‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 3)Chapitre 25 sur 35 · UN MOT AUX SPIRITUAUSTES · texte numérisé non relu

UN MOT AUX SPIRITUAUSTES

DU DUL-IMEIJTlàlIlS SIÈCLE.

Dans notre dernière livraison , nous avons répondu un mot aux savants en toutes sciences, dont les exigences mal placées nous demandent sans cesse la production de faits identiques, ou en rapport avec ceux du laboratoire. Nous répondrons aujourd'hui aux spiritualistes du dix-neuvième siècle que leurs exigences ne sont pas moins ma) fondées» en réclamant sans cesse la reproduction de faits dont un seul doit suffire à toute intelligence capable d'une telle étude.

D'Hermès à Moïse» de Moïse à tous les voyants qni lui ont succédé jusqu'au Christ, des sibylles aux inspirés religieux, de la nymphe Égérie aux nymphes plus obscures du sabat, des illuminés des Cévennes à la belle Gadière, chaque siècle a pos<sédé ses interprètes, ses voyants, ses professeurs des choses du monde occulte et d'outre-tombe. Églises, temples, cénacles, sociétés, chacun a pu paiser selon ses vœux dans cette immensité du merveilleux ou du naturel mal étudié, par conséquent incompris. Après les enseignements caba<* Viatiques d' Agrippa, Gagliostro sembla venir clore sans réplique, nécromantiquement et alchimiquement, cette longue suite de communications^

d'apparitions Datorelles, d'éTocationa et de pactes aa besoin pour obtenir qDel()aes parcelles de la divine lumière aiaçonniqQe. Noos yoy ons Cagliostro entrer dans le luxe de nos salons, contre l'usage reçtt jusqu'alors en pareil genre d'étndes, études dont les classes étaient, dans ces temps-là, reléguées au fond de bois obscurs, de grottes de célibataires, de couvents d'ascétisme, de cbaumièrcs dé prétendus sorciers, de déserts des ouvriers da grand œuvre. Cagliôstro laisse de côté les oripeaux cabalistiques, les parfums magiques, les érocations diaboliqdes, et tout Tattiraii d'une bibliothèque de grimoires à Ikire craindre pouf ses jours au plus intrépide d*ètre englouti à chaque itistatit par une avalanthé de pierres et armes lucifértennes. L'on se rejetait jusqu'alors sur la difBculté et les dangers de ces études pour ne pas les aborder» et les laisser dans le domaine des tous forts d'esprit. Cagliôstro entré, disons-nous, dans nos salons, pénètre même jusqu'à la cour de nos fois avec toute l'aménité et lé savoir professer d'Iifi gentil^ homme; il n'évoque ni l'orage, ni Beliébuth; il lie fait éteindre les lumières ni fermer les portés ; il demande simplement on jeune énfànt, pour Oter tout ^ottpçùn de compérage diabolique, pui» uiie carafe d*èaâ; il ittiposè ses mains sur la tète de l'enfant, et illumine l'eàu lustrale de son regard d*ét«diàtat. L'enfant se trouve à l'ifistant transposé

A^tïA Mbade ddhd iih antre; le môildé éei eWèt% n'eifstë p\m poilr se^ yeux, c'est le nmftdt! één' cafisês qtt'i^l voit;- il sait lé comitiencemeiit et la fin de toutes thôse^rit connaît tontes distancions dés espaees; tobt eiel et totit hiteHie lot sAnt ouverts : c'est là voit de là pare et ttoblé instrncttota qui proffô&ë' par tos lèvres. Les professeurs âillé' rîetirs ^è rétrieiJt à Pëtidition de télleiS choses qde ne dôiteât |)as entendre les profanes; les profeéseors présents et nUériears combattent et niettt en fËlveii^ de leir chaire d'enseignement et de iMr hotforàbiiité. Les pnptles deÇaglIostro se troateitt enchaînées M ColKei" de la iën^; et la répntatioti da prdfes^tir ét^OSé sous le ifaahteati du charltrtâtïisfflë. Le sitfèlé atteîid âëtre èhoSe : it (t'a éii* core rien t(i, sn, hi par côhséqUerit admis.

