QU'EST-CE QUE 0IEU
Qa'est-ce qae Dieu? qai a créé Dieu? quelle forme a Dieu? de quelle substance est composé Dieu? etc. Telles sont les questions qui sans cesse sont posées à tout homme religieux qui veut croire, prier, et espérer plus complète com préhension , plus grande harmonie, plus juste répartition, plus stable amour des êtres et des choses.
Nous pourrions répondre à ces hommes, dont la toute petite intelligence veut s'élever jusqu'à Dieu, dont la toute petite existence terrestre doute d'un * être antérieur, supérieur et ordonnateur des mondes, qu'ils adressent cette question aux plus savants, aux mieux posés, aux plus vénérés des temps passés et des temps présents, qui sont les étudiants catholiques. Ces derniers leur répondront que Dieu ayant tout créé de sa parole, esl en tout ce qui est^ ce qui 'conviendra aux panthéistes.
Ils leur diront en plus que Dieu étant avant que la lumière fût, la lumière fut sa première manifestation (1), par conséquent la vie, la clé de son œuvre, ce qui conviendra aux adorateurs du soleil.
Ils leur diront encore que Dieu ne peut être
(4) Voir la Bible.
compris, par les exigeDces de la raison humaioe, que comme point et cercle y dénomination qui conviendra aux métaphysico-spiritualistes(i).
Ils ajouteront que ce qui existe étant le produit de rémanation divine, chaque partie de ce tout doit représenter la même égale somme de puissance d'émanation, par conséquent que la partie est Dieu comme le tout (2), ce qui conviendra aux aspirants à la divinisation, qui ne sauraient sans cela comment devenir dieux eux-mêmes.
Si ces chercheurs de dieux demandent aux mêmes savants christicoles quelle figure plus saisissable de Dieu ils pourraient présenter à leurs yeux, Ils leur diront qu'ils ne sont pas des adorateurs d'idoles; mais que pour les besoins de Tesprit humain, ils ont un livre sacré qui est la parole de Dieu même ; qu'ils ont un saint sacrement qui est la véritable émanation divine; et que pour plus obtuse intelligence, ils ont un vieillard à barbe blanche, un jeune homme à barbe rouge, et une colombe aux ailes lumineuses; que ces trois allégories représentent Dieu enfantant, enfanté et pensant. On ne peut mieux être assorti de démonstrations saisissables pour l'esprit humain. Mais si vous objectez que ce livre, que ce soleil,
(1) Le sacrement de rEucharistie.
(2} Saint Paul devant l'Aréopage.
que ces tableaux allégoriques ne sont poar l'homme studieux, qui né se contente pas de la crédulité populaire, que de nouveaux sujets de controverse, et qu'il lui Faut un dieu autrement prouvé et défini, ils vous répondront par ce mot : mystère. Le catholicisme étant une mosaïque des écoles les plus anciennes de la terre, veut, mais ne peut prononcer en dernier ressort sur cette haute question. Les brahmes, les Égyptiens, les Grecs, les Romains avaient dit leur dernier mot avant lui sur ce labyrinthe de Tesprit humain. Le catholicisme en a fermé la porte par le"^ mot my^^èr^, tout en agissant au nom de cet Être dont l'essence lui est inconnue, et se disant être la seule école à laquelle cette essence est révélée.
Désirant, comme tout autre, remonter jusqu'aux portes de cette révélation, j'ai consulté attentivement le livre sacré des catholiques, ainsi que la généalogie humaine qu'il renferme, afin d'arriver plus sûrement jusqu'à mon premier pèr6. Cette généalogie répondant peu à celle admise en nos jours, vu la diiïérence de la durée de l'existence humaine, je m*en suis rapporté à ce que je vois ; car en toute étude il est bon de voir pour croire. Le terme moyen de l'existence humaine étant reconnu être de trente-trois anrfées, par les plus savants de nos jours, j'ai donc dû en déduire que j'ai eu trois mères de mortes depuis un siècle,
par conséquent trente en mille années; accordant, de par ledit livre, à la création hamaine 6858 années, je me trouve avoir perdu cent quatre-vingtcinq mères et deux tiers d*une autre depuis cette époque. Effrayé de cette nombreuse souche, je me suis bien gardé de recourir à l'ère indienne qui l'aurait triplée, et encore moins à celle chinoise qui l'aurait centuplée. Je me suis arrêté à cette prétendue première mère, et je lui ai demandé qui Tavait produite. Elle m'a montré mon cent quatre-vingt-cinquième père, bien entendu. J'ai adressé la même question à ce bon centuple aïeul, il m'a répondu : c< Ta mère est la chair de ma chair, et l'os de mes os. »
D. Je sais que ma dernière mère peut en dire autant de moi, car je suis bien les os de ses os et les chajrs de ses chairs; mais vous, mon père, qui vous a uni à ma mère, et d'où sortez-vous?
