SUR LA PLANÈTE MERCURE
Par lb lugidb RàYET/ (Suite.)
TrolAlème étude.
2 décembre 4857.
Lorsque Rayet me dit être en compagnie de l'Esprit Gallilée y je le prie de lui adresser les questions suivantes :
D. Le globe Mercure est-il divisé par nations comme le nAtre ?
R. A peu près comme race d'hommes.
D. Est-il divisé également en partie dn mopde comme chez nous?
R. Ils connaissent très-bien leur globe ; ils l'ont divisé par climats et non par parties du monde ?
D. Il y a donc plusieurs climats ?
R. Il y a comme dans tous et sur tous les globeSy le moins et le plus chaud.
D. Les races d'hommes y sont-elles différentes ?
R. Les races coloriées y sont moins sensibles qae chez nous^ en ce que la cooleur dominante est le brun.
D. Les langues y sont-elles compliquées et nombreuses ?
R. Elles sont compliquées et nombreuses surtout en ididmes ; la langue la plus généralement parlée rapproche de celle des indiens^ quoique cependant cette dernière ne soit pas aussi avancée qae la première.
D. Les gouvernements y sont-ils royaux ou républicains?
R. Les grandes fortunes y gouvernent comme partout.
D. Gomment y sont composés les tribunaux ?
R. Les causes font le nombre des juges, c'esti-dire, plus elles sont graves plus le nombre des JQges est grand. Il y a en ce genre supériorité sur nous. Les plus petites causes sont appréciées par ^es hommes compétents, dans le genre de notre chambre des Prud'hommes.
D. Y a-t-il des académies des sciences, des musées et des muséums ?
R. Non. Ils ont des conseils qui reçoivent les déclarations, apprécient et jugent les questions. Pour les arts et métiers, les dépôts des chefe-d'œu*
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yres en ee genre restent aax ateliers, c'est ce qui fait la réputation et la fortune en même temps de leurs inyenteurs on de leurs propriétaires ; mais il n'y a pas de collectifité en oe genre comme cbei vous.
D. L'horloge y est-elle connue?
R. Parfaitement.
D. La boussole y est-elle connue ?
R. Non. Ils naviguent très peu; mais ils ont d'autres instruments d'orientation.
D. Le galvanisme y est-il connu ?
R. Il y est connu et a beaucoup plus de puis*» sance que chec vous; ils s'en servent, mais il est comme chez voas à l'état peu répandu. Il y a longtemps qu'ils le connaissent.
D. Le gaz pour réclairage y est-il connu ?
R. Ils ont moins de nuit qae vous en ce qu'elles varient moins que les vôtres; ils ont un gaz qu'ils obtiennent au moyen de métaux déposés dans des eaux préparées à cet eflet. Ils ne le tirent pas du charbon de terre comme vous en ce qu'ils en ont très-peu.
D. Les moulins à eau et à vent y sont-ils connus f
R. Nullement.
D. Gomment y sont représentés le pain^ le vin et les principales denrées alimentaires ?
R. Ils ont des pâtes comme chez vous. Ils ex«
traient des boissons de racines et de tubercules dont les graines leur servent à faire des teintures.
D. Quels sont leurs moyens d'échanges?
R. Ils ont des monnaies à cours forcé ; mais il y a beaucoup d'échange en nature.
D. Le poids, la mesure ou les nombres Bont*iIs leurs moyens de transactions ?
R. Ils pèsent au moyen d'un ressort en spiral formant volute, une aiguille est an centre et marque les différences. Ils ont des mesares et vendent au nombre.
D. L'esclavage, entre les êtres, y est-il pratiqué?
R. Il n'y a pas d'esclavage au point de vw d'achat ; mais au point de vue de castes qui dépendent d'autres castes. Ils s*y soumettent mieui qne vous.
D. Qu'y sont les animaux domestiques ?
R. Le plus grand nombre sont ces chevauiànes, dont je vous ai parlé ; il y a également considérablement de vaches, mais plus petites que les vôtres ; ils sont riches en espèces d'animaux domestiques, qui sont consacrés aux mêmes usages que chez vous : leurs formes diffèrent beaucoup des vôtres. J'y vois un oiseau énorme, dit le lucide, qui me semble être la cigogne de ces lieux : c'est ^un animal de basse-cour, il est plutôt couvert de
poil long et raide qae de plumes.. • Ils ont des oiseaax superbes.
