‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 24 sur 47 · DÉDOUBLEMENTS · texte numérisé non relu

DÉDOUBLEMENTS

J'ai déjà parlé du phénomène des dédoublements dans les Arcanes et la Lumière des Morts. Je Tiens d'être à même d'apprécier à nouveau cette question, sans pouvoir la résoudre bien entendu, Trois nouveaux faits se sont présentés à mon observation dans trois jours de suite, sans que je les ai provoqués, comme on va le voir.

Pkemiek fait. — M. Ducoret fils, tailleur, & Rambouillet,' m'écrit pour me prier de faire visiter une jeune fille de cet endroit, ayant très-mal au genoux, et de lui dire s'il y avait espoir de guérison. Je n'ai point d'autres renseignements, et je ne sais par quel accident la lettre se trouve être brûlée. Je tente l'expérience en disant à Adèle de demander une jeune fille qui a mal au genoux, soignée par M. Ducoret, de Rambouillet. Gomme on le voit, nous demandons à l'inconnu de nous faire connaître ce que nous ignorons. Adèle voit la jeune fille, me donne son âge, son signalement et la description de son mal : c'est à la jambe droite, un peu au-dessous de la rotule ; il n'y a pas de plaie, mais il y a amoncellement d'humeur, etc.». Je fais part de ces détails à M. Ducoret, qui les trouve très-exacts, et qui est trèsétonné que nous ayons si bien réussi sans plus de renseignements ; ce monsieur me dit en plus que la

jeune fille malade voit Adèle souvent en songe, qui ne la quitte pfts et semble lui porter beaucoup d'intérêt s entr'autres visioM, elle là Vit cel jours dernière qui lui dit s Replace! dortc l'emplâtre qui n'est plus sur Votre genou, puis remették la bande qdi s'est déliée et recouvrée votre jambe qui ett et posée au froid. La malade fui réveillée aussitôt et vit effectivement que l'emplâtre n'était plus sur sa jambe, la bande s'étant ôtée et la couverture étant réjetée de côté laissait le froid nuire au mal. On doit penser quel fut l'étontiefflent de dette personne, ainsi que celui de M» Ducoret qui m'en fit part. Le mien ne fut pas moins grand» et me prouve une fois de plus que noua ne éomtaes pas toujours où nous croyons être. Après quarantequatre jours de cruelles souffrances, la malade fut guérie, plus par le fait de tels soirts spirituels d'Adèle, affirtoô celle malade, que par le secours de remèdes* Des faits très-curieux de visions ont eu lieu peùd&nt tout le temps des souffrances dans lequel l'esprit dédoublé d'Adèle ne quittait pas M protégée.

deuxième fait. — Par un temps très-ptutieui je me trouvais enfermé dans mon jardin avec M. Tdftatin, cultivateur à Argenteuil, qui me donnait un coup de main à remuer lu terre, lorsque nous Sentîmes le besoin de nous mettre à l'abri; nous entrâmes dans un petit pavilloû, et nous nous

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surprimes à porter du magnétisme . D'un mot à on

«Utre jl n'y o pas toujours très-loin ; aussi, es* say«i-je do magnétiser ce monsieur, pour voir s'il serait sensible à mon action ; à peine quinze mU nutei furent' elle» écoulées que M. Tartarin était dans lé sommeil. magnétique, au milieu d'un monda nouveau pour lui, dan* les eampgnea duquel il no se plaignait pas du mauvais temps des nôtres. Cent tableaux plus ou mains intéressants s'offrirent A sa yue encore vierge dans ce genre do travail i aussi, ces tableaux passaient-ils avec une rapidité incroyable devant elle. De» personnes de sa conneiwenoe encore sur la terre à ses parents et amiaspiritualisés, chacun allait et venait, agissant et trayaillant comme par le plus beau temps du monde ou par la plus grande persévérance qui se puisse voir dans leurs usages terrasco~spirituels, Ce n'était pas. dans un tel moment et sous de telles improaiions que je pouvais utiliser lo sommeil de ce monsieur; aussi le laissai-je libre de se sécher les épaule* au* rayon» du soleil spirituel, en attendant moi-même que les miennes se séchassent è l'abri do me.cabanç, Ce qui me surprit le plu* dan» cette macédoine de vision, ce fut de Tontendre me dire : Tiens, avec qui parlez-vous donc là. —Où cela? repris-je?— La, à table, avec un homme portant la mm d'un marin, et d'une figure capable d'effacer la vôtr^ par ea marfidliV. — Comment

