‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 3)Chapitre 3 sur 35 · AU TOM^ CINQUIÈME DE · texte numérisé non relu

AU TOM^ CINQUIÈME DE

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Ce n'est pas sans quelque hésitation que noas ouvrons le tome cinquième de V Encyclopédie magnétique, etc. Le peu d'extension que nous acquérons dans le monde magnético-^spiriiualiste , l'espèce d^oubli et dMnsouciance qui nous entoure, la ooniinuation pour nons d'un déficit de 30O fr. par année, afin de soutenir la valeur de l'étendard que nous avons déployé, étendard objet des risées et des sarcasmes des gens d'esprit ! la triste comparaison que nous faisons entre les hommages et le bien-être dont sont entourés ceux qui mystifient avec connaissance de cause les croyants en leur bonne foi, et l'espèce de mépris dont sont couverts ceux qui, •» instruments de démonstration en main, — ne demandent que Pexamen de leurs propositions , tout cela nous fiai . dire que le règne de l'honnêteté, du dévouement et de Pamour fraternel n'est pas de ce monde.

Non, l'observation, l'analyse et les moyens de contrôle ne peuvent détrôner la loi de là foi, de la crédulité et de l'ignorance.

Oui, l'instruction vraie est moins profitable au professeur que celle de Terreur.

Oui, il faut à l'homme des trétaux, des théâtres, des saltimbanques, des paillasses et des escamoteurs de ses gros sous.

11 lui faut des professeurs au front austère, auK yeux scrutateurs, aux lèpres serrées, à la langue menteuse, à rhabit doré sur coutures.

Il lui faut des temples, des palais, des salons, des tribunes académiques et littéraires... Explications embrouillées... pas d'études sérieuses... de la besogne toute ftiite.

Non, le professorat libre ne convient pas aux esclaves; il leur faut du décorum, un signe mystique, une singerie enfantine : voilà les besoins de Thomme au dix^neuvième siècle, de ce savant en toutes choses^ de cet être par excellence, de ce roi de soh règne, de ee dieu même de son espèce.

Si Je n'ai pas pris place dans sdn esprit, c^est que j'ai osé le défier de mettre à néant mes propositiods, quand il voulait que je l'honorasse de son ignoratice; i^8t que j'ai ri de ses ridicules ns et coutumes, quand il voulait qiie je lui rendisse des points sur telles bêtises.

Si c'était quelque bleuette prétendue religieuse, sanctionnée par tel tonsuré ou tel académicien, que je publiasse, oh I alors je serais Thomme de tous, les abonnements seraient quintuplés, et la générosité serait à son comble. Arrière tels moyens et tels soutiens!

Honte à ces prodiges !

Noos continuerons donc très-humblementnos études avec nos lecteurs, en coticluant seloti nUS moyens d'appréciation, et laissant chacun libre d'en fa[ire autant.

Alp. Cahagnêt.

CORRESPONDANCE

APPARITIONS ET MANIf BSTATIONS SPIEITOEIXI».

Paris, 4 décembre 48)^8.

Monsieur et cher frère en Dieu ,

J'étais impatiente de vous communiquer un fait qa'Qjfi vient d'apporter à m^ cqnnaissanoe et qui m'a vivement impressionnée. Pour vous, monsieur, , il sera peut-être de peu d'importance, vous êtes si accoutumé^ en a voir encore de pi us prodigieux; mais pour moi qui suis demeuréeencoreavecun esprit de doute et peu certaine que dans tout ce que j'ai vu d'extraordinaire dans les révélations ^e madame Adèle, une brillante imagination aidée de la cpm* muoic^tion des pensées ^ avaient pu y jouer np premier rôle. Ce que j'ai^ vous rapporter me donne la certitude que la commupic^tion des pepsées na peut y avoir aucune part : vous n'aurez san^ doutft pas oublié que la dernière fois que j'eus le plaisir dô vous voir, j'étais accompagnée de madame Ca..« qui vous demanda une séance d'apparition? C'était celle d'une personne de son pays , qui lui avait toqjoursr témoigné beaucoup d'amitié, et ma^amq Ca... , outre t'amitié, avait toujours eu pour elle beaucoup de vénération, Vqus savez que madame Ca... désirait s'assur.er si c'était bien sa vieille amie

qui communiquait avec elle dans la table et lui faisait avoir les songes révélateur» qu'elle lui annonçait ? Madame Adèle., en répondant affirmativement à ces questions, fit de cette dame un portrait que madame Ca. . . trouva très-ressemblant. Madame Adèle ajouta quelques particularités inconnues à madame Ca...; entre autres, elle lui dit que madame B... aimait beaucoup les fleurs, surtout le réséda; qu'elle lui en voyait un gros bouquet à la main; que l'esprit évoqué devait avoir eu un chagrin secret, qu'elle ne voyait pas qu'elle fut morte de maladie, mais tout d'un. coup, comme si le sang s'était porté à la gorge et l'eut étoufliée. (Je vois encore madame Adèle, en disant ces paroles, porter la main à son propre cou , comme si elle y ressentait elle-même une douleur.) Madame Ca..., étant éloignée depuis longtemps du pays, ne connaissait aucune des circonstances de la mort de son amie. Vous n'avez peut-être pas oublié , monsieur , qu'elle lui fit demander par madame Adèle si elle était bien aise de communiquer ainsi avec elle et si elle serait contente qu'elle parl&t de ces communications à ses filles, qu'elle allait voir dans le voyage qu'elle se proposait de faire dans quelques jours ^avec son mari dans sa ville' natale. L'Esprit, tout en témoignant sa satisfaction d'être en relation avec madame Ga..., la pria de ne rien dire de tout cela a ses filles , parce qu'elles eu