D. Qu'y est la végétation ?
R. Les forêts sont impénétrables; mais les arbres en sont de très-moyenne grosseur et hauteur. Leur feuillage très-touffus et de forme très-petite. J'en remarque un qui a des feuilles semblables en tout au chanvre de notre globe. .. Ces arbres ont Tair de frémir d'eiistence, dirai-je, en ce qu'ils sont les uns sur les autres , et n'offrent aucune issue pénétrable ; les plus gros sont sur les rives, le trpnc est A peine de la grosseur d'un homme, et leur hauteur ne dépasse pas 8 mètres. Ils sont, contrairement aux autres, très-espaces. Le reste représente une charmille, moins, bien entendu, la forme des feuilles qui est généralement très-petite. Cependant, j'en vois un qui m'impressionne : il a la forme conique des sapins. Les branches sont plates et horizontales; elles relèvent seulement à. leur extrémité, par une courbure dans la forme du cou du cygne ; une seule feuille est au bout de chaque branche et représente la forme d'une main. Sa couleur est d'un vert blanc, cet arbre ayant ainsi des branches nues et garnies de telles mains semble dire au voyageur ne m'approche pas I J'en remarque un autre dont les branches sont totalement couvertes d'une espèce de mousse-lichen et dont les extrémités portent de petites houppes de
eailles d'an yert jaune très-tendre. Cet arbre est •sse2 beau à voir. Lenr yariété en feaillage est infinie.
D. La magie et le magnétisme humain y sontils connus ?
R. Ooi. Le grand principe et tout ce qai en découle est connu des prêtres.
D. Le somnambulisme naturel y existe-t-il ?
R. Oui, à des degrés plus éleyés que chez yous. Gomme beauté d'aspirations, il y a de l'orientalisme dans leurs idées.
D. Quelles sont leurs croyances sur la yie future ?
. R. Ils croient qu'ils iront habiter le soleil, yu qoe c'est la plus grande puissance qu'ils connaissent et qu'ils respectent... Ils aiment également beaucoup les fleurs, qu'ils regardent comme étant les réceptacles de la yie même du soleil... Ils sont aussi très-passionnés pour les couleurs , dont les nuances sont plus tendres, plus éphémères, plus yaporeuses que chez yous. Ils disent que les couleurs yiennent du soleil. On me fait yoir A cet effet l'extérieur d'une maison comme j'en ai yisité une l'autre jour intérieurement, afin que je yoie par quel moyen ils y font pénétrer les jours coloriés que j'y ai remarqués : ce moyen m'a assez intrigué ; imaginez-yous yoir des espèces d'auyents, en yerre de différentes couleurs, c'est-à-dire chacun
è^nm couleur diflUrente, saperposéf les nnt an» dessus des autres à une distauoe calculée A cet effet pour produire une décomposition de lumière ce* loriée selon leur goftt. CSê couleurs et les arAmes, me dit TEsprit Galilée, excitent leurs sens A un tel point qu'ils provoquent chez eux une espèce d'extase. Il faut avouer également que ces couleurs y sont vives et beaucoup plus belles que cbei nous, Ravet étant pressé par l'heure^ demande A être réveillé.
Quatrième étnde.
8 décembre 4857.
D. L'Esprit Galilée voudrait*<il vous conduire, ou vous faire voir, un temple mercurieii au mo« ment où on y officie ?
R. Après un moment de préparation, Ra?et dit voir ce temple ; mais se trouve très-embar* rassé pour m'en donner la description : attendu, dit-ily qu'il n'en a jamais vu de semblables, et que l'ensemble répond si peu a notre construction en ce genre, qu'il ne sait comment décrire celui qu'il voit. Aidé par mes questions et les remarques que je lai propose de faire, il s'exprime ainsi :
Imaginez-vous voir un hémicycle dans le genre de nos tbéAtres ; c'est-à-dire la partie réservée aux
spectateafsy tom la scène, qui est rampUoén par une morAille d'oee combidaiaoti toute particulière. L'hémicycle duquel je vous parle est détaché de cette muraille, comme le serait une porte-cochère placée à quelque distance de sou encadrement. La muraille a donc la même forme, cintrée du haut, que l'hémicycle ; hors qu'elle est d'un plus petit diamètre sur tous les sens, et qu'elle est pla« cée de manière à ne porter son ombre dans l'hémi* cycle que tout juste pour faire suivre par ses contours, aux rayonssolaires, leur ligne horizontale ou diagonale, tel les projette cet astre en mon* tant & rhorison, ou pour dire plus vrai, tel ce globe les reçoit par ses dispositions envers lui. Si devant une lumière quelconque j'interpose un objet opacte, les rayons de cette lumière ne débordent que les contours de cet objet et vont en ligne droite frapper l'objet plus grand , disposé ainsi pour les recevoir. C'est ce qui a été combiné pour ce temple ; l'hémicycle est beaucoup plus grand que la muraille, et reçoit donc, par sa disposition, les rayons solaires pendant tout le jour, ou les jours qui ont été remarqués être propices à cette introduction de lumière, car je crois qu'on ft'ofBde dans ce temple que dans des temps opportuM. La muraille fait face au levant, c estrà^ire masque le devant ; l'enceinte de l'hémicycle lait tee« eue, au levaut ; par conséquent, lorsque le
soleil parait à rhorison^ il entre par le vide ménagé à la gauche des fidèles, lorsqu'il monte, il plane au centre, et lorsqu'il descend, il éclaire la partie droite. L'intérieur de rhémicycle, n'est qu'un immense escalier en pierre, à marches très-larges et très-longues et épaisses, de manière qu'elles sont bancs pour s'asseoir, sol pour s'agenouiller, et escalier en même temps, par un tracé ménagé à cet effet, avec parapet pour faciliter les fidèles à prendre la place qu'ils désirent.
