‹ Magnétisme: encyclopédie magnétique spiritualiste (volume 5)Chapitre 28 sur 47 · A PU AVANT · texte numérisé non relu

A PU AVANT

Ce n'est qu'une question de vue et rien de plus. Si nier ce qu'on ne voit pas est un droit, prend celui de nier leur logique, car elle n'est guère visible.

Admettre que les animalcules spermatiques qui composent le vêtement matériel de l'homme sont susceptibles d'enfanter cette belle harmonie de pensées qui le conduit et le conserve ce qu'il est pendant un temps quelconque, c'est accorder assurément à des têtards ce qu'on veut refuser à une pensée divine ou accidentelle, à nn corpuscule» à un têtard de plus, que nous nommons dme } c'est nous refuser ce-qu'on accorde à la poussière qui forma cet habit. Admettre que cette collectivité d'êtres

qui ont sa bâtir aussi artistement le bel édifice humain, sans d'autre guide que des pensées accidentellement logées en eux par on ne sait quelle puissance hasardeuse (vu que la négation de la conservation des êtres conduit k celle d'un être supérieur auquel nous l'attribuons), et comparer le moi humain à la collectivité d'une nation, c'est admettre que le moi qui raisonne momentanément dans cet être collectif est en tout semblable au moi d'une nation, représenté par un Louis XVI, un Napoléon, un Charles X, un Louis-Philippe. Si le moi personnifié de la nation dans les noms qui précèdent vient à être effacé de cette nation par une révolution, comme la prétendue mort efface l'être des êtres, adjmettra-t-on que Louis XVI en prison était le même individu pensant et raisonnant sur les incidents de son règne, qu'il pensait et raisonnait sur la splendeur de son trône.

Charles X dans l'exil, Napoléon sur un rocher, Louis- Philippe sur la terre étrangère, ont-ils cessé un moment d'être ce qu'ils étaient, sauf de n'être entourés que du souvenir des masses qui les ont fait ce qu'ils ont été, au lieu d'être encore entourés des êtres causes de ces souvenirs. Le souvenir n'est-il pas à l'être ce qu'est le mouvement à la succession des choses. Si on admet que chaque corpuscule qui compose les formes retourne dans l'espace pour, en cas échéant, reformer d'autres

formes, on lui accorde, sans doute, le savoir-faire pour créer ces formes, et ce savoir-faire n'est pas autre chose qu'une imitation, ou une seconde, une centième édition de ce qui a été. Imitation, savoir-faire ou édition ne sont pas autre chose que le souvenir. Si, par conséquent, on ne peut séparer le savoir refaire ce qu'on a fait, de l'être qui le fait à nouveau, on ne peut donc anéantir son moi, vu que son moi est sa loi d'être ce qu'il est sans jamais changer, et de faire ce qu'il a fait sans faire autre chose ; comme la loi d'être d'un sel métallique est d'être éternellement sel métallique. Je sais que ces messieurs nous diront : vous souvenez-vous d'avoir déjà été autre que vous êtes? Je répondrai non, assurément; car, ma vie n'étant qu'une sucsession de sensations en rapport avec les pensées qui m'agitent, je ne peux connaître que ce que le miroir de ces pensées me représente. C'est ainsi que si je me trouve passer d'un état dans un autre ou de ma manière d'apprécier présentement dans celle du somnambulisme, je saurai ce que j'ai été précédemment, comme Napoléon a pu savoir, passé du trône qu'il occupait sur le triste rocher, qui déchira son cœur, qu'il n'était plus ce qu'il avait été; mais, à coup sûr, il ne croyait pas avoir perdu son moi dans sa couronne, pas plus que je ne crois que nous perdrons le nôtre dans notre habit matériel.

Recevez, cher monsieur, mes salutations fraternelles.

Au», Cahaghr.

(La suite au prochain numéro).

CORRESPONDANCE

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