APPARITION LE JOUR DE LA TOUSSAINT
Le 34 octobre 4855, jour de la Toussaint, je venais de donner une séance à une personne, et je me trouvais attendre la femme d'un ami à la-
\ j'en avais promis une antre ; cette personne ■'arrivant pas à l'heure donnée et Adèle étant toujours en sommeil, je crus devoir utiliser oet état par une étude quelconque. Depuis le matin j'étais étourdi par le son des cloches qui semblaient me ■appeler que le lendemain était le jour consacré aux morts, aux tendres souvenirs et aux larmes versées à leur intention. Je crus ne pouvoir mieux faire à cette occasion que de prier Adèle d 's p peler quelqu'un de ses parents spiritualisés (qu'il y a quelques années elle n'a pas demandés dans ses sommeils), afin de s'informer auprès d'eux de ce qu'on pense au mondé spirituel de ce jour consacré par les hommes à ce doux rapprochement. Adèle demanda à cet effet la présence de sa mère ; mais quelle fut sa surprise, lorsqu'elle vit son frère Alphonse (cité tome 1 er des Arcanes) venir auprès d'elle, accompagné du fils de la personne que j'attendais en ce moment. Adèle demanda à son frère ce qu'on pensait du jour des morts au monde spirituel? Il lui répondit : on pense que c'est un rêve creux ! Le jeune homme qui l'accompagnait ajouta ces mots : qui fait au moins penser à nous.
D... Ce jour ne vous émeut-il pas, comme il émeut les hommes de la terre?
R. • , Quelle émotion voulez* vous que nouséprouvions à ce sujet? Éprouveriez-vous une émotion quelconque, en sachant que vous êtes en lieu de
sécurité* bien portant» bîeri pensant cl attendant avec intpëtienee quelqu'un qui est en route pobr venir vous voir?
D«.» Non I tnais si je voyais otite personne croire ne pouvoir jamais nie revoir et pleurer amèrement ta» perte présumée, je tâcherais de la consoler* si cela était en mon pouvoir, et de lui prouter que je ne suis nullement perdu pour elic«
R«»i C'est ce que nous faisons en leur préparant è cet effet une plus belle réception, leurs larmes nous font dire au contraire avec un certain plaisir, comtne elle va être surprise à son réveil de nous retrouver et d'entrer en jouissance d'un état et de possessions si riches en douces sensations» Nous regardons la vie terrestre comme un sommeil plus OU moins agité; et nous n'attachons pas plus d'im*» portance è ses agitations qu'une tendre mère n'ta attache nui rêves plus ou moins pénibles de son enfant eu berceau»
D.*« Ce sommeil n'est pas de courte durée?
R.m Par l'abstraction du temps, il tiobs parait au contraire dans notre état être très-'cottft»
D... Vous ne faites en ce oas aucuns préparatifs au monde spirituel pour ce jour do douleurs terrestres ?
B. . . Chacun se trouve* selon ses désirs, auprès des siens, et n'eu travaille qu'avec plus d'ardeur i leur préparer la surprise dent je vous ai parlé»
Pendant celte courte conversation; la mère du jeune homme apparu avec le frère d'Adèle, entra et fut très-surprise de la présence de son fils auprès de nous. Je priai Adèle do demander à ce jeune homme comment il était venu sans être demandé* et s'il connaissait son frère Alphonse avec lequel il était en ce moment?
R... Ce jeune homme connaît mon frèru, vu que noua sommes amis avec son père, mais il sa* voit que nous verrions sa mère aujourd'hui, voilé pourquoi il est venu.
D.»» Qui lui a dit que tu avais un frère au monde spirituel, comment se sont-ils connus ?
R... Mon frère me quitte très-peu. Le fils de notre ami quitte également peu sa mère, il s'est rencontré ici avec mon frère. En leur qualité de jeunes gens, ils ont lié connaissance ensemble, comme ils l'auraient pu faire sur la terre. Ile se fréquentent maintenant et se demandent l'un è l'autre! A l'occasion, des nouvelles de leur famille, comme le feraient sur la terre deux personnes du même pays, qui s'informeraient au loin de leurs parents et de ce qui so passe chet eux. Il en est chei les esprits comme ohea les hommes de la terre, on se rencontre, on se connatt, on se fréquente, on se groupe de la même manière.
Do 4 Le fils de mon «mi sait donc bien qu'il est spiritualité ?
R... Certainement.
D... Quelles sont ses occupations présentes?
R... Il va souvent auprès la famille de sa femme voir son petit garçon, et vient également à Àrgenteuil voir ses père et mère... puis il joue la comédie.