Pour bien vous rendre compte de ce genre de siéges-escalier, imaginez-vous voir une forme fer à cheval, les deux bouts appuyés sur le sol et le cintre touchant, par une élévation très-douce, le faite de l'édifice.
Les bancs, ou les marches, comme vous voudrei les nommer, sont disposées conune celles des escaliers à volute, ce qui fait que celles du haut se trouvent être de c6té et non de face. Cela est encore une combinaison, me dit l'Esprit Galilée, qu'exige leur genre d'office, il y en a deux par jour, dit cet Esprit, qui durent chacun trois heures, l'un le matin et l'autre Taprès-midi. Celui du matin exige que tous les fidèles tiennent la gauche du temple, afin qu'à l'heure du sacrifice de cet office, tous soient en plein dans la lumière solaire qui, à celte heure, a atteint un assez haut degré d'élévation pour dominer le contour gauche de la
muraille dont je tous ai parlé, et rayonner majestoensement dans toute la moitié de l'hémicycle. Il en est de même à ToiBce de l'après-midi pour le côté droit. De cette manière, tous les assistants se trouvent faire face aux rayons solaires ; seulement ceux des bancs supérieurs se trouvent être tournés de côté envers cette muraille, qui ne fait pas l'office que d*un pare-soleil, dirai-je, mais qui est l'encadrement, le maître-autel, si je peux le nommer ainsi, oii les prêtres officient. Les prêtres se trouvent être, par ce fait le dos au soleil et la face tournée vers les fidèles ; ils sont au nombre de quatorze, sur deux rangs, sept sur le devant et sept sur un deuxième rang. Ils ont en vénération les nombres impairs, par conséquent c'est le septième qui est le prêtre officiant ; il est placé sur un siège plus élevé que ses compagnons et encadré comme dans une tribune. Il ouvre l'office par une prédication ou instruction, je ne comprends rien à ce qu'il dit, et lorsque l'heure du sacrifice arrive, il se prosterne à genoux et tous les assistants en font autant ; le soleil, sans doute, les bénit à cette heure, selon leur croyance. Ces prêtres sont mis les uns comme les autres, sans aucune distinction apparente de hiérarchie ; ils portent des vêtements JQStes-au-corps, mais approchant de la mise espagnole. Un petit manteau est attaché sur une épaula et retombe sur le dos jusqu'aux reins. La
coulear de ce vêtement est d'an beau YÎolet â reflets bien, dans le genre des reflets gorge-pigeon. Seulement, il y a quelques dessins d'ornement en noir, qui semblent plutôt être appliqués et cousus sur cette étoffe que tissés avec elle. Une partica* larité remarquable, c'est que leur pantalon est fendu et bordé d'une petite frange du genou au coup-de-pied, afin de laisser voir la chair de l'homme, marque d'humilité qui veut sans doute dire que le prêtre est an homme de chair comme les autres hommes, a Mais, me dit l'Esprit Galilée, tu le vois, ils sont iraveslis comme partout. »
J'oubliais de vous dire que ceux quf n'officient pas ont des coiffures coniques, d'étoffe de même couleur que leurs vêtements ; portant à leur sommet une petite lumière, alimentée sans doute par quelque substance que renferme ce bonnet. Ceux qui prêchent sont tête-nue. Les sept qui sont.placés derrière les sept premiers, sont ceux qui doivent officier l'après-midi.
