M. CASSOT
31 mars 4 859.
Monsieur, en réponse è votre dernière , bous avons demandé de nouveau votre demoiselle ; qui regrette comme nous que ses dernières réponses ne vous aient pas satisfait entièrement, et que yoqs soyez prêt A douter eooore après une ^apparition
aussi eomplète» et surtout > la révélation de la noce de son amie, à laquelle elle avait assista, noce, qui a eu lieu tel que vous le dites quelques jours avant cette révélation. Nous désirons que cette présente ajoute a votre conviction, par conséquent vous aide à supporter la douleur si naturelle que vous ressentes de la perte momentannée d^nne aussi belle, bonne, et intéressante créature.
Voici les réponses laitea à nos «(^estions:
D. Qui t'a reçue au ciel ?
R. Ma grand'mère.
D. Ai-tu vu Dieu?
R. Non.
D. £s-tu dans sa sphère, ou en as-tu ehaufé ?
R. Je ne suis pas encore dans la sphère divine ; on ne change pas si vite de sphère.
D. Pourquoi n*as*tu jamais parlé que de dmî dans tes réponses , et non de tes frères que tu aimais comme toi-même ?
R. J'aime beaucoup ma famille, parce que je suis très*aimante ; mais aucun de ses membres pense autant à moi que mon père. Il est plus peiné que les autres et attire mon attention. J'aime mes frères et tous mes parents Comme ils m'aiment.
D. Que fait ton père, a*tril réussi dans ses en* treprises et réussira^t^il dans celles qu'il ae propose de faire incessamment?
R. En fait de réussites préoédentea oui, et non,
mâig dans celles à venir qu'il mette beraconp de prudence, elle seoie en assurera le succès.
D. Tes visites sont moins fréquentes que précédemment, pourquoi ?
R. Elles sont les mêmes ; mais j'ai beaucoup de
difficultés à matérialiser mes communications
Je fais comme je fesais, je dis bonjour le matin aux membres de ma famille en les embrassant, et le soir je leur donne le bonsoir d'habitude , mais je ne peux être attachée è la terre comme avant. Je m'occupe de musique et de choses de mon état
présent puis... Oh ! j'aime toujours me faire
belle.
Adèle trouve cette jeune fille si franche, qu'elle n'a pu résister à me conter cette petite confidence ; que je vous transmets à mon tour, quoique je n'y sois pas engagé par la lucide, dont vos doutes ont un peu paralysé l'expansion ordinaire, et peutêtre, aidé, ou fait dire à votre demoiselle, que cette dernière avait le soupçon en horreur , vu qu*elle était très^vToie^ et d'une intelligence vive; saisissant les choses très-promptement.
Ne vous oflensez pas , monsieur , de ce rapport de ma part. Je ne sois qu'un copiste fidèle, qui reproduit aussi textuellement que je le peux ce que mes oreilles entendent ; et cela dans l'intérêt de la vérité, comme dans le but de mieux établir les moyens de certitude de tous.
D. Noua avons essayé de la planchette sans succès, pourquoi ?
R. Je viens de vous en dire la cause.
Assurez mon père que je ferai mon possible pour lui donner des marques matérielles de ma présence près de lui... Après un moment de silence, cette jeune Glle reprend d'un air un peu inquiet. s> Pourquoi voudriez vous que je sois toujours près de cette terre?... Moi y f ai peur des orages (cette phrase est textuelle). Adèle ne comprenant pas si le sens en est allégorique ou exact, ne se souciait pas que je vous le citât.; mais elle peut vous être agréable à connaître.
La lucide me dit que Mlle Gassot esten compagnie d*une amie ; elle croit que c'est celle dont nous avons parlé, qui est spiritualisée après elle, mais elle n'ose l'affirmer , et voulait encore vous taire celte particularité, de crainte que vous réprouvassiez cette seconde apparition. Je me suis repenti de lui avoir cité vos doutes ; mais ceux qui nous conduisent, plus éclairés que nous , nous font agir dans ces circonstances comme ils le trouvent bon. Ils trouvent sans doute égalemeot bon de nous laisser quelque chose à deviner, sans quoi nous serions toujours satisfaits; mais cette satisfaction troublerait plus qu'elle serait agréable.
Contentons-nous d'enregistrer ces choses mer* veilleuses, et de les classer selon leur valeur. Voici
le signalement de cette amie de votre demoiselle :
Belle brune aux yeux noirs, nez plus long que court ; mais bien fait. Bouche moyenne, menton allongé , ensemble de^ physionomie ovale , air de langueur, corpulence mince, moins forte que Mlle Gassot. Elle est dans une mise spirituelle ; je dis à Adèle de la prier, de revêtir une mise matérielle afin d'en connaître les détails. Ce n'est pas sans peine qu'elle s'y décide , et ce n'est que sur ces mots prononcés par votre demoiselle qu'elle le fait. <K Voyons ma petite amie , ce sera bientôt fait habille^toi. i» Adèle lui voit alors une robe d'étoffe de soie (pense-t-elie) de couleur gris, et à petites raies, rose ou groseille , coiffée en cheveux , avec bandeaux. Mademoiselle Gassot la régaie un peu, car elle devait être très-enjouée, quand sa compagne au contraire est plus triste. Elles paraissent bien s'aimer toutes les deux.
