REVUE MAGNÉTIQUE
Les fails -magnétiques de toute nature continuent toujours d'occuper parfois les différents organes de la presse en général. Les écrivains qui rendent compte de ces phénomènes variés, ne sont malheureusement aucunement préparés à cette étude ; ils nous racontent ces petites anecdotes a titre de curiosités, souvent de réclames personnelles; mais jamais en observateurs studieux, amis de connaissances nouvelles à acquérir, après lesquelles pourtant tout homme dont l'intelligence a pu rester indépendante doit être avide déposséder. C est donc toujours dans les colonnes de la chro-
nique qu'il fant les trouver à titre de causeries. Certes, bien que dites ainsi, elles ont encore leur yaleor de propagande ; mais le lecteur sait rarement les classer pour ce qu'elles méritent au point de vue physiologique et psychologique.
La Patrie du SO novembre contient un rendu compte de faits de tétanos, d'insenbilité, d'extase, de visions de toute nature et réelles, obtenus par le somnambule Gharavet, rue Richer, à Paris , et cela devant des témoins très-recommandables par leur instruction, leur position dans le monde savant et littéraire, d'après M. Edmond Fournier, l'auteur de la chronique.
Eh bien, que résultera-t-il de ces séances renouvelées devant les mêmes témoins, ({ni peut-être sont convaincus de ce qu'ils ont vus et entendus? Il en résultera que pas un de ces grands personnages ne saura, à l'occasion, affirmer ces faits qui lui sont prouvés, et que le plus courageux de tout ces hommes, ce sera peut-être encore le chroniqueur de la Patrie^ s'il n'existe aucun autre mobile de publicité que l'intention d'éclairer ses lecteurs. C'est ainsi que les choses se passent d'ordinaire.
<-*- La Rei^ue spirilaalisle, huitième livraison, donne le dessin du spiritascope tiré de l'ouvrage du savant Américain docteur Rare, professeur de chimie, et intitulé : le Spiritualisme scientifique-'
uent démonlré. Il n'y a qoe rAmérique pour trouver des défenseurs ardents d'une cause dont tant de personnes rougissent d'avouer leur foi à ces connaissances. Dans le Nouveau-Monde^ là oii il y'a civilisation; il semble que tout y est plus viril ; la magistrature comme la science, se sentant libre de toute étreinte intellectuelle, leur personnel ont la vigueur nécessaire pour défendre une vérité qui nous apparaît aujourd'hui, comme une nouveauté en dehors des choses admises communément.
Voyez ce savant, témoin de tous les faits, soient bruyants, de déplacements de meubles, etc., les reconnaissant pour réels, mais doutant encore dans certains cas, tels que dans celui où il existe contact de mains étrangères^ ce savant s'est alors mis à l'œuvre pour lever tout doute possible, et a construit un petit appareil qui ne donne plus cours à aucun argument de compérage; et, en eiïet, si Ton établit une petite tablette mobile sur des roulettes, posée à son tour sur une autre grande table montée aussi sur quatre roues, il est impossible, le voudrait-on, que l'on puisse mettre ainsi en mouvement la grande table qui porte alors sur le côté un cadran latéral et perpendiculairement fixé, et qui au centre contient une aiguille mise en mouvement par une courroie qui correspond à son axe et à un de ceux de la table; puis aussi, comme
tontes les précautions ont été prises, le côté du cadran sur lequel se trouye l'alphabet n'est pas visible ponr le médium qui se trouve en commu* nication avec la petite table. Les eipériences ayant réussi avec cet appareil^ on peut comprendre qu'un homme savant ne puisse craindre de Tavancer à ceux qui veulent bien l'entendre; et devant ces expériences, le respect humain même ne pourrait plus être mis en avant par Thomme craintif de notre vieille Europe.
— M. Robert Owen, ambassadeur d'Amérique à NapleSy a su employer son temps lors de son passage à Paris, en cherchant à se rendre compte des faits dits spiritualistes ; aussi va-t*il publier un ouvrage qui ne sera tiré, dit M. Piérart, qu'à 60,000 exemplaires en trois volumes ! Ilélas I pourquoi l'auteur des Arcanes, de la Lumière des Morts f du Sanctuaire du spiritualisme, de la Magie magnétique, etc., n'est-il pas résidant en Amérique? Il eût trouvé des éditeurs qui l'eussent compris, et des lecteurs en nombre qui l'auraient lu.
— A Bruxelles, nous annonçons une nouvelle publication, la Ruche magnétique,
— Le Journal de VAme, de Genève, continue à posséder des relations de la sainte Trinité et de
Dieu lai-mème, qui vient dicter au docteur Roessinger des aiiomes qui ne sont révélés qu'à lui seul) comme cela doit toujours être. C'est ainsi que le scepticisme même a la négation^ comme l'enthousiasme même a la crédulité sans limite.
— Dans le Journal des Débats du 9 décembre, il est fait mention d'une découverte d'une haute importance, et c'est le docteur Yelpeau qui en a fait le rapport à l'Académie de médecine. Ainsi, M. Brilla ou Roca, autre savant médecin, aurait fait l'expérience suivante : il met un objet brillant à quinze ou vingt centimètres d'une personne, en la priant de fixer cet objet, et au bout d'un temps très-court, cette personne entre dans un état tel, qu'il y complètement insensibilité. Déjà trois opérations ont été faites dans cette condition et ont parfaitement réussi.
Voyez-vous cette nouvelle renouvelée des Indiens, des Égyptiens, et de tout ce qu'il y a de plus ancien chez les hommes observateurs qui ont passés pour fous, tels que les alchimistes et autres. Apercevez-vous nos savants médecins qui ne sont en retard que de quelques siècles, et à qui il faut pour leur annoncer ces faits, qui dépassent les données ordinaires, prendre, comme l'indique M. Velpeau, toutes les précautions oratoires nécessaires en pareil cas, pour ne pas probablement
surprendre trop brasquement des cerveaax non préparés à une découverte d'une importance telle^ qu'il en parait lui-même tout embarrassé. On croirait^ à voir ces préambules, que M. Yelpeau s'adresse à une assemblée de femmes nerveuses, faciles à agiter par une communication trop brusque. £n6n, avouons que nous ne devrions pas être étonné qu'un certain beau jour, un autre docteur vienne apprendre à ces messieurs une autre découverte : celle de l'influence de l'homme sur l'homme. Rien ne doit plus nous surprendre dès a présent. Le siècle est décidément aui découvertes ; nous ne pouvons qu'espérer.