Il n'y a pas de chants ni de musique ; un silence absolu préside à ces offices ; l'intérieur du temple n'est ni peint ni enrichi de tableaux, il est d'une trèsbelle nuance blanche uniforme. Les fidèles euxmêmes, tous sans exception, sont dans une mise de convention sans doute, car pas un seul n'est au-trement qu'en blanc, hommes et femmes sont habillés de cette couleur. J'aperçois seulement quel-
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TéncntHiifl es i'.jil*'^^ .m;#-..:T- ^ r.*-. - .*. at
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Ravel ftç j^eu: 'vi/.:iiu*^ fvr.^ sv*.:j'-f:. î<i.ii:ué qu'il est par U c ILcL-iit cu*i «. êj.»!v»uvet i iDt îa^r^ ia descriptîoB ds tocpiç pr^rcî.^- et par 1^ temps qu'il a pasié i aswsier à utiÇ partie de l'oîlit^ qu'il voyait. Nobs b'osoi» présenter aucune obser^ atioo sur l'ensemble de cette séance, nous désirons laisser le lecteur Tapprécier. Nous dirons seulement que nous avons été touchés de la simplicité, et des belles combinaisons du temple précité, ainsi que la mise des fidèles. Ce blanc adopté pour assister
à l'acte le plus noble et le plas pur de l'existenee humaine, est bien mieux approprié a cet acte, qae les mises élégantes de nos nobles dévots. Qae d'immensités d'entendements différents, que de grandeurs dans l'œuvre infinie des conceptions humaines, et que de variétés dans ses amours.
CliMI«lèBie étude.
16 décembre 4857.
D. L'Esprit Galilée a bien voulu vous faire voir dans la dernière séance, un temple mercurien dans lequel on officiait, ce qui nous a donné une idée du genre religieux de ces peuples, voudrait-il aujourd'hui vous faire voir la ville capitale de l'une des plus fortes nations de ce globe ; ville répondant, par exemple, aux capitales de la Chine, de l'Inde ou de la Russie sur notre terre ?
R. L'Esprit Galilée me répond que les nationalités chez ces peuples n'ont pas de capitales uniques, mais que chaque province a la sienne.
D. Ces capitales sont-elles très-peuplées?
R. Il y en a de cent mille Ames à un million et plus.
D. Pouvez-vous nous faire voir alors le lieu de résidence gouvernementale de l'une de ces nations ?
R. Après le moment d'attente d-nsage, Raret dit voir une résidence goavernementale.
D. Combien d'habitants sont sous la gérance de cegoavernement?
R. Plas de cent millions.
D. Quel est ce gouvernement? est-ce ane royauté, un empire, une république?
R. C'est l'un et l'autre, c'est-à-dire c'est une royauté élective populaire , avec institutions républicaines.
D. La royauté n'y est donc pas héréditaire?
R. Elle y est héréditaire ; mais les fils (car les femmes ne gouvernent pas) sont soumis à l'élection populaire, leurs capacités sont avant tout appréciées par le conseil ; s'ils possèdent celles de gouverner, ils sont présentés comme tels au peuple. S'ils n'ont pas ces facultés, on leur laisse l'héritage de leur père, en palais et en fortune, et on en élit un autre.
D. Qu'est ce conseil duquel vous me parlez, sont-ce les ministres du roi ou les représentants da peuple ?
R. Ils ne sont ni les uns ni les autres, au point de vue que nous jugeons ces attributions chez nous. Ils sont au nombre de dix-huit qui donne neuf cabalistiquement , car je vous le répète ils aiment beaucoup les nombres impairs. Ils sont divisés par trois, ayant des grades progressifs ainsi
de trois en trois. Ce sont les pins âgés, les pins expérimentés, les plus sages connus de la nation et nommés en premier lien par elle. Lorsque Tao d'eax meurt, c'est le conseil entier qui s'adjoint un remplaçant à son choix, quoique cependant de réputation bien assise dans l'esprit du peuple. f Chaque province délibère dans sa capitale, sur ses propres intérêts, puis fait parvenir ses vœux au conseil, qui les admet ou les rejette.
Les décisions sont toujours respectées, quoi qu*ils aient eus aussi leurs révolutions politiques comme nous. Le roi possède très-peu d'autorité de dictature. Il n'a même pas le droit de présider ce conseil, ce n'est qu'à TAge de 60 ans qu'il en est le président, quand il a acquit toute l'expérience et toute la sagesse nécessaire à celte haute fonction. Lorsqu'il est jeune et capable, on le laisse se développer par l'administration des armées, on lui en con6e le commandement général dans lesguerres^ où il en dispose à son gré, sans responsabilité.