Ati Sëtant Cagliostro sacièdè le non moin^ ^évaDt fitesmer^ qui quitte livec dédaîù la vieille et médittitfve Alletaiagne poof venir professer chfez cette fenne et lUIlette France. Ce satant àbordk de TroUt là puissante école 'de lencyclopédie voltatrienné^ et Itt ssttante écoTe académique de Hussoii^ etc., po!uf leur démontrer que sans le secourt de la flore de globe, tri celui de la chimie artistique, il pedt itfOueflcer, guérir ou au moins cdlmer lès maut qui font la désolation de leur propriétaire et de cetfx appelés â leur donner en vain un billet de sortie. Mesmer as^mble; grodpe, igîtè les Esprits

snpérieQrs. La cour, une deuxième fois^ n'est pins maîtresse de ses seigneurs; chacun raffole des procédés mesmériques ; le menreilleux n'a jamais été porté si haut, ni enseigné avec aussi pea de réserve et autant de facilité. La puissance de Tbomme sur l'homme est démontrée d priori par les passes, les baquets, les chaînes contagieuses et les fascinations nkesmériennes. Les malades sont guéris en grand nombre ; les gens bien portants deviennent en non moins grand nombre malades, en ce que les plus saines intelligences s'attaquent, se disputent, se conduisent les unes et les autres à Charenton, en Thonneur de la possibilité ou non d'une influence magnétique humaine, égale à toutes celles de ce genre existant dans les trois règnes. Nous ne sommes plus ici devant les sectateurs de Brahma aux extatiques gymnastiqnes; devant les énergumènes, les derviches, les possédés, les trembleurs, les illuminés; nous sommes devant des malades agités convulsivement dont l'état plus ou moins bien apprécié et déBni semble 6tEe nouveau et inconnu. Chacun veut les expliquer; cent chaires de démonstrations retentissent des plus sottes propositions; cent brochures contiennent les plus ridicules.négations ; la France est possédée de l'esprit de bien dire et de mal penser. i 793 passa sur Mesmer, qui eut le prudent esprit de ne pas aller Bnir ses jours au château

Saint-Aoge, où boo prédéc«88ear Gagliostro les avait finis en rhonnear de la reconnaissance de la sotte instruction humaine. Mesmer laissa des étndiants que Goillotin n'atteignit pas» et qui profes* sèreotjdans des temps plus calmes.

La grande y noire et froide Notre-Dame de Paris est heureuse d'avoir revu ses tout bénis enfants; te gros papa Louis XVIII n'a pas maigri dans Fexil sous l'influence de la farineuse pomme de terre. C'est le temps de revenir aux sciences, et de laisser de c6té l'influence par trofib brutale des révolutions; aussi voyons-nous apparaître le marquis de Paységur, plus envieux de prendre la pointe de son épée pour baguette mesmérienne que de la tirer contre quelque poitrine cosaqc^e. Retiré dans ses propriétés, cet élève de Mesmer continue ses études mesmériques, et en fait sortir les pu* piles de Gagliostro ; des convulsions mesmériennes, il sait obtenir l'état somnambulique. En étudiant studieux, le marquis de Pnységur observe, annote, écrit, corrige et propose toute une étude nouvelle, étude naturelle dépouillée du mysticisme de toute école cabalistico-magique. G*est un honnête penseur qui écrit , c'est un digne professeur qui enseigne.

Dans le même temps, un jeune étudiant en médecine, M. le baron Du Potet, plein d'amour pour la science magnétique, expérimente en son