cela?dis-je à M.Tartarin; je voudrais bien être à table en ce moment, car j'ai presque envie de tomber en faiblesse ; si, an moins, ce souis pouvait, par une puissance spirituelle, me faire trouver ce temps an peu plus supportable, je n'en serais pas fâché, je vous l'assure. — Bah! me répondit le lucide, vous êtes bien trop occupé à discuter avec ce marin pour vous occuper d'antre chose. — Mais, mon cher monsieur, vous voyez bien que je m'occupe d'autre chose, puisque je tiens, selon vous, une conversation en partie double eu ce moment. Pardié ! je vous entends bien, là auprès de moi ; mais je ne fais que de vous entendre, quand, devant moi, là, dans cette espèce d'auberge, je vous vois et je vous entends aussi bien, ce qui fait que pour moi vous êtes moins auprès de moi que devant moi. — Voyons, je suis ou je ne suis pas auprès de vous. — Vous êtes auprès de moi si on le veut; mais, pour moi, vous voilà mieux prouvé devant moi. Cela est bien drôle tout de même ! Voilà qui est surprenant ; entendre le même homme parler dans deux endroits différents à la fois, et le voir dans deux mises également différentes; car, devant moi, vous portez une blouse bleue, forme de celles des rouliers, et je vous en sais une ouverte par le devant ; comment cela peut-il être? J'en ai une de là formé dont vous me parlez. — Oui, mais pas du moment ; c'est,

sans doute, pour que je croie mieux que c'est bien vous qui êtes là auprès de moi, qui êtes devant moi. — Enfin, c'est pour que je croie, moi, que je peux être dans plusieurs lieux à* la fois sans m'en douter. — Ah ! tenez, tout cela est bien drôle, reprend le lucide. — Ce qui est le plus drôle, c'est, repris-je à mon tour, que je vais vous inviter de revoir notre pluie tomber. — Comme il vous plaira. Je rendis M. Tartarin à son état normal et je restai devant ce que je venais d'entendre, me proposant d'en dire un mot à mes lecteurs.

Troisième fait. — Le même jour,M. A.Maugis, tourneur à Argenteuil, se trouvait chez une dame qui désirait être introduite auprès de moi pour avoir une séance d'Adèle. Une conversation toute magnétologique s'engagea entre cette dame, M. Maugis et une demoiselle présente. Cette dernière désira que ce monsieur essayât de l'endormir. Dix minutes à peine suffirent pour qu'elle entrât dans un sommeil assez parfait pour visiter plusieurs de ses connaissances qu'elle savait malades, et pour recevoir des conseils de son père spiritualisé. Des sensations diverses aux larmes, tout apparut dans cette séance qui était un coup d'essai pour le magnétiseur et la magnétisée. Affirmer voir un mort là, dans une chambre d'amis, converser avec ce mort et pleurer ensemble sur les misères de la vie terrestre , fut un spectacle tout

nouveau pour tout le monde ; tnaîs ce qui me parut le plus nouveau, c'est qu'à une certaine plante que la lucide conseillait pour une personne malade, son magnétiseur lui demanda où elle voyait cette plante ? Le lucide répondit : on me la montre. — Qui vous la montre? — C'est une telle.— Qu'est cette personne? — C'est une jeune fille, mon amie. — Où est cette amie? — A Batïgnolles. — Comment cette jeune fille peut-elto vous présenter cette plante, puisqu'elle ne sait pas que je vous ai endormie , ni que vous avez besoin de plante ? — Elle me la présente, est tout ce que je sais ; la voilà là, devant moi, qui tient cette plante à la main.

Je m'en suis tenu à cette particularité du sommeil de cette jeune personne , vu qu'elle rentre dans te cadre du phénomène des dédoublements. En effet, je ne pense pas que la jeune fille qui présentait cette plante à son amie, à douze kilom. de distance, sans se douter elle-même du sommeil de son amie , ni de ce qu'elle faisait à coup sftf ' dans ce moment, croirait en ce jour qu'elle a donné une telle marque de savoir, et, en plus , de tendre amitié à sa compagne , au moment peutêtre m, comme moi, die pensait à autre chose, car je peux affirmer que je ne pensais pas plus à parler avec mon partner marin , qu'Adèle ne pensait, je le crois, à recouvrir le genou (Tune fille

distancée d'elle par soixante kil., fille qu'elle n'a jamais vue et à laquelle elle marque uue si dévouée et une si occulte sollicitude spirituelle !... Quelle question abordons -nous là? Hélas! mes très-chers, je vous en prie, ne niez plus l'existence de l'ame humaine , car à coup sûr, au premier jour, nous allons vous en prouver une demi-douzaine dans chaque corps.