Obs. Je dois faire observer que dans le groupe des questions intimes qui lui furent adressées par sa mère, ce jeune homme lui annonça que sa femrae 7 engagée sur un théâtre américain, gagnait 350 fr. par mois. Cette somme paraissait inadmissible auprès de celle minime qu'elle gagnait sur le théâtre du Havre ; mon ami s'informa auprès de la mère de sa belle-fille, qui demeure à Lyon, du prix que gagnait cette dernière et d'autres particularités que je ne dois pas citer, la réponse confirma en tous points ce qu'avait dit l'esprit apparu.
Ce jeune homme est spiritualisé depuis un an environ , Agé de 24 ans, à la suite d'une phtysie. Doué d'une figure accomplie et d'un talent d'artiste qui promettait de grands succès, il aimait sa profession de comédien avec passion, ce qui fait sans doute qu'il la continue au monde spirituel.
D. . . Il y a donc des théâtres au monde spirituel?
R. . . Oui, comme sur la terre.
D... Y avez- vous retrouvé Talma, ou d'autres grands artistes?
R. . . J'y ai retrouvé celui dont j'avais pris le nom. (Ce nom était Gauthier, et celui véritable de ce jeune homme était Lejeune).
D.. . Est-ce avec lui que vous êtes engagé?
R... Mon engagement est tout d'agrément et ne comporte pas toutes les dépendances de ceux de la terre. Nous jouons quand cela nous plaît, et ce qui nous convient, nous ne jouons pas en vue de faire jouir lejrablic, mais bien en vue de jouir nous-mêmes de notre jeu.
D... Quel nom porte le théâtre sur lequel vous jouez?
R... Panorama terrestre.
D... Quel genre de pièces y représente-t-on ?
R... Des sujets terrestres.
D... Est-ce concernant les faits nouveaux dont vous avez été témoin, comme le ferait un voyageur qui apporte parmi nous des nouvelles fraîches de quelque pays lointain?
R... Non, pas du tout t mais nous y représentons les tracas, les douleurs et les appréhensions des hommes de la terre, tant sur leur vie terrestre que sur leur ignorance d'une existence meilleure. Nous les faisons apparaître dans les ténèbres les plus épaisses et passer par degrés dans la lumière. Nous les amenons insensiblement à entrer dans l'état où nous sommes. C'est là l'apothéose, le grand réveil, le triomphe enfin. Ces pauvres hommes soqt bien
4toHnéfl et nOUs procurent des moment* de plaisir à m pouvoir s'en faire titte idée. Ce jeune homme joint quelques tableaux â la narration qui facilitent Adèle â 16 faire une idée des théâtres spirituels» Cette dernière dit: oh! si vous voyez cela, flamme c'est grandiose, beau et riche de fraîcheur et d'ensemble I c'est bien autre chose que nos théâtres terrestres; tout cela se meut A leur volonté, s'étend et se rapetisse de même; c'est A n'en pas croire ses .yeux.
Ce que nous dit Adèle sur la beauté des théâtres et de leurs décors, au monde spirituel, fie m'étonne nullement, vu que j'ai eu l'avantage de toir de mes yeux, (dans les études spirituelles que l'on me fait faire de temps A autre, comme je l'ai déjà dit) de ces théâtres et leur mise en scène, li me faudrait la plume d'un Lamartine OU d'un Victor Hugo pour détailler au lecteur l'intérieur d'un théâtre spirituel. Je vais tenter de lui en donner une faible esquisse ; qu'il supplée à moft pattvre style par tout l'enthousiasme de son imagination, il sera encore bien au dessous du réel,je le suppose.