Dans la paix, il connait et fait connaître en son nom, à la nation, toutes les affaires publiques. Ses prérogatives grandissent à mesure que son intelligence se développe, et que son jugement devient grave. On peut dire que c'est un jeune roi à l'école de vieux rois, qui sans cesse arrêtent ou modifient ses erreurs.
D. Où sont les armées?
B. Wîkm §ant dias ies prarinces. ce n'es: cpi^fsn c» âc^mcrreipi onieiiiet à lenrtétc. Ch^qnt pro- TÎHBe a 9m soidats «t «n dispose é l^occafiion pour h IHbsk dt la casse cannoiiie.Tmsdfrrezhiefi pencr qn'ime i^Iie Toranté. i^oiiscrite et aimée du peapleii a, quoique ce soit à redouter de re m^me peipile; elle a d'autant moins à redouter le poiinlo^ qa'ea cas édiaaiiL, elie est déftnsêr par reiA qui Font fiole ce qn*elle est. Oh ! les^ lifaertéf de tous sont garanties là, tu quelles sont dans les mains deins.
D. La capitale oii réside ce roi est-elle p^nde?
IL Ce n&i pas une capitale^ je vous le répète^ c^est le fmnt gonreniemental. Cette \ille^ me dit l'espril Galilée n'a que cent mille hnbit^nt^^ e'(^ un Trai fien de plai»noe. Chaque maison y a )Ein jardin, tom ne sont pas beaux ; les p:rand$ ^u1^ me conviendraient.
D. Comment se prélèfent les impôts chf t cotte nation ?
R. H n'y a pas d'impAts comme chct nou*» rV^l* è-dire un budget voté a l'ayance. Chaque provinci^ a ses épargnes qui ont toujours une source rotot^ei aucune convention première nVxistei Ce i^onl f en épargnes qui pourvoient aux di^pensoH publiqut^Ki elles sont envoyées au conseil^ qui no dii^poKO qud d'elles seules. Selon leur richettSCy lo trouvonl ait e leurs travaux publics.
— aoo —
D. Pouvez- vous voir le roi et le conseil?
R.». Je me trouve transporté dans une résidence royale,... c'est un vaste parc -jardin ^ dont les arbres sont magnifiques de verdure et de direction dans leurs plantations et leur feuillage ; ils y forment des allées voûtées, non très-hautes» mais si touffues, et si bien taillées, qu'on les dirait faites en mousse. Il est vrai que le feuillage de ces arbres prête beaucoup à ce décors, car il ressemble à celui de nos fougères... Dans l'allée la plus grande, j'y vois une espèce de tour en bois, assez bien faite, pouvant avoir cinq mètres en hauteur. Le roi est sur le haut qui harangue le peuple assemblé aux pieds de celte tribune royale. Je ne sais ce qu'il dit, vu que je ne connais pas la langue qu'il parle, mais je sens qu'il encourage au travail, aux bonnes mœurs, à la jc^tice, à la paix surtout, et désire se trouver ainsi tous les ans au milieu d'eux ; aussi boit-il à leur santé... C'est drûle de voir un roi boire ainsi ; mais si c'est l'usage, se dit Ravet... il tientè la main un verre, forme de calice très-haut, il est en argent, ou je le crois tel, je ne sais ce qu'il contient.
D. Gomment ce roi est- il vêtu ?
R. Très-simplement. Cet homme me parait être âgé de quarante et quelques années, je ne peux juger de sa taille, en ce que la tribune me cache tout le bas du corps. Une chose qui me frappe dans
M physionomie^ c'est l'orientation de sa barbe^ qui est longue et par tonfles séparées les unes des autres, avec intention sans doute , car celle des autres hommes est comme la nôtre. Il est coiffé d'une espèce de couronne en peau d'animaly sans aucune parure en métal ni en pierrerie, un vêtement juste-au-corps^ de couleur brune, mais couvert de dessins noirs, espèces de dessins orientaux découpés et rapportés sur l'étoffe. Une bande de la même peau que celle de la couronne, peau à poils gris blanc, ayant la forme des étoles de nos curés, est passée autour de son cou, et retombe sur sa poitrine jusqu'au creux de l'estomac seule* ment. L'esprit Galilée me dit que cet insigne est le plus grand de ce royaume.