Alp. Cahagnet.

spirituàlisation et résurrection.

M. Bordes , ex-artiste et directeur de grands théâtres, a pris place dans la locomotive de l'Éternité» Agé de 85 ans, M. Bordes était un des plus anciens mognétistes de Paris, ayant étudié à fond les sciences occultes, ayant produit et vu des faits très-supérieurs à ceux que nous voyons journellement ; ce cabaliste (je peux lui donner ce nom), conserva, jusqu'aux derniers moments qu'il resta parmi nous, toute sa lucidité d'esprit. Je devrais dire toute sa supériorité d'esprit, car M. Bordes, à 85 ans, était encore un des artistes les plus aimables et un poète des mieux inspirés. Recherché par les jeunes et les vieux, il était l'âme de tous les cercles dans lesquels il était invité. Ayant eu beaucoup de revers de fortune , il passa ses dernières années dans un hospice» n'étant atteint que

d'an commencement de cécité. C'est dans ce temple des douleurs humaines où notre vénérable ami, sentant ses derniers moments approcher, appela auprès de lui ses enfants pour leur faire ses adieux. Les sœurs de l'endroit ayant proposé de l'assister à cette heure suprême, le vieillard les remercia de leurs bons offices, et, à l'exemple des patriarches, sut se suffire à lui-même. Jamais, au dire des infirmiers et des personnes présentes, on ne vit un spectacle plus grandiose et plus pathétique en même temps : c'était le moribond rentré dans les premiers rôles du Théâtre-Français ; parole ferme, adieux bienveillants, prière consolante et dernier soupir du sage, rien ne manqua à ce tableau. Cette scène produisit une telle impression sur un infirmier, que ce dernier dit à notre ami, M. Binet, en lui montrant le vieillard enseveli dans la salle où il était déposé : — Tenez, monsieur, j'ai bien vu mourir du monde depuis que je suis infirmier, mais jamais personne n'est mort comme ce brave homme ; aussi, regardez comme je lui ai bien arragé sa belle barbe blanche , dirait-on qu'il est mort? Est-il beau !... — Et les lèvres sur les joues du vieillard, les larmes dans les yeux, cet homme embrassait ce cadavre comme s'il était celui de son propre père.

M. Bordes nous avait fait dire , quelque temps avant son départ de la terre, d'aller le voir, parce

qu'il voulait nous confier personnellement quelques faits que d'autres n'auraient pu admettre ; mais nos occupations, ainsi que l'ignorance où nous étions sur la brièveté de ce départ, nous a fait manquer à ce rendez- vous. Fort heureusement que nous ne sommes séparés l'un de l'autre que de l'épaisseur d'un lucide, ce qui nous permettra de continuer à notre aise nos doux entretiens.

Je me souviens qu'un jour ce bon ami me dit que sa femme ayant fait une très-longue maladie, à la suite de laquelle elle rendit le dernier soupir matériel, selon le médecin et les personnes qui l'entouraient, M. Bordes perdit la tète, ou, pour mieux dire, ne la perdit pas du tout, car il courut chez le colonel Roger, que nous avons déjà cité plusieurs fois dans nos ouvrages ; le colonel était un membre de leur cercle cabalistique et possédait un excellent lucide. M. Bordes pria son ami de venir au plus tôt chez lui avec son lucide, afin de le consulter sur les premiers moments de sa femme au monde spirituel. Le colonel et le lucide se trouvant disposés, suivirent M. Bordes jusqu'à sa demeure. A peine le lucide fut-il endormi qu'il conseilla d'entrer en prière. Je ne sais si j'ai jamais entendu prier comme le faisait M. Bordes ; je ne sais qui lui inspirait des pensées aussi humbles , aussi tendres et pleines d'amour ; mais toujours est-il que personne ne pouvait prier auprès de lui,