seraient trop épouvantées , et , en même temps ^ elle l'engagea fortement à ne pas accomplir ce voyage , qui , disait-elle , devait être funeste à la santé de son mari. Voici à présentée qui est arrivé: Le mari dé madame Ga... a persisté dans son des* sein j et est parti avec sa femme ; à leur arrivée dans la famille de madame Ga..., celle-ci s'est empressée de conter à sa sœur les relations qu'elle obtenait avec l'Esprit de leur ancienne amie et a prié sa sœur de la renseigner sur ses derniers moments, sur la maladie dont elle élait morte , puis lui posa cette question : Sais-tu si elle aimait les fleurs? — Âh ! je crois bien Qu'elle les aimait, surtout le résida , pour lequel elle avait une si grande prédilection , qu'elle en semait jusque dans ses caisses d'orangers , son mari lui faisait toujours la suerre à ce sujet, parce qu'il prétendait que cela faisait mourir ses orangers. Quant à sa maladie , elle n'en a pas fait , la pauvre femme ! elle s'est pendue!... Je passe sous silence, monsieur, les causes qui ont amené cette affreuse catastrophe, et ont poussé une digne mère de famille à une &n si déplorable, car toute sa famille existe encore; mais il est certain que, comme l'a dit madame Adèle , elle renfermait en elle-même un chagrin secret qui Ta conduit à cet acte de désespoir» et il est demeuré évident pour madame Ca... que cette malheureuse femme craignait qu'elle n'eut connaissandi&de tou»

CÇ9 S^ ; cmm^ Tavait va madame AèH$ , %jn% baaaeoiip d'orgueil , et se trouvait epcore up peu engagée daos les liena terrestres, elle pouvi^ît penser qu'elle allait perdre daos I4 considératioQ de madame Ca*.., qui me dit à ce aiyet ; Mm ai les Esprits lisept dans la pensée , comment n'art^ elle pas va qa'ellenepourraitferdre dans la mienne? Sachant ce que je saia » je ne puis cesser de l'esti-r mer , tous les chagrins qu'elle a essuyés , ses remords , ee désespoir qui la suivait partout , cette séparation volontaire de ses Biles qu'elle adorait , ont dû lui causer de si cuisantes douleurs que je ne puis que la plaindre sans cesser de ia vénéirer ! L'orgueil l'a sans doute encore aveuglée à son état d'Esprit. Elle a été saisie de la crainte de déchoir auprès de moi I II est certain . que les filles de madame B,.,/dans les circonstances présentes, et de la manière dont les choses se sont passées , auraient été très^effrayées de l'idée qu'on pouvait converser avec leur mère. Madame Ga..., en se promenant dans leur jardjn avec l'une d'elles , ne [mt s'empêcher de remarquer avec quelle profusiqn le réséda y était répandu. Ah ! dit la jeune fille de madame 6««m ma mère t'aimait tant, elle en semait partout {

Voilà^ monsieuri ce qui m'a vivement frappée. le passe m^ silenoe d'autres foits, plus eiLtraordioêirei , en iippaffence.

Recevez , monsieur et frère en Dieu , mes salutations distinguées.

Vei^ ve Cl4TE|p , née Niblou ,

10» rue de la Fidélité, Pam.

Vaux, le 40 décembre 4S58.

Monsieur,

Je lis Yos Arcanes de la çie future ; plus je les lis y plus j'éprouve de sensations. Je suis entre le doute et la croyance ; n^ais pour être vrai, je penche davantage vers cette dernière pour tout ce qui est dit dans cet ouvragp, aa sujet des apparitinus que vous obtenez au moyen du magnétisme.

Je devais fairp un voyage avec un de mes amis, M. Vçrigauity libraire à ChAte||erauIt. Ce voyage n'est que différé.. C'était dans le but de vons voir, et obtenir de votre extrême bonté une séance d'apparition.

Permettes-moi, monsieur, de prendre la liberté de vous dire que j'ai un vif intérêt pour vos livrer, et un grand désir de m' instruire sur les sciences mystérieuses que vous enseignez avec talent.

Qu'il me soit permis aussi, monsieur, de vous demander s'il ne vous serait pas possible de faire apparaître ma fille décédée? —* de lui deinander où elle est? ce qu'elle feit ?^i elU s'ennuie comme moi d'être privé de la voir ?

Elle s'appelle Juliette-Ursule Ce^ssot.

Vous donneriez son signalement,

Voiis m'excuserez, monsieur, de toute la liberté que je prends.

Et , en attendant votre réponse, je vous prie d'agréer l'expression de mon profond respect.

Cassot.

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