Votre demoiselle avant de nous quitter nous prie de dire à Mme sa mère qu'elle se soigne bien, vu qu'elle est très-fatiguée^ et a besoin de grands soins.
Voilà, Monsieur, le résultat de cette intéressante séance, puisse-t-il vous satisfaire et vous faire espérer revoir vous-même celle qui plus heureuse que vous, vous voit sans cesse selon ses vœux.
Recevez, monsieur, mes salutations fraternelles.
Alp. Gahagnbt.
Nota. Au moment de mettre cette correspond dance sous presse, nous recevons la lettre suivante de M* Cassoty lettre qui nous a fait beaucoup de plaisir, plaisir qui nous le pensons sera partagé par nos lecteurs,
Jamais nous n'avons obtenu plus belle réussite.
Vaux, ce 4" juin 4859.
Monsieur Gahagnet ,
J'aurais dû vous écrire plus tôt , en réponse a votre honorée du 31 mars dernier , qui me fait connaître d'une manière péremptoire^que c'est bien l'Esprit de ma fille chérie qui parle à votre excellente lucide.
La phrase que cette dernière dit tenir de ma fille : a Pourquoi çoudriez-vous que je sois (oujoursprès delà terre?. ..Moiyj'aipeur des orageSy^ est significative pour nous et ajoute à notre conviction.
Et puis , l'amie dont ma fille était accompagnée au moment de son apparition à votre lucide , est une jeune personne du département de la Dordogne, avec laquelle elle était très-liée. Le signalement que vous en donnez nous la fait recotinaitre. Mais, néanmoins, à la prochaine apparition que vous solliciterez de ma fille, demandez-
lai le nom de la ville qu'habitait son amie sur la terre. — Si elle y répond y je ne me permettrai jamais de faire aucune question pouvant exprimer un doute.
Il est vrai de dire aussi que ma bien-aimée fille avait bien prophétisé en recommandant à sa mère de se bien soigner , attendu qu'elle était très-fatiguée. En effet , ma femme est tombée malade , au lit y quelques temps après , et elle n'est même pas encore parfaitement rétablie.
Qu'elle veuillebiennousdirecequ'ilfautquenous fassions pour obtenir le rétablissement de sa santé.
La jetne fille de M. l'adjoint de ma commune, Marie Bîtleret, son ancienne amie sur cette terre, désirerait bien que ma fille parlerait d'elle à sa prochaine apparition, et qu'elle lui parlât aussi de son état présent.
£n attendant , daignez agréer pour vous et pour
votre lucide, l'expression de mon plus profond
respect.
Cassot.
Angers, le 25 avril 4859.
Mon cher monsieur Gahagnet/
Voilà longtemps que je ne vous ai envoyé quelques faits spiritualistes de nature à intéresser vos
lecteurs. Ce n'estjpas le désir qai me manque, mais je sois souvent empêché par des correspondances dans nos départements, où j'envoie de nombreux détails que me fournissent nos séances particulières ou des extraits de mes ouvrages étrangers. J*en donne même de très-étendus pour des personnes de notre localité, qui veulent se mettre au courantde ce que nous enseignent les Esprits, et je le fais avec le zèle que commande l'importance des prodiges du jour. Aujourd'hui, je vous donne votre tour, heureux de croire que vous voudrez bien accueillir les articles qui vont suivre.
Je trouve à la page 37 de l'ouvrage américain intitulé : Spirit manifestations. Sir Javis dit : Nous appelâmes notre fils, mort depuis 10 ans, et qui nous pria de chanter l'hymne : Advice to seek the Lordy c( conseil pour s'adresser au Seigneur. » Je pris un recueil d'hymnes; mais il dit : Ce n'est pas ce/a. J'en pris un deuxième, puis un troisième, puis un autre. Il dit toujours avec l'alphabet approprié : Ce n'est pas cela. J'allais chercher dans ma biblothèque, lorsqu'il dit de la même manière : Il est dans cette chambre. Atteignez le petit livre sous une couverture rouge. Après quelques recherches minutieuses, le livre fat découvert derrière des ornements. On y trouva une hymne dont le titre était à peu près celui qui nous était donné, et nous crûmes que c'était celle qui avait été demandée ,
mais il noas fat dit encore : Pas cela. En cherchant plus loin 9 nous trouvâmes eniin Thymne ayant exactement le titre indiqué. Nous la chantâmes, et la mesure fut marquée par des sons.