D. Demandez à cet Esprit, de quel animal est cette peau ?
R. Il me répond que c'est de l'animal le plus rusé et le plus courageux.
D. Comment sont vêtus les membres du conseil ?
R. Tout en blanc.
D. Priez Galilée de vous faire voir l'ensemble de cette résidence royale ?
R. II me conduit, continue le lucide, vers deux collines assez hautes, qui sont reliées par un pont en fer suspendu... Ohl mais c'est un bel ouvrage que ce pont, un seul pilier le soutient au milieu, il a bien 30 mètres de longueur, et est d'une
construction très-délicate ; nous n'ayons pas aussi bien, on alors je n'en ai jamais va d'aussi léger.
Imaginez-vous voir les côtés soutenant le tablier, tressés en fil de fer, ou forgés en fer léger dans le genre des mailles de nos filets, mais ce sont autant de petits croisillons qui font un très-bon effet à la vue, ôt qui paraissent présenter beaucoup de solidité... Ah! voilà un palais!... c'est un monument vaste, à arcades et à colonnes; mais ces dernières sont d'une faible hauteur, elles ont a peine deux mètres et demi. Leur socle est lourd et grossier, une espèce de boule applatie ; mais l'embase est mieux, une gorge à facettes y est poussée avec beaucoup d'adresse... Je n'aurais jamais pensé à ce genre d'ornement, il platt à l'œil (1). Le chapiteau ressemble à notre corinthien, mais n'est pas aussi correct, ce sont des feuillages sculptés qui en font l'office et qui ne déplaisent pas à la vue... Ce palais a trois étages, les fenêtres en sont assez grandes, mais à très-petits vitreaux; ce genre de vitrerie ressemble assez a nos anciennes croisées à vitres enchâssées dans des feuillures de plomb ou à nos vitreaux d'église... Les vitres du premier sont
(4) Je prie le lecteur de faire attention que Ravet est un ouvrier d'élite en ébénislerie et en menuiserie ; qu'il porte une espèce de culte au beau et au bien fait en ce genre
{Note de r auteur.)
eoYeireidediffiraitescoiilears; celles du deaiièiiie sont de couleur miette, et celle do troisième sont de coulear bleue;... les fenêtres sont cintrées et non carrées du haut... J entre dans une vaste salle de réception, elle a bien 18 mètres en longueor, et 10 mètres en largeur, sans compter deux allées, séparées de celle centrale, par un double rang de coUonnes très-jolies, ces colonnes sont couvertes de sujets sculptés en relief. Je dis sujets, ce sont des feuillages très-fins et très-délicatement faits» qui serpentent autour d'elles. Les deux allées que for^ ment ces colonnes sont réservées aux soldats ou gardes dans les jours de réception, et la grande allée du centre est réservée au publict
D. Quels sont les ornements de celte pièce ?
R. Aucun, les murailles sont d'un blanc trèspur ; mais les vitraux de couleurs dont je vous ai parlé, viennent refletter sur elles la lumière décomposée par leur nuance, ce qui joue rarc*enciel, c'est superbe à voir. Aucune peinture, ni aucun autre ornement ne s'offrent à mes yeux**, le plancher est une espèce de mosaïque trèS'jolie et le cintre est blanc comme le reste, il peut avoir cinq mètres d'élévation
Ravet se dit être fatigué, et demande à être réveillé.
SixIèaM étoée.
22 décembre 4857.
D. L'Esprit Galilée a déjà ea l'obligeance de OOQS instruire §ar la religion et le gouvernement des Hercuriens, youdrait-il avoir celle aujourd'hui de nous instruire sur leur justice. Il nous a déjà dit quelques mots sur ce sujet, que je voudrais pouvoir compléter ; car la connaissance détaillée de ces trois primordiales manifestations de l'existence sociale est indispensable à qui veut méditer sur elle 7
R. L'Esprit Galilée est prêt à répondre à vos questions, formulez-les.
D. Je désire que vous preniez connaissance de leur genre de justice, la manière de la rendre, le décors, l'apparat de cette imposante fonction de la vie.
R. Tout chez ces peuples se sent de leur simplicité et de leur jugement avancé dans toutes questions... L'Esprit Galilée ne me fait pas voir de tribunaux ni de juges siégeants à cette occasion, il me dit simplement que les condamnations sont en rapport avec l'état d'esprit et d'appréciation, rélat mental enfin du coupable. Le plaignant est entendu ainsi que los témoins, puis l'accusé. C'est là où ces juges excellent sur les nûtres,
ca ce qse leur appréciation eit toute piterneHoi et n'est pas infloencée par des avocats ni des pto^ cnrears généraux. Ils questionnent à leur gré le coupable» en lui soumettant divenes circonstances dans lesquelles ils le laissent libre de dire comment il agirait. C'est lui qui prononce, sans s*en douter, son jugement; il légitime ou blâme son action, sa manière de voir est appréciée et dispose les juges en sa faveur ou contre lui.