s^ p%s3^ire et si désirée 4/b Tar^ clprqrgijcal; &)u

qjii dqiUobir TphlatioD 4'un fejn, J^ -^lèye ^dibi^decine propose de la plopger ^ftipcietlemunt» — par Iç «ai^ur» d» magiîéti|ipe, -^ /lana T^tat 4- JPaeii&ibilité qu'il a recoppp pouvojp. ob^epic. Oo cpotçste ^ proposition ; mais M. Du Potet jf^'est pas UQQ iotellig^oce ordinaire ; ses œpyens dci démopstratioa se ressentent de la vigqeqr dq son ^ge; ses preuves se ressentent de son courage. ËnBa^ il entre en scène, et place, comme le fparqui^ de Puységur» — on peut le dire, — une palme nouvelle aux pieds de son imiportel maftre Afesiner. Nouveaux combats ; bavardage et publications font tourner les tôtes et les langues en tpi^t^ bpj|Gi)6. Le jeune étudiant quitte sans sojucis, ^ucua une carrlèrp qu'il eût honorée de son talpnt, pn n'en

pçptdoutçr^ et, en fervent 4P%e <)e. la n<^uy^ie science, p^court la Fra.nce et l'Ëiirope, afin de l'enseigner en tout 'lieu. Trente apnées s'écQi^l^nt

' ainsi en voyages et en professorat désiptér^?^? ^ réputation de M. Du Potet grandit en raisqn de ceUç du n)agnétisme humain, l^es jalopx, \^ n^échants, les intéressés crient, dénoncent, pour^uiv«Qt jusqu'aux pieds des tribun^qx le talent ^e

' \^^r convqjtis^; mais le héros sort vpfnqppur de tpHS \^ o)>stacIes, et revient planter son élQndftrd

aa centra de Fpris. (.à» il oavr# pid^jqavpie^t tfffk suions à qai Vf^iit Us fr^qucipter ; il dém^P^r^ 9PUJ|f caui qui veulent s'ipatrair^, et publie pour qem: qui veulent méditer*

Le savent professeur, à l'exemple de CagliostFO et de Faységur, reproduit Iqs pupiles du pri^mier, sans.qutre ^ecour^qu'uo mprpeaH dp qartpn npirci, ou quelques traits (}|9Pc|)Atr^$ sur {q pprqi^et do son paioo. Paris s'ém^rveilJQ d*eDthousiasipfi pour cette étude; il n'est pQS une rue de cette eapitalo qui ne possède son professeur ''magpétiste reproduisant les moyens du baron Pu Potet.

Nous mAme, apr^ 4vûir suivi reoseignement de ce savant, nQU$ entrons également, ^^ presque malgré nous, — eq scène p^r la pubHcftiqp do^ notre premier ouvrage, ayant pour titro : Arcanes delà vie fumre demies. Nous avons découvert i^t exercé une faculté somnambulique peu étudiép jusqu'alors, faculté qui est celle de lier un r^pporl direct piv^c le monde des causes, dans le g^prç dq Cagliostro, et d'évoquer à son gré toute 4m@9yant habité matérielleipent la t^erre* Nous ne uqus çqn^' tentops pas do flir^ cette simple, propositiop ; m^î^ nous 'désirqus Tétudier, la faire étudier, |a com^ prendre et la démontrer* Nous sommes lu, traduit* admis çt çqptçsté. Ce cQmbatet cet ens^igneffl^pl se perpétuent depuis bientôt quinze ans* Le Nouvfsau^Moude, h son tour, oe resti^ pas qm

arrière, il vient nous proposer ses médinmSy qaî ne sont, à nos yeux, que les voyants do baron Da Potet ; mais il les obtient en premier lieu an moyen de la chatne mesmériqae, qui également projette ses surcharges fluidico-éiectrtqoe sur la table ou le meuble où chacun pose ses mains en contact. Le bois s'agite, s'anime, devient un être collectif, ou est habité par des ftmes spiritnalisées; toujours est-il que des études, des conversations, des productions des plus inattendues et surprenantes s*ensuivent. Ce moyen de produire et de commn* nications spirituelles rentre en France comme étant une nouveauté, sans toutefois n'avoir pas oublié de passer par la Pologne, la Hongrie, rAllemagne, la Suisse et l'Angleterre.