Je me trouvai un matin entrer dans l'état nécessaire à ces Vues et je fus conduit par une maifi invisible dans un théâtre que je sus être A l'infttant un théâtre du monde spirituel* Je ne gardai pas Connaissance dé l'extérieur* mais simplement de l'intérieure C'était une Vaste salle comme je
n'en ai jamais *n de ma ?ie ft comme le Von»
de Rome pourrait donner une trè|«faibleidée; il n'y avait ni premières, m étages quelconques! mais un vaste parterre qii, sans exagérer, était bien de la dimension du Champ-de-ftlars, à Paris. Des banquettes très-douces, couvertes en velours grenat, se trouvaient étagées suffisamment pour n'être pas gêné par les spectateurs de devant j elles «contaient ainsi jusqu'à eitinction. L'on y arrivait par un chemin de ceinture en. forme de fer à cheval, d'une très-belle largeur et d'une pente assez douce pour n'avoir pas besoin de marches. Un tapis en velours violet le couvrait dans tonte son étendue et était asseï soyeui sens les pieds pour les entourer jusqu'aux chevilles, comme le ferait un tapis de mousse. Je ne fis pas atten* tien s'il y avait d'autre passage pour traverser ees banquettes dans leur longueur, on ai elles étaient ass^s distancées pour permettre un passage aisé. La scène était d'une dimension proportionnée, ieiairée par le ciel, Je le pensai d'abord, vu qoe je ne vif pas de centre en premier lien. L'orchestre était en tous lieux et n'était' nulle part ; me musique des plus harmonieuses arrivait à temps, par ondées, pour aider au développement du jeu des acteurs. Des acteurs 1... je n'ose nommer ce qne j'ai v* 4ès acteurs , je devrais (lire des habitai^ d'une eontaée entière. L'on représentait
Mjet an effet d'orage ; le ciel, de beauq u'il était se couvrit d'épais nuages qu'on voyait monter de derrière des montagnes gigantesques, puis couvrir petit à petit toute son étendue. Les gens des champs s'empressaient de chasser leurs bestiaux devant eux vers la vallée et leur demeure. Des villages entiers, maisons et accidents de lieux, passaient devant le spectateur comme une toile de diorama, et cependant c'étaient bien des personnages vivants, dont les cris, les avis et l'effroi même gagnaient les spectateurs à un tel point que je n'étais pas très-rassuré de me tirer sain et sauf de ces lieux de désordre. Une ville entière se trouva entrer en scène ; chacun quittait sa demeure pour s'assembler par groupes sur une vaste place publique. Des vieillards à barbe longue et blanche semblaient intercéder Dieu pour calmer l'orage ; des jeunes filles mises en blanc et de jeunes garçons très-bien vêtus les entouraient et joignaient leurs prières à celle du peuple et des vieil* lards. L'orage n'en grondait que plus fort ; ses éclats ne pourraient être imités par mille pièces d'artillerie de gros calibre. Le désespoir et la destruction même arrivèrent à leur comble ; la foudre tombait à chaque instant, enlevant des quartiers de rochers et des pans de muraille comme l'ouragan enlève de légères pailles ; beaucoup de personnes étaient tombées victimes de ce désastre.
Des ondées de musique , jouant des airs de détresse et jetant comme des cris suppliants , remplissaient les intervalles du bruit de l'orage. Enfin, un coup terrible, comme jamais oreille d'bomtM n'en a entendu, j'en suis assuré, vint terrifier acteurs et spectateurs; du peuple assemblé, des vieillards , des jeunes filles et des garçons il ne resta que la place balayée et des débris de démolitions qui jonchaient le terrain. Une espèce de panique frénétique s'empara des habitants d'alentour, à an tel point que ce fut un sauve-qui-peut incroyable. Des nuées d'hommes, de femmes, d'enfants passaient entre des maisons et des rues à moitié détruites, comme un torrent passe à travers des récifs qui lui barrent le passage* L'orage grondait toujours, et l'inquiétude, comme on doit le penser, allait également en grandissant. Les spectateurs furent alors pris de vertiges, quittèrent leurs places et se mêlèrent parmi les acteurs qui, pour les rassurer, se relevèrent un £ un , de foudroyés qu'ils étaient, et rirent de bon cœur de l'émotion qu'ils avaient causée.
Je me trouvai introduit dans leur enceinte de toilette; c'étaient des cabinets très-beaux, pratiqués au pourtour de la scène ; mais au-dessous d'elle, il y en avait pour loger tous les habitants d'une forte ville. Je désirais savoir si au fond ce que je Tenais de yoir et d'entendre était un orage natu-
i*l on on orage faotioe ; je fil alora le cintre de tout le théâtre , qoi était bien une Imitation da ciel par ne très-beau tempa, éclairé par an loleil factice, sans doute, et je crus que les nuages étaient formel par quelques produits chimiques qui en facilitaient limitation au naturel. Je ne pus comprendre ni cea éclata de l'orage, ni où cas contrées montnenses, accidentées et ha* bitéea qui passaient sons les yeux des spectateurs avaient pu être empruntés ; toujours est-il que je trouvai nos théâtres terrestres bien loin do grandiose de celui que je venais de visiter. Si le fils de mon ami joue sur un tel théâtre, il peut certaine* ment y représenter tons les épisodes de la vie ma* térielle et y faire succédor les faits on grand, comme noua le faisons à grand peine pour quelque simple accident de cette existence.
Noua devons résumar de la séance précitée que le jour dea pleura sur la terre est un jour dévoie au monde spirituel, vu qu'il relie par le souvenir le* cours qui s'aiment, s'attendont et doivent vivre éternellement ensemble. J'ai dû penser que le leo tour ne aérait pas mécontent que j'aie pris note de cette séance et que je la lui fasse passer sous Ici yen*.