Ces juges ont une très-grande connaissance dos appétits, des affections et des forces majeures qui entraînent et dominent à l'occasion les hommes ; aussi savent-ils faire entrer ces choses dans le plateau de leur justice.
D. De cette manière, ils ont des circonstances atténuantes comme chez nous ?
R. Non pas, ils condamnent ou absolvent. L'étude qu'ils font des mœurs du coupable, est pour eux le point dominant de leur jugement. L'homme est ou n'est pas nuisible pour la société, il doit en être retranché ou modifié ; mais il ne peut être admis comme une machfoe, qui à chaque instant est susceptible d'être entraînée ou mue par des attraits plus ou moins puissants. Toutes les faiblesses humaines sont placées avant toutes choses dans le plateau de la justice. Comme je vous l'ai dit, l'accusé, par ses propres appréciations fait pencher en sa faveur ou contre lui ce plateau.
pins à «jouter à ceitt qiiMtioii ?
9* Nqp, il me dit paiement que loi femmiiot le» bomm^ y «ont comme cbei nonit et qm le bop ccear, einsi qee le jmlice y ponl comne par* tout.
P« Cet Esprit poqrrait*il noos imtroire sur une entre questioPi celle de restronomioi per
exemple?
B* QaeitioDnez.
D« Comment voien(*i|§ notre terre et qu'en pensent-ils ?
R. Ils le voient comme yous voyei le leur, et pensent de voas, ce que vous penses d'eox ; ils ne
doutent nullement que tous les globes sont bebités. Ils ne sont pas aussi avancés que vous dans les détails et la complicalion de rastronomief mais ils touchent fort juste sur cette question» et les eon* naissance qu'ils possèdent sur elle sont esactea.
D. Notre lune leur est^'Olle de quelque secours pour la lumière de la nuit» ou en ont4ls une éga* lement?
R. Votre lune est trop éloignée d'eux pour que
sa lumière leur soit utile; ils n'ont pas de lune
comme vous ; mais ils ont en revanche des pla*
nettes qui en font TolGce.
D, Ces planètes sont donc pour eui^ de* luoett R. Oui.
D. Gombim eoont«ils?
R. Trois, Ce qui fait qtae Un ntiiti chez dax' lODt beaucoup plui^ dairee que ôbez vouB) elles équivalent à vos jours sodibreii, mais elles sont des tiuits pour eux^ en regard de la lumière solaire de laquelle ils sont beaudoup plus rapprochés que V0US| et qui par conséquent leur fournit des jours beaucoup plus beaux«
D. De combien d'heure! sont tomposél leurs jours ?
R. Après un bon moment* de réfleiion, l'Esprit répond^ leur moyenne est de onieheurei.
D. De combien de saisons est composée leuf année?
R. De deux.
D« Combien de jours comptent-ils dani Tan- Bée?
R« Dis iiO, et on ne t^ttteuêèra pûê d*âvûir ateniî) ajoute Galilée.
D« Gonnaissent^ils la neige et la gelée?
B. La neige n'atteint pas leur sol, la gelée y est à peine ëentiOé Leurs hivers sont plus aboux dants en pluies qu'en froids.
D. Ont-ils des orages atmosphériques ?
R« Tout globe qui possède de la chaleur en subit les condensations*
D. Ont^ils des vents impétaetti comme nou§
en avons?
— tos —
R. Toat globe qni toarae a ses Tents.
' D. Connaisseiit-ils les aérolitbes?
R. Ooi, les aéroUthes sont des prodactions atmosphériques des globes, ne croyez pas qu'elles poissent provenir d'autres globes, car la sphère d*aucon globe ne peut laisser s'échapper, ni pénétrer un corps quelconque étranger à son cercle.
D. Comment se forment ces aérolithes?
R. Des fluides condensés métallurgiques, que lancent inopinément dans l'atmosphère des filons métallurgiques ou minéralogiques du globe, la condensation de ces fluides est aussi prompte que celle des métaux en fusion en contact avec des réfrigérents, ce phénomèoe est très^urieox et trèsextraordinaire.