— Extrait du livre intitulé : Sights and Sounds^ p. 155... Des personnes du Cercle se sont vues promener en rond, inopinément dans leurs sièges, puis amenées près de la table et en être éloignées successivement. Les chaises et les canapés sont partis tout à coup de leur place près des murs, pour se réunir et former un cercle au milieu du salon au moment où ils y furent invités. Chaque personne du cercle a successivement levé la table de sonjcôtéy et \dipuissance invisible a chaque fois levé l'autre côté de cette table. Parfois les Esprits ont levé entièrement la table, et Tont soutenue en Voir à une hauteur d'un à trois pieds du sol , et chacun a pu se convaincre que personne ne la touchait. Des lumières de différentes couleurs se sont produites dans plusieurs chambres où régnait l'obscurité. La table a souvent été balancée avec vialence^ et soudainement, sans qu'on s*y attendit, ses mouvements ont cessé tout à coup, et elle se tint ferme et immobile, ayant sa surface inclinée sous un angle de 45 degrés. En cet état, les lampes j crayons et autres objets glissèrent sut le bord, et y restèrent fixés comme s'ils avaient été rivés sur ce meuble. Un des visiteurs a été suspendu et
transporté dans Vair à une distance de plus de cm- ' quante pieds.
— Dans le même livre, p. 308, on trouve :
a Dans Winchester, au printemps dernier, une dame motirut subitement. Très-peu de temps avant sa mort, elle avait donné un gage de souvenir à une amie qui devait aller demeurer à Greenfield, dans le Massachusset. Pende temps après, cette amie crut devoir profiter d'une occasion pour envoyer à Thabitatite de Winchester un petit cadeau en retour du sien ; mais il plut, il lui fut impossible de sortir pour faire l'acquisition de l'objet à donner, et elle dut ajourner son emplette pour attendre un temps propice. Le jour conven'able étant venu, elle reçut une lettre écrite par la main d'un médium, ainsi conçue : Vous avez bien fait de différer cet envoij car je devais quitter ce monde, comme je Vai faity avant quHl pût me parvenir. »
— Même livre, p. 150. Un père, dans le monde des Esprits, dit : ce Mon fils! oh, mon fils I qu'estce que l'Esprit d'un père peut te dire pour commander le plus ton intérêt. Je suis avec toi pour inspirer à ton âme l'espoir d'un glorieux avenir. Donc, en avant ! mon fils. Que l'espérance te berce sur le courant de la vie qui , chez toi, a bientôt •atteint son moyen terme, et qui commencera incessamment à décliner. Prépare-toi donc à occuper une place éminente et sainte dans le royaume du
ciel^ où ta peax être réani» dans les heureux cercles, à ceui qui t'ont élevé. »
— Même livre, p. 151. — L'Esprit d'Elias Smith donne l'avis saiyant : a Mes amis^ un grand changement aura lieu, et vous serez récompensés selon vos œuvres. Je veux faire descendre une bonne inspiration dans vos cœurs, car le bon temps va bientôt venir. La société humaine se modifiera et les hommes se sentiront entraînés à être charitables. Cette puissance, qui contrôle les communications spirituelles, ne peut pas manquer de convaincre 1 homme de son immortalité^ et sa foi, a cet égard, doit être plus dans Dieu que dans les enseignements des hommes. »
— Quelqu'un demande : Quelle foi? — « Nous voulons parler de certaines croyances qui excluent et prohibent cette liberté de pensées ou d'exprèssions qui tendent à réformer la société. » ,
Ma vue est tellement fatiguée que je suis obligé de m'arrêter ici - mais quil me soit permis, mon cher monsieur, puisque vous étiez en si bon cbe* min, dans la planète de Mercure, de vous reprocher de vous en être tenu là, et de ne pas avoir fait connaissance avec Jupiter ou Saturne, avec Panneau de cette dernière planète, avec Neptune qui paraît avoir aussi un anneau. Les détails que vous nous avez donnés sur Mercure ont fait beaucoup de plaisir aux personnes auxquelles j'ai montré vos 28"^
et 29® livraisons. Diaprés lehrs réfleiions et ce que j'éproave moi-même^ je crois pouvoir yoasdire que vos lecteurs s'intéresseront toajours, à vos belles expériences, et moins» il faut en convenir^ à toute poésie qui ne sera pas le produit des Esprits on de nature à fortiGer la foi, surtout dans un siècle positif ou léger, mais à qui il faut du roman ou des choses sérieuses.
Pour nous, les faits et les instructions d'en haut, de Galilée, seront toujours du plus grand prix. Pensez -bien que mes réflexions sont au béné6ce de vos publications, a l'égard desquelles j'ai toujours fait, in petto j des vœux de prospérité.
Recevez, monsieur, l'assurance démon cordial
dévouement.
Salgubs.