— 1*5 — LES ffiCnm DB LA VOMIE.
J'ai dit et praire, dant vingt qu'aucune actîoo humaine n'était anéantie A h spintoalisatton de l'être, par conséquent fee ** penuanenôé de leur eaistenoe prouvait, è ttte seule, celle de l'ouatante ultérieure de I être qui lavait faite.
Les argumentaient* contra net propositions ont soutenu, avec aussi peu de raison que de tt*» ces, que nos lucides n'entraient en rapport qu'avec ces même* actions» qu'ils retrouvaient imagées dans la mémoire des consultants» ou ailleurs, lort» que ces derniers n'en avaient tui*mème aucune connaissance. Cet ailleurs, proposé par nos adversaires, est directement le point d'achoppement de leur dénégation ou de nos fausses appréciations. Nous en avons fait un monde semblable au nOtre ; monde que nous aVonl nommé mondé /oinr, trèfr» impropremeitt 9 puisque tout ce qui/tU, tiietitra. Est au présent pour lé lucide, oomme le pins ignorant des hommes a pu s'en convaincra en étudiant leur faculté de cognitioo. Nous obtenons tons les jours des preuves irréfragables que nés propositions, concernant l'immortalité individus* lisée de chaque être et do chaque chose» sont vraie* ; entre autres s M. K«i.«, prince russe, vint Un jour, accom-
pagné d'un autre prince de sa nation, demander l'apparition d'un ami spiritualisé depuis plusieurs années. Ayant déjà donné plusieurs séances de ce genre à ce monsieur, et l'ayant convaincu, malgré son scepticisme , que les lucides pouvaient, selon certaines circonstances et certaines dépendances, entrer en rapport avec les êtres d'outre-tombe. Nous demandâmes donc la personne dont il nous donna les noms. Adèle fut aussi heureuse dans cette séance qu'elle l'avait été précédemment. Le signalement et les cent et un détails qu'elle donna sur la personne présente convainquirentM. le prince K.... que son ami était présent* Au moment où je pensais réveiller Adèle, le consultant désira que la lucide lui donnât quelques détails sur la mort de cet ami. Adèle dit se trouver près de cet homme, dans des contrées à elle inconnues, qui, par le tableau qu'elle en fit, furent reconnues par M. le prince K... . pour être la Russie. La lucide voyageait arec le spiritaalisé dans un bois, il ne s'agissait de rien moins que d'une partie de chasse que faisait son compagnon ; ne trouvant rien à tuer, ils gagnent une route assez étroite dans laquelle une voiture attendait le chasseur. A l'instant où ce dernier allait en franchir le marche-pied, une détonation d'armes à feu fait bondir Adèle sur son siège ; nous crûmes un instant qu'elle était frappée de vertige. Hélas ! s'écrie-t-elle, ce pauvre monsieur a
été tué par un coup de feu. C'est bien cela, s'écrit à son tour M. le prince K...., bonne vue, bonne vue, tous êtes toujours bien lucide, etc... Adèle, tonte émotionnée, ne fait aucune attention à la satisfaction du consultant et continue à plaindre son compagnon de chasse, en disant : ah ! c'est bien mal, c'est bien mal, quel crime, ah mon Dieu ! — Dites donc quel malheur, reprend le consultant ! — Comment ! cela un malheur? Oui, c'est un malheur pour les personnes qui affectionnaient ce monsieur, mais ce n'en est pas moins un crime de l'avoir assassiné. — Qui, assassiné, de qui parlez-vous donc? — De la personne avec laquelle je suis. — Vous vous trompez, elle n'a pas été assassinée, c'est un accident simplement ; le chien de son fusil s'est accroché au marche -pied de la voiture, au moment où mon ami y montait, le coup a parti et l'a atteint à la tète. — Oui, le coup a parti, mais du bord du bois où nous sommes, et non pas du marche-pied de la voiture. — Vous faites erreur, vous voyei mal. — Ah ! je vois mal , ah ! je vois mal ; eh ! bien, moi, je vous affirme que je vois mieux que vous ne le pensez, cet homme avait des ennemis. — Oh ! des ennemis, une aussi bonne personne ! . . Non, ne continuez pas, vous êtes dans une fausse voie.. . L'idée d'un crime répugnait tant à H. le prince K... qu'il se leva de dessus son siège et s'apprêtait à sortir, lorsque le prince qui