D. Ravet demande si un globe pourrait tourner eu contre-sens de son évolution habituelle ? L'Esprit Galilée loi répond : si cela arrivait, les habitants de ce globe ne vivraient pas cinq minutes. Cette révolution troublerait la marche des autres globes^ ce serait une destruction de ce qui est. Non, chaque chose est ce qu'elle doit être en ce genre. Sachez que les habitants d'un globe vivent de sa vie, se meuvent de son mouvement, tirent leurs pulsations des impulsions même de ce globe, ils sont une partie de lui, ils sont, à son égard, comme le système pilleux est a l'égard de votre Corps.
D. Avez «TOUS quelques notions à ajouter à celles que tous aves eu Tobligeance de nous trans* mettre pour notre instruction ? .
R. J^ai à vous conseiller de continuer vos études qui sont et font l'activité de l'intelligence ; mais n'entrez pas dans Ja connaissance des causes des questions que vous traitez, car les causes ont des causes elles-mêmes qui les ont produites, et ainsi de cause en cause on remonte dans l'infini, ce qui est vous dire qu'on s'étend indéfiniment et qu'on ne sait où se retrouver. Ce sont de grandes élévations d'esprit qui éloignent de tout ce que vous connaissez, par conséquent qui éloignent des hommes pour rapprocher de la Divinité. Lorsqu'on a atteint ces hauteurs, on ne communique plus avec la terre, parce qu'on ne pourrait être compris des êtres qui Thabitent, on est t'Océan en comparaison de la goutte d'eau. Si cette dernière était touchée de cette immensité, elle ne serait plus elle, elle serait absorbée dans l'Océan.. • Oui, mes enfants, étudiez posément, sagement, avec ordre et mesure, je vous aiderai de tout ce que je sais. Je ne suis pas encore assez avancé pour résoudre tout ce qu'il vous plairait de connaître. Malgré mes quelques siècles de spiritualisation, je n'avance que très-lentement.
Ravet est très ému de ce petit discours et du ton bienveillant avec lequel il a été prononcé,
atiM reiii«roie-t»îl m son nom ot U mm y ee bon EAfirit. Co dornier ajoute t «( AUez^ mes eafeatoi ce que vous savez est bien peu de chose en comparaison de ce qui vous reste à connaître. Les bommes de la terre sont les élèves, les instramenta du monde spirituel y sans s'en douter; vos savants sa croient tout autre qu'ils sont. Leur liberté d'action ressemble à celle de l'enfant dans son (diarriot qui essaie ses premiers past La bouts
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PAS A T FAiHfi. Non y VOUS u'ètes pas ce que
vous oroyei être ; il nous faut user de beaucoup
de ménagements dans nos communications avec
VOUS) pour parler votre langage et être compris
de vous».. » Cet Esprit s'éloigne en disant ces
derniers mots : « Je rends Ravet à son état normal. »
Oas. Les révélations qn'on vient de lire enlhn^ tant naturellement mille autres questions que nous avons cru devoir suspendre^ en vue du peu de temps que nous pouvons sacrifier à ces études^ et en vue de rincrédulité que nous allons soijN^ lever. Nous avons effleuré ces hautes cotinaia* sances du système planétaire de notre globei Sans les deux études que nous avons proposées et pnK
— tu —
posons, tant sur la lane (1) qae sur Mercare, afin de prouver notre besoin de connaître et de partager nos ûùûtiélsêûMiàî Avec M% lecteurs ; hélas ! touchons-nous juste? Nous pensons l'affirmative à regard de nos lecteurs, mais à l'égard de nos contradicteurs que fie sarcasmes vont tomber sur nous ! que de faux jugements et d'insultes au be-* soin ! Illettrés que nous sommes, plus envieux de savoir que de bien exposer^ nous négligeons les remplissages des conteurs du jour pour aborder plus promptement les faits, puisque nous savons que nous serons compris autant dans notre simplicité narratoire que ces brodeurs d'histoires, qui n'ont en vue que la grosseur et non la valeur de l'histoire contée ou à oonteri
Nous le répétons, nous pourrions à Toccasion faire mieux et produire beaucoup plus I mais le mieux s'altère par la forme, et le beaucoup altère tête et bourse. Les matériaux ne nous manquent pas ; le désespoir seul nous envahit. Nous ne sommes pas de notre temps ou notre temps n'est pas de nous. Nous laissons aux ténèbres leur TRIOMPHA, et à nos amis le- soin de nous apprécier. Alp. Cahagnet.
(1) Voir tome m des Artanes de la vie future dé" vtdtéi. [Note de Vmuteur.)