au* yeux du penseur persévérant qui les étudie avec autdht de calme que de peu d'exigence.

Voir tin esprit et causer avec lui est moins coneluant pour moi qtte de raisonner toutes les poséibilltés dé son existence. Ce n'est pas dans mon

— «a — cabinet nécramQntique où je satisfais mieux les exi* geances de ma raison, c'est dans l'observation <}q l'exister divisé de la nature, c'est dans les immenses combinaisons et relations de ses productions, c'est enfin dans son esprit méthodique de vie que jft yois et que je sais ce que je désire voir et ee que je désire savoir.

Regarde* un peu plus, de temps à autre, le ci*| ainsi que la terre; dans le vide de ces deux extré-i mités de l'optique humain, il y a place pour un* éternité d'observation , d'admiration et d'espoir* consolants.

Tout à tous de cœur,

Alp. Cahagnet.

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