il était l'Ame de tous et n'était secondé que par les larmes de chacun. M, Bordes se jeta àf terre auprès du Ut de sa femme, et là, parla à Dieu comme lui seul savait parler, et surtout comme un aussi tendre époux pouvait parler. En ce moment, le lucide, transporté dans un état de surexcitation extatique» entra en rapport avec des esprits supérieurs et s'écria aussitôt : — Prions toujours et espérons !•.. — Après un moment d'humble recueillement » le lucide dit ; — Nos vœux sont exaucés du Seigneur ; un ange doit se présenter de sa part, porteur d'une médecine qui va rappeler non* seulement à la vie le corps de Té* pouse de notre frère Bordes» mais à aie très» bonne santé, — A peine le lucide a fini ces mots, qu'il ae lève et prie les assistants de regarder aveo calme ce qui allait arriver. Il euvre la fenèUe, prend un petit Qacon dans l'air, verse quelque pou de la liqueur qu'il contient dans on verre d'eau , puis remet le flacon à la main îuvisible qui le lui a présenté, et verse plutôt qu'il fait boire le contenu du verre dans la bauebe de la morte. Grande est l'attente et faible est l'espoir. Mais.» 6 bonheur! une pulsation est remarquée* puis une deuxième, enfin un réveil lent et calme, mais un vrai réveil à notre état matériel. Le malade n'en croit pas plus ce qu'elle voit que les assistais eux-mêmes ; enfin, un soupir, uu mot,

une phrase se succèdent, pus «a raoaveaKnt, on deuxième, on bien-être inconnu; enfin, le lendemain la malade est sur pied, aussi bien portante qu'avant sa douloureuse et très-longue maladie.

J'ai en confiance en ce récit, tu qu'il m'a été certifié par le colonel lui-même, et qui entendit M. Bordes affirmer quelque chose, ne sentait aucun doute sur cette affirmation. Poisse notre boa ami, lorsque nous entreprendrons le même voyage, ne point venir mettre une telle barre dans les roues du char qui nous conduira; car nous avons trop hàtc de revoir notre chère , seule et vraie patrie. Nous avons subi assez d'expatriation comme cela*

Alp. Cabagmcf.

CORRESPONDANCE

Monsieur,

* J'ai beaucoup à vous remercier de vous être souvenu de moi en m'adressant votre volume VT Encyclopédie magnétique spiritualiste. J'ai voulu, avant de le faire, me donner le plaisir de lire l'ouvrage. Je l'ai trouvé, Monsieur, fort intéressant, comme tout ce que vous publiez. Permettezmoi de vous féliciter particulièrement des observations dont vous avez fait suivre la lettre de M. Salgues, du 1 er juin 4854, page 236 et suivantes, de celles également qui constituent votre 7 me article : Tables tournantes, page 242, etc. J'y trouve d'excellentes choses, que j'ai d'autant plus goûtées que je me suis beaucoup occupé, comme vous savez, de la planchette à crayon. Depuis la deuxième brochure que j'ai eu l'honneur de vous adresser, j'ai fait de nouvelles expériences en assez grand nombre. Je ne vous en entretiendrai pas, parce que vous êtes habitué à trop de merveilles, et qu'elles ne vous apprendraient rien de nouveau. Je ne puis résister toutefois au plaisir de vous citer quatre vers, faits depuis l'impression de ma deuxième brochure ( si par hasard je vous les avais communiqués dans la lettre qui accom-

pagnait l'envoi de mes brochures, vous voudriez bien excuser cette répétition).

Voici ce quatrain :

et Vous cherchez vainement la vérité sur terre ,

« Frères ; pourquoi tenter des efforts superflus ?

« Le règne du mortel n'est qu'un règne éphémère ;

a Vivre, n'est point la vie, elle est quand on n'est plus. »

Le dernier vers est surtout remarquable. Vous le trouverez beau sans doute, vous, Monsieur, qui vous y connaissez, et qui avez semé dans vos ouvrages des morceaux de belle et bonne poésie. Mais ce qui n'est pas moins digne de remarque, c'est que les deux opérateurs (je vous l'affirme) ne font jamais de vers, ne savent même pas les faire

Et puisque je vous ai cité ces quatre vers, pourquoi ne vous en citerais-je pas quatre autres, obtenus antérieurement par les deux mêmes personnes, et qui ont aussi un vrai mérite de forme et de fond :

c Oh! non, ne pleurez point votre ami, votre frère; « Sa mort n'est pas pour vous un éternel adieu. « Son corps a disparu sous quelques pieds de terre ; « Gomme un brillant éclair son âme monte à Dieu. »

Si je n'étais pas employé dans une administration, ce qui m'ôte toute liberté, j'aurais eu l'avantage d'aller vous remercier de vive voix. Je le

fait de nonreau par cette lettre, Monsieur, feus priant d'agréer en même temps l'assurance de ma considération toute sympathique et de mes sentiments dévonés.

P.-F. Mathieu,

Ancien pharmacien des armées, 8, boulevart de la Chapelle. (Banlieue de Paris.)

* 16 Décembre 1855.

PbilMtplite •plrltaalUt*.

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