'Les Parisiens et les étrangers délaissent alors les salons des magnétistes, et notre cabinet d*étndes en particulier; chacun se groupe autour de la table, dans laquelle il appelle un Esprit familier, Esprit auquel il soumet cent questions à la fois et cent choses inexécutables, ce qui fait qu'il remet la table en place, congédie l'Esprit, et se met à la recherche de ce qu'il ne cesse de trouver, de voir et de palper sans s'en douter. Cent écoles naissent basées sur des propositions plus on moins excentriques et logiques ; chacun veut professer la métaphysique, sans pouvoir relier deux pensées saines ensemble, et de ce tohu-bobu d'orgueil et d'igno-i

noce, il ne restera que profit pour la malreil». laoce.

C'est dans ce laps de temps que noas ayons publié notre Magie magnétique^ ouvrage que nous regardons consciencieusement comme une bonne ressource contre l'enthousiasme, et pour Tétud'e vraie des questions dont nous traitons. Nous ayons offert, en plus, des conclusions, fin de V Abrégé du Traité du Ciel et de V Enfer ^ de Swedenborg, qui sont le corollaire de nos propositions des Arcanes. Eh bien, faute d'être lu ou non compris, on s'est jeté sans boussole et sans orientation dans cette étude qui a ses difficultés de démonstration et ses points anguleux , et surtout ses ennemis oc-* cultes qui, sous prétexte de l'admettre et de l'é-* tendre, 4a compliquent de ridicules propositions afin d*en embrouiller les attraits. Le désappointement a été cruel, et a rendu ingrat enyers une science dont la puissante autorité ne peut descendre jusqu'à l'abaissement de notre exigeante ignorance.

U n'y a pas de cpncurrence possible à faire à la vérité, et la vérité dans ses limites de manifestation ne peut être étouffée sous les débris de constructions fantasques et de mauvaises assises. Demandons moins afin de mieux connaître ce qu'on nous donne; étudions un peu plus les détails avant de prononcer sur le tout ; ne nions jamais l'abon-

dapçf'Utt^éneqre pn vue. de. h ^^? «Héri^^re; ralHons-noas à un point de repère qui est l'étude ca)ne et réDécbie, ^ti^uetaol;, casaqt> et retrouvant a l'occftsionles cbeâe» 4o pos obierv^tioes.

Ile pou» o(2Çtt|^ii» pi^ q^i prodiMt 1^ premier, OQ p9r puf^eeflsipp legcboge^ ^e VQk^.adiairetion, afip aqpaier ce3 dipsef^ en vue 4§ ift jalouse que nous avons /coatre leur produeteur. $i noijs n'insttl^n^ pos la terre ppur l'épi de blé qii'eUe poas offre, n'insuitoDS pas notre frère pour la propositiao i^onsolante qu'il nous fait. Distançons les.ôtres de rintelljgeoce des être, et prenons ap moiss plus soin de tant de joyaux que nous laissons tomber dans U boue* parce qu'ils ne spet pas le produit de notre esprit.

Puissent tous les spiritualistes qui Uropt ces réflexions ^e plus eboser, coHioie par le paasé^ des moyens d'instruQtioo qnt nous offre }e OKUide epirituel, et profiter un peu plus d'une liin^ère ««ssi halle ffi d!uR résistât aussi consoiapt! Que cbecnn cesse enfin ses sottes et exigeantes dem^pd^, ses Qi|;fieiltetiaes en^ies^ de produire^ et ses s^upides dépeedauees envers c^ qui ue dem^Pil^ qpp de la dignité. Si l'acte de l'ange de Tabie e^ipmaod^it la reeonpaissaoee d^e ce dernier, il ne commai\i]^it pas son aduJatioa : §i les héros de aos pempuuiîceftiQns spirittt<^)e9 ^ipQidndeat notre e$ti«le pour l^m fraternels renseignemeots, ils P€i çoiwpiapdep^iMi^ la

coofaocç dfi rigp^re béat. Il e»t 4'0P« ine^HtvrA conditiop pour l^ftprit de tous de vérifier 1^ savoir et le pouvoir des Esprits, plus ou moins savapts et bienveillants envers pous^ que d'apeepter ^ans examen ces n^oyens de cimenter notre alliance ftvep eux. Point fl'e^igeace^ ni de découragement, mais de la justice çt de la p^uéçérance.

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