) 'aoOOmpftgnait le retint, «n lui disant ; Adèle a été trop Clairvoyante dans tout le cotira de la téance, pdflt fae pat avdir de plds amplei renseignements d'elle sur Ce qu'elle dit Voif. --Oui, oui, répond la lucide, je Vois bien; il répagne à monsieur, qui poMède uile conloience très-pute, d'admettre la possibilité d'un tel crime. Eh! bien, entrons dans les détails de cette affaire. — Il n'y a pas d'autfél détails que deux que je vierts de vous dotiner* son cocher, homme aussi jttir qu'on peut le désirer, les a confirmés tels, puisqu'il l'a reçu dons ses bras. — » le n'accuse pas son cocher, qui* était un fidèle serviteur, mais j 'accuse plus qu'un serviteur; ce monsieur ne vivait pas en très*botane intelligence aveddes tnembres de sa famille. — Pardon, ii était le béni de tous. -*« Ce knonsieur devait épouser fous peu une cousine dont la fortune était oolos* silo» — * Le fait est vrai, — Lés parents étaient jaloux de cotte union, les uns par cause d'intérêt, et un autre par cause dé jalousie. — Mais, vous éiKje, l'autopsie dd cadavre n'a laissé èddun dotite sur l'accident* — Le silenlë des médetiins a été aobeté, cèr la balle avait entré par derrière et sorti par devant. — Gela est vrai, mais, comme je vous l'ai dit, d'est en montant sur le marche-pied et levant ion fusil par le cation que le chien s'est accroché à ce mârGbe^pied et a parti, cela se conçoit. — Jo ne le Conçois pas comme vous, cdr son co-
cher ne l'eut pa» \émé mater due la tetiurei
lui prendre ion fasil des maint pour lui de le Taire. — Alon Mm cocher la donc tué, solo» vous* —Il ne Ta pas tué ni te t*ef» il m ta* rien dé cette affaire, il cJt oh peu bouché, «m lai a conté ce qu'on a voulu, en le priant de ne parler de cette affaire à personne ; il se trouvait aseôl heureux qu'on ne l'accusât pas de ce crime $ lui-même n'était pas auprès du marche-pied lorsque sou maître a été frappé, il l'a relevé, voila tout ; il avait tarit de poQr d'être acculé qu'il disait comme tout le monde* —Il ebt été plus facile de l'acetiser que d'acheter le silence des médecins, comme vous dites qu'on l'a fait, — C'eût été deux crimes pour uil, et cet homme accusé aurait dit que le coup de feu n'était pas parti du fusil de Son maître, ce qui eut élevé des soupçons qu'on voulait éviter» vu que ce serviteur était reconnu être très-pur et très-attaché à son mettre. — Non, non, cela n'est pas possible* — Permettez- moi, prince, reprit l'ami de M* K.»> Jô ne rejette pas si loin de mon obfeefvation que vous le faites ce que dit ctitte femme, lb direction de la balle est inexplicable, notre ami ne pouvait tenir à sa main son fusil dans la direction nécessaire à l'entrée et à la sertie de cette balle, eteocracher ainsi le ohieft au marche-pied* *** Ces* que le chien se sera accroché ailleurs* •— Ce que </it Adèle sur le mariage et sttr la jalousie que cette
uoîod avait enfantée est^ependant exact. — II est vrai qu'il en est ainsi, mais cela ne peut être allé jusqu'au crime... Adèle reprend: le coup de feu est parti de dedans ce buisson, en montrant une direction du bout du doigt ; la voiture était là... le coup a parti obliquement et la balle est sortie de ce côté, si tous l'aviez entre les mains, vous verriez bien qu'elle n'appartenait pas au fusil de ce pauvre monsieur. Je vous affirme bien, moi, qu'il y a eu un crime que Dieu seul appréciera.... Autant comme la séance avait transporté de joie M. le prince K..., autant comme cette révélation inattendue parut le troubler. Son ami ne cessa de lui dire, ne prononçons pas, je ne suis assuré de rien, je ne vois pas cette affaire comme vous, etc....
Que de faits semblables ne connaîtrions-nous pas si nous soulevions chaque marbre somptueux qui recouvre des personnes qui sont en apparence bien regrettées par celles auxquelles elles ont dû peut-être leur délivrance terrestre. Rien de ce qui a été ne périt, je le répète, le livre de vie existe, non dans les mains de Dieu, mais dans la conscience de chaque être, et ce livre doit être lu un jour par tous, qu'on en prenne note. Si l'on ne veut pas nous croire, qu'on le demande à nos antagonistes, ils ne pourront en nier l'existence, puisqu'ils assurent que c'est dans ce livre que nous puisons nos rêves de fou.
Alp. Cahagnjet.