R. Je n'ai point vu nattre ta mère, comme tu verras naitre celle de tes fils, et je ne me suis pas vu plus naitre que toi, est tout ce que je peux te dire.
D. Mais enfin vous provenez de quelque chose; c'est ce quelque chose qui doit me conduire jusqu'à Dieu; et lorsque j'aurai trouvé Dieu, je le suivrai pas à pas, comme j'ai suivi la ligne qui m'a conduit jusqu'à vous, je finirai alors par connaître l'essence de Dieu ou des dieux.
B. Ralentis te9 pas, 6 mou fils! et surtout tes besoins de connaître... Toute étude à laquelle tu voudras assigner une fin doit avoir un commencement ; par conséquent, si tu veux faire Tétude des émanations divines, retourne sur tes pas pour pouvoir répondre à Dieu ce que tu voudrais que Dieu te répondit à toî-mème, qui est de lui conter l'histoire de ton dernier à ton premier père. Dieu pourra alors te dire celle de son dernier à son premier émanateur.
Sache donc te connaître avant d'exiger connaître Dieu : le temps ne te manquera pas. Crains plus le complément de ton savoir que le vide de ton ignorance!... Ta main n'est pas encore assez habile pour feuilleter le livre des soleils*. • et ton cœur n'est pas Qssez plein d'amour pour s'élever jusqu'aux dieux!..* Moins susceptible de douter de la main qui me plaça où je me trouvai, je n'élevai pas Terreur de ma raison jusqu'à croire que tout ce qui m'entourait était une œuvre accidentelle. Tant d'harmonie dessus, dessous et à mes côtés, force mes regards de s'étendre au delà de l'horizon, d'où je n'ai pas encore vu apparaître le dernier de mes enfants, quoique beaucoup m'ont rejoint, tu dois le penser. C'est lorsque le dernier de tes frères reposera sur mon sein que nous prierons Dieu, tous ensemble, non de nous dire son âge, mais de nous dire le nôtre ; non de nous dire
quelle est sa forme, mais de nous dire quelle est la nôtre ; non de nous dire de quelle substance il est formée mais de nous dire de quelle substance nous sommes formés nous-mêmes ; non de nous dire quelle est sa science, mais de nous dire si la nôtre est bonne.
D. Quoi ! mon père, tu ignores encore, à ton âge, ta forme, tes constituants et ta science?
R. Oui, mon fils, comme tu ignores encore toimême le degré de liberté que t'accorde la chair; comme tu ignores la sagesse dans le gouvernement de tes frères, la justice dans la répartition des droits de tous, la religion dans les temples des hommes, Tbonnêteté dans tes rapports fraternels, Tamour au foyer domestique... Si j'ignore mon âge, ma forme, mes constituants et ma science, c'est que, par mon âge, étant enfermé dans les temps, je ne peux connaître au-delà des temps... C'est que, par ma forme, ayant passé de celle la plus lumineuse, la plus diaphane, la plus éthérée à celle la.plu^ obscure, la plus opaque, la plus tenue, je ne sais celles qui me sont réservées, et quand pourrai-je n'être plus autrement que je crois être.r. C'est que, par mes constituants, j'ai reconnu en moi tout le substantiel de ce que je vois au dehors de moi. Me voyant être un composé non pas que de tous les règnes de la nature, mais de tous les amours^ de toutes les fonctions, de tous
les enfantements de la natare^ je ne sais si je suis un point ou un tout,.* C'est que ma science me démontre qu en tout ce que j'étudie, l'affirmation est toujours détrônée par la négation, la stabilité par rinstabilité, le composé par le simple, le mouvement par le point d'arrêt, le dessin par la mo* saïque, les chiffres par les faits, les attractions par les répulsions, la force par l'adresse, et la plus compliquée combinaison parla plus simple proposition. Ferme tes oreilles, mon fils, aux démonstrations de tes frères, ta bouche aux arguments qu'elles enfantent, et ouvre ton cœur aux douces contemplations. Lorsque tu auras écrit Tbistoire des règnes qui t'entourent, des soleils et des mondes qui accompagnent le tien dans le cercle éternel qu'ils décrivent; lorsque ta auras mesuré les étendues des cieux, touché au point central et sphérique de l'univers , nous mêlerons dos savoirs ensemble, et peut-être pourronfr-nous alors, non étudier l'histoire des dieux, mais celle da roouve' ment de tous les corposcoles de leurs œuvres! Osons espérer cette coooaissance et n'ambitioDooM pas davantage.
Je fais la même réponse à ceox qui •œbitMMi' neot coDoattre Tavant de Twant^ le pCMt da point y le monvemeot du